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******************************* Anaïd is… Anaïd forever ******************************* Née à la Saint-Hubert patron des Chasseurs, élevée à l'acide, gouvernée par Mars et Pluton, habitée par le démon de l'écriture, rongée par la passion

lundi 1 novembre 2010

Episode 89 : RECONSTRUCTION PARTY AU ROYAL MONCEAU

Dimanche 24 Octobre 2010



ChaCha, Palais de Tokyo, Social Club, Baron, Zero Zero, Scopitone, Montana… partout, il y avait une soirée à ne surtout pas rater hier soir.
Mais malgré les playlists qui tuent et les concerts privés les plus alléchants, aucun des artisans de la night n’a pu rivaliser avec la bande d’Alexandre Allard.

Romantiques chevelus aux yeux de chat ou déesses filiformes au magnétisme extrème… tous ceux qui habituellement aimantent avec force les fêtards parisiens sur leur dancefloor ont perdu de leur superbe face à l’Arty Party du Royal Monceau.

Dès 19h, et alors que les lieux n’ouvraient pas avant 23h, une file impressionnante qui ne cessait de s’allonger s’était formée au 37, avenue Hoche.
Chanteuses pop, producteurs à cigare, DJ et PDG de micro-entreprises, curators, journalistes, directeurs de radio ou de musées, it girls, mannequins, animateurs, artistes, comédiens, marchands de plaisir multichromes et fashionistas nytroglycérinées, muses et écrivains… bref, aristos et roturiers de la nuit, tous rivalisaient de beauté, de glam et d’inventivité pour la réouverture des lieux après lifting. Le chirurgien plastique de cette opération n’était autre que Philippe Starck et c’était entre autres à base de miroirs qu’il avait façonné cet écrin à facettes aux mille et un reflets. Il fallait tenir le test de miroir pour entrer. Les looks étaient à la hauteur de cette arty party.

De ma fenêtre, perchée au deuxième étage, quand je n’avais pas les yeux plantés dans le vert-bleu des yeux de Jude Law, ou que je ne suivais pas avec attention le concert psychobilly des Eighties Matchbox B-Line Disaster spécialement venus de Brighton pour l’occasion, je pouvais reconnaître dans la file les dreadlocks tentaculaires de l’artiste Philippe Pasqua tout juste sorti de son « Storage », son atelier-lieu-de-vie-et-d’expo à peine inauguré à Saint-Ouen dans le 95.
Je pouvais aussi discerner Fabrice Bousteau sans son chapeau en train de parlementer avec le physio qui avait le malheur de ne pas le reconnaître. Faut dire qu’il ne lisait pas Beaux-Arts. Heureusement, Thierry Taittinger, le directeur du magazine venait à sa rescousse pour empêcher un thriller de se produire dés le début de la soirée.

Tapi dans un coin, derrière ses lunettes et son chapeau, FaceHunter mitraillait sans relâche tous ces looks pour alimenter ses multiples sites et une flopée de magazines internationaux. Déjà dans le hall, la captivante Maroussia était accompagnée d’une troupe de mannequins-performers parmi lesquelles je pouvais reconnaître Audrey Marney, notre Kate Moss frenchy ainsi que la chanteuse Uffie et la piquante Helena Noguerra : un flamboyant défilé d’Andrea Crews devait commencer dans moins d’un quart d’heure chambre 129.

Nicolas Laugero de l’Espace Cardin était en train de sortir de sa Porsche rouge accompagnée de son armée de drôles de dames, toutes aussi pétillantes les unes que les autres. Les Louboutin d’Eva étaient raccord avec la Porsche.

Juchée sur des talons aiguille léopard et en short de satin fluo, Pascal Lièvre suivi de sa bande, tout en plumes, en boas, cravates, corsets à baleine et bas résille commençait leur défilé depuis l’Arc de Triomphe sous l’œil consterné d’un car de touristes japonais: un cours d’aérobic philosophique donné en hommage à Nietzsche se préparait. La philo méritait bien d’être bandante.
A côté, la chevelure romantique et l’écharpe de Gonzague Saint-Bris ponctuait d’un romantisme désuet la scène. Il était en grande conversation avec Pierre Cornette de Saint-Cyr et… Pierre Cornette de Saint-Cyr : le commissaire priseur et l’un de ses fils.

Quant à André, tout juste débarqué de Dubaï où il inaugurait un nouveau satellite du Baron, il avait opté pour une sortie discrète : il débarquait dans une vieille R16 Break aux verres fumés pour ne pas se faire remarquer et rejoindre sa suite. Olivier Zahm, Terry Richardson, Harmony Korine, Chloé Sevigny, Charlotte Kemp, Sean Lennon, Dov Charney, Jennifer Eymère, Ashley Smith, et toute une file indienne de jeunes mannequins suivaient.

Rien n’échappait à la caméra avertie de « Souvenirs From Earth », la télé artistique frenchy: Marcus Kreiss et son armée de stagiaires surdoués en profitaient pour faire des interviews décalées.
« Fiac me, I’m famous » ironisaient certains alors qu’Artus de Lavilléon, avait pour l’instant les grâces des caméras : vêtu d’un costume blanc, dans un ultime soubresaut anti-consumériste, il avait décidé de squatter l’une des vitrines les plus stratégiques de l’hôtel, celle qui donnait sur l’entrée de librairie d’art, prés de l’entrée, sans en bouger tout au long de la soirée. Mais une créature tentait de le déconcentrer de la série de dessins qu’il entamait: c’était Lady Gaga tout simplement. Un ready made de la chanson que n’aurait pas renié Marcel Duchamp et qui avait inspiré l’artiste Francesco Vezzoli. Toutes les sculptures vivantes étaient de la party.

Quant aux Blanche-Neige, ce n’était pas des créatures Walt Dysney mais les performeuses de la chorégraphe Catherine Bay. On n’avait plus qu’à demander à Gilbert & George, réfugiés dans la suite 130 de réactiver une de leurs anciennes performances des années 70 pour soutenir l’un de leur héritiers spirituels.
Côté artistes, on notait la présence de Vanessa Beecroft, Dominique Gonzalez-Foerster, Agathe Snow, Elena Montesinos, Sophie Calle, Kendell Geers, Matthew Barney, David LaChappelle, Jeff Koons, Ugo Rondinone, Murakami, Rikrit Tiravanija, Xavier Veilhan, Fabrice Gygi, Sylvie Fleury, Claude Lévêque, Cyprien Gaillard, Gregor Hildebrandt, Terence Koh… aucun d’entre eux ne sortiraient pas de cet écrin sans avoir dit un mot à la caméra.

Hervé Loevenbrück, Emmanuel Perrotin, Nathalie Vallois, Florence et Edouard d’Air de Paris, les Céline de la B.A.N.K, Kamel Mennour, Yvon Lambert, Kurimanzutto, Chantal Crousel et son fils Niklas, Saddie Cole, Jérôme de Noirmont, Enrico Navarra, Esther Schipper, Thaddaeus Ropac, Jeffrey Deitch, Mehdi Chouakhri, Barbara Gladstone, Larry Gagosian, Charles Saatchi du côté des galeristes et marchands… Même Johann Koenig et ses lunettes-loupes n’échapperait pas au rituel. Tout le show bizz de l’art, épuisé par la FIAC, se succédait sur ce tapis rouge festif du Royal Monceau.

Un an et demi après la fameuse « Demolition Party », le prestigieux palace Parisien drainait à nouveau les foules. Mais pas question d’y pénétrer avec des objets susceptibles de défigurer les lieux.

Cette fois, ce n’était pas armé de pelles et de pioches que les esthètes du chaos attendaient patiemment leur tour, mais équipé d’un kit de survie qu’ils avaient reçu en guise de carton d’invitation.
Celui-ci contenait divers éléments parmi lesquels une boussole, un carnet de notes, un paquet de feutres miniatures, une boussole, un volume d’hélium pour modifier son empreinte vocale, une clé USB pour downloader les sons et les images à glaner ici et là au fil de son aventure, un alambic enfermé dans sa gangue phosphorescente à glisser dans un cocktail très spécial à l’entrée. Et 10 cm3 de fourmis pleines de vie ainsi que du sucre pétillant de différentes couleurs pour réaliser sur place son propre tableau d’art vivant et mouvant… Et pour finir, une clé magnétique pour accéder à une suite et éventuellement se ressourcer en privé.

Chambre 369, les Kolkoz proposaient une partie de « Portraits arabes » à leurs visiteurs : on pouvait voir Christophe Dechavanne, Paris Hilton, Eric Zemmour, Emma de Caunes, Philippe Katerine, Thomas Lélu, Charlotte Gainsbourg, Karl Lagerfeld, Anna Wintour, Richard Rodriguez, Jean-Luc Monterrosso de la Mep, Alexis Vaillant et Charlotte Laubard du Capc de Bordeaux, Fabrice Hergott, le directeur du Musée d’Art moderne de la ville de Paris, Caroline Bourgeois conseillère auprès de François Pinault ainsi que François Pinault lui-même. Mais aussi Nicolas Bourriaud, Alfred Pacquement, MC Solaar, Jean Rouzaud et Fadia Dimerdji de Radio Nova, le jeune comique Yaya Moore, Vanessa Paradis et Lili-Rose, Olivier Martinez, Vincent Cassel et Monica Bellucci Enrico Navarra, Charles Barachon, Domoina de Brantes, Jean-Marc Thevenet, Arnaud Maguet, Alexandra Senes, l'ecrivain et artiste Jean Albou, le photographe Philippe Bonan se succéder à la table de dessin toute au long de la soirée.
L’œuvre d’origine que les artistes se passaient de main en main n’était autre que «L’Origine du Monde» de Courbet. Le remake d’une ancienne œuvre.

Dans les escaliers, dans les chambres, dans les salles de bains, les miroirs multipliaient les présences à l’infini et semaient le trouble dans les esprits, comme dans un labyrinthe.
On ne voyait pas un unique Jérome Sans mais deux, trois ou quatre. Un concert de Liquid Architecture devenait une œuvre kaléidoscopique.

Des spectres pouvaient aussi se réveiller dans ses couloirs. Je jurerai avoir croisé Andy Warhol en grande conversation avec Kurt Cobain et Melvil Poupaud.
De quoi pouvaient-ils s’entretenir ? Impossible de s’en souvenir.

Tout ce que l’on sait, c’est que c’était dans l’aile Nord de l’hôtel où Pedro Winter de Headbangers et Kitsuné avaient lancé un concours de clippers pour le dernier morceau des Daft Punk. Il était prévu que Divine Comedy et Arcade Fire donnent un concert sub-aquatique dans la piscine dès 22h. Les Minitel Rose, PRAVDA et Jarvis Cocker déambulaient dans les couloirs avant de se produire au cours de la soirée. L’hôtel avait mis à leur disposition un studio de son.

Les lustres, les chaises, les tables, les canapés… dans cette architecture Années 30, tous les styles se mélaient pour que l’on se sente comme chez soi… en mieux.
Un hyper-chez-soi de rêve bercé par l’énergie démultipliée de tous les artistes qui avaient traversé le palace depuis son ouverture, mais aussi les contemporains.
C’était une invitation au voyage artistique à tous les étages, du spa jusqu’à la galerie d’art, du jardin autour d’un bassin à la salle à manger, et cela jusqu’à la librairie…

La salle de cinéma était la plus confortable de tout Paris mais pas question d’accélérer son vieillissement. Idem pour le jardin d’hiver où trônait la théière géante de Joanna Vasconcelos, l’une des artistes invités par Hervé Mikaeloff, le commissaire d’exposition du Royal Monceau.

C’était d’ailleurs peut-être cette œuvre géante qui diffusait autour d’elle une odeur persistante de thé noir, qui sait ?
A moins que ce ne soit l’une des recettes du chef, Laurent André, ou encore l’un des desserts très inspirés du Picasso de la pâtisserie, Pierre Hermé, qui ne vienne titiller nos naseaux.

Attablés dans la salle à manger, sous le plafond dessiné par Stéphane Calais, les maîtres des lieux ainsi que Philippe Starck, Fabrice de Rohan Chabot, Bernard Arnault, Manolo de Brantes, Cyrille Troubetzkoy, Maud Prangey, David d’Equainville, Nathalie Guiot, des Editions Anabet, Guillaume Houzé héritier des Galeries Lafayette, ainsi que Jennifer Flay, la grande prétresse de la Fiac, Johan Tamer du Slick Art Fair et Elisabeth Quin attendaient un dessert très spécial à base de coulis de fraises et de wasabi recommandé depuis Londres par Mourad Mazouz du Sketch.

Heureusement, les Gelitin n’avaient pas encore eu accès à cette partie de l’hôtel… sinon, il y a fort à parier que les Hermé risquaient de prendre des airs de Pollock. Pendant ce temps, Jean Picon ne cessait de faire des photos pour des magazines de pointe. Patrick de Carolis, Bertrand Lavier, Philippe Parreno, Larry Clark, Cyprien Gaillard, le génial Hedi Slimane, Colette Barbier, Asia Argento, Jack Lang, Nicolas Ullman, Sofia Coppola, Marion Cotillard, Guillaume Canet…

Déjà en place dans la salle de cinéma, Frédéric Taddéi, Guillaume Durand ainsi que Pierre Lescure, le Triumvirat d’une télé plus cultivée attendaient avec impatience la projection de « The Radiant Child », un documentaire inédit de Tamra Davis sur Jean-Michel Basquiat. Agnes b, la styliste Maripol, l’expert du Comité Basquiat Richard Rodriguez… entre autres interviendraient à la fin de la projection.
Tout comme Jean Charles de Castelbajac dont l’exposition « The Tiranny of Beauty » dans la Suite 333 revisitait les diktats de la mode et de la beauté.
La soirée commençait à peine dans un Royal Monceau réinventé. Une nouvelle page de l’art de vivre parisien allait s’y inscrire.





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(Spécialement pour Technikart, Anaïd Demir, auteure du « Dernier Jour de Jean-Michel Basquiat » aux Editions Anabet a imaginé un épisode inédit de son « Journal intime de l’art » : une « Arty Party » à l’Hôtel Royal Monceau.)

Cet épisode du Journal Intime de l’art a été écrit à l’occasion de la réouverture de l’Hôtel Royal Monceau, 37 Avenue Hoche, 75008 Paris à partir du 21 octobre.

Une galerie d’art -ART DISTRICT- s’y inaugure avec une exposition de Jean-Michel Basquiat.

« L’Arty party » ici décrite est purement fantasmée et librement inspirée de la réalité.

Vous pouvez aussi retrouver cet épisode sur le site de Technikart, à l'adresse suivante:


9 commentaires:

  1. Effectivement, c'est palpitant! Ca évoque la chronique radio ou télé, un ton très vivant, un renouvellement du genre. Bravo!

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  2. BRAVO!! et grand succès!!
    Amicalement,
    GUACOLDA (C'est mon prénom et nom d'artiste)

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  3. Superthanks! çà tombe à pic, j'y étais pas allée!!
    A bientôt
    FD

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  4. Putain tu m'as pas mis dedans!

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  5. Tu as des fantasmes simples, finalement :)
    nj

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  6. Et bien y a plus qu'à ...quel soulagement de constater enfin que tout cela n'était qu'en rêve et que non, ouf, je n'ai pas raté la soirée parisienne DELART ahan, alors je me demande...cet article fiction est-il télécommandé par le royal monceau ... Il y a bien eu un Bal Jaune en vrai, il n'y avait personne ...? Des bizzzzzz

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  7. Meilleurs vœux pour cette fin d'année 2010.

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  8. Une ecriture palpitante, prenante, ennivrante ...
    Quel plaisir de lire, relire et se laisser posséder par le texte,
    merci

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