<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186</id><updated>2012-01-13T05:08:23.580-08:00</updated><title type='text'>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</title><subtitle type='html'>Art contemporain et autres aventures</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>92</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5779794527302054358</id><published>2010-11-01T16:45:00.000-07:00</published><updated>2010-11-01T21:37:18.288-07:00</updated><title type='text'>Episode 89 : RECONSTRUCTION PARTY AU ROYAL MONCEAU</title><content type='html'>Dimanche 24 Octobre 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ChaCha, Palais de Tokyo, Social Club, Baron, Zero Zero, Scopitone, Montana… partout, il y avait une soirée à ne surtout pas rater hier soir. &lt;br /&gt;Mais malgré les playlists qui tuent et les concerts privés les plus alléchants, aucun des artisans de la night n’a pu rivaliser avec la bande d’Alexandre Allard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Romantiques chevelus aux yeux de chat ou déesses filiformes au magnétisme extrème… tous ceux qui habituellement aimantent avec force les fêtards parisiens sur leur dancefloor ont perdu de leur superbe face à l’Arty Party du Royal Monceau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 19h, et alors que les lieux n’ouvraient pas avant 23h, une file impressionnante qui ne cessait de s’allonger s’était formée au 37, avenue Hoche. &lt;br /&gt;Chanteuses pop, producteurs à cigare, DJ et PDG de micro-entreprises, curators, journalistes, directeurs de radio ou de musées, it girls, mannequins, animateurs, artistes, comédiens, marchands de plaisir multichromes et fashionistas nytroglycérinées, muses et écrivains… bref, aristos et roturiers de la nuit, tous rivalisaient de beauté, de glam et d’inventivité pour la réouverture des lieux après lifting. Le chirurgien plastique de cette opération n’était autre que Philippe Starck et c’était entre autres à base de miroirs qu’il avait façonné cet écrin à facettes aux mille et un reflets. Il fallait tenir le test de miroir pour entrer. Les looks étaient à la hauteur de cette arty party. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De ma fenêtre, perchée au deuxième étage, quand je n’avais pas les yeux plantés dans le vert-bleu des yeux de Jude Law, ou que je ne suivais pas avec attention le concert psychobilly des Eighties Matchbox B-Line Disaster spécialement venus de Brighton pour l’occasion, je pouvais reconnaître dans la file les dreadlocks tentaculaires de l’artiste Philippe Pasqua tout juste sorti de son « Storage », son atelier-lieu-de-vie-et-d’expo à peine inauguré à Saint-Ouen dans le 95. &lt;br /&gt;Je pouvais aussi discerner Fabrice Bousteau sans son chapeau en train de parlementer avec le physio qui avait le malheur de ne pas le reconnaître. Faut dire qu’il ne lisait pas Beaux-Arts. Heureusement, Thierry Taittinger, le directeur du magazine venait à sa rescousse pour empêcher un thriller de se produire dés le début de la soirée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tapi dans un coin, derrière ses lunettes et son chapeau, FaceHunter mitraillait sans relâche tous ces looks pour alimenter ses multiples sites et une flopée de magazines internationaux. Déjà dans le hall, la captivante Maroussia était accompagnée d’une troupe de mannequins-performers parmi lesquelles je pouvais reconnaître Audrey Marney, notre Kate Moss frenchy ainsi que la chanteuse Uffie et la piquante Helena Noguerra : un flamboyant défilé d’Andrea Crews devait commencer dans moins d’un quart d’heure chambre 129. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nicolas Laugero de l’Espace Cardin était en train de sortir de sa Porsche rouge accompagnée de son armée de drôles de dames, toutes aussi pétillantes les unes que les autres. Les Louboutin d’Eva étaient raccord avec la Porsche. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juchée sur des talons aiguille léopard et en short de satin fluo, Pascal Lièvre suivi de sa bande, tout en plumes, en boas, cravates, corsets à baleine et bas résille commençait leur défilé depuis l’Arc de Triomphe sous l’œil consterné d’un car de touristes japonais: un cours d’aérobic philosophique donné en hommage à Nietzsche se préparait. La philo méritait bien d’être bandante. &lt;br /&gt;A côté, la chevelure romantique et l’écharpe de Gonzague Saint-Bris ponctuait d’un romantisme désuet la scène. Il était en grande conversation avec Pierre Cornette de Saint-Cyr et… Pierre Cornette de Saint-Cyr : le commissaire priseur et l’un de ses fils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à André, tout juste débarqué de Dubaï où il inaugurait un nouveau satellite du Baron, il avait opté pour une sortie discrète : il débarquait dans une vieille R16 Break aux verres fumés pour ne pas se faire remarquer et rejoindre sa suite. Olivier Zahm, Terry Richardson, Harmony Korine, Chloé Sevigny, Charlotte Kemp, Sean Lennon, Dov Charney, Jennifer Eymère, Ashley Smith, et toute une file indienne de jeunes mannequins suivaient. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien n’échappait à la caméra avertie de « Souvenirs From Earth », la télé artistique frenchy: Marcus Kreiss et son armée de stagiaires surdoués en profitaient pour faire des interviews décalées. &lt;br /&gt;« Fiac me, I’m famous » ironisaient certains alors qu’Artus de Lavilléon, avait pour l’instant les grâces des caméras : vêtu d’un costume blanc, dans un ultime soubresaut anti-consumériste, il avait décidé de squatter l’une des vitrines les plus stratégiques de l’hôtel, celle qui donnait sur l’entrée de librairie d’art, prés de l’entrée, sans en bouger tout au long de la soirée. Mais une créature tentait de le déconcentrer de la série de dessins qu’il entamait: c’était Lady Gaga tout simplement. Un ready made de la chanson que n’aurait pas renié Marcel Duchamp et qui avait inspiré l’artiste Francesco Vezzoli. Toutes les sculptures vivantes étaient de la party. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant aux Blanche-Neige, ce n’était pas des créatures Walt Dysney mais les performeuses de la chorégraphe Catherine Bay. On n’avait plus qu’à demander à Gilbert &amp; George, réfugiés dans la suite 130 de réactiver une de leurs anciennes performances des années 70 pour soutenir l’un de leur héritiers spirituels. &lt;br /&gt;Côté artistes, on notait la présence de Vanessa Beecroft, Dominique Gonzalez-Foerster, Agathe Snow, Elena Montesinos, Sophie Calle, Kendell Geers, Matthew Barney, David LaChappelle, Jeff Koons, Ugo Rondinone, Murakami, Rikrit Tiravanija, Xavier Veilhan, Fabrice Gygi, Sylvie Fleury, Claude Lévêque, Cyprien Gaillard, Gregor Hildebrandt, Terence Koh… aucun d’entre eux ne sortiraient pas de cet écrin sans avoir dit un mot à la caméra. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hervé Loevenbrück, Emmanuel Perrotin, Nathalie Vallois, Florence et Edouard d’Air de Paris, les Céline de la B.A.N.K, Kamel Mennour, Yvon Lambert, Kurimanzutto, Chantal Crousel et son fils Niklas, Saddie Cole, Jérôme de Noirmont, Enrico Navarra, Esther Schipper, Thaddaeus Ropac, Jeffrey Deitch, Mehdi Chouakhri, Barbara Gladstone, Larry Gagosian, Charles Saatchi du côté des galeristes et marchands… Même Johann Koenig et ses lunettes-loupes n’échapperait pas au rituel. Tout le show bizz de l’art, épuisé par la FIAC, se succédait sur ce tapis rouge festif du Royal Monceau.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un an et demi après la fameuse « Demolition Party », le prestigieux palace Parisien drainait à nouveau les foules. Mais pas question d’y pénétrer avec des objets susceptibles de défigurer les lieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, ce n’était pas armé de pelles et de pioches que les esthètes du chaos attendaient patiemment leur tour, mais équipé d’un kit de survie qu’ils avaient reçu en guise de carton d’invitation. &lt;br /&gt;Celui-ci contenait divers éléments parmi lesquels une boussole, un carnet de notes, un paquet de feutres miniatures, une boussole, un volume d’hélium pour modifier son empreinte vocale, une clé USB pour downloader les sons et les images à glaner ici et là au fil de son aventure, un alambic enfermé dans sa gangue phosphorescente à glisser dans un cocktail très spécial à l’entrée. Et 10 cm3 de fourmis pleines de vie ainsi que du sucre pétillant de différentes couleurs  pour réaliser sur place son propre tableau d’art vivant et mouvant… Et pour finir, une clé magnétique pour accéder à une suite et éventuellement se ressourcer en privé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chambre 369, les Kolkoz proposaient une partie de « Portraits arabes » à leurs visiteurs : on pouvait voir Christophe Dechavanne, Paris Hilton, Eric Zemmour, Emma de Caunes, Philippe Katerine, Thomas Lélu, Charlotte Gainsbourg, Karl Lagerfeld, Anna Wintour, Richard Rodriguez, Jean-Luc Monterrosso de la Mep, Alexis Vaillant et Charlotte Laubard du Capc de Bordeaux, Fabrice Hergott, le directeur du Musée d’Art moderne de la ville de Paris, Caroline Bourgeois conseillère auprès de François Pinault ainsi que François Pinault lui-même. Mais aussi Nicolas Bourriaud, Alfred Pacquement, MC Solaar, Jean Rouzaud et Fadia Dimerdji de Radio Nova, le jeune comique Yaya Moore, Vanessa Paradis et Lili-Rose, Olivier Martinez, Vincent Cassel et Monica Bellucci Enrico Navarra, Charles Barachon, Domoina de Brantes, Jean-Marc Thevenet, Arnaud Maguet, Alexandra Senes, l'ecrivain et artiste Jean Albou, le photographe Philippe Bonan se succéder à la table de dessin toute au long de la soirée. &lt;br /&gt;L’œuvre d’origine que les artistes se passaient de main en main n’était autre que «L’Origine du Monde» de Courbet.  Le remake d’une ancienne œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les escaliers, dans les chambres, dans les salles de bains, les miroirs multipliaient les présences à l’infini et semaient le trouble dans les esprits, comme dans un labyrinthe. &lt;br /&gt;On ne voyait pas un unique Jérome Sans mais deux, trois ou quatre. Un concert de Liquid Architecture devenait une œuvre kaléidoscopique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des spectres pouvaient aussi se réveiller dans ses couloirs. Je jurerai avoir croisé Andy Warhol en grande conversation avec Kurt Cobain et Melvil Poupaud. &lt;br /&gt;De quoi pouvaient-ils s’entretenir ? Impossible de s’en souvenir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce que l’on sait, c’est que c’était dans l’aile Nord de l’hôtel où Pedro Winter de Headbangers et Kitsuné avaient lancé un concours de clippers pour le dernier morceau des Daft Punk. Il était prévu que Divine Comedy et Arcade Fire donnent un concert sub-aquatique dans la piscine dès 22h. Les Minitel Rose, PRAVDA et Jarvis Cocker déambulaient dans les couloirs avant de se produire au cours de la soirée. L’hôtel avait mis à leur disposition un studio de son.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les lustres, les chaises, les tables, les canapés… dans cette architecture Années 30, tous les styles se mélaient pour que l’on se sente comme chez soi… en mieux. &lt;br /&gt;Un hyper-chez-soi de rêve bercé par l’énergie démultipliée de tous les artistes qui avaient traversé le palace depuis son ouverture, mais aussi les contemporains. &lt;br /&gt;C’était une invitation au voyage artistique à tous les étages, du spa jusqu’à la galerie d’art, du jardin autour d’un bassin à la salle à manger, et cela jusqu’à la librairie…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La salle de cinéma était la plus confortable de tout Paris mais pas question d’accélérer son vieillissement. Idem pour le jardin d’hiver où trônait la théière géante de Joanna Vasconcelos, l’une des artistes invités par Hervé Mikaeloff, le commissaire d’exposition du Royal Monceau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était d’ailleurs peut-être cette œuvre géante qui diffusait autour d’elle une odeur persistante de thé noir, qui sait ? &lt;br /&gt;A moins que ce ne soit l’une des recettes du chef, Laurent André, ou encore l’un des desserts très inspirés du Picasso de la pâtisserie, Pierre Hermé, qui ne vienne titiller nos naseaux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Attablés dans la salle à manger, sous le plafond dessiné par Stéphane Calais, les maîtres des lieux ainsi que Philippe Starck, Fabrice de Rohan Chabot, Bernard Arnault, Manolo de Brantes, Cyrille Troubetzkoy, Maud Prangey, David d’Equainville, Nathalie Guiot, des Editions Anabet, Guillaume Houzé héritier des Galeries Lafayette, ainsi que Jennifer Flay, la grande prétresse de la Fiac, Johan Tamer du Slick Art Fair et Elisabeth Quin attendaient un dessert très spécial à base de coulis de fraises et de wasabi recommandé depuis Londres par Mourad Mazouz du Sketch. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, les Gelitin n’avaient pas encore eu accès à cette partie de l’hôtel… sinon, il y a fort à parier que les Hermé risquaient de prendre des airs de Pollock. Pendant ce temps, Jean Picon ne cessait de faire des photos pour des magazines de pointe. Patrick de Carolis, Bertrand Lavier, Philippe Parreno, Larry Clark, Cyprien Gaillard, le génial Hedi Slimane, Colette Barbier, Asia Argento, Jack Lang, Nicolas Ullman, Sofia Coppola, Marion Cotillard, Guillaume Canet… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Déjà en place dans la salle de cinéma, Frédéric Taddéi, Guillaume Durand ainsi que Pierre Lescure, le Triumvirat d’une télé plus cultivée attendaient avec impatience la projection de « The Radiant Child », un documentaire inédit de Tamra Davis sur Jean-Michel Basquiat. Agnes b, la styliste Maripol, l’expert du Comité Basquiat Richard Rodriguez… entre autres interviendraient à la fin de la projection. &lt;br /&gt;Tout comme Jean Charles de Castelbajac dont l’exposition « The Tiranny of Beauty » dans la Suite 333 revisitait les diktats de la mode et de la beauté. &lt;br /&gt;La soirée commençait à peine dans un Royal Monceau réinventé. Une nouvelle page de l’art de vivre parisien allait s’y inscrire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;XXXXXXXXXXXX&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(Spécialement pour Technikart, Anaïd Demir, auteure du « Dernier Jour de Jean-Michel Basquiat » aux Editions Anabet a imaginé un épisode inédit de son « Journal intime de l’art » : une « Arty Party » à l’Hôtel Royal Monceau.) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cet épisode du Journal Intime de l’art a été écrit à l’occasion de la réouverture de l’Hôtel Royal Monceau, 37 Avenue Hoche, 75008 Paris à partir du 21 octobre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une galerie d’art -ART DISTRICT- s’y inaugure avec une exposition de Jean-Michel Basquiat. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« L’Arty party » ici décrite est purement fantasmée et librement inspirée de la réalité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous pouvez aussi retrouver cet épisode sur le site de Technikart, à l'adresse suivante:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.technikart.com/pop-economie"&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.technikart.com/pop-economie"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5779794527302054358?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5779794527302054358/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/11/reconstruction-party-au-royal-monceau.html#comment-form' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5779794527302054358'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5779794527302054358'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/11/reconstruction-party-au-royal-monceau.html' title='Episode 89 : RECONSTRUCTION PARTY AU ROYAL MONCEAU'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5350170060119138785</id><published>2010-03-05T06:58:00.000-08:00</published><updated>2010-03-05T06:59:26.824-08:00</updated><title type='text'>Episode 88 / Pinault en short avec ta mère dans la Galerie des Glaces</title><content type='html'>Dimanche 31 janvier 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cattelan à Versailles, je suis pour… ça sentirait l'âne dans la chambre d'apparât et on ferait l'autruche dans la chambre des Dames. &lt;br /&gt;Il y aurait des nids de pigeons dans la galerie des Glaces et des fientes sur les balcons… comme à Venise il y 6 ou 8 ans. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, pour le moment, ce sera Takeshi Murakami in Versailles en 2010 et c’est ainsi ! C’est ce qui a été annoncé et tout ce qu’on va y gagner, ce sont des pastilles amères à gober comme dans les 90’s alors qu’on est en 2010, que l’on rêve de bio, de naturel et d’animaux qui reviennent au galop ! &lt;br /&gt;Murakami… Du manga, des yeux ronds qui sentent bon le sac Vuitton, les M&amp;M’s et les Smarties. C’est plus d’actualité. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors pourquoi pas Cattelan ? Lui aussi est un artiste de la Galerie Perrotin. Lui aussi a le sens des affaires et connaît les cours de la Bourse. Il est juste moins lisse. &lt;br /&gt;Pinault ne l’achète-t-il pas ? &lt;br /&gt;Peut-être que Cattelan au Château, ça ferait désordre et qu’une manif se déclencherait aussitôt à Versailles. Une vingtaine de grèvistes avec leurs piquets de grève voudraient se payer la tête de l’artiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais au fait, pourquoi je pense à Maurizio? &lt;br /&gt;Parce que chaque année, à la rentrée, autour de la période de la FIAC, à Versailles, un artiste contemporain est invité à mettre gentiment le boxon au Château. Pourquoi pas lui qui aime semer le désordre justement ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que les Versaillais aiment Pinault et aiment l’art que les conseillers de Pinault aiment ?&lt;br /&gt;Est-ce que Pinault aime Maurizio ? Est-ce que Maurizio aimerait plaire à Pinault ? Est-ce que tout artiste normalement constitué en 2010 aime Pinault, l’un des hommes les plus fortunés de France ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon… et moi ? &lt;br /&gt;J’adore le 78. Ses arbres surtout, ses étangs et ses étendues, ses bois, ses mousses, ses odeurs de fougère et son château malgré ses jardins à la Française. En général, je trouve toujours malsain de vouloir domestiquer la nature… or, c’est bien ce que Lenôtre a fait et c’est bien ce qui fait le prestige des Parcs versaillais. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, j’adore quand même Versailles, les Versaillais, les musiciens Versaillais (surtout eux !) et la faune et la flore versaillaise. J’ai même adoré passé mon bac au lycée Hoche. &lt;br /&gt;Mais même avec la French Touch et mon bac passé au lycée Hoche en poche, je sais que les Versaillais ne sont pas forcément connus pour être des Révolutionnaires avec un grand ou un petit R. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a deux ans, les réacs Versaillais étaient déjà contre  la présence de Jeff Koons -l’artiste le plus lisse de tous les Etats-Unis et de la planète artistique dans ce qu’ils croient être LEUR château. &lt;br /&gt;Jeff Koons, l’homme à qui l’on prête des provocations qu’il ne génère qu’au premier degré et par accident. &lt;br /&gt;On pense à sa série de photos et ses sculptures avec la Cicciolina… mais c’était surtout pas pour faire du porno et encore moins de la provoc! &lt;br /&gt;Il a juste suivi les instructions de la créature dont il était amoureux fou à cette époque. C’est ma théorie. Je suis quasi sûre que c’est elle qui y a pensé la première à toutes ces sculptures qui la mettent en scène. Il n’a fait que suivre les directives pour lui prouver son amour. &lt;br /&gt;Se mettre en scène, être une muse, s’exhiber et passer la postérité, c’est une idée d’elle. &lt;br /&gt;Lui, ça reste un benêt qui, à l’origine faisait des additions dans le monde des finances et qui s’est dit que les chiffres se mettraient à enfler plus rapidement dans le monde des arts.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et à Versailles, après Jeff Koons qui n’est pas un artiste de la Galerie Perrotin mais de chez de Noirmont, on a eu Xavier Veilhan qui est quasi Versaillais dans l’âme tant il a travaillé avec des musiciens Versaillais (Air, Sébastien Tellier……)… un Versaillais d’adoption de la Galerie Perrotin. &lt;br /&gt;Le prochain, en 2010, est un autre artiste de la Galerie Perrotin : Murakami. &lt;br /&gt;2 ans après, le Walt Dysney Japonais succède au Walt Dysney Américain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour contrebalancer tout ça, dans deux ans, on pourrait laisser respirer un peu les murs, faire passer un  vent de rébellion dans le mobilier Louis XVI… avec un artiste au sang chaud, prêt à faire la Révolution, couper les têtes des nouveaux aristo de l’art ! &lt;br /&gt;A qui je pense ? Je ne sais pas. Gianni Motti ? Aaron Young? Jonathan Meese ? Luca Pancrazzi ?  Paul Mc Carthy ? Damien Hirst ? Kelley Walker !&lt;br /&gt;Des mecs énervés, il y en a des tas… il y en a même parmi eux qui ont déjà réussi à séduire les bien-pensants. Des présumés coupables comme on les aime ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là-dedans, au Château, avec sa mère, il y aurait Pinault en short dans la Galerie des Glaces. Réaliste comme un Duane Hanson (de chez Emmanuel Perrotin), et dédoublé sur une vingtaine de mètres comme un Katharina Fritsch ! &lt;br /&gt;Un Pinault ventripotant à force d’avoir mangé trop de brioche, ça va de soi !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Bordel, mais où sont les artistes qui font monter la moutarde au nez du bourgeois ! L’art est en train de redevenir une valeur sûre donc une valeur lisse. Rien à dire. Pas de grain de sable dans la machinerie! Que des moutons qui vont à l’abattoir. Et des artistes capitalistes qui nous font gober de vilaines petites petites pilules multicolores pour mieux faire oublier les inégalités. &lt;br /&gt;Plus c’est gros, rond, con et coloré… et plus c’est assorti aux moulures meringuées et aux dorures, et plus ça passe dans les salons Louis XIII.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon allez… faîtes disparaître ces haies trop bien taillées que la nature reprenne ses droits et surtout jetez ces pastilles fluos au feu et ceux qui les fabrique aux lions!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5350170060119138785?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5350170060119138785/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/03/episode-88-pinault-en-short-avec-ta.html#comment-form' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5350170060119138785'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5350170060119138785'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/03/episode-88-pinault-en-short-avec-ta.html' title='Episode 88 / Pinault en short avec ta mère dans la Galerie des Glaces'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6981130398576415569</id><published>2010-02-28T16:01:00.001-08:00</published><updated>2010-03-02T10:50:17.964-08:00</updated><title type='text'>Episode 87 /  Art Orwellien</title><content type='html'>Samedi 30 janvier 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas m’empêcher de penser à ça quand je passe Gare du Nord, quasi quotidiennement en ce moment. &lt;br /&gt;Je ne peux même pas m’imaginer qu’on puisse prendre ça pour de la parano… mais plutôt pour de la lucidité ou de l’extra-lucidité dans un monde ultra-fliqué qui se veut over-sécurisé… Dans un monde où plus personne n’ose plus être choqué de voir des bandes de mecs en treillis, par grappes de trois au moins, la mitraillette en joug, disséminés ici et là dans le paysage quotidien. &lt;br /&gt;Dans le RER, le train, le métro, les grandes gares et ailleurs. &lt;br /&gt;Je me demande même à quel point on peut encore nous faire croire que l’on ne vit pas dans un monde en guerre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans un monde ultra-surveillé, Orwellien, il n’est pas paranoïaque de croire que ce grand machin en plein milieu de la Gare du Nord n’est pas un dispositif de surveillance pur et dur qui essaie de se faire tant bien que mal passer pour une œuvre d’art. Lamentablement. Piètrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et le pire, c’est que ce truc serait réellement une commande publique et que j’ai même rencontré son auteur il y a un an ou deux ou trois. Sinon j’aurais carrément pensé que l’auteur n’existe pas. Que l'auteur n'est autre que ce celèbre "ON" que l'ON aime tant accuser du pire. J'aurais pensé qu'il n'y pas d'auteur à cette chose. Que c’est une pure fabrication de la Brigade de Surveillance.&lt;br /&gt;Pourtant, on m'a présenté l'artiste jadis. Je ne me souviens pas de son nom ni de son visage d’ailleurs mais je pourrais vérifier demain ou après demain.&lt;br /&gt;Ça n'avait aucune espèce d'importance à l'époque. j'étais en Normandie, en bord de mer. En liberté. Dans un lieu peu surveillé par les brigades de surveillance et les mecs en treillis-mitraillette. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais maintenant que je côtoie si souvent cette fameuse œuvre d’art planté au cœur de la Gare du Nord, je ne peux m’empêcher d’être persuadée que soit son « œuvre », celle de cet artiste jadis rencontré, a été détournée à des fins de surveillance… soit elle a été conçue pour cela. &lt;br /&gt;Que l’artiste en soit conscient ou non, qu’il soit dans le secret ou non n’a aucune importance !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que penser de cet écran géant en plein centre de la Gare du Nord. Au grand carrefour de la Gare. A une place stratégique qui offre une vue imprenable sur toutes les arrivées et tous les départs des grandes lignes. TGV, Thalys et Eurostar compris. Une vision plongeante, panoramique et digitale. &lt;br /&gt;De la haute technologie comme on peut en espérer dans nos années Orwelliennes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que penser de ce grand écran dans lequel je vérifie ma démarche, ma silhouette et ma tenue chaque fois que je passe à quelques mètres d’elle. &lt;br /&gt;Elle enregistre mon image avec quelques minutes de retard avant de la restituer en noir et blanc, et en grand format. &lt;br /&gt;Elle est là depuis déjà un certain temps déjà… un, deux ou trois ans.&lt;br /&gt;Est-elle censée amuser ces gamins qui posent avec leurs chers parents qui viennent de réaliser que leur image est restituée avec quelques minutes de retard. Que leur quart d’heure de célébrité commence peut-être là. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je regarde encore et encore cette œuvre hiératique, triste, frigorifique et tout simplement Orwellienne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si je faisais de l’espionnage en 2010, voilà ce que je ferai… je prendrai un inconnu, je lui dirai de jouer avec l’idée de la caméra de surveillance. Je lui demanderai de jouer à la rendre plus sexy, plus attrayante. Je lui dirai de jouer à la masquer, à l’habiller, à la déguiser…&lt;br /&gt;Ou alors je ne dirai rien. Je choisirai soit un artiste dont la caméra en temps réel et ses jeux sont déjà au centre de son travail. Sans rien lui dire, je le laisserai faire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ou alors, je prendrai le temps de le mettre légèrement dans la confidence contre une somme d’argent confortable, une rente dont il profiterait à vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je préfèrerai la première solution évidemment : elle coûte moins cher et elle est plus sûre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, il faudrait voir ce qu’il se passe aussi dans les autres gares. Est-ce qu’il y a d’autres caméras géantes plantées au centre de la gare et qui passent pour une œuvre d’art. est-ce que d’autres dispositifs camouflés permettent d’enregistrer les passants en temps réel ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bizarrement, la première fois que cette pensée m’a traversée que l’art pouvait être un bon alibi de surveillance, c’était il y a un quelques années déjà. J’étais sur les Chanzel ou bien dans les jardins du Palais-Royal. &lt;br /&gt;Idem, j’y avais vu même un peu plus tôt, des soldats bien jeunes et qui n’avaient pas l’air très fins, qui se baladaient comme des cowboys ou des gladiateurs avec leur arme en joug. &lt;br /&gt;Je ne sais plus quand c’était exactement  mais il y avait un problème de température. Soit il faisait affreusement chaud, soit il faisait inhumainement froid, en tout cas, on était dans les extremes.&lt;br /&gt;Ouais, c’était un été quasi caniculaire où on rêve d’un courant d’air et d’être vêtu plus que légèrement. &lt;br /&gt;J’étais en mouvement, enfiévrée et en sueurs, et sur un banc perché, sous le soleil zénithal, il y avait un de ces personnages qui se prennent pour des sculptures et qui cherchent une place au soleil tout en restant à l’ombre de leur costume. &lt;br /&gt;Un costume qui les couvre de la tête au pied, comme une burqa. Celui-ci faisait partie de la série Egyptienne : un costume doré pharaonnique qu’on imagine taillé dans une matière qui ne laisse pas la peau respirer et un abruti qui se laisse mourir de chaud sous le soleil ! &lt;br /&gt;Des mecs qui, sous couvert de performance, cachés dans un déguisement posent sans bouger d’un poil des longues heures durant. Pour être plus crédibles encore, ils ont parfois une timbale dans lesquels on peut faire résonner une pièce et qui laisse supposer qu’il s’agit là d’une œuvre, d’une performance que l’on peut rétribuer si ça nous dit. &lt;br /&gt;Mais l’intérêt artistique du truc en soi est franchement minimal. Par contre, le personnage nous observe sans être vu… et qui l’empêche d’avoir un micro relié à je-ne-sais-qui. Bref, ça ressemble bien à de l’espionnage. &lt;br /&gt;A peine esthétisée, mais de l’espionnage quand même.  &lt;br /&gt;Du voyeurisme à ce niveau, ça me semble peu convaincant. Et le côté christique, la quête du divin, la méditation par ce genre de contrainte… dans un habit synthétique, sans bouger, sous un soleil de plomb, je n’y crois pas trop. Maso ? Bof ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis parfois je me dis aussi qu’on vit déjà dans un monde over surveillé et que ce n’est sans doute pas la caméra géante braquée sur les passants de la Gare du Nord ou les petits pharaons aux allures inoffensives qui vont y changer grand chose. Mais quand même, je ne peux pas m’empêcher de penser que tout cela est aussi laid que louche et que je n’ai pas envie de boire ce petit lait à la louche.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6981130398576415569?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6981130398576415569/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-87-art-orwellien.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6981130398576415569'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6981130398576415569'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-87-art-orwellien.html' title='Episode 87 /  Art Orwellien'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6311634105149764330</id><published>2010-02-23T10:50:00.000-08:00</published><updated>2010-02-23T10:51:09.683-08:00</updated><title type='text'>Episode 86  / « Trèfle… Je PIQUE ton CŒUR CARREAUlin ! »</title><content type='html'>Mercredi 27 janvier 2010&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On croit que c’est un cliché. Un effet littéraire ou carrément filmique. &lt;br /&gt;On n’imagine pas 30 secondes que ça puisse nous arriver surtout quand on n’a pas une peau dite « à problèmes »… et pourtant, paf ! C’est comme une loi mathématique. Une loi du genre qui ça se vérifie à chaque fois… ou presque. &lt;br /&gt;Il suffit d’un RDV important pour qu’un indésirable se mette à vous pousser là où personne ne le loupera. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là, sur l’aile gauche du nez, bien blotti et même encastré : LE spot ! &lt;br /&gt;Le rrrrépugnant spot qui a mis du temps à sortir de sa réserve et vous a même fait souffrir quelques jours plus tôt. Couleur crème et bien crèmeux au milieu. Bien rebondi. Entouré d’un bel arceau rouge carmin. &lt;br /&gt;Bien dégueu… du moins, c’est comme ça que je le vis ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Evidemment, ça tombe en plein dans la semaine la plus importante de votre vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avant-hier, encore, c’était moins grave… je n’étais qu’au téléphone avec l’objet/sujet de mes pensées. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et hier, j’étais à Maubuisson, dans le Val d’Oise, dans une magnifique abbaye du 13è siècle. Pour l’expo d’Orlan, avec Orlan. Du coup, en matière d’excroissance, j’avais de la concurrence ! &lt;br /&gt;J’en oubliais la mienne et pourtant mon petit bouton en plein au milieu de ma tronche pouvait passer pour du fayotage ! &lt;br /&gt;Bah, ça aurait pu même être un collage acheté dans un magasin de farces et atrappes, juste pour le fun ! &lt;br /&gt;Mais non, je n’en suis pas là… et quand j’y pense, il faisait si froid hier à Maubuisson que je comptais sur les températures pour résorber ma petite horreur blotti dans le coin de mon nez. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais très vite, je me suis concentrée sur l’organe de la vision et j’ai cessé de penser à la vision que tous ceux que je croise pouvaient avoir de moi… Même si un très très très bon copain a cru bon de me dire qu’on ne voyait que ça,  j’ai fait abstraction, je l’ai gommé de mes pensées pour me plonger toute entière dans l’étonnante expo perso d’Orlan. Un lieu magnifique, niché dans un coin perdu du Val d’Oise, dans un lieu jadis voué aux religieuses avant de se retrouver -pour notre grand plaisir- entre les mains des iconoclastes de l’art contemporain. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etonnante expo car je ne m’attendais pas à y trouver une limousine gonflable ni d’autres symbôles d’un luxe tape-à-l’œil. &lt;br /&gt;Je ne pensais pas non plus y trouver du foot par le biais d’écrans télé organisés en croix. &lt;br /&gt;Ce n’est pas ce que l’on attend obligatoirement de quelqu’un qui a pris des risques chirurgicaux pour crier à la face du monde sa différence et revendiquer sa position de femme. Ce n’est pas ce à quoi l’on pense quand on sait qu’elle travaille sur les canons de beauté et les remet sans cesse en question, les repousse, les tiraille à travers des œuvres souvent dérangeantes ! &lt;br /&gt;Et pourtant, si plastiquement on ne s’attend pas à ça, la logique Orlanesque est là. &lt;br /&gt;Derrière la Limousine, on a non seulement le mélange des genres, la mixité à travers un patchwork de différentes peaux qui est figuré sur le pare-brise arrière, mais on a surtout le cliché du mariage… Et par ce biais, on en arrive à la position actuelle de la femme en pleine régression par rapport aux années 70 et qui voit dans le mariage son salut. &lt;br /&gt;Si ce n’est pas clair, il y a la projection qui va avec la Limo ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et côté foot, c’est encore une  autre pression sociale dans laquelle on est envahi par ce sport devenu une religion… On nous parle des « Dieux du stade », les voici à l’œuvre, au centre d’un autel improvisé, dans une mise-en-scène christique. &lt;br /&gt;D’ailleurs, dans ce lieu sacré qu’est l’Abbaye de Maubuisson, toutes ces questions prennent un sens plus fort encore. &lt;br /&gt;Pour continuer sur cette lancée, on a des sculptures dans l’une des plus belles et des plus chaleureuses salles. Des statuettes qui semblent mues par on ne sait quelle force centrifuge. On dirait des nonnes justement perdues voire noyées dans leurs magnifiques drapés. Clin d’œil au lieu evidemment et aux canons de beauté classique avec les drapés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, un peu plus loin, on rencontre une sorte de cyber personnage qui ressemble énormément à Orlan. Dans un matériau luminescent, il réagit à la présence. Ce serait un hybride entre le corps-même de l’artiste et d’autres cultures. C’est presque un autoportrait, un symbôle de mixité qui fait un lien entre ces œuvres des années 90-2000 et celles d’aujourd’hui. Chirurgie esthétique, clones humains, photoshop et corps mutant… tout y est ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en parlant de mutant, je repense à mon spot, mon bouton, mon bourgeon, mon mini-pustule… même après avoir été enduit plus de 24 heures durant d‘une mixture boutonicide américaine hyper efficace, même dans ce froid, cette chienlit était bel et bien là hier. Bien vivant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et aujourd’hui ? Idem ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai tenté de le maquiller, de le transformer en grain de beauté, de lui donner du panache, de le déguiser… échec encore ! &lt;br /&gt;Voilà qu’il me tient compagnie en plein marathon de RDV importants dans le froid polaire parisien de l’hiver le plus froid de ma vie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en sens encore malheureusement le relief, alors que les températures et le mercure ont glissé dangereusement au dessous du zéro… on aura tout vu !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etrangement, ma journée commence justement par le défilé d’un duo qui se fait appeler ainsi : « On aura tout vu ». &lt;br /&gt;« Play your destiny » dit le carton d’invit’ surmonté des quatre figures des jeux de cartes. &lt;br /&gt;Trèfle, cœur, pique, carreau… je pense à MC Solar : « … et Je PIQUE ton CŒUR CARREAUlin ! » &lt;br /&gt;Je suis le conseil : « I play my destiny »… même aux aurores avec Marie-Laure qui me glisse le communiqué de presse et un jeu de cartes circulaires pour que je puisse faire tourner la roue à mon avantage dès que j’aurais un moment! &lt;br /&gt;Apparemment, ce sont aussi les « On aura tout vu » qui s’occupent des accessoires chez Rochas… comme ce pompon très années 20 par exemple que je tiens en main. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le défilé commence dans le magnifique cadre d’un hôtel particulier où j’ai l’habitude de voir des expos ou de faire des fêtes, ou tout simplement de voir le maître des lieux, Johan, propriétaire de la JTM Galerie qu’on aime qu’on aime. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas d’exposition avant samedi prochain. En attendant, place à l’art de la performance, place à la haute-sculpture sur modèle vivant très couture. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, art et mode sont en fusion une fois de plus… pendant que s’enclenche la bande-son d’un certain DJ Manu qui nous laisse croire qu’on est entre les mains du sort ou peut-être autour d’une table de poker. A moins que l’on ne soit dans un jardin Carrollien où Alice ne tarderait pas à poursuivre un Lièvre de Mars ou un Poisson d’Avril. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Trèfle, cœur, pique, carreau de polystyrène font partie du décor. Trèfle, cœur, pique, carreau… tous les jeux sont permis et un magicien en chapeau claque se promène parmi nous pour nous proposer des tours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme souvent, la nuée des photographes parqués dans un coin m’écœurent. &lt;br /&gt;Je ne sais pas pourquoi, ils font pourtant leur boulot mais j’y vois surtout un essaim malsain de corbeaux mysogines penchés avec avidité sur des filles déjà bien décharnées. Des rapaces qui s’attaquent aux apparences, aux faux-semblants, aux paillettes. Des lourdauds qui y vont de leurs commentaires graisseux adressés aux mannequins. &lt;br /&gt;Il faudrait leur couper le son. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Crépitements de flashs… la première silhouette approche et après s’être pris tous ces éclairs foudroyants dans la gueule, cette belle black longiligne légèrement vacillante et au bustier fait de cartes à jouer me tend une carte que je prends : Valet de trèfle ! C’est parfait ! Cette carte me va comme un gant !&lt;br /&gt;Le valet est un messager qui me fait les yeux doux avec ses fructueuses. Juicy news : le trèfle représente l’argent, les richesses, le monde matériel. &lt;br /&gt;Et comme mes finances ont largement souffert ces derniers temps, je suis ravie d’apprendre que ça va positivement changer. Make the balance right. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, j’adore ce mercredi plein de RDV importants, ça s’annonce bien…  Strass, sequins, cristal Swarowski et autres matériaux précieux s’accompagnent de plumes, de dentelles, de drapés et de transparences dans une atmosphère festive. &lt;br /&gt;Trèfle, cœur, carreau… pique et pique et colegram, la vie se joue comme une partie de poker. Il suffit de participer !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6311634105149764330?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6311634105149764330/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-86-trefle-je-pique-ton-cur.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6311634105149764330'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6311634105149764330'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-86-trefle-je-pique-ton-cur.html' title='Episode 86  / « Trèfle… Je PIQUE ton CŒUR CARREAUlin ! »'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8277660268211736284</id><published>2010-02-17T09:34:00.000-08:00</published><updated>2010-02-17T11:43:37.750-08:00</updated><title type='text'>EPISODE 85 / De la neige en été</title><content type='html'>Vendredi 11 décembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Souple, élastique, tout terrain, unlimited… tel est le terrain artistique. &lt;br /&gt;Il se glisse partout, file dans les interstices, fuit en pleine nature, se retrouve dans les paysages les plus sauvages, mais aussi dans les bordels sans nom, les boutiques de renom, les cabarets sinistrés ou les hôtels les plus raffinés. Everywhere, l’art est matière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et cette fois, me voilà à l’Opéra entraînée dans ses filets… ou plutôt au Théâtre des Champs-Elysées, Avenue Montaigne. &lt;br /&gt;Dans un cadre qui me fait faire des courts-circuits temporels, me fait douter de l’époque à laquelle je me trouve, du siècle et même de l’année… &lt;br /&gt;Normal, les failles temporelles vont de pair avec les failles météorologiques puisque ces derniers temps, on doute aussi des saisons. &lt;br /&gt;A croire que les prédictions de Diabologum vont s’avérer vraies et à Paris comme ailleurs, au milieu du mois d’aôut, on aura zéro dégré et de la neige en été. &lt;br /&gt;On aura beau draguer Mercure, rien à faire, il ne fera plus remonter ses températures… on sera scotché à l’ère polaire. Rien à faire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, la neige ne saurait tarder, et dans ce froid de canard, on se réfugie dans un foyer artistique brûlant : le théâtre des Champs-Elysées où je regoûte au récital « Picture Reframed » qui met en lien l’artiste Robin Rhode et un pianiste Norvégien internationalement acclamé, chef de file de sa génération, Leif Ove Andsness. &lt;br /&gt;« Pictures Reframed » -soit littéralement les « images recadrées »- entame sa tournée à travers le monde depuis novembre 2009. Il a trouvé son point focal autour d’une œuvre du compositeur Modeste Moussorgski intitulé « Les Tableaux d’une exposition », une suite de 10 pièces pour piano datant de 1874.&lt;br /&gt;Ecrit en hommage à Viktor Hartmann, ami et architecte de Moussorgski, « Les Tableaux d’une exposition » est la retranscription sonore d’une flânerie dans un musée. On déambule d’une aquarelle à un dessin, on entre dans les œuvres, on musarde. La musique semble générer des formes et induit naturellement le mouvement puis la contemplation. Le piano lui-même, ainsi que les dessins de Hartmann ont inspiré ce nouveau film de Robin Rhode. On suit à la trace cet illusionniste qu’il est: il joue savamment des apparitions et des disparitions dans une œuvre qui déjà nous marque de son empreinte indélébile. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et si les artistes veulent marquer les consciences à la postérité… Robin Rhode a choisi la voie la moins simple pour cela : des performance et des œuvres à la craie qui s’étendent sur les sols, les murs et les plafonds et s’effacent au gré des intempéries. L’éphémère est sa poétique. Le corps et son inscription dans l’espace sont chaque fois au rendez-vous, y compris à travers ses dessins avec des insertions d’objets réels, ses photographies ou ses animations vidéos. Il n’y a pas si longtemps de cela, Rhode a placé un moulage de vélo en savon sur le toît d’une galerie Londonienne. Exposée à tous les vents dans un pays célèbre pour sa pluie, il y avait peu de chance pour que l’engin en ressorte indemne à l’issue des deux mois d’exposition. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et cette fois aux Champs-Elysées, ce sont ses vidéos qui se mèlent à la musique. &lt;br /&gt;Ça me ramène à juin dernier, à l’Espace Vuitton où on avait pu avoir un avant-goût  du spectacle au Théâtre des Champs-Elysées, en comité plus réduit. Dans un cadre moins magistral, plus intimiste.  &lt;br /&gt;Un passage par le fameux ascenseur sensoriel d’Olafur Eliasson où dans le noir le plus profond, on purifie nos regards…  &lt;br /&gt;Et nous voilà déjà dans la cuisine, où Robin Rhode et le pianiste avec lequel il a collaboré sont photographiés avec d’étonnants appareils gros objectifs à rallonge. &lt;br /&gt;Des trucs de paparazzis que je ne pensais pas trouver dans le cadre d’une performance artistique. A croire que GALA, Voici ou je ne sais quel colporteur de ragots racés, avec ou sans pedigree, est dans les parages. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en profite pour revoir l’expo « Ecritures Silencieuses »… et on s’installe enfin dans la rotonde de l’Espace Vuitton pour découvrir cette collaboration peu commune entre un musicien plutôt classique et un artiste hors-norme et ultra-contemporain originaire d’Afrique du Sud.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et dans ce magnifique espace circulaire que l’on peut deviner depuis l’avenue des Champs-Elysées, autour d’un rutilant piano à queue, les places sont plus que limitées : c’est un moment privilégié que de suivre ce concert. &lt;br /&gt;Pour la mise-en-abîme, l’une des dernières séquences de ce concert en images animées est poignante : on assiste impuissants à la noyade d’un piano à queue au fond de l’océan. &lt;br /&gt;Crime ou suicide, à nous de voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et parmi les pousse-au-crime, il y a bien ce spectateur transi, là, juste devant moi, en T.shirt jaune et espadrilles. Ce jaune précisément pourrait laisser croire qu’il est un des nombreux assistants de Gianni Motti à travers le monde… mais non, même pas. C’est juste Frédéric Beigbeder… « L’égoïste romantique » qu’on aime bien faire semblant de ne pas aimer tous les jours. &lt;br /&gt;Que fait-il là ?  Aucune idée. &lt;br /&gt;Son menton ne rejoint plus son nez depuis qu’il a eu la fabuleuse idée de le duveter discrètement. Et cette fine couche pileuse fait ressortir le vert de ses yeux verts. Et j’essaie de me rappeler si c’est bien lui qui est connu pour avoir trouvé le fabuleux slogan Wonderbra : « Regardez-moi dans les yeux… j’ai dit les yeux ! ». La formule pourrait s’appliquer à lui aussi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne sais pas ce qu’il fait là, mais après tout, pourquoi pas… &lt;br /&gt;Et après l’intervention de Robin Rhode, il prend même soin de prendre la parole pour lui dire qu’il est génial et qu’en tant qu’artiste de talent, il n’a même pas à expliquer son projet… que son œuvre se passe d’explications. Je ne l’imaginais pas « premier de la classe à ce point » ! Quel adorable fayot !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A tel point que je me pose des questions… S’intéresse-t-il à l’art contemporain ? Dans ce cas, jusque-là, il a été plus que discret sur la question. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a des moments où je me demande à quel point la société se fabrique autour du mensonge. &lt;br /&gt;Moi qui ne ment jamais, pendant une seconde et demi, je me demande si on ne l’a pas payé pour son apparition ici-même… et puis je me dis que ce serait tout de même assez ridicule. &lt;br /&gt;Il a joué le fan de base en t.shirt jaune et ça avait quelque chose de finalement touchant. &lt;br /&gt;Mais était-ce sincère ? &lt;br /&gt;Et puis, j’entends souvent dire que certains pipoles sont payés pour apparaître dans des soirées, des évènements… mais là, franchement, je ne pense pas que Vuitton ait besoin de ça pour se faire mousser, ni qu’ils auraient choisi Beigbeder pour cela. &lt;br /&gt;Non, non, non, non… il est là de son propre chef sûrement et qui sait si ce n’est pas pour en parler dans une de ces autofictions à venir. &lt;br /&gt;Ce serait ma version romantique de la chose… mais qu’en serait-ils de sa version égoïste à lui ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, bon, on s’en fout. Ça me fait plutôt plaisir de le voir à une telle manifestation mais honnêtement, ce T.shirt jaune au premier rang : ça me gratte l’œil, me fragilise l’iris, me donne presque une conjonctivite… il aurait pu éviter. C’est la couleur des faux-culs et des poussins qui ont peur de se perdre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans le genre volaille qui se serait perdue, j’ai un beau spécimen sur ma droite. Est-ce que ce sont les pies qui s’attribuent tout ce qui brille et luit ? Elle est parée cette bimbo latino ! Je pense que cette poule-là faisait ses courses avenue Montaigne, elle a levé le bec, a vu de la lumière dans la Rotonde de l’ami Vuitton et elle s’est dit qu’elle monterait bien quelques minutes s’installer dans cette volière douillette. &lt;br /&gt;Depuis, sa seule présence donne des impressions de basse-cour à cette assemblée. &lt;br /&gt;C’est la « pouffe maximum ». Vulgaire et racoleuse à souhait. Refaite, surfaite, contrefaite, clonée, décolorée, livrée en kit. &lt;br /&gt;Est-ce que Massimo Gargia est lui aussi dans le coin ? &lt;br /&gt;On dirait un sapin de Noël, elle a tout l’attirail. Les plate-formes shoes avec des liens en corde avec le talon imitation bois et surmontées de roses noires sur le dessus. Le mini micro short noir. Le bracelet à cadenas. Les boucles d’oreille. Elle n’a rien oublié. Pas même le bronzage et le sac Vuitton qu’elle balade comme un caniche. Vernis rouge, sequins, paillettes. Elle est baroque… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais pas aussi baroque que le Théâtre des Champs-Elysées qui accueille ce récital hautement contemporain en grand format quelques mois plus tard… Cette fois, la bimbo latino et le Beigbeder jaune ne sont pas là. Entre-temps, ont-ils pris froid ? &lt;br /&gt;Et d’ailleurs, est-on en juin ou en décembre. Je jurerai qu’il neige cet été.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8277660268211736284?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8277660268211736284/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-85-de-la-neige-en-ete.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8277660268211736284'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8277660268211736284'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-85-de-la-neige-en-ete.html' title='EPISODE 85 / De la neige en été'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7823398788728704892</id><published>2010-02-07T08:34:00.000-08:00</published><updated>2010-02-07T08:35:44.757-08:00</updated><title type='text'>Episode 84 - LA BOHEME</title><content type='html'>Jeudi 19 Novembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sortie de l’Opéra, même 20 minutes plus tard, les applaudissements continuent à crépiter en s’amplifiant dans ma tête. Ça en devient physique. C’est même une sensation thermique. C’est étrange comme ces liesses communes, même quand on ne s’y attend pas, peuvent faire remonter les émotions à la surface. &lt;br /&gt;On ne sait pas pourquoi, on éprouve une sorte d’allégresse, on se demande même pourquoi ça embue légèrement les yeux ou pourquoi ça coince un peu au fond de la gorge. C’est normal : ceux qui ne ressentent jamais ces sensations ne sont tout simplement pas humains ! Ce sont des répliquants! &lt;br /&gt;Sur l’invitation expresse de Philippe, ma soirée s’est improvisée à l’Opéra Bastille.&lt;br /&gt;Toujours partante pour de nouvelles aventures, je me suis retrouvée à une représentation de « La Bohème » de Puccini… dont je ne savais rien! &lt;br /&gt;A part que Puccini, c’est italien donc forcément très vivant, voire bon vivant et pourquoi pas exubérant !&lt;br /&gt;OK ! Par contre, un titre comme « La Bohème » ne pouvait que tempérer les choses… et « contempler » la Bohème installée dans mon siège alors que je la vis chaque jour aurait pu m’effrayer… Mais au contraire, ce drame à l’italienne si lyrique a quelque chose de volontairement caricatural qui m’a exalté. &lt;br /&gt;Tant d’éxagération dans le tragique mène à l’exaltation. Exacerber à ce point les sentiments nous en libère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un opéra en quatre tableaux qui date de 1896 et qui m’a ramené à quelque chose qui n’a pas beaucoup changé depuis le XIXè : de brillants artistes désargentés dans le Paris du début du XIXè. Est-ce que XXIe siècle a quelque chose du XIXè ? En tout cas, j’ai quand même des impressions de déjà-vu et même de déjà-vécu. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans le genre mélo à vous fendre le cœur tout y est : 4 artistes qui vivent en coloc dans une mansarde sans confort. &lt;br /&gt;Ils ne gagnent pas un sou vaillant… et surtout, ils se les pèlent grave en plein hiver, avec une unique chaudière un peu pourrave ! L’hiver est rude. La neige a envahi Paris. On se croirait en janvier 2010. On nous dit qu’on est plutôt en décembre 1830. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et l’amour dans tout ça ? &lt;br /&gt;L’un des personnages se consume d’amour pour une riche héritière capricieuse qui l‘éconduit une fois sur deux… alors que l’autre, Marcello, se désespère dans la plus grande solitude quand, par le plus grand des hasards, une certaine Mimi vient frapper à sa porte un soir. &lt;br /&gt;La romance démarre au quart de tour, sur une histoire de clé perdu et bientôt retrouvé… bien sûr ! Clin d’œil psychanalytique.&lt;br /&gt;Mais Mimi est tuberculeuse au 28è degré… et leur amour en est d’autant plus compliqué qu’ils ont peur de se perdre… Marcello, n’y tenant plus préfère se barrer… etc, etc. Etc, etc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’avais jamais vu des décors si travaillés… de la mansarde aux rues de Paris, ils avaient mis le paquet. C’en est toujours louche à mes yeux, quand la forme veut rivaliser avec le fond, c’est qu’on nous cache la simplicité du fond… &lt;br /&gt;La musique, franchement vive et entraînante, donnait heureusement un ton léger à toutes ces scènes à haute teneur dramatique qui moi, m’éloignaient des choses plutôt que de m’y plonger. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, j’ai passé un bon moment mais étrangement, j’en sors avec le sourire… malgré le drame. A l’italienne !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7823398788728704892?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7823398788728704892/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-84-la-boheme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7823398788728704892'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7823398788728704892'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-84-la-boheme.html' title='Episode 84 - LA BOHEME'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-548866058144716311</id><published>2010-02-02T05:35:00.001-08:00</published><updated>2010-02-02T05:35:52.581-08:00</updated><title type='text'>EPISODE 83 - HONNÊTEMENT VOLÉ</title><content type='html'>Dimanche 15 novembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Réveil à Vassivière. Enchanteur et serein. Face au lac et ses couleurs pastel qui vont du bleu du ciel au gris clair, en passant par la couleur sable du sable. Je veux bien écrire des romans dans cet hotel au bord du lac. C’est tout ce dont j’ai besoin pour me ressourcer.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A midi, retour au centre, toujours face au Lac, mais de l’autre côté, sur une autre rive. C’est la conférence de Serge Spitzer, l ‘artiste aux 100 000 balles… de tennis qui méritait tout de même que je m’intéresse un peu plus à son œuvre. Le texte qui accompagne l’expo nous dit que cet artiste d’origine Roumaine est considéré comme l’un des artistes les plus importants de sa génération. Ah oui ? Il a participé à la révolution artistique de la fin des années 60… mais comment se fait-il qu’il ait à ce point échappé à ma curiosité illimitée? &lt;br /&gt;Nilgün est déjà là et je reconnais bien là une certaine éducation : avant que la conférence ne démarre, elle prépare le thé et a apporté des lokoums aux noix qu’elle sert à tous les gens présents. Impossible de résister à l’appel de ces succulents lokoums…&lt;br /&gt;Et d’ailleurs, la conf démarre sur leur relation d’artiste à curator qui date de 15 ans. Elle l’avait invité sur un projet dans les années 90 : sans doute durant la Biennale d’Istanbul en 95 d’ailleurs… et elle l’a récemment réinvité pour un projet in situ et assez magique… car finalement, il en dit long sur la relation que la Turquie a avec son patrimoine architecturale qui est pourtant de si haute qualité… si on ne laissait pas de magnifiques édifices religieux aller à la ruine et s’effeuiller au fil du temps sous prétexte qu’ils ne sont pas des mosquées ou tout simplement par pure ignorance ! &lt;br /&gt;C’est ainsi que Serge nous a raconté avec beaucoup d’humour comment Nilgün l’avait invité à investir une magnifique synagogue située dans un quartier plus que pauvre et dont la construction pouvait se situer entre 350 ou 500 de notre ère. Une partie de l’histoire de notre civilisation est dans ces murs et pourtant, cet edifice désaffecté qui devrait être classé patrimoine historique par l’ONU est purement est simplement morcellé. Loué par parcelles, on y trouve là un billard, ici une fabrique de caoutchouc, là une fonderie d’aluminium… &lt;br /&gt;Et Spitzer est justement en pelin dans ces questions de morcellement, la fragmentation et donc, pour aller plus loin dans l’analyse, j’imagine d’identité, et de territoire dans son travail. &lt;br /&gt;Il lui redonne toute sa noblesse par un simple geste qui nous rappelle celui du Parc de Vassivière. Plutôt que de balles de tennis, il tapisse tout le sol de milliers et de milliers de billes de verre qui lui redonne un peu de son aura mystique et la font scintiller de mille feux. &lt;br /&gt;In situ. Espace public. Exploration de l’espace. Ses œuvres mettent finalement en valeur les espaces qu’il investit… tout en modifiant notre expérience. Notre manière de les arpenter nous donnent une autre vision de l’espace. On redécouvre les lieux. &lt;br /&gt;C’est un peu ce qu’il se passe avec l’œuvre qu’il a installé dans le bois des Sculptures de Vassivière, sur le plateau de Millevaches… Millevaches ou un deleuzien « Mille plateaux » d’ailleurs ? Qui sait ! quoiqu’il en soit, d’un coup, je reconsidère cette œuvre intitulée « Nature Morte/ Still Life ». &lt;br /&gt;Et l’envie de repartir avec une balle me traverse… mais c’est trop tard ! Je dois partir, avant même la fin de la conférence… parce que j’ai choisi de prendre un train plus tôt pour regagner Paris et ne pas louper Philippe Katerine au Centre Pompidou. Il donne un tout petit concert gratuit et spécial arty dans le cadre du Nouveau Festival à 19h ! Pour rien au monde je ne voudrais louper ça et j’ai très peur que la salle prévue à cet effet ne soit prise d’ assaut… elle n’est pas d’une énorme capacité. &lt;br /&gt;Bref, je dois partir, je dois m’en aller… et je n’ai même plus le temps de filer dans le bois des sculptures voler honnêtement une balle… pour participer au bel esprit de cette œuvre dont je ressens la réelle générosité. La mort dans l’âme, je file dans les bureaux chercher mes affaires… et là, deux balles trônent sur un bureau et me font les yeux douc. Comment résister ? Je sais qu’on me pardonnera ce geste : je ne fais que voler un voleur en fait… et puis c’est un larcin permis que la personne qui occupe ce bureau pourra ratrapper en allant rechercher une balle, tranquillement, à deux pas de son bureau… alors, je m’en empare sans rougir et je quitte Vassivière en espérant bien vite retrouver ces couleurs, ses bois, son lac et sa sérénité! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;XXXX&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chaud-froid. Douche écossaise. &lt;br /&gt;Est-ce que je passe d’un extrème à l’autre ? &lt;br /&gt;Après avoir baigné dans la quiétude de Vassivière, me voilà dans l’excitation d’un concert Parisien à Beaubourg. C’est l’émeute dès l’entrée, dans la file d’attente. Et puis Philippe Katerine finit par apparaître sur cette scène conçue par Xavier Boussiron entre autres et dont la vocation est sa proximité avec le public… &lt;br /&gt;On a l’impression d’être avec des potes qui improvisent un spectacle dans un mini-cabaret… et Katerine débarque en queue-de-pie et nœud pap’… bref, dans son costume d’adepte du décalage et de la dérision. Il s’installe et ses chaussettes nous mettent au parfum… Est-ce ACDC ou JCDC qu’il faut lire. Je parie pour Jean-Charles de Castelbajac qui s’est inspiré du logo du groupe des 80’s avec son petit éclair… mais je rêve qu’elles datent d’il y a longtemps et qu’elles soient de réels produits dérivés des 80’s à l’effigie du groupe… ACDC ! Des chaussettes vintage ! &lt;br /&gt;Comme toutes ces chansons qui sont logées dans notre mémoire collective et que Katerine a décidé de réveiller. On commence en douceur avec la berceuse de Henri Salvador, « une chanson douce »… puis très vite, il nous entraîne dans ce qui ressemble à un one-man-show musical. Ses blagues et commentaires introduisent les morceaux… dont il s’est tant approprié qu’il les fait siennes. Ça devient une matière qu’il forme et déforme à l’envie, mâche comme un chewing-gum, suce comme un bonbon ou fume comme un petit juin. &lt;br /&gt;Du coup, « Capri, c’est fini » de Villard n’a pas grand chose de mièvrement romantique, on a plutôt le sentiment de faire un voyage dans le temps et d’être monté sur le cheval de bois d’un manège désaccordé. Et il brode ses propres histoires par-dessus les morceaux. Ce sont des reprises libérées, décomplexées, pulsionnelles, comme on rêverait tous d’en faire mais qui demande une maîtrise qui n’est pas donné à tous… evidemment. &lt;br /&gt;Alors que le « C’est la ouate » de Caroline Loeb me renvoie à une ambiance cotonneuse et que j’ai des visions de petit lapin blanc… d’un coup, je réalise ! Je sais à qui me fait désormais penser Katerine avec ses rouflaquettes et calvitie, son queue-de-pie, son nœud pap’ et son sourire dingue… Merde ! Il est déguisé en l’un des idoles de notre jeunesse, il rend hommage à Feu Garcimore, notre magicien du mercredi qui faisait apparaître et disparaître un tas de trucs sur les plateaux télé, avec son haut-de-forme et sa baguette… dont des lapins blancs, évidemment ! &lt;br /&gt;Et quand il entonne « Partir un jour » des « 2B3 », je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on est dans les pages de son inconscient et que peut-être il nous livre une partie de son mal-être du moment. Un côté dépressif ? Peut-être , en tout cas si bien employé et détourné qu’il ne devrait pas rester trop longtemps aussi désabusé qu’il a l’air. &lt;br /&gt;On passe des « 2B3 » à Maurice Chevallier sans problème et il a de plus en plus l’air d’un petit garçon prêt à faire des conneries pour attirer l’attention de sa maman. C’est fou mais c’est une sorte de comédien qui se dégage de tout ce show… et j’adore cette histoire de vicomte qui rencontre un autre vicomte… et qu’est-ce qu’ils se racontent ? des histoires de vicomte ! ça donne envie de replonger dans ce répertoire que je connais mal, voire très peu finalement ! &lt;br /&gt;C’est plein d’énergie, d’entrain de jeux de mots… à se demander si on ne va pas très vite le redécouvrir et le réhabiliter dans nos années 10 ! Car la plupart des gens sont frappés d’amnésie mais le recyclage va bon train… et finalement, on n’a pas encore tapé dans Maurice Chevallier. &lt;br /&gt;Par contre, ça fait 10 ans au moins que je n’ose plus dire que j’ai été élevée au biberon de Gainsbourg, que je recopiais toutes les paroles de ses chansons à partir de 14 ou 15 ans, que je connais depuis toujours toutes les paroles de ses chansons et que je les bois et les rebois… mais désormais en cachette. Pourquoi ? Parce que c’est devenu d’un commun d’aimer Gainsbourg que ça vous met au même niveau que n’importe quel mouton qui se met à écouter du Gainsbourg parce que c’est tendance et que d’autres ont jugé ça de première ordre. &lt;br /&gt;Moi, je préférais l’aimer et l’écouter haut et fort quand tout le monde disait que c’était un gros dégueulasse, j’avais du coup l’impression que son génie m’appartenait à moi seule qui avait su le déceler et l’écouter à tous les degrés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour en revenir à Katerine, lui aussi a du génie… même quand il fait des reprises finalement. Il s’empare des morceaux, en fait autre chose… et le ridicule ne tue pas quand on a du génie. Du coup, il peut aussi se permettre de jouer avec cet horrible morceau « A la queue leu leu », enchaîner sur Peter et Sloane que je détestais, ou le « Coup de folie » d’un Thierry Pastor oublié… « confidence pour confidence » de Jean Schulteiss est un vrai plaisir à jouer, je m’y suis déjà amusée. Et avec le premier tube de Mylène Farmer : « 1. Maman a tort. 2, c’est beau l’amour… », on retombe tous en enfance ! Est-ce que tout le top 50 des eighties et aussi les gold des seventies va y passer ? Même Carlos, bordel ! et ça passe très bien ! &lt;br /&gt;On a vraiment l’impression que rien ne l’arrête que ça pourra encore durer des heures… Non-stop music. Essaie-t-il de nous écœurer ? Est-ce qu’il est en transe et ne veut plus en finir ? Est-il détraqué comme un vieux juke-box ? &lt;br /&gt;Le « J’veux pas rentrer, j’veux pas rentrer chez moi… , j’veux pas rentrer chez moi seule » donne d’ailleurs un peu le ton. C’est comme un encouragement au délire ! Ne plus en finir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, en sortant de là… je suis pleine d’énergie et d’enthousiasme ! Du coup, j’enchaîne sur « L’Enfer » de Clouzot au MK2 Beaubourg. Psyké et obsessionnel, « La Prisonnière » est un de mes films préférés. Tourné en partie à la galerie Denise René dans les années 60, c’est un bijou de l’Op Art. une manière de filmer picturale et totalement libérée qui n’a malheureusement pas fait école au cinéma. Et là, ils ont retrouvé de vieilles bandes. Les fragments d’un film inachevé, d’un tournage qui est parti à veau-l’eau, qui a complètement foiré… un film inachevé et recomposé des années plus tard. Le rôle principal est étonamment tenue par Romy Schneider ! &lt;br /&gt;C’est un bijou chromatique, technique, psychanalytique… un truc totalement à part dont on regrette que Clouzot n’ait pu finir. On a le sentiment que les sensations sont retranscrites épidermiquement par la caméra. Un vrai bonheur pour les yeux. Un délire obessionnel qui raconte la jalousie de l’intérieur, nous la fait ressentir comme un puits sans fonds dans lequel on a peur de ne pas s’engager mais dans lequel on peut se laisser tout de même sombrer. Comme le sommeil dans lequel je ne vais pas tarder à plonger avec délice.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-548866058144716311?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/548866058144716311/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-83-honnetement-vole.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/548866058144716311'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/548866058144716311'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-83-honnetement-vole.html' title='EPISODE 83 - HONNÊTEMENT VOLÉ'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7786424049444987416</id><published>2010-02-02T03:39:00.001-08:00</published><updated>2010-02-02T03:39:39.459-08:00</updated><title type='text'>Episode 82 - A Forest</title><content type='html'>Samedi 14 novembre 2009 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Suites d’arbres et de lacs avant d’arriver à Vassivière. De la chlorophylle à n’en plus finir. Mon Ipod est en mode aléatoire et se met lui aussi au parfum. A croire qu’il a capté l’atmosphère. Au creu de mon oreille, Robert Smith me sussure des mots de circonstance…&lt;br /&gt;« A Forest » m’accompagne dans mon plongeon verdoyant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« I hear your voice &lt;br /&gt;Calling my name &lt;br /&gt;The sound is deep&lt;br /&gt;In the dark&lt;br /&gt;I hear a voice&lt;br /&gt;And start to run&lt;br /&gt;Into the trees »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Suddenly I stop &lt;br /&gt;But I know it’s too late &lt;br /&gt;I’m lost in the forest&lt;br /&gt;All alone&lt;br /&gt;It’s always the same &lt;br /&gt;I’m running towards nothing&lt;br /&gt;Again and again and again and… » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un morceau qui fait partie de « Seventeen seconds »… on a bien mis 17 minutes à traverser cette atmosphère boisée pour arriver sur cette île imprenable, Vassivière, où un centre d’art a poussé à la fin des années 80 (1989) dans un paysage onirique, près d’un lac artificiel, à deux pas d’un château du XVIIème siècle ayant appartenu aux Vassivière… une famille à laquelle on peut rendre hommage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A peine arrivés, on chausse des bottes en caoutchouc si on a de la chance d’en dégotter une paire et même si on n’en a pas… on fonce quand même droit dans les arbres et dans l’herbe mouillée. &lt;br /&gt;Peu importe l’humidité de l’air… on s’oxygène !&lt;br /&gt;Fraîcheur intégrale. SPA naturel. Je sens que mon épiderme se régénère, que mon teint s’éclaircit, que mon humeur se fluidifie. &lt;br /&gt;On marche on marche on marche… sur les pas d’un artiste. On le suit en file indienne. Notre petite colonie défile sagement entre les arbres jusqu’au bord du lac où finalement on s’arrête. &lt;br /&gt;On lève le nez en l’air, et entre le ciel et les branches les plus hautes d’un chêne nous apparaît une plaque de marbre. Massivement minérale. Imposante. Réfugiée là, tout en haut de cet arbre dont le tronc forme un V, une œuvre rectangle qui doit peser un certain poids. &lt;br /&gt;Comment a-t-elle pu arriver là ? Elle tient entre deux branches, comme une cigarette tiendrait entre l’index et le majeur et on imagine que si ça ne chute pas, alors l’œuvre évoluera avec la nature, entourée par les branches, elle finira peut-être par s’encastrer naturellement dans l’artbre. C’est une forme de Land Art ! &lt;br /&gt;Une œuvre d’Oscar Tuazon : « traveller ? Néo techno… bio… géologue… arte Povera… Richard Serra… » sont les premiers mots qui me viennent en cascade en le voyant, là au cœur de ce parc, près de son œuvre. Tatoué, le cheveu long… le regard blue jean’s ou bleu de prusse… pas de sourire. &lt;br /&gt;C’est l’ancien assistant de Vito Acconci. Entre autres. &lt;br /&gt;Parisien d’adoption… charismatique et étonnant avec sa chemise de bûcheron, au milieu des bois, son sweat, son jean, sa casquette… tout droit sorti d’un Larry Clark ! US, Californien sans aucun doute… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après s’être recueilli sur son œuvre en plein air, retour en file indienne, comme une procession, vers le centre d’art. Dans un lieu à l’abri du vent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la nef…  ça sent le ciment frais, et d’un coup, le titre de l’exposition d’Oscar -« Plie-le jusqu’à ce qu’il casse »- prend tout son sens ! &lt;br /&gt;Son premier dispositif ressemble à une architecture non achevée… et aussi majestueuse que de bric et de broc, l’œuvre nous donne le sentiment qu’elle pourrait à tout moment céder. &lt;br /&gt;Une apparente fragilité dans ce ciment qui a l’air de ne pas avoir assez séché, qui se fissure par blocs par endroits… on est dans cette tension, cette angoisse que cette immense construction de ciment de plusieurs tonnes pourrait céder à tout moment. &lt;br /&gt;L’artiste l’a voulu ainsi. Tout est calculé au millimètre près pour ne pas céder évidemment, mais pour nous mettre dans ce malaise, nous situer dans cet entre-deux spacial. &lt;br /&gt;De la résistance pour des matériaux bruts, de la majesté pour des sculptures monumentales réalisées à partir de presque rien, des matériaux brut… &lt;br /&gt;Cest une sorte de Richard Serra, un Américain qui ferait donc de l’Arte Povera à l’Americaine… un traveller chic. Un bûcheron dandysé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La dernière salle qu’il occupe a même quelque chose de christique. Elle aspire au silence avec des œuvres qui forment des croix, nous entourent, nous invitent à l’introspection car nous mettent en phase léthargique sans pour autant nous ennuyer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A contre-courant de Warhol, j’invente « le quart d’heure d’introspection » et je le revendique même. Tous les artistes devraient songer à une salle introspective où le visiteur est relié au divin, entraîné dans une bulle de silence et de calme. &lt;br /&gt;Ça nous rappelle que l’art à de toute façon à voir avec le sacré même si on s’active parfois à l’oublier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Imprégnée d’energie, je repars. &lt;br /&gt;On ne tient pas longtemps en place dans l’architecture en enfilade et en escalier de vassivière. On ressort, et d’ailleurs, il y a tant d’œuvres en extérieur. &lt;br /&gt;Cette fois on se rend sur un terrain, dans un autre coin de l’ïle. Toujours sur ce qui s’appelle le « plateau de Millevaches » ! &lt;br /&gt;Là, on découvre une installation qui se confond avec l’espace. Pas de caches mais des dizaines de milliers de balles de tennis disséminés dans l’herbe. Vertes sur l’herbe verte. Discrètes mais bien présentes. Elles jouent sur l’absence/présence. J’entends une histoire comme quoi elles ont été imprimées d’un dessin très spéciale à l’encre indélébile.&lt;br /&gt;Puis ellles ont été alignées d’une manière très spéciale. C’est mathématique. Scrupuleusement logique. &lt;br /&gt;Et ce sont bel et bien des hommes qui ont disposé là ces balles de tennis plusieurs journées durant. Selon les plans de l’artiste, Serge Spitzer. C’est à se damner. A-t-il voulu les rendre fous ? Non, on m’assure que ce n’est pas une pièce sadique, c’est même vraiment généreux… volontairement et délibérément et généreux. D’ailleurs, on nous souffle qu’on peut bien évidemment avoir envie de « voler honnêtement » une balle… et que c’est même un geste qui fait partie de la pièce. Comme un Gonzalez-Torres en quelques sorte. Mais évidemment, c’est aussi une reponsabilité en soi : laisser l’œuvre se fondre dans la nature, se disperser, s’autodétruire, se laisser aller aux intempéries, en emporter avec soi un fragment… quitte à ce que son dessein d’origine ne soit plus visible. &lt;br /&gt;Encore faut-il avoir envie d’emporter un fragment de l’œuvre avec soi. Et que voudrait dire cette balle à elle seule ? Bof, je ne suis pas partante. Je n’ai aucune raison valable.&lt;br /&gt;Et puis là, sur le coup, sous la pluie, je ne suis pas convaincue… je me casse sans même avoir envie d’en apprendre plus sur cette install et la carri ère de l’artiste. Et puis j’ai froid. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le chemin, je croise une femme brune au sourire si familier que j’ai presque le sentiment d’être en présence d’une apparition. J’ai le sentiment de la connaître, elle pourrait être de ma famille… et bizarrement, j’ai envie de lui demander si elle est réelle tant elle me fait un effet étrange. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je me retiens. Et cette phrase m’occupe sur tout le chemin, comme une ritournelle à inventer sur place : « Are you real ? Are you real ? Real ? », je laisse les mots résonner en moi. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ils m’accompagnent jusqu’au centre. Jusqu’au Phare dont j’emprunte l’escalier hélicoïdal pour monter tout là- haut là-haut. C’est là que Cyprien Gaillard il y a quelques années avait tiré son feu d’artifice, en intérieur, que l’on suivait en extérieur et en pleine nuit. C’était un 14 juillet, impossible de ne pas le noter !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, c’est surtout l’occasion d’admirer dans le calme et au grand jour la vue sur l’Ile, à l’abri de tout, perché dans les hauteurs avec Fred. Vue magique sur l’Ile. Envie de plonger dans la clarté du lac, mais juste mentalement. D’ici, on peut voir, non pas les poissons du lac mais certaines œuvres et surtout « La Licorne Eiffel » de Yona Friedman. On ne peut comprendre que d’ici ce que l’artiste a tracé dans l’herbe du Plateau. &lt;br /&gt;D’en bas, c’est sans grand intérêt, juste assez enigmatique pour que l’on ait envie de découvrir la clé de l’œuvre en grimpant en haut du Phare. &lt;br /&gt;Il y a donc une double lecture et la version terrestre ne vaut pas la version aérienne. C’est la même raison qui fait que j’adore les décollages et que je prend les hublots des avions pour des écrans de cinéma !&lt;br /&gt;Là, en haut, on peut enfin apprécier ce dessin blanc tracé sur plus de 300 mètres et qui est censé être éphémère mais qui persiste parfaitement et résiste aux intempéries. C’est une licorne à tête de femme qui tient dans sa main le centre d’art… tout simplement. Histoire de nous remettre à nos places de petits humains qui ne sommes pas grand chose entre les mains du Divin et dans une perspective mythologique. &lt;br /&gt;Gustave Eiffel était-il limousin ? J’en sais rien mais je ne crois pas. &lt;br /&gt;En tout cas, elle s’appelle « Licorne Eiffel » parce qu’elle a l’envergure de la fameuse Tour, bien sûr ! Un hommage ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les températures ont tellement chuté que, même là et malgré ce superbe panorama, on ne résiste pas trop longtemps à l’appel du chaudron.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je retourne au sec, prendre une tasse de thé chaud dans la cafète, à l’autre bout du centre, où je suis justement bientôt rejoint par la fameuse femme brune au sourire persistant. &lt;br /&gt;La litanie « Are you real ? » m’avait quitté, voilà qu’elle me revient ! &lt;br /&gt;Elle est accompagnée par l’artiste, le fameux Serge, l’homme aux milliers de dizaines de balles… « 20 000 balles de tennis disséminées dans l’herbe » me dit-on. Une géographie. &lt;br /&gt;Entre deux gorgées brûlantes de thé, j’observe la brune-au-large-sourire qui a l’air d’être une proche de l’artiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand finalement son téléphone sonne… j’écoute sans écouter… j’écoute comme on écouterait une mélodie… et là, c’est moi qui suis sonnée ! Je connais cette mélodie. J’écoute alors les paroles… j’écoute plus précisément. Nooooon ? &lt;br /&gt;J’aurais dû m’en douter. Je suis la seule dans cette salle à comprendre ce qu’elle raconte… et je ne peux pas m’empêcher de me marrer  car elle pense que personne n’entend rien au Turc ici au find fond d’une Ile, à Vassivière dans le Limousin ! Mais mes coups d’œil insistants et mes sourires complices la mettent très vite au fait ! Elle a compris que je comprenais et elle en parle maintenant avec son interlocuteur ! C’est si drôle ! C’est une sensation agréablement humaine. &lt;br /&gt;Et voilà comment l’art, même sur le Plateau de Millevaches, peut joliement réunir une Arménienne et une Turque. &lt;br /&gt;Quant à moi je me trouve très bien entraînée. Visuellement du moins, je repère les Arméniens et les Turcs sans forcer, à un je-ne-sais quoi. C’est au-delà de la musique des langues. C’est autant physique qu’une manière de se comporter. C’est aussi un truc que je ne m’explique pas comme un troisième œil ou un 6ème ou 7ème sens. &lt;br /&gt;Et cette femme m’a tout de suite intriguée. Brune aux grands yeux et au sourire chaleureux. Sans oublier le nez. &lt;br /&gt;Mais aurais-je deviné que quelques heures plus tard, je me mettrai à lui parler dans une sorte de langue agglomérée de turc, d’anglais et même d’arménien et puis de Français. C’est très étrange. Je suis comme court-circuitée. L’Arménien et le Turc sont des langues intimes pour moi. Des langues parlées à la maison, en famille exclusivement dans un premier temps. &lt;br /&gt;D’ailleurs, si j’ai entendu parler le turc toute ma vie chez moi, on s’est toujours adressé à moi en Arménien. Il n’y qu’avec ma grand-mère paternelle que je parlais le Turc puisqu’elle ne parlait pas d’autres langues… en dehors de ça, c’est comme si je n’étais pas autorisée à parler la langue de nos ennemis ancestraux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit, Nilgün, puisque c’est son nom est un personnage étonnant, au bout de 3 minutes, voilà déjà qu’elle me chante un bout de chanson Arménienne que je connais de l’enfance… et qui dit sur un mode enfantin que dans ce monde, tout et absolument tout n’est que mensonge et illusion. C’est assez vrai d’ailleurs. Mais elle continue en faisant un jeu de mots entre le froid et le mensonge, deux mots proches. &lt;br /&gt;Une femme étonnante donc, Nilgün Mirze… son prénom signifie très poétiquement « le Jour du Nil ». Nilgün avait dans l’enfance une voisine arménienne avec laquelle elle s’entendtait très bien et qui lui a appris des tas de choses. Des mots et des chansons, sans oublier la dégustation de petites spécialités culinaires à base de fruits secs et de miel. &lt;br /&gt;C’est émouvant cette scène. Ça donne de l’espoir, sur fond d’art. &lt;br /&gt;Car evidemment, elle n’est pas là par hasard. C’est une proche de Serge car elle l’a exposé à Istanbul&lt;br /&gt;On a du mal à se quitter, on continue à papoter, à boire du thé, évoquer des desserts armeniens, parler d’art, d’Arménie, de Turquie… pendant que le Soleil se couche et qu’un mouvement vers le manoir, à quelques pas de là, s’opère. C’est là que nous dînerons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me souviens du 03 novembre 2000, j’étais déjà là, dans ce manoir pour le dîner de vernissage de Fabrice Hyber. On venait de sillonner la ville en voiture, pour un rallye, en quête d’un trésor… que  mon équipe n’a pas rapporté.  C‘était un été indien, la meilleure saison pour visiter le Limousin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par contre, je suis loin de Nilgün, elle est en compagnie d’Oscar Tuazzon, un peu plus loin et je me retrouve avec une série d’inconnus à table. Mais les discussions démarrent très vite. &lt;br /&gt;Et à commencer par Xavier Fabre qui très vite nous raconte l’histoire de l’édifice construit en 1989 et dans lequel se trouve le centre d’art. Une architecture qui suit le relief et est donc étagée. Xavier est, avec Aldo Rossi, l’un des deux architectes du centre d’art . &lt;br /&gt;Quant à Emmanuel, à ma droite, il m’apprend que les propriétaires du Château dans lequel on se trouve actuellement, les Vassivière, ont été dépossédés de leur noble château… et le nom du centre d’art et du château est plus qu’un hommage, une trace de leur passage. Une histoire triste. Un plateau où les différentes époques entament un dialogue à travers l’architecture… et notamment dans ce château dont la partie principale date du XVIIè, mais les ailes du XIXè et la tour du XXé. Un mix réussi mais c’est la partie centrale avec sa grande cheminée chaleureuse que je préfère. &lt;br /&gt;C’est d’ailleurs à cet endroit précis qu’Oscar recevra des mains de Chiara, la directrice du centre, un suprenant cadeau : une tronçonneuse. &lt;br /&gt;C’est pas le genre de truc qu’on offrirait d’emblée à un artiste, même s’il a des allures de bûcheron… mais là, apparemment, c’est franchement mérité. &lt;br /&gt;Il paraît que l’usage de cet instrument à fait l’objet d’une blague pendant toute l’installation. Pourquoi ? Parce qu’Oscar adore en « jouer » toute la journée durant, c’est comme une seconde nature chez lui… c’est son outil de travail de prédilection, mais aussi quelque chose qui s’approcherait de l’instrument de musique tant il en a joué et rejoué, comme un jouet, toute l’installation durant ! &lt;br /&gt;Entre la cheminée, la chemise à carreaux, la tronçonneuse et tout le reste… On a eu de quoi finir sur une amusante série photo !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7786424049444987416?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7786424049444987416/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-82-forest.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7786424049444987416'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7786424049444987416'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/02/episode-82-forest.html' title='Episode 82 - A Forest'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4233052759218741648</id><published>2010-01-25T07:41:00.000-08:00</published><updated>2010-01-27T08:28:49.555-08:00</updated><title type='text'>Episode 81 / Le fantôme de l’Odéon Vs Julie Gayet, Joanna Preiss, Coco Tassel &amp; co</title><content type='html'>Lundi 09 novembre &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Théâtre de l’Europe à Odéon.. En attendant que ça commence, j’ai les yeux plantés au plafond, vers ces magnifiques sculptures, moulures, dorures. J’ai l’impression que c’est la première fois que je viens ici… Se peut-il ? Il se peut.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois dans le salon Salon Roger Blin où l’événement a lieu, je perds Nicolas Ledoux avec lequel j’ai monté les marches du théâtre. C’est le cousin de Coco. « L’affaire des faux-cartons d’invitation» dans les années 2000, c’est pas juste une légende… C’était lui et son acolyte, les artistes d’Ultralab. Je ne comprends pas pourquoi ils n’ont pas encore pensé à se mettre à imprimer des faux billets ! Ou même à fabriquer des faux Basquiat, des faux Warhol, des faux Cezanne… que sais-je ! &lt;br /&gt;Et là, dernièrement, qu’est-ce qu’il m’apprend ? Qu’il est aussi le cousin de Coco Tassel, ma copine de fac qui est à l’origine de l’événement ! &lt;br /&gt;Ce type est tout de même un grand malade. On dirait que sa spécialité, c’est de passer son temps à m’étonner ou me surprendre… Chaque année, il a un nouveau truc à m’annoncer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et donc, je ne suis pas étonnée donc de me retrouver sur le chemin de cette lecture avec lui. Comme par magie !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais ce dont je suis le plus étonnée par contre, c’est comment il a pu disparaître aussi vite. Il s’est comme volatilisé, une fois le pied sur la moquette du Salon Roger Blin. Le fantôme de l’Odéon peut-être ? Ou bien le fruit de mon imagination ! &lt;br /&gt;Peu importe, avant de m’installer, je salue Joanna Preiss dont j’avais fait le portrait pour Jalouse il y a quelques années. C’est une muse, une artiste multi-facettes. Elle pose pour des photographes de mode, des artistes, fait de la musique, ou joue la comédie aux côtés de Louis Garrell par exemple… mais je ne savais pas qu’elle faisait partie des actrices invitées à cette lecture ce soir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est Julie Gayet qui a eu un coup de cœur pour le livre de Coco, « J’adopte », et qui a lancé le mouvement. Le lancement du livre se fait autour de cette table haute, ce gueridon géant sur lequel 6 actrices sont juchées. &lt;br /&gt;Un éventail féminin dont on apprécie le charme et le jeu sans jamais imaginer qu’elles puissent être autre chose que des images. &lt;br /&gt;Pourtant, cette fois, elles sont là, chacune parce que le sujet d’un livre les a particulièrement touchées dans leur féminité, un sujet qui les concerne de près ou de loin. Un sujet sensible.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elles sont là de leur propre chef pour lire -ou plutôt jouer ou même inarner- des passages du livre de Coco, « J’AdOpte » (éditions Alternatives et Paja-éditions - site : www.paja-editions.com&lt;a href="http://www.paja-editions.com"&gt;&lt;/a&gt;). Son journal de bord sur les chemins difficiles et tortueux de l’adoption. Au fil des pages, Coco raconte toutes les péripéties d’une adoption qui peine à réaliser et qui fait souffrir et amplifie la souffrance en laissant sans cesse croire à des possibilités… qui tombent souvent à l’eau. Les phrases fusent autour de cette table et dans toutes les directions. &lt;br /&gt;C’est un livre plein d’humour qui exorcise les difficultés que l’on rencontre dans ce chemin de longue haleine qu’est l’adoption… et cela même quand on est une famille parisienne idéale, qu’on est un couple idéal, un foyer idéal dans lequel n’importe quel enfant ne pourrait que s’épanouir. &lt;br /&gt;Quand je pense à toutes les familles apparemment « normales » qui maltraitent leurs enfants, j’ai du mal à comprendre pourquoi l’adoption est si dificile. Où se place la morale là-dedans ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bref, le livre, et par son biais cette lecture, sont une invitation à s’interroger, se poser des questions.&lt;br /&gt;« Avez-vous fait le deuil de votre enfant biologique ? » « L’heure tourne pour les femmes » « Je ne t’ai pas dit ??? j’suis enceinte ! » Et Coco qui énumère ses agressions silencieuses qui s’egrennent sur son chemin quotidien et sont tous ces ventres rebondis qu’elle envie. Mais c’est toujours avec bienveillance. Un récit à la sauce aigre-douce. Ce qu’il ressort de tout ça ? « patience, patience, patience… » le leitmotiv… le mot lancinant. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est le journal perso de Coco mais c’est aussi un guide pour ceux et celles qui voudraient se lancer dans l’aventure. Il s’agit de s’armer de patience et y croire sans relâche. C’est presque un combat, quotidien ! &lt;br /&gt;Et puis entre création et procréation, il y a sans cesse un va-et-vient plus ou moins talentueux. Celui-ci est frnachement réussi car frais, entier, engagé, drôle… touchant!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ce qui me laisse dire que je verrai bien « J’adopte » adapté au cinéma ! D’ailleurs, ce sont bien des actrices qui ont joué des passages de ce livre sur les tables de la cafète du Théâtre de l’Odéon… il n’y a plus qu’à penser grand angle et dégotter un réalisateur de talent ! &lt;br /&gt;A part ça, mes copines sont toutes géniales ! Je kiffe mes cops’, selon la formule consacrée !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4233052759218741648?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4233052759218741648/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-81-le-fantome-de-lodeon-vs.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4233052759218741648'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4233052759218741648'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-81-le-fantome-de-lodeon-vs.html' title='Episode 81 / Le fantôme de l’Odéon Vs Julie Gayet, Joanna Preiss, Coco Tassel &amp; co'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-1868584941570190593</id><published>2010-01-24T06:59:00.000-08:00</published><updated>2010-01-24T12:48:22.234-08:00</updated><title type='text'>Episode 80 /Depardieu, Saint-Gobain et le home cinema</title><content type='html'>Jeudi 05 novembre &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut donc jamais être tranquille ? J’ai dit que je ne bossais pas cette semaine. C’est LA semaine de mon anniv… je suis en roue libre, en free style, en planeur. &lt;br /&gt;Je décide de retrouver Audrey après ma journée d’écriture perso, de salade et de somnolence. &lt;br /&gt;J’ai RDV dans l’ancien espace d’art de Claude Berri sans savoir de quoi il s’agit. &lt;br /&gt;Et paf, je baigne dans les couleurs, dans les ambiances, les climats chromatiques ? Un vrai plaisir. &lt;br /&gt;C’est un show-room autour d’une technique scientifique. Un procédé industrialisé par Saint-Gobain et je me mets à discuter avec des scientifiques, des architectes, des designers… ça me change des artistes. &lt;br /&gt;Le procédé : un verre chauffant extrèmement fin et sensible qui réagit au chaud, au froid, crée des ambiances, et peut même à ce point autoriser la production de toute forme qu’il serait parfait pour un artiste. &lt;br /&gt;Je reconnais à peine l’ancien espace de Claude Berri tant il est envahi de cravates et de costards. Le très charmant Nicolas Kennedi, qui orchestre l’événement, diffuse son sourire plein de malice dans l’atmosphère. &lt;br /&gt;Je me faufile ici et là à me demander si je ne suis pas un peu décalée dans ce contexte et si c’est le cas, ça me plait beaucoup… &lt;br /&gt;Ça me change des VRP de l’art qui se rêvent en VIP et qui finiront vieilles pies ! … Et finalement, comme d’habitude je m’adapte assez rapidement, jusqu’à très vite me sentir comme un poisson dans l’eau parmi ces inconnus. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la zone dans laquelle on pouvait jouer avec des modules, faire réagir ce verre très particulier et suivre la progression sur écran, j’ai été happée par le dance-floor. &lt;br /&gt;Un dance-floor silencieux, juste lumineux dans lequel je pourrais scotcher des heures. Il a été réalisé avec ce verre très particulier dont les couleurs et l’intensité lumineuse varie au fil du temps. Du coup, on est sur un échiquier aux couleurs changeantes. On dirait une œuvre de Piotr Uklanski : il a dû se fournir ici… c’est évident. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis du dancefloor désert et silencieux, je passe au lounge et je me réfugie dans un canapé design dont personne n’a encore testé le moëlleux. Et j’ai l’impression d’être à la maison. Peut-être que Gérard qui vient de faire son entrée dans la soirée, viendra régler l’écran du home cinéma et mettre un peu plus de bois dans la cheminée… sauf qu’il n’y a pas de home cinema, ni de cheminée et le Gérard en question, n’est pas juste un Gérard de plus dans l’univers des Gérard beaufisants de l’univers, c’est Depardieu. Chèr et en chair Depardieu.  &lt;br /&gt;A mon avis, avant qu’il n’arrive au lounge, il risque de se passer des heures tant on va tenter de l’arrêter mille fois dans sa course pour lui parler d’un truc ou d’un autre… &lt;br /&gt;Même s’il est là incognito, en costume de plouc, dans le rôle d’un monsieur-tout-le-monde qui viendrait saluer ses potes de bistrot après le boulot… il y aura toujours quelqu’un pour essayer de lui vendre tel ou tel truc, lui proposer d’être un porte-drapeau ou un passe-plat plutôt que la lecture d’un scénario.  &lt;br /&gt;Mais rien n’y fait, même déguisé en Cro-Magnon, quand Depardieu débarque, même les vitres spéciales de Saint-Gobain tremblent sur son passage. Quel charisme. Quel physique. Quel nez… par dieu !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, allez… j’ai pas ma caméra HD aujourd’hui et je dois filer. Mais quand même… est-ce que je l’attends encore un peu dans le lounge ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pas le temps, je dois filer dans le 8éme, au vernissage de Philippe Tourriol chez RX où je croiserai sûrement d’autres VIP… et surtout le fabuleux Jérôme Coste qui est celui qui a imaginé les plus beaux casques qui soient dans l’histoire du 2 roues. &lt;br /&gt;Des casques si beaux qu’on a envie de passer son Permis Moto ou se mettre au scooter pour être obligé d’en porter. Des casques dangereux pour ceux qui les croisent sur la route tant ils nous hypnotisent. On ne peut s’arrêter de les contempler. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour résumer la chose, on pourrait aussi dire que ce sont des casques qui passent au rang d’objet d’art. De vrais amateurs d’art éclairés pourraient les acheter juste pour les admirer sans fin. &lt;br /&gt;Et Jérôme sera tout simplement là parce qu’il lui arrive de collaborer avec des fashion designers… le Ruby Margiela, le Ruby Chanel ont fait déjà coulé assez d’encre ! Et cette fois, c’est un artiste -Philippe Tourriol- qui a dessiné les motifs de la dernière série de casques. Ce sont des répliques de ses tableaux : des abstractions géométriques à même la tête ! Ce sont donc des éditions limitées, numérotées et signées. De véritables œuvres d’art qui restent tout de même plus abordables que le casque Ruby-Chanel bordée de vison qui avoisine les 3000 euros je crois ! Si j’étais fille d’emir-collectionneuse-au-budget-illimitée, je pense que je ne pourrais pas m’empêcher de m’offrir le Ruby Tourriol accompagné de son tableau approprié ! A ce moment-là, on serait dans une confusion totale entre art et design qui nous rapprocherait d’un artiste Suisse de génie : Armleder ! &lt;br /&gt;Il a bien fait des «furniture sculptures ». Des installations qui mettent en contact des éléments de mobilier ou de construction – lyre dorée, fauteuil à bascule, bloc de ciment, chaises, table de bois brut, jusqu’aux maisonnées pour chats –, avec des peintures abstraites, pour des jeux de couleurs, de matières et de formes. Les éléments géométriques du mobilier deviennent des motifs, et leur inclination ou  présentation leur retire tout aspect fonctionnel. Bref, de la désinvolture esthétique comme je l’aime ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, si j’étais fille d’émir-collectionneuse-au-budget-illimitée, je m’offrirai toute la collec des casques Ruby pour charmer les serpents dans le désert. Je virerai ma robe des mille et une nuits pour la remplacer par une combinaison de cuir et une paire de bottes Belstaff avec la fermeture à l’arrière, sur le mollet. Je me parfumerai à la gasoline, j’enfourcherai une Vincent des fifties et bon vent !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-1868584941570190593?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/1868584941570190593/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-80.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1868584941570190593'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1868584941570190593'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-80.html' title='Episode 80 /Depardieu, Saint-Gobain et le home cinema'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-377381493506048865</id><published>2010-01-13T20:29:00.001-08:00</published><updated>2010-01-13T20:29:48.595-08:00</updated><title type='text'>Episode 79</title><content type='html'>Samedi 31 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Artus ne sentait pas la rose hier quand je l’ai embrassé sur les deux joues au Citadium.&lt;br /&gt;La barbe hirsute et le blanc de travail bien dégueu… mais pas aussi dégueu qu’on n’aurait pu l’imaginer d’une blouse de travail portée 15 jours d’affilée. Enfin là, c’était un costume chic qu’il a laissé volontairement pourrir sur lui 15 jours… mais en faisant attention quand même. &lt;br /&gt;Il ne sentait donc pas la violette de Toulouse, normal… Par contre, il avait le sourire et l’œil qui frise de l’Artus des beaux jours. Celui qui nous énergise pour la journée. &lt;br /&gt;Comme si cet enfermement volontaire lui avait fait davantage aimer la vie encore. &lt;br /&gt;Comme si cette méditation longue de 15 jours, dans une boîte de carton encartée dans un des temples de la consommation, à Paris, juste avant Noël, lui avait permis de non seulement méditer mais sans doute aussi d’entrer en connexion et en conversation avec ses morts. Ses propres morts. Sa mère en particulier. Pour un représentant de l’Art Posthume, ce serait logique. Encore plus logique qu’il se balade en costume. &lt;br /&gt;Et je suis quasi sûre que vêtue de blanc, Artus a surtout tenté de faire son deuil. Ça me revient maintenant : il parlait du matelas de sa mère sur lequel il se reposerait pendant ses 15 journées d’enfermement volontaire. &lt;br /&gt;Je crois que je découvre Artus. Jusque-là, je n’avais pas le temps de m’y arrêter. Je le trouvais amusant mais je n’avais pas le temps d’approfondir le sujet. Je m’arrêtais aux couches supérieures qui semblaient avoir une belle superficialité. Mais je confondais sans doute superficialité et besoin de légèreté, de lâcher le sens de gravité. &lt;br /&gt;En fait, j’aurais dû me fier à l’étymologie de son nom : les Artus et les Arthur sont des ours dans l’étymologie celtique. Ça vient de « Arz », ours… je ne peux d’ailleurs pas m’empêcher de rapprocher le mot celtique du mot arménien « Aruz » qui signifie la même chose ! &lt;br /&gt;Bref, les ours se réfugient dans leurs grottes… et lui, l’arz artistique Artus s’en est fabriquée une dans les méandres d’un grand magasin alors qu’on lui demandait de se mettre en avant artistiquement. Caché dans une boîte de carton brut, adaptée à sa taille et qui servait de stand pour vendre des T.shirts. Pour un ours, il laissait quand même les autres se faire leur miel sur son dos, même s’il s’agissait de vendre ses T.shirts à lui… mais bon, au moins, ce geste nous interroge un petit peu. &lt;br /&gt;Finalement, j’en arrive à cette conclusion : Artus est un mystique et je crois que la plupart des performers le sont. Le sourire et l’air qu’il avait à sa libération au Citadium était celle d’un béat. Dans le sens mystique du terme. Il avait la tête du mec qui revient de Katmandou un peu sonné. Ou mieux, l’air du mec qui a gravi l’Hymalaya et qui revient de son périple, épuisé, un peu déboussolé, content que ça s’arrête mais shooté par le plaisir d’avoir relevé le défi ! &lt;br /&gt;Bref, il sentait pas la rose mais il ne sentait pas non plus la lose. Il sentait l’ours qui s’est mis à l’épreuve et s’est dépassé. Plus que de « l’art posthume », un « arz » en costume !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-377381493506048865?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/377381493506048865/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-79.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/377381493506048865'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/377381493506048865'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-79.html' title='Episode 79'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-326028361863003942</id><published>2010-01-13T12:04:00.001-08:00</published><updated>2010-01-13T12:04:35.818-08:00</updated><title type='text'>EPISODE 78</title><content type='html'>Lundi 26 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Difficile de me souvenir de tout. J’ai des flashs de fins de foire. Le livre de Jean-Michel Othoniel en pop up chez Dilecta et Jean-Michel qui tourne les pages une à une face à ma caméra. Thomas Lélu qui tourne autour d’une œuvre circulaire de Jean-Michel, toujours au même endroit. &lt;br /&gt;Galerie Perrotin. &lt;br /&gt;A Versailles, un borsalino et un curseur orange dans les jardins de Le Nôtre. Des architectes en 3 D. Des sculptures à facettes. Des œuvres violettes, tout droit sorties du ventre d’un ordinateur, signées Veilhan. Des arômes de mandarine se mèlent aux odeurs de cire du Château. Ça me revient par flux, des tas d’images. Des jets d’eau. Le Palais des Glaces. &lt;br /&gt;Marcus qui me pilote à moto du Grand Palais à la Cour Carrée du Louvre. Myrtille et moi sur les Champs-El, entre le bureau et le Grand Palais, sous une pluie glaçante. De l’été indien aussi c’est la fin. &lt;br /&gt;Bousteau fait des grands gestes à la cafète de la FIAC-Cour Carrée. Aux Tuileries, les sculptures et install retiennent à peine mon attention cette année. Une coupe de Champ’ avec Bruno Peinado mimant un généreux balayage le soir du vernissage, exclusivement pour ma caméra. Une autre coupe avec Xavier Veilhan, une autre avec Saad… pas toutes le même jour. Toutes me ramènent au moins quinze ans en arrière quand le Champ’ ne coulait pas à flot dans l’art. Mais l’art préfère les périodes de crise. Grichka est au Bal Jaune. Je sors mon Joker le lendemain-même : séance de coloriage-collage avec l’homme qui organise des expos dans son frigo. Dans ma banque d’images, il y a aussi l’homme qui tire plus vite que son ombre et que j’ai failli prendre dans mon lasso. Les cantinières au sourire chirurgical de chez Cardin habillées en blanc comme des infirmières. &lt;br /&gt;Juste avant que la dernière heure de la FIAC ne retentisse, je traîne dans un sofa. Je m’alanguis, si ça se trouve, pendant deux minutes, je me prends même pour une nouvelle Olympia! On me signale des problèmes de badges qui ont été éhontément vendus à la sauvette à la sortie. 2009 : année étonnante! Le début d’un nouveau cycle probablement. &lt;br /&gt;Je vois ma Géraldine préférée, celle qui a un je-ne-sais-quoi de Marlène Jobert, débarquer en mode famille nombreuse dans le VIP… et ça lui va bien. &lt;br /&gt;Charlelie Couture s’arrête sur moi et me sourit comme s’il me connaissait. Comme un avion sans ailes, je chantonne dans ma tête des chansons qu’il ne chante plus. En revanche, il a repris ses pinceaux et il lui arrive de raviver autour de lui des effluves de térébenthine qui nous ramènent aux Beaux-Arts de Nancy où il a fait ses classes… 2009, il peint et fait de la photo à New York depuis plusieurs années déjà. Pendant ce temps, son demi-frère, Tom Novembre, produit une nouvelle émission d’art à Paris. Assez VIP. Puisque le VIP fait vendre en temps de crise. &lt;br /&gt;Une ou deux heures avant le gong final de la FIAC 2009, je suis déchaînée. Je sors de moi-même. Mon corps gît en dessous de mon esprit, vif à souhait, prêt à harponner de savants dialogues et de charmants sourires. Je peux faire parler les tables, les verres, détamer les miroirs, faire trembler les murs… sans bouger ! &lt;br /&gt;Du coup, je hèle un drôle de mec tout énervé, hystérique. Très grand, très sec, très nerveux. On dirait une énorme sauterelle. Le matin-même, il était à Versailles. On aurait dit qu’il était entouré d’un essaim de guêpes prêts à le piquer. Tout agité. Il ne tenait pas en place. Excité comme s’il avait pris une triple dose de coke et qu’il allait tuer le monde entier. Il est dans le lounge maintenant, il fait de plus grands gestes encore que ce matin. Il dessine des sabres dans l’atmosphère et cherche quelques gentilles brebis à décapiter ! Une innocente tombe sous le tranchant de sa lame et il en profite pour l’engluer encore un peu plus dans sa méchanceté gratuite… à la vue d’un écorché, ce sdique cinglé s’emparerait d’un litre de vodka pour le bomber !  &lt;br /&gt;Et comme je me mets sur son chemin, il se met à moi aussi me villipender. ,&lt;br /&gt;Il me fait rire, comme s’il s’agissait d’un personnage de cartoon. Mais dans un Tex Avery, il se serait pris une porte et aurait fini aplati comme une crêpe… là, il continue à grimacer, à maugréer, à disperser ses mauvaises vibrations dans un lounge agonisant. Pour un peu, il aurait l’air d’un nazillon… mais passons !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je m’attarde maintenant sur un personnage beaucoup plus latin, plus épicurien, plus généreux, plus souriant, plus chaleureux… on discute on discute… jusqu’à ce que le poisson-pilote qui se trouve à mes côtés détourne l’attention de mon interlocuteur, ne vienne faire écran entre ma conversation et celle de ce monsieur qui me dit qu’il est le premier collectionneur de Basquiat en France. Il nous raconte comment il est parti de rien. Forcément. Et comment il a collectionné un artiste en qui personne ne croyait. C’est le premier collectionneur de Basquiat en France et le poisson-pilote qui se trouve à mes côtés est en train de muter, il devient poisson-suceur. C’est une métamorphose peu agréable à voir mais si fréquente dans ce genre d’évènements. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, ce n’est pas aujourd’hui que je rétablirai l’ordre à Daisy Town. C’est sérieux finalement la FIAC. !N’allez pas trop croire que c’est du fun. &lt;br /&gt;D’ailleurs, il n’y a que des discussions sérieuses ici finalement. On se donne une impression de fun, de légèreté et de glamour… mais c’est faux ! C’est pesant la FIAC, vu sous un certain angle. C’est du business à peine enrobé dans de l’artifice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parfois jouer au paparazzi dans ce contexte peut même donner l’impression de verser dans l’espionnage industriel ! A plusieurs reprises, j’ai cru que la police de la FIAC me tomberait dessus. &lt;br /&gt;Oui, la FIAC Policy. Pourquoi pas ? N’est-on pas à l’ère Sarkozy ? Au point où on est, on est tous suspects ! Toutes ces fouilles au corps de l’ère ultra-protectionniste ! Cette parano globalisée. Je me demande si tout le monde a lu « L’Arrache-Cœur » de Vian… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et après tout, l’année dernière, des flics en civil ont déboulé à la Fiac et ont décidé d’emmener un galeriste Russe respirer l’air d’un commissariat parisien ! Ils avaient été choqués par des œuvres d’Oleg Kulik datant des années 90… et qu’ils ont jugé de caractère zoophiles ! &lt;br /&gt;La zone des possibles qui est celle de la création tend à rétrécir si l’on ne reste pas vigiliant. Une hallu ! La galeriste en question a donc passé quelques heures en prison avant que Martin Bethenod, le co-directeur de la FIAC, ne vienne la délivrer ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, il n’y a pas encore de « Fiac-policy »… croisons les doigts pour que ça dure ! Et moi, je ne suis pas une paparazzi. &lt;br /&gt;D’ailleurs, quand je pointe ma caméra sur une zone peuplée, je vais voir mes interlocuteurs pour leur dire qu’il s’agit de vidéos-souvenirs, des vidéo sans son, des plans-séquences quasi-lunaires pour une chaîne complètement artistique et donc totalement en orbite dans le PAF : « Souvenirs from Earth ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la plupart, plus rien ne les étonne de ma part. Un jour, ils me voient ici pour un magazine d’art, un jour là pour un magazine féminin, un autre pour la radio (Nova), un autre pour une télé… je suis une sorte de Shiva de l’art. Plusieurs bras, plusieurs casquettes, beaucoup de facettes. &lt;br /&gt;Un esprit libre. Quelque chose de rare par les temps qui courent. Libre. J’ai le sentiment d’être capable de me glisser dans n’importe quelle situation avec souplesse. Passer du grand sérieux au grand délire sans jamais sacrifier la qualité de mes données. &lt;br /&gt;Je rêverais de me fixer dans une position, dans un rôle, une fonction… mais sans occasion, pas de larron.  Alors, figure imposée depuis le début, je suis en mouvement. &lt;br /&gt;Ouf ! ça fait du bien de s’envoyer quelques fleurs ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en parlant de fleurs, pour finir en beauté cette FIAC 2009…  une dernière interview: celle de Jennifer Flay, la plus « famous » de la Fiac pour « Fiac me I’m famous », bien sûr.! Aux manettes de l’aventure FIAC avec Martin Bethenod. A eux deux, ils forment un duo de chic, de choc et de charme qui rend la Fiac chaque année un peu plus effervescente, plus glamour, plus intéressante! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à moi, je suis HS mais j’ai hâte de tout recommencer. Hâte d’être en octobre 2010 et que ça recommence tout ce bordel. Vivre une nouvelle FIAC à fond. Etre à nouveau partout en même temps ou bien le faire croire si possible. Et d’une année sur l’autre, je ne vis jamais la même chose. Je n’ai toujours pas l’impression d’avoir fait le tour de cette manifestation artistique tentaculaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Fiac se termine au Grand Palais. J’ai l’impression, depuis quelques minutes, que tout ce petit monde a lâché prise, n’est plus sous tension. Certains stands sablent le champ’, la boisson officielle de la Fiac… d’autres sont plus discrets, plus groggys, peut-être moins satisfaits. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Overdose de fêtes, de têtes, de pipoles, de sensations… et d’art ? Non, c’est jamais l’OD. C’est jamais assez. On est des addicts. On en redemande, même quand on se plaint. J’ai une incroyable collection d’images dont j’ai volontairement perdu les titres et les noms. Je me balade une dernière fois entre les stands. Je me laisse aspirer par cette spirale d’images sans plus essayer de comprendre. Juste se laisser glisser. Tout faire pour ne pas foirer mon trajet vers mon lit !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-326028361863003942?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/326028361863003942/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-78.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/326028361863003942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/326028361863003942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-78.html' title='EPISODE 78'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8917807306807645101</id><published>2010-01-05T05:01:00.000-08:00</published><updated>2010-01-05T05:02:17.018-08:00</updated><title type='text'>Episode 77</title><content type='html'>Dimanche 25 octobre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je le savais! Je le savais! Je savais qu’il fallait que je me mette en quête de café-sushis en ce samedi après-midi de Fiac… c’est là que j’ai retrouvé Edouard.&lt;br /&gt;Et je savais qu’il fallait que j’aille au Montana mercredi dernier. C’est ce que j’ai pu vérifier entre deux sushis à la cafète de la Fiac, sous la verrière vertigineuse du Grand Palais. &lt;br /&gt;Parce que ce soir-là, ce fameux mercredi-là, en soirée, Saint-Germain avait des airs de Massachussets, y a eu du grabuge à Saint-Germain-City! &lt;br /&gt;Joe Dalton, Jack Bone Dalton, William Henry Dalton et Averell Dalton étaient de la partie. Tous évadés de prison, dans l’ordre croissant. Billy the Kid alias Michael Youn et Jesse James alias Melvil Poupaud trainaient leurs éperons dans le même saloon quand, au bar, ils ont aperçu celui qui selon la légende tire plus vite que son ombre : Lucky Luke alias Jean Dujardin. Il était en train de machouiller une herbe de bison pendant que Jolly Jumper faisait le guet dehors, dans la nuit noire. Qui a souri le premier à la belle du saloon ? Qui a lancé le premier son verre à la tronche de l’autre ? Qui a levé le poing ? Qui a commencé ? On ne saurait dire mais ça a tôt fait de mal tourner et, bagarre feinte ou non, tout ce petit monde déconnant a fini au poste manu militari. Bagarre générale. Comme dans le fin fond du Massachussets, en plein western. Les fins de tournage ont du bon. Toute l’équipe du film s’était réunie pour l’occasion… mais au Montana, comme à Daisy Town, il fallait rétablir l’ordre. Et tout le monde -ou presque- a fini derrière les barreaux ! … enfin, au poste ! Fallait pas simuler, les mecs… C’est un truc uniquement réservée aux filles !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je devrais me fier à mes intuitions, j’ai eu beaucoup de mal à résister à l’appel du Montana ce soir-là ! Je n’arrivais pas à faire taire la petite voix à l’intérieur de moi… voilà pourquoi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut dire que la FIAC m’a cassée. Je vais finir par l’inscrire sur un mur en lettres de sang : « LA FIAC M’A TUER »… et c’est pas encore fini ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, je me suis offert une petite parenthèse colorée chez Edouard hier soir. Il n’y a pas que moi qui me délecte d’une énorme boîte de feutres, d’une paire de ciseaux, de papier… je peux passer une journée à dessiner, colorier, découper, coller… et manifestement, je ne suis pas la seule ! Faudrait organiser des sessions uniquement entre adultes… consentants, cela va de soi ! &lt;br /&gt;Passons le fait qu’Edouard est un artiste qui fait exprès de s’ignorer et qui préfère mettre en avant d’autres artistes dans sa galerie… il suffit d’ailleurs de jeter un coup d’œil à l’intérieur de son frigo pour s’en rendre compte : il y a des expos qui se perdent dans cet espace ! On y trouve de véritables install’ et toutes sortes de sculptures conçues sur le pouce. &lt;br /&gt;Par contre, si côté art, on fait dans le pop coloré, côté alimentaire, on fait dans le strict Minimalisme ! Rien à bouffer ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si on veut se mettre quelque chose sous la dent, il vaut mieux suivre l’itinéraire mis en place dans Paris par l’un des artistes de sa galerie : Ben Kinmont !  &lt;br /&gt;C’est dans le cadre du «Nouveau Festival » à Beaubourg. Une nouvelle tentative d’être au plus près de la vie en faisant de l’art ! Le projet de Kinmont s’appelle « Devenir autre chose » : 7 récits ont été confiés à sept chefs et transformés en 7 recettes. Il s’agit de 7 trajectoires d’artistes qui se sont éloignés de leur discipline première qu’est l’art pour devenir pyschothérapeute, fermier, activiste, politicien, travailleur social, prof de yoga, médecin. &lt;br /&gt;Lygia Clark, Hans de Vries, GAAG, Raivo Puusemp, Laurie Parsons, Gretchen Faust et Bridget Banhart sont ceux qui ont inspiré Ben Kinmont et par la même occasion des chefs comme Inaki Aizpitarte du Chateaubriand ou Alain Passard à l’Arpège. Des chefs à la portée de tous et de l’art comestible dans 7 points de Paris. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour le déjeuner, après Versailles, mon cavalier et moi-même sommes devenus « fermiers ». Je rêvais de devenir « activiste » et de goûter à la recette japonisante d’Olivier Camus au « Chapeau Melon » dans le 19è… parce le « Cru tassé aux agrumes japonais me fait encore rêver » et que tous mes ingrédients favoris étaient réunis dans cette recette, y compris l’allusion marquée à la série british des sixties à laquelle je voue un culte depuis l’enfance… « Chapeau Melon » ! &lt;br /&gt;Mais contre toute attente, « devenir fermière » au Comptoir du Relais, à Saint-Germain ne m’a vraiment pas déplu!  Et mon cavalier était un connaisseur puisque c’était le patron du Basilic!  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je reviens sur hier soir et le frigo d’Edouard, ça m’aidera à recoller tous les morceaux. &lt;br /&gt;ien dans son fridge donc… evidemment puisque sa cantine est située juste en face de chez lui : c’est le « Basilic »… où on est allé dîné ! &lt;br /&gt;Et comme je parlais de ma virée à Versailles, le lendemain, en ce dimanche-même à l’aube, pour y voir l’expo de Xavier… Fabrice, le maître des lieux, m’a proposé de m’y accompagner !&lt;br /&gt;Vers 2h du mat, l’œil chaviré de sommeil et le baillement automatisé, je l’ai regardé avec la certitude qu’il ne viendrait pas. Je n’ai pas osé rire, de peur de me réveiller ! &lt;br /&gt;Un dimanche matin 10h devant le Grand Palais pour sauter avec moi dans la navette qui mène à Versailles ? Alors qu’il n’avait même pas fait la fermeture de son restau à… quelle heure était-il d’ailleurs ? &lt;br /&gt;J’avais l’impression qu’il était 2 heures du mat. Peut-être plus. Qu’en sais-je ? La fiac me donne des impressions de jetlag !&lt;br /&gt;Alors dimanche 10h devant le Grand Palais? Le peut-il ? Il le peut ? &lt;br /&gt;C’est ce qu’il a prétendu… et il faut croire que ce jeune restaurateur d’origine Basque n’a pas seulement du palais… mais il a du flair et il aime aussi LES palais ! &lt;br /&gt;Du coup, ce matin à 10h30, la navette qui m’a mené à Versailles avait effectivement un parfum de mandarine-basilic ! Un goût ou un parfum ? Les deux ! Mieux : un arôme ! Parce que le basilic, ce chèr Fabrice ne se contente pas de le cuisiner et d’en donner le nom à son restau… non : il s’en parfume aussi! Enfin c’est un parfum copyrighté Guerlain tout de même ! &lt;br /&gt;Et côté mandarine, il en rajoute en couleurs dans ses fringues si ça n’y suffit pas !&lt;br /&gt;Au cas où je le raterai, à 10h tapantes devant le Grand Palais, Fabrice Don Giovanni (ça lui va bien ce nom que je lui ai inventé hier soir !) portait avec élégance un Borsalino qui ombrageait son regard. Ici et là, quelques mèches de cheveux mordorées nous rappelaient à l’automne. Et sur son veston ? Il traînait une bonne vieille doudoune mandarine et sans manche ! Mandarine-Basilic donc ! Avec le duck Chevignon de nos eighties qui s’envoyait en l’air dans son dos en guise de logo ! Juste de quoi négliger un peu. Mettre une touche de gentleman bad boy à la tenue ! &lt;br /&gt;Charmant et élégant, il a été un cavalier chevaleresque à Versailles ! Il a notamment servi de curseur à ceux qui se perdaient dans les allées du Château : la mandarine, ça se repère de loin et pas seulement à son parfum! &lt;br /&gt;Et dans escaliers ? sur le perron en damiers ? Dans la chambre des dames ? et à l’extérieur, dans les perspectives des jardins de LeNôtre, près des portraits à facettes des grands architectes réalisés par Xavier ? Il collait aussi tout-à-fait encore une fois ! Des sculptures à facettes violette et un Fabrice Mandarine-Basilic, c’était tout-à-fait OK ! &lt;br /&gt;Un joli tableau haut en couleurs en parfums en saveurs… impossible de ne pas tout de même m’en échapper assez souvent ! Oui, je pars dans les perspectives au lieu de suisvre le troupeau. Faut dire aussi que rien ne valait le plaisir d’écouter les commentaires des enfants de Xavier. Il manquait le plus agé des trois mais tous sont aussi brillants, vifs et intelligents les uns que les autres. &lt;br /&gt;Des pré-ados… adorables ! &lt;br /&gt;Une matinée pleine de panache donc !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8917807306807645101?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8917807306807645101/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-77.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8917807306807645101'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8917807306807645101'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2010/01/episode-77.html' title='Episode 77'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-3607221978223042172</id><published>2009-11-18T08:31:00.001-08:00</published><updated>2009-11-18T08:31:35.497-08:00</updated><title type='text'>Episode 76</title><content type='html'>Samedi 24 octobre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment capter l’attention d’un acteur ? Il suffit de braquer sur lui une caméra ! &lt;br /&gt;J’ai essayé sur Nader Boussandel dans la soirée hier, ça marche à fond ! &lt;br /&gt;Il fait partie de la bande d’Edouard Baer et vient entre autres de finir un film intitulé « Les Barons ». C’est un proche de Nova. Du Djamel Comedy Club… etc, etc. Bref, un personnage à suivre, pétillant d’humour mais pas lourd ! &lt;br /&gt;Après ma chronique dans l’émission de Juan, je suis allée boire un verre avec Fadia dans son QG et elle m’a soufflé ce secret de polichinelle : le coup de la caméra ! &lt;br /&gt;Nader était déjà là. Bizarrement, pas encore pendu au téléphone… et puis ça n’a pas tardé : au bout de 10 minutes, son objet transitionnel avait sonné et il sortait avec ! &lt;br /&gt;Du coup, je n’ai pas résisté : je l’ai suivi dehors, le long des trottoirs qu’on allait arpenter ensemble pendant vingt bonnes minutes. Je ne l’ai pas lâché. Moi matant ces faits et gestes à travers l’écran. Lui la main à l’oreille, tournant sur lui-même, revenant sur ses pas et repartant, indéfiniement. &lt;br /&gt;J’ai adoré. &lt;br /&gt;Ma HD a tout enregistré. Au début, il ne capte pas ma présence. Il ne me voit pas. Puis soudain il m’aperçoit, détourne le regard puis carrément m’ignore. Au bout de 3 minutes, il se demande quand même si mon petit jeu va durer longtemps. Un léger froncement de sourcil en guise de point d’interrogation, il commence à paranoïer 20 secondes durant : «  Est-ce qu’elle entend ce que je dis ? Est-ce qu’elle compte l’utiliser contre moi ? C’est quoi ? Une caméra cachée ? Un piège ? Est-ce que je dis des trucs compromettants ? ». &lt;br /&gt;On peut d’un coup voir toutes ces interrogations partir en fumée dans l’atmosphère. N’ayant rien à se reprocher, il continue sa conversation tranquillement. &lt;br /&gt;J’ai gardé une distance raisonnable tout le long de l’expérience. Installée sur le capot d’une Clio, j’ai vécu comme un tour de manège au cœur d’une personnalité à gagner. &lt;br /&gt;A la limite, la caméra n’aurait pas été branchée, c’était pareil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais c’est pour « FIAC ME, I’M FAMOUS »… forcément. &lt;br /&gt;Même si on n’etait pas dans un cadre artistique, c’est une œuvre en soi. Pas uniquement une recherche sur le comportement humain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là où ça commence à devenir une sorte de recherche scientifique, c’est quand je la caméra se dirige sur une sorte d’extra-terrestre en plein Bal Jaune : Grichka Bogdanoff !&lt;br /&gt;Et il est très mal entouré car le type à ses côtés qu’il prend sans doute pour son ami ose me dire qu’il loue Grichka 10 euros du quart d’heure ! &lt;br /&gt;Même en blague, je ne trouve pas ça rigolo. Faut vraiment avor une morale de maquereau pour sortir ça en plein Bal Jaune à une simple journaliste gonzo totalement désintéressée ! Seuls les crétins pensent que dés qu’une caméra déboule, c’est TF1 !! &lt;br /&gt;J’ignore donc ce personnage véreux que Grichka se traîne et pose directement quelques questions au principal intéressé. Impossible de me concentrer sur les réponses pourtant. J’ai l’impression, sans cesse, que la caméra est trop près. Je n’arrive pas à faire les réglages et pourtant, j’ai la main désormais. Plusieurs jours de pratique à mon actif.&lt;br /&gt;Mais il y a un vrai problème. Je ne parviens jamais à cadrer entièrement Grichka. Une fois c’est le front qui n’entre pas dans le cadre, l’autre fois c’est le menton… et quand j’arrive par miracle à avoir les deux joues en même temps, je ne vois plus les yeux. &lt;br /&gt;J’en suis à me demander si je ne suis pas en train de filmer un alien… A force d’avoir parlé de sciences, de SF et de phénomènes paranormaux, je suis en train de me demander si les vrais frères Bogdnaoff n’ont pas été enlevés par des Extra-terrestres et remplacés par des êtres aux mœurs étranges qui leur ressemblent mais ont le menton et les joues qui poussent… &lt;br /&gt;Enfin… en tout cas, je l’interviewe mais sur « Souvenirs from Earth», c’est comme sur la Lune, dans un « Temps X » (du nom de l’émission des vrais Frères Bogdnaoff dans les années 80) : il n’y a pas de langage décodable par les Terriens sur cette chaîne, c’est une sorte de galimatias universel qui est d’usage. Du babylonien sonore. Le visuel parle pour le reste. &lt;br /&gt;Du coup, en mettant mes interviews au ralenti, j’arrive à un langage quasi lunaire. Quelque chose de réellement suspendu dans le temps. Dans les conditions du Bal Jaune, ça tombe bien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais passé le cas du langage, le mystère Bogdanoff reste entier. &lt;br /&gt;Il doit y avoir des forums de discussion entiers concernant ces jumeaux du PAF sur le Net ! &lt;br /&gt;Dans mon entourage immédiat, certains disent qu’ils ont tous les deux la maladie d’Elephant Man (Non Lynch n’a pas inventé l’histoire !) et qu’ils ont tous les deux des excroissances et que bizarrement, localisées uniquement sur le visage, ces excroissances évoluent symétriquement chez l’un comme l’autre. Ce qui paraît impossible à d’autres car, par leur nature même, les excroissances ne peuvent pousser symétriquement ! &lt;br /&gt;D’autres encore prétendent qu’ils ont contracté la maladie qu’on atrappe dans le show bizz et qui fait qu’au moindre bouton et à la moindre angoisse, on a un chirurgien à portée de civière.&lt;br /&gt;Cette pathologie est aussi appelée communément « syndrôme de Jackson », en hommage à notre défunt Michael.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Orlan, quant à elle, elle ne tergiverse pas. Elle assume et même davantage, elle soutient. Elle a deux excroissances sur les tempes. Deux bosses. Sûrement des implants de silicone qui la rendent post-humaine depuis belle lurette. C’est la Renaissance transposée au temps du High-Tech. &lt;br /&gt;Et quand elle voit une caméra, elle joue le jeu, elle se laisse capturer et personne ne réclame 10 euros du quart d’heure dans son dos pour avoir le privilège de lui poser 3 questions ! &lt;br /&gt;Et des trucs à dire, elle en a. Elle se prête avec plaisir aux interviews. Et ce matin, elle a longuement discuté avec un officiel du Ministère. Ça m’a fait de très belles images. Je commence à avoir des réflexes télé !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était juste après la remise du Prix Marcel Duchamp ! &lt;br /&gt;Et parenthèse : c’est bien Saad qui l’a obtenu ! Quand vais-je me décider à devenir bookmaker ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oui, donc… Orlan : ses tempes, sa coupe de cheveux bicolore,  ses tenues assorties… il y a toujours de l’harmonie. &lt;br /&gt;Et quand on lui parle de son visage, elle n’a pas peur d’aborder les questions de chirurgie, de beauté et de canon de beauté… elle a été précurseur dans les années 70 face à toutes ces questions.&lt;br /&gt;Et sur la table d’opération, elle n’a pas plus peur des caméras que des coups de scalpel et bistouri -sous anesthésie tout de même ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son travail est généralement bien moins superficiel que la plupart des gens veulent bien le croire. Elle va loin finalement dans la mise en danger de sa personne, elle met son corps, son physique au service d’une idée… ce qui n’est pas rien aujourd’hui, dans un monde où le paraître à une telle importance. &lt;br /&gt;Elle a le nez de telle Vénus, la bouche de tel Adonis… elle est un patchwork des canons de beauté de toute l’histoire de l’art à elle seule. &lt;br /&gt;Il faut croire que toute la société actuelle est sur ses traces. Car la plupart des gens, en cherchant à s’embellir, prennent en fait un forfait pour la monstruosité. Et le plus étrange, c’est que tous ces êtres passés entre les mains des mêmes Frankenstein ont tous l’air clonés. &lt;br /&gt;Au moins, en passant sans cesse sur le billard et par des gestes radicaux, Orlan a remué les consciences. &lt;br /&gt;Et si elle a eu recours à la chirurgie, ce n’est pas pour ressembler à une bête curieuse -même si parfois on peut se l’imaginer- mais pour nous interroger sur ce qu’est le physique, l’apparence… et braver les limites du corps. &lt;br /&gt;D’ailleurs, elle a une expo perso en ce moment-même que je n’ai toujours pas vu à l’Abbaye de Maubuisson. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et comme c’était la journée des corps, du physique, de la morphologie et même de l’anthropomorphisme hier, avec Fadia, on a enchaîné sur l’expo de Huang Yong Ping chez Kamel. &lt;br /&gt;Nader et Vito devaient nous y retrouver mais ils se sont directement retrouvés -je ne sais par quel raccourci- dans le buffet des Beaux-Arts sans même passer par l’expo dans la chapelle ! &lt;br /&gt;D’impressionnants animaux empaillés dans la galerie d’abord… le périple se poursuit dans la chapelle des Beaux-Arts où l’artiste a mis en scène une impressionnante Arche de Noé calcinée… entre feu et déluge, qui l’emportera ? &lt;br /&gt;Où en est l’humanité ? &lt;br /&gt;On peut aller loin dans les métaphores : pendant que la France d’en haut flambe, celle d’en bas prend l’eau et ne sait pas toujours nager. La réflexion s’est donc étonnamment poursuivi au Bal Jaune, où habillée à peu de chose près comme hier et avant-hier, je me suis perdue en pleine science-fiction !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-3607221978223042172?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/3607221978223042172/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-76.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3607221978223042172'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3607221978223042172'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-76.html' title='Episode 76'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5685648384945015057</id><published>2009-11-13T05:59:00.000-08:00</published><updated>2009-11-13T06:00:03.693-08:00</updated><title type='text'>Episode 75 : FIAC ME AGAIN</title><content type='html'>Vendredi 23 octobre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lever de plus en plus difficile. Je sais à peine quel jour on est et comment je m’appelle. &lt;br /&gt;Je sais juste que je me suis achetée un tas de fringues que j’adore à London et que je me retrouve à porter mes hardes des années 80 (ou presque) depuis 3 jours. Obligée d’aller m’acheter des leggings, des chaussettes et des petites culottes dans des boutiques à la gomme alors que je suis à découvert et que j’ai déjà tout ce qu’il me faut en high-figh à la maison !!!! &lt;br /&gt;Pour les shoes, je m’en suis occupée dès le deuxième soir avec Myrtille, sur les Chanzel, en sortant du bureau de « Souvenirs », sous une pluie battante. Remplacées. Il y avait urgence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était juste après ce moment génial où Marcus a fait sauter tout le système d’envoi des mails de tout le bureau parce qu’il avait spammé à donf’ l’info « Fiac me… » à tous ses contacts! &lt;br /&gt;Du coup, même la prod’ de Cerrone qui nous héberge amicalement, ne pouvait plus envoyer le moindre mail… tout le monde était subitement en « vacances » Internet et il n’était que 15h30 ! Marcus était tellement mal qu’il s’est cassé discrètement sans crier gare ! On a juste entendu une grosse moto démarrer en trombe dans le triangle d’or parisien ! &lt;br /&gt;Au même moment, au même endroit, Bernard regardait un pot de Nutella lui faire les yeux doux. Succomber ? Ne pas succomber ? Négocier avec le désir ? &lt;br /&gt;Au même moment, dans la cuisine des mêmes bureaux, je prenais une bonne cuillère de miel des champs… sentant déjà la grippe me gagner. &lt;br /&gt;Puis avec Myrtille, je sortais de là, chaussée de mes Repetto qui n’en pouvaient plus de la pluie et je partais en quête de shoes taillées dans un coupon de cuir neuf avant le premier vernissage de la FIAC 2009. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis ce moment, j’ai l’impression qu’il s’est passé un siècle ou deux! &lt;br /&gt;D’ailleurs je confonds les jours. Je ne suis même pas sûre d’être vendredi. Je me sens comme un samedi. &lt;br /&gt;Mais ça ne peut pas être samedi. Samedi, c’est le jour du « Bal Jaune »… C’est demain ! Et je compte bien faire un passage-éclair à la maison pour récupérer une tenue! En plus avec tous mes changements d’adresse cette année, mon invite s’est perdue ! Je n’ai pas eu le fameux morceau de moquette en forme de carton d’invite et je ne saurais dire de quelle couleur il a été prévu pour moi!  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si donc on est bien vendredi, demain matin, on devrait savoir qui a remporté le Prix Marcel Duchamp… on verra si j’ai parié sur le bon cheval en pensant à Saad et si Saad m’a fait penser au Prix. Et le soir-même, on se rendra au Bal Jaune et comme ça créera des courts-circuits dans nos têtes entre Bal Jaune et donc le Prix Ricard et le Prix Duchamp, on se demandera toute la journée et aussi le lendemain, qui est le gagnant… qui est le gagnant… qui est le gagnant… Duchamp-Ricard : une partie d’échecs se jouera dans nos têtes comme chaque année. Ces deux-là, Duchamp et Ricard, s’ils avaient été contemporains, s’ils s’étaient connus, se seraient-ils entendus ? Qui sait ! &lt;br /&gt;En tout cas, pendant la Fiac, c’est chaque année échecs et mat, c’est comme ça. J’ai quand même du mal à superposer l’échiquier et le bob Ricard. Mais je suis fair-play : je me dis « pourquoi pas? ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en parlant de Duchamp, j’étais donc hier jeudi, dans le Marais. Chez Michel Rein, là où se déroulait une performance de Saad Afif liée à « Vice de forme », l’œuvre présentée pour le Prix… Ricard ? Mais non, non et non, bordel, c’est le Prix Duchamp ! Marcel Duchamp ! &lt;br /&gt;Bon, en tout cas, un pianiste jouait des morceaux au piano, des compositions qui pouvaient accompagner les paroles des chansons écrites par diverses personnes à Berlin pour Saad. &lt;br /&gt;Puis j’ai repris ma caméra dont je m’étais trop longuement séparée pour rejoindre Héloïse, Grégoire, Audrey, Jérôme et quelques autres chez Emmanuel Perrotin. C’était pour le vernissage de Jean-Michel Othoniel et Farad Moshiri. Un livre fantastique tout en pop-up -de la 3 D qui nous renvoie en enfance- paru chez Dilecta, accompagnait l’exposition de Jean-Michel. je lui ai demandé de tourner les pages du livre pour les besoins de mon film. J’en ai quasi ignoré José Lévy, le designer qui fait lui aussi partie de la galerie. Je me suis ratrappée avec Thomas qui a improvisé une perf autour d’une œuvre de Jean-Michel rien que pour ma caméra. Une ronde autour d’une œuvre tout en courbes et en rondeurs.&lt;br /&gt;Quant à la star de l’art contemporain Iranien, Farad Moshiri, il présentait des grands formats abstraits ou figuratifs dans lesquels la matière et la sensualité l’emportent sur le tout.&lt;br /&gt;Le dîner, dans le show-room d’Emmanuel, m’a rappelé les dîners de vernissage des années 90… A ceci près qu’on était toujours entre amoureux de l’art contemporain à l’époque et qu’on était rares, donc peu nombreux. &lt;br /&gt;A cette époque-là, il n’y avait pas le moindre chanteur ou le moindre fashion designer… ou alors ils n’étaient pas au top de leur carrière, seulement en devenir. Là, il y avait Stéphane Eicher et je me suis demandée s’il m’avait reconnue. J’avais essayé de l’interviewer l’année dernière lors de Paris Photo dans la Pyramide du Louvre. J’avais insisté, je lui avais offert un magazine, fait de très larges sourires, expliqué mon travail…&lt;br /&gt;Cette fois, c’est lui qui m’a rendu de larges sourires alors que je cherchais une table pour m’installer. Mais il était à côté d’un personnage qui sentait le souffre et le plomb, et il n’avait pas l’air de s’amuser. Alors j’ai évité. Mauvaises vibes, et pourtant, il n’en bougeait pas. Il restait là, à côté de Sophie Calle, comme prisonnier. &lt;br /&gt;Il y avait une super ambiance et je présentais Héloïse à Grégoire. Héloïse travaille avec Emmanuel depuis peu et est surtout une de mes amies de fac, en histoire de l’art. Quant à Grégoire, c’est le fondateur des éditions Dilecta. &lt;br /&gt;Ces deux-là s’étaient croisés plusieurs fois sans savoir qu’ils partageaient ensemble mais aussi avec moi, un être qui nous a été chèr avant de disparaître subitement de nos vies en 2002 à l’âge de 33 ans: Alain-Guillaume Poirier. &lt;br /&gt;C’était le cousin de Grégoire, c’était mon ami et celui d’Héloïse dès nos premières années de fac. On l’a évoqué ce soir-là, il était palpable dans ce vernissage j’imagine. Et puis on a évoqué ce lien et ça nous a ramené à la vie. &lt;br /&gt;J’avais la bougeotte, j’allais et venais entre le dance-floor au rez-de-chaussée  de Piotr Uklanski et le premier étage… puis je rencontre Géraldine qui a elle aussi la bougeotte. Malgré la pluie, on décide d’explorer la nuit et d’aller dans cette soirée de vernissage de *La Bank* au Hustler ! &lt;br /&gt;Est-ce le repère de Hugh Heffner ? Non, le créateur de Playboy est plus raffiné que ça. Les Bunnies n’ont rien à voir avec toutes ces putes disséminées dans l’espace de ce club. J’ai jamais vu un endroit aussi pourrie. Autant de nanas laides mais à poil prête à faire un tour aux toilettes avec le premier lourdeau qu’elles croisent. Brrr, drôle d’atmosphère. On dirait les pages d’un fanzine échangiste, un fascicule fait maison avec des photocopies pourries et de la chair mal emballée! Qu’est-ce qu’on fout là ? Seul l’adorable Greg, en bas, le mec qui vend les bonbons et autres indispensables de soirées, m’est agréable. Il m’offre une sucette et on tape la converse… ça doit pas lui arriver souvent de parler ici. Je prends mes jambes à mon cou et je me caaaaaaaaassssssssse de là !  C’est même pas drôle.  J’aurais dû aller au Montana. La soirée gothique du « Baron » ? Pas question… et d’ailleurs, j’étais en costume de marin… faut-il le rappeler ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça c’était hier -donc jeudi ! Un jour où je n’ai pas fouttu les pieds à la FIAC. Je ne pouvais pas. J’avais un texte de catalogue à écrire un en urgence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, on est donc vendredi… vendredi donc…  et la journée est bien pleine. Je continue à cultiver mon de don de triquité et faire plusieurs trucs à la fois. &lt;br /&gt;Je crois que je vais à nouveau faire abstraction de la Fiac toute l’après-midi pour m’intéresser au « Nouveau Festival » aujourd’hui, un événement qui met la performance, le spectacle, la chorégraphie -bref tout ce qui est in vivo- au centre du Centre (Pompidou) de Paris. &lt;br /&gt;Et à 18h30, c'est-à-dire dans une heure, je retrouverai Juan à l’antenne de Nova pour lui parler de tout ça. &lt;br /&gt;J’ai commencé par un rendez-vous avec Albane, une Claudinette (les hôtesses de l’art de chez Claudine Colin Communications !), à la Conciergerie pour « Le sort probable de l’homme qui avait avalé un fantôme ». Sujet, verbe, complément : c’est le titre de l’expo… &lt;br /&gt;Pour ceux qui n’auraient pas encore pigé, c’est fini le temps du titre d’expo en moins de 10 caractères et qui ne veut pas dire grand chose. Aujourd’hui, ça doit occuper l’espace d’un sms et faire dans les 800 caractères ! Sinon, ça ne sert à rien. Désormais, le titre d’expo fait donc dans la phrase à rallonges, dans la citation, dans l’essence poétique, bref dans le sens pour éveiller LES sens… puis dans le rythme et dans le mouvement ! &lt;br /&gt;Ça ne pouvait pas échapper à un danseur et chorégraphe de talent promu commissaire d’expo à cette occasion : Christian Rizzo. &lt;br /&gt; « Le sort probable de l’homme qui avait avalé un fantôme » se tient dans la salle des gens d’armes de la Conciergerie, et le titre tout en rondeurs vient adoucir la vocation de ces lieux attenant au Palais de Justice. &lt;br /&gt;Au fond, à gauche, une armée de fantômes semble se diriger vers nous : un Olaf Breuning qui, entre Halloween commercial et épouvante, nous met tout de suite au parfum.&lt;br /&gt;On serait donc à nouveau transposé dans un mystérieux château bien évidemment hanté comme beaucoup d’expos en ce moment… La partie de Cluedo est avancé. Où est l’objet du crime ? Qui sera la victime ?&lt;br /&gt;On est directement entraîné au pied d’un catwalk et dans cette magnifique architecture du Gothique Flamboyant, entre voûtes en ogives, colonnes et rosaces, on a le sentiment d’être convié à un défilé. Mais en lieu et place des mannequins présumés, il y a des œuvres autour desquelles le spectateur défile. &lt;br /&gt;Des œuvres figées dans leur mouvement, liées au corps, à la danse. Sensuelles. &lt;br /&gt;Les époques se croisent comme dans cette sculpture de Folkert de Jong inspirée par la célèbre « Danseuse » de Degas : on croirait presque à une copie, sauf qu’il suffit de s’approcher pour se rendre compte que la grâce n’appartient pas qu’aux femmes dans l’univers de la danse classique. Voici un homme qui porte parfaitement bien le tutu ! &lt;br /&gt;En T-shirt et baskets, on a une sculpture de « Cédric » ! Tomoaki Suzuki réalise lui des scuptures hyperréalistes mais en format réduit : c’est une sorte de Duane Hanson Japonais de moins de 35 ans. Et puis dans un trop plein de consommation qui va jusqu’à l’écœurement ou du moins l’effet surplus, on a un mannequin de Daniel Firman dont on ne sait s’il croule sous ses vêtements ou s’il en renaît. Un mouvement quotidien est répété ici à l’infini. C’est la superposition des jours. &lt;br /&gt;Et peu à peu, la grâce dérive vers quelque chose de plus animal : la créature de MarnieWeber issue de la Planète des Singes a quelque chose de si humain. Elle prend la pose dans ses vêtements fashion, presque hautaine. Les statuettes fluides, aux poses simples et aux silhouettes racées de Don Brown. Un Xavier Veilhan. &lt;br /&gt;Côté fétichiste, on retrouve les sculptures de verre de Jean-Luc Verna. Puis les pièces animales et précieuses de Bruno Pelassy dans lesquelles le vison croise par exemple le python. Et aussi les incroyables shoes de Benoît Méléard, faîtes pour la scène plus que pour la marche et qui ont le don de métamorphoser la silhouette et réinventer la démarche. Escarpins vertigineux mais sans talons, carrés, ronds… on ne sait pas par quel bout les prendre ni où se camoufle le pied dans tout ça. Des œuvres en soi. &lt;br /&gt;La mode, la grâce, l’harmonie, le mouvement, le corps… c’est tout cela que l’on retient de cette expo. &lt;br /&gt;La danse est encore plus présente avec la vidéo d’un ballet de Merce Cunnigham mis en costume par Rei Kawabuko… Comme des Garçons ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais moi, j’ai envie de scotcher sur un de mes artistes préférés. Un de ceux qui sortent du lot dans l’expo : le perfectionniste James Lee Byars qui fait son grand retour en ce moment dans la mémoire des gens. C’est comme si on redécouvrait ce grand perfectionniste, un peu mystique, plutôt perché des seventies. Il fait aussi partie d’une expo au musée d’art moderne, « Deadline », qui fait la part belle à tous ceux qui ont été amenés à se dépasser parce qu’ils ont eu une vraie « dead line » dans leur vie, au sens propre du terme. De ces dead lines qui lorsqu’elles vous pendent au nez vous poussent à sortir vos tripes, dans l’urgence, avant de disparaître à tout jamais. Un art au bord du précipice donc. &lt;br /&gt;Et pourtant léger, spirituellement engagé, matériellement ancré. A se demander comment cet artiste a pu naître à Detroit alors qu’il est autant empreint d’Orient, de philosophie. D’ailleurs, il a longuement vécu au Japon. Et à mon avis, ce n’était pour assister à des combats de Sumo ! &lt;br /&gt;En tout cas, sa dead line a été franchie en 97 au Caire. Avant cela, la feuille d’or était l’un de ses materiaux préférés et la performance, l’un de ses modes d’expression les plus chèrs. Ici, on retrouve ce qu’on appelle un « bonnet rouge », une traîne de soie qui a été l’objet d’une performance que l’on imagine proche du bouddhisme. C’est un rouge festif et léger.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une traîne rouge que je gonfle mentalement d’hélium, pour monter dessus et foncer vers Beaubourg où m’attend Serge Laurent (qui s’occupe du « Spectacle Vivant » du Centre) pour une présentation express du « Nouveau Festival ». &lt;br /&gt;On était synchro. 16h pile. Le tour des lieux. Un centre qui renoue avec ses origines, l’esprit des seventies. La performance. L’ouverture sur toutes les disciplines, la gratuité. La surprise. L’accident heureux. &lt;br /&gt;Et c’est tout ce qu’il vient de me raconter que je dois résumer tout-à-l’heure à l’antenne de Nova. Le « Beaubourg-la-Reine », l’installation de Sophie Perez et Xavier Boussiron où sont conviées des artistes, des performers, des musiciens, des comédiens… pour un grand bœuf généralisé tout un mois durant. Philippe Katerine, Eric Duyckaerts… et bien d’autres choses. Des écrans qui se croisent, des scène qui se montent, des espaces à explorer, des danseurs qui repètent, des éclats de voix… de quoi s’émerveiller pendant un mois et sans doute toiser la « Crise » !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5685648384945015057?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5685648384945015057/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-75-fiac-me-again.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5685648384945015057'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5685648384945015057'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-75-fiac-me-again.html' title='Episode 75 : FIAC ME AGAIN'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8996725714029121722</id><published>2009-11-09T03:02:00.000-08:00</published><updated>2009-11-11T06:37:50.639-08:00</updated><title type='text'>Episode 74</title><content type='html'>Jeudi 22 octobre 2009 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça sent un peu les vacances de l’art cette année la FIAC pour moi. &lt;br /&gt;Je suis libre de regarder les œuvres comme je veux… et si j’ai envie de les ignorer, je peux ! &lt;br /&gt;Ma mission: me concentrer sur les gens. Un vrai régal ! Les looks, les sensations, les couleurs, le who’s who, les interactions relationnelles… Psychologie, sociologie, philosophie… tout est permis. Même passer toute la Fiac dans le VIP lounge du Grand Palais si je veux. Et d’ailleurs, je veux. &lt;br /&gt;Pour le vernissage, hier soir, dans le VIP, j’ai collé Xavier Veilhan et Julie Rouart installés dans un canapé à l’abri des regards. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le problème, quand on connaît les gens qu’on filme, c’est qu’ils vous offrent une coupe de champ’ et vous intègrent à la conversation. Que vous ayez une vraie caméra pointée sur eux ou un joujou Fischerprice, voire une brosse à dents… c’est pareil. &lt;br /&gt;Euh ? je viens de dire que c’était un problème ?… pfff, n’importe quoi, j’adore ça ! Pas le Champ’, la connexion, la relation établie. &lt;br /&gt;Est-ce que ça s’appelle « coller » d’ailleurs ? J’ai fait ça des tas de fois : m’asseoir et discuter avec des gens que j’aime. &lt;br /&gt;J’ai d’ailleurs continué avec Wim Delvoye… mais l’ai-je filmé ? Pas sûr ! En plus, la conversation était trop perso. &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Pas sûr non plus que j’aie filmé Melvil… pour d’autres d’autres raisons encore. &lt;br /&gt;Il faut dire que c’est lui qui est venu me voir spontanément. Parce qu’on se connaît un peu et qu’on s’aime bien. &lt;br /&gt;Evidemment, je ne lui ai jamais dit que j’avais passé plusieurs années à rêver de lui par épisode comme une midinette, et que d’épisode en épisode et de nuit en nuit, on s’entendait toujours mieux. &lt;br /&gt;En tout cas, on a déjà passé un dîner de vernissage à papoter et on a pas mal d’amis communs… mais non, je ne l’ai pas filmé. C’était un instant qui m’appartenait. Un moment perso. Un temps suspendu. Presque intime. A quoi bon filmer ça. &lt;br /&gt;De toute façon, j’étais incapable de mettre la caméra en marche sur le moment. J’étais sur une autre planète où je lui parlais de Hotmail. Parce qu’il y a moins d’un mois, je me suis retrouvée chez un de nos amis communs et qu’en me connectant à Hotmail, je suis tombée sur son adresse… preuve qu’il avait consulté ses mails juste avant moi, au même endroit. Est-ce que j’ai maté? Pas du tout ! Quelle horreur ! Je préfère les confidences. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis par contre, j’ai laissé Marcus filmer ma discussion avec Jean-Charles de Castelbajac dont j’admire le travail mais aussi le personnage… un vrai passionné d’art à mon avis. J’ai adoré son exposition au Musée Galliera il y a quelques années. En plus de mettre en scène ces créations dans ce château reconstitué ou plutôt suggéré, avec pont-levis, murs tapissés et armures habitées, il avait convié des artistes qu’il suit de près. Et c’était franchement pointu. Digne de quelqu’un qui est connecté à son époque. &lt;br /&gt;Il a un véritable univers. Ce n’est pas quelqu’un qui pose. Je m’en suis rendue d’ailleurs rendu compte il y a deux ou trois ans lorsque j’ai fait partie avec lui d’un jury, celui du Prix Campari qui récompensait un artiste. Alors que certains envoyaient leurs choix par procuration, lui se délectait d’étudier les dossiers de près, avec sérieux, de peser le pour et le contre et de défendre son choix tel qu’il est. C’est un véritable intérêt. Pas de l’opportunisme. Quelque chose de rare donc. &lt;br /&gt;Et d’ailleurs, il m’a appris hier qu’il faisait désormais partie des artistes de « *La Bank* ». C’est top ! Si j’avais eu une galerie, j’aurais fait comme Céline et Marie-Céline, nos deux shérifs de l’art en talons aiguille : je l’aurais invité à rejoindre *La Bank* ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, c’est très bizarre cet exercice consistant à filmer alors que vous voulez d’abord vivre le moment et ensuite, accessoirement, vous en souvenir comme si c’était hier. Finalement, dans cette histoire, il est impossible de ne pas se sentir comme un touriste japonais au bout d’un moment. &lt;br /&gt;On adore mater les images après. Mais pendant, on a aussi envie de les vivre, et les vivre à travers un écran, un objectif, un viseur… c’est les vivre à travers un filtre. Ce n’est donc pas être tout-à-fait dans le réel… ni tout-à-fait dans le virtuel d’ailleurs. C’est vouloir fixer des images pour plus tard, des souvenirs, mais ce n’est pas toujours les vivre à 100%. Du moins, les vivre derrière une caméra change le point de vue sur les choses, change aussi le rapport aux gens et aux choses. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Exactement comme dans la real TV. &lt;br /&gt;Sans parler du fait que le réel dépasse constamment la fiction. Le réel est vraiment plus intéressant que la fiction. &lt;br /&gt;C’est une interaction, un truc qui brouille les questions spatio-temporelles, et qui est aussi capable de créer de belles situations. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quitte à coller les gens que j’aime, j’ai suivi Bruno Peinado à la trace dans la cafète pas VIP du Grand Palais. C’était des retrouvailles, comme avec Saad la veille. Je ne vais pas tous les jours à Berlin, mais je vais encore moins à Douarnenez, cette ville Bretonne où Bruno s’est retiré avec sa moitié, Virginie Barré, et leurs deux filles. Du coup, une coupe dans une main et un balai dans l’autre, il m’a fait un ballet rien que pour la caméra. C’était extra ! &lt;br /&gt;Bref, au cours de la soirée, je me suis très vite prise au jeu de la caméra, j’ai surmonté cette histoire de filtre, d’intime… etc, et j’en redemande en fait ! Ça met l’adrénaline en feu ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, j’étais tellement explosée de fatigue, qu’on a fait un dîner technique entre collègues de la chaîne au Palais de Tok… et même si Philippe Valentin fêtait son anniv en direct, j’avais plus la force de faire la fête ! Juste la force de lui faire une bise avant de filer et rêver me jeter dans mon lit toute habillée… ou alors faire un saut au Montana ! Mais privée de mon vélo, il me manquait un attribut essentiel : l’autonomie. J’ai juste chevauché la moto de Marcus pour passer une nouvelle nuit riche en rêves et en couleurs, dans le Marais, en costume de marin… ou presque!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8996725714029121722?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8996725714029121722/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-74.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8996725714029121722'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8996725714029121722'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-74.html' title='Episode 74'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-1242694533040448650</id><published>2009-11-08T09:31:00.001-08:00</published><updated>2009-11-08T09:31:49.038-08:00</updated><title type='text'>Episode 73 bis</title><content type='html'>XXXXXXX&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi 21 octobre (bis)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, au petit matin, j’ai eu des envies années 20-30 avant de sortir de chez moi. C’était le moment de porter ma marinière avec sa large collerette carrée, presque une capeline, et une robe de dentelle violette. &lt;br /&gt;Je ne me doutais pas encore que j’allais devenir « matelot », « matelotte », « marin », « marine », « gars de la marine »… ma marinière a beaucoup plu et surtout, elle m’a permis de déclarer que j’essayais effectivement de surnager dans l’océan artistique. &lt;br /&gt;Vu tous les requins qui baignent dans le même liquide que moi, délicat poisson-chat, je commence à me demander si je ne suis pas en train de muter. Je suis dotée d’une paire d’ailes -ou d’ailerons- qui me permet de papillonner. &lt;br /&gt;Mais surtout, je ne pensais pas que j’allais porter les mêmes fringues pour le vernissage d’hier, à la Cour Carrée du Louvre… et le vernissage d’aujourd’hui, au Grand Palais. Impossible de rentrer chez moi, dans ma forêt chérie, entre hier et aujourd’hui… et ce soir, rejoindre mon home sweet home ? Je ne garantis rien !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Etendue dans le VIP lounge du Grand Palais, caméra au poing -une HD qui tient dans la main- j’essaie d’ailleurs de me rappeler tout ce que j’ai fait depuis hier. Cette caméra est devenue une extension de ma main. &lt;br /&gt;La main droite, celle qui écrit, s’est mise il y a quelques jours à pointer sur des séquences réelles de ma vie et à les enregistrer. C’est un exercice marrant. Par contre, ma main qui écrit est toujours en mouvement et a naturellement tendance à bouger… un peu trop pour la caméra. Du coup, dans un premier temps, les spectateurs de mes images auront le mal de mer… ce qui donne une légitimité supplémentaire à ma marinière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, j’ai fait mes premiers pas dans la vidéo in vivo au petit matin dans un hôtel du Trocadéro, « La Réserve », où j’étais conviée à un « petit déjeuner japonais » autour d’une expo. On devait venir me chercher en Motocab mais le conducteur en question a eu un accident. Rien ne vaut le vélo ! &lt;br /&gt;Est-ce le retour de la grande mode des expositions en appartement, de l’art in-situ qui pousse tranquillement dans nos habitats et nos chambres d’hôtel. Peut-être bien. Enfin, c’est aussi la mode des hôtels qui se mettent à l’art contemporain, et c’est vraiment pas du luxe… il était temps. Enfin, là, c’est la troisième édition de « Chambres à part », et on passe d’une pièce à l’autre. Je suis en compagnie de mon pote Nicolas Ledoux qui a participé à l’exposition. Quand il ne fait pas travailler la machine à faux-cartons d’invitation, il fait des dessins plein d’humour qui détournent le milieu de l’art contemporain dans lequel il baigne lui-même. Et sinon, je retrouve une série d’artistes que j’aime tout particulièrement comme Yi Zhou, Dominique Blais, Jeppe Hein, Iris Van Dongen, Terence Koh, Aaron Young… et beaucoup d’autres. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, c’est la FIAC qui occupe tous nos esprits, on passe par les Tuileries pour vite se rendre à la Cour Carrée… et on peut admirer au passage les sculptures qui ne s’animent pas sur notre passage. &lt;br /&gt;A part peut-être le cœur géant surmonté d’un perroquet de Jim Dine ou les personnages informes d’Ugo Rondinone à côté desquels tous les touristes posent. Ils ont ce côté ouvert à tous, sympathiques, un rien Walt Disney… le touriste se les approprie facilement pour une photo. Le bonhomme de neige de Pierre Ardouvin a lui aussi ce côté amical et spectral… à quelques jours d’Halloween, ces deux œuvres ont un côté amicalement grinçant qu’on apprécie quand les nuits s’allongent, que le froid s’installe peu à peu sur la ville… &lt;br /&gt;Bon, et puis même si je n’ai jamais été fan de Barry Flanagan et de ses grands lièvres de bronze et de facture très classique, je ne peux m’empêcher de relever sa présence alle aussi fantomatique dans le Jardin des Tuileries à travers une œuvre dont je ne comprends que le titre - « Large Presidential Election »- mais pas vraiment les formes informes taillées dans le bronze… juste de quoi se rappeler qu’il nous a quitté cet été et que sa présence n’a rien à voir avec sa disparition…juste un clin d’œil. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce pour cela que les Giraud et Siboni ont eu envie de tout faire péter le soir-même et d’une seule fois ?  Une détonation du tonnerre de brest pour un feu d’artifice du mardi soir, aussi grandiose que frustrant. Un bouquet, un son qui tue… et salut ! This is the show and the show is many things (comme le titre d’une expo qui a eu lieu à Gand il y a quelques temps)… and the show must go on ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la soirée, pour le vernissage de la Cour Carrée, après avoir fait mollement le tour des stands et salué tout ce qui bouge avec l’impression de retrouver la « family » pour un grand mariage d’une semaine… après avoir pris plaisir à retrouver quelques cousins, tantes et oncles, neveux et nièces, éviter quelques grand-tantes encombrantes et à la langue bien pendue et grands-oncles libidineux, après avoir pris des photos souvenirs sous des œuvres délicates…  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai rencontré par exemple mon chèr Saad (Afif) que je n’avais pas vu depuis longtemps parce qu’il vit la plupart du temps à Berlin. Il continue à m’appeler « Anaïd D’amour », le plus beau surnom qu’on ait pu me donner depuis toujours. Il est l’un des quatre artistes sélectionnés pour le Prix Marcel Duchamp : une œuvre dévolue au son. « Afif » signifie « léger » en arabe et Saad a toujours l’air aussi léger qu’un pinson. Mais hier tout particulièrement, il avat l’air de planer au-dessus des nuages, débordant de bonheur… encore plus que d’habitude, comme s’il avait appris la plus belle nouvelle de tous les temps. On a siroté ensemble une coupe de champ’, aucune fuite, il n’a rien laissé échappé mais mon sixième sens m’a alerté. S’il s’agit de ce que je crois, je suis ravie pour lui. &lt;br /&gt;Ensuite, j’ai retrouvé Marcus, Valéry et Delphine. On s’est installés au centre de la Cour Carrée. A la cafète et pendant que les chaises commençaient à se faire rare et l’air plus dense, la caméra a commencé à se réveiller doucement d’un doux et long rêve. &lt;br /&gt;Là, à quelques centimètres de nous, elle s’est mise à observer un drôle de mec avec un chapeau et des yeux globuleux : notre Fabrice Bousteau national, le rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine. Enregistré. &lt;br /&gt;Etrange ce sentiment d’être devenue une sorte de paparazzi de l’art depuis 24h… &lt;br /&gt;C’était pour « FIAC ME, I’M FAMOUS », un programme Anaïdien sur-mesure pour la chaîne de Marcus Kreiss. « Souvenirs from Earth ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis -du verbe suivre- à pas de chats et j’enregistre l’image de mes VIP à moi, les gens que j’aime qui font que l’art est «so different so appealing » comme un collage de 56 de Richard Hamilton, l’inventeur du Pop Art Anglais. Les extra-terrestres du show-bizz ne sont évidemment pas exclus de mes enregistrements, du moment qu’ils s’intéressent à l’art. Mais je crois que dès maintenant, je vais changer mon fusil d’épaule. Je n’ai pas l’âme d’une paparazzi. Je vais prévenir les gens que je filme avant même de les filmer. Faire des sortes d’interviews, même si l’on sait que le son sera zappé. Et le son sera naturellement zappé car j’ai trouvé un truc : je passe mes films au ralenti… ce qui fait que le son comme l’image nous donne l’impression d’être dans un monde à part, en appesanteur. Comme un souvenir lointain, un « Souvenir from Earth » surtout !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est tout naturellement pour « Souvenirs from Earth »… une chaîne télé qui ne s’appelle pas TF1, France 1, France 2, W6, TNT, LCI, Itélé… etc, etc, c’est « Souvenirs ». &lt;br /&gt;Est-ce qu’on n’a pas le droit de mettre un peu de poésie dans le titre d’une chaîne télé ? Celle-ci a été imaginée il y a de cela des années, par un artiste -Marcus Kreiss-, pour les artistes mais aussi les amateurs et autres passionnés d’art. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’idée : pas de langage. Pas de barrage linguistique. On se contente du visuel, au plus fort du terme et du sonore, au sens le plus sensuel. &lt;br /&gt;C’est l’image est les sensations qu’elle dégage, et non le langage, qui a le dessus sur « Souvenirs from Earth ». Et on contemple l’écran comme d’autres contempleraient un aquarium ou un bon feu. Avec la liberté de s’en détacher quelques instant pour mieux y revenir.  &lt;br /&gt;C’est la chaleur cathodique, tout simplement. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Y défilent de nombreuses vidéos d’art, mais aussi des clips arty toute la journée. C’est un peu le bébé de Marcus cette chaîne ! &lt;br /&gt;On en parlait déjà ensemble, il y a au moins 10 ou 15 ans, dans le Lubéron, avec Marcus, Olivier Reneau et Alain-Guillaume Poirier, alors que je passais mes vacances à Lourmarin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis, l’idée de Marcus s’est concrétisée. « Souvenirs » émet entre autres sur le canal 129 de la Free Box, et aussi sur SFR…  mais bon, je ne suis pas sûre de tout comprendre sur le plan technique pour y arriver. Mais heureusement, il y a le site Internet qui fait relais. &lt;br /&gt;Depuis quelques temps, la chaîne prend d’ailleurs enfin une réelle envergure. Elle avait trop d’avance sur son temps jusque-là. Marcus a été rejoint par Bernard et quelques autres personnages qui savent que l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain et qui n’ont pas peur de parier sur des ovnis. Des intuitifs qui comprennent l’époque. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et moi, ce soir, dans le VIP lounge du Grand Palais, alors que la nuit tombe sur la ville et que je suis dans cet écrin qui brille de mille feux, je sens que je ne vais pas pouvoir rentrer chez moi ce soir encore… et je sens que je vais encore me coltiner ma marinière bleue, ma robe de dentelle violette et tout le reste demain ! Rien à faire, il va falloir passer m’acheter un miminum de trucs dans une boutique… juste pour changer l’essentiel ! Je suis prise en otage… « Fiac me… I’m famous » !!!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-1242694533040448650?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/1242694533040448650/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-73-bis.html#comment-form' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1242694533040448650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1242694533040448650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-73-bis.html' title='Episode 73 bis'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6233450136194460493</id><published>2009-11-05T09:22:00.000-08:00</published><updated>2009-11-05T09:23:09.184-08:00</updated><title type='text'>Episode 73</title><content type='html'>Mercredi 21 octobre &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai à peine goûté les pignons qui baignaient dans mon jus de gingembre chaud ce matin que j’étais déjà entraînée par monts et par vaux sous la pluie et en ballerines -désormais défoncées- à travers Paris et sa FIAC. &lt;br /&gt;Mais au moins, je retrouve mes chèrs pignons au dèj, dans ma salade, au « Café Blanc » de Courrèges. &lt;br /&gt;J’avais envie de tester les lieux, entre deux rendez-vous pendant cette incroyable course-poursuite à travers les 100 et 1 évènements « on » et « off » de la Foire Internationale d’Art Contemporain de Paris. &lt;br /&gt;Je n’ai pas pu m’empêcher d’entrer ici parce qu’on ne peut pas passer Rue François 1er l’estomac dans les talons et les talons dans la fashion sans lécher goulument les vitrines de Monsieur Courrèges… De là à me dire que j’allais passer de la lèche à la nutrition ! De là à me dire que j’allais trouver un coin pour y picorer une salade alors que je rêve d’un sac, d’une paire de shoes ou de bottes… il n’y avait pourtant qu’un pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et côté couleurs, je me sens parfaitement intégrée. &lt;br /&gt;J’ai un gilet d’un mauve très Courrèges : c'est-à-dire un mauve qui ne fait pas mémé ni pervenche mais un mauve dynamique qui vous projette directement dans un temps X, un rétrofutur ! Seul Courrèges peut jouer du mauve sans jamais tomber dans la guimauve ! &lt;br /&gt;Et bien que défoncées, mes Repetto argent à facettes holographiques s’intègrent elles aussi parfaitement ce cadre dans lequel je suis entrée. &lt;br /&gt;Ici, les serveuses ne sont pas des serveuses mais des hôtesses rétrofuturistes tout de blanc vêtues - des créatures des années 70 projetées dans un futur rêvé dans les années 70- et elles sont censées onduler l’air impassible dans l’espace, vers les pauvres nous - des convives publiquement affamés- comme dans un film de Kubrick. T.shirt, baskets, jean’s… tout est blanc chez elles. Un blanc extra-terrestre. &lt;br /&gt;Je suis assise sur l’un de ces sièges de skaï, face à une plaque de néon qui passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Je me laisse absorber. Je crois que ça m’apaise, m’exalte, soulage ma fatigue. 2 jours que je n’ai pas avalé mes comprimés de ginseng. Mais sous le néon circulaire qui donne une atmosphère lunaire aux lieux, j’imagine que je ne crains rien. C’est comme une aura ou mieux, une auréole. &lt;br /&gt;Installée à cette table ronde, une photo fashion des seventies à ma droite, je croque ma salade tout en me sentant étrangement prise au piège. &lt;br /&gt;J’adore Courrèges et le style Courrèges est tout autour de moi, et pourtant, j’ai le sentiment d’être plongée dans la version cheap d’un des créateurs de mon top 10. Et je me vois ici, grignotant une salade top-basique à 10 euros, avec le sentiment que l’on m’a vendu un demi-rêve. La restauration ne suit pas le niveau. La bouffe n’est pas au niveau de la déco qui n’est pas au niveau du talent immense du créateur. Il y a comme un essoufflement. On prend un ticket pour le rêve et finalement, on nous réveille avant la fin du film. &lt;br /&gt;Quelque chose est à revoir. Il faudrait que les salades aient un truc spécial, qu’on y glisse des graines de sésame qu’on ne trouvera nulle part ailleurs. Ou des algues. Ou qu’on y trouve tout un tas d’aliments blancs. Des laits végétaux de toutes sortes avec des sirops pastels intégrés, des yaourts de chèvre piqués de graines de pavot et de miel, des pétales de roses marinant dans la réglisse, de la coriandre, du gingembre-citron, infusé de jus de grenade… des salades vérolées de fruits rouges. Des algues régénérantes et de la verdure dans des packages blancs en résine… des fruits gorgés de vie et des plantes énergétiques. J’aurais voulu un fridge qui ne ressemble à aucun autre, que le contenu soit pur, et ait un goût rétrofuturiste, sain et bio. &lt;br /&gt;Je sais, je rêve. &lt;br /&gt;Mais ça me gène de déjeuner chez Coqueline et son mec et brusquement me dire que je suis peut-être dans la cafète du BHV. &lt;br /&gt;A y réfléchir, ils auraient dû demander à Martine Aballéa de designer les aliments, d’inventer des menus monchromes ou arc-en-ciel et de leur trouver des noms qui font voyager. &lt;br /&gt;On aurait sûrement eu droit à des eaux vertes, des potions violettes et des boissons rondes… Des fondants cosmiques, de la neige végétale,  des « potages antiques » et autre confit végétal… je rêve de « Mousses au sirop », « Bouillon du lac », « Bonbons marines », Gâteau magnétique croustillant, Fruits nocturnes, Bouillie brillante, Sel de tempête… etc, etc, etc. &lt;br /&gt;Bon, de toute façon,  côté rêve, je vais me finir dans la boutique, juste à  côté avant de reprendre mes aventures au cœur de la Fiac !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6233450136194460493?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6233450136194460493/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-73.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6233450136194460493'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6233450136194460493'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/11/episode-73.html' title='Episode 73'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-125285883910336054</id><published>2009-10-28T11:42:00.000-07:00</published><updated>2009-10-28T11:43:24.842-07:00</updated><title type='text'>episode 72 bis</title><content type='html'>Samedi 17 octobre 2009 (bis)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ne jamais aller chez Harrod’s ! Ça commence avec une copine qui voudrait juste le dernier Christmas’ teddy Bear, ça continue avec la copine chez qui on dîne et à qui on voudrait apporter un super dessert… puis on se perd et on se retrouve par hasard au cœur des dernières création de Belstaff et de Vivienne Westwood… un crochet par le rayon shoes et on se surprend à essayer juste pour voir des Marc Jacobs… finalment, on aterrit à la papeterie en voulant prendre le métro. Et en cherchant à s’y échapper, on soulage sa bourse avec des porte-clés en forme de cab ou de bobbys ! &lt;br /&gt;Au secours ! C’est pire que chez Liberty où on va pour le plaisir des yeux et où on sort calmement avec juste une boîte de chocolats… ceux de la Reine, évidemment !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-125285883910336054?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/125285883910336054/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-72-bis.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/125285883910336054'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/125285883910336054'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-72-bis.html' title='episode 72 bis'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5733922604475658970</id><published>2009-10-28T11:41:00.000-07:00</published><updated>2009-10-28T11:42:08.761-07:00</updated><title type='text'>Episode 72</title><content type='html'>Samedi 17 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis trompée de bar… faut croire ! &lt;br /&gt;J’étais dans les rues du « Swinging London » des seventies… et d’un coup, je me retrouve coincée dans un bar total look Rockabilly, qui ne donne même pas sur la rue. Tous stores fermés, il ne laisse pas passer un rai de lumière ! &lt;br /&gt;A l’américaine, en tout point. Pas ma vibration ! Trop tard pour prendre la sortie. Je suis trop crevée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En tout cas, je me demande toujours quel genre de pays peut vendre des fringues si bon marché et une nourriture si chère. Idem pour les transports d’ailleurs ! Est-ce qu’ils n’aiment ni manger ni se déplacer ? Est-ce qu’ils font juste pousser des choses dans leur jardin ?&lt;br /&gt;Peut-être que s’habiller est le cadet de leurs soucis. Ou bien le contraire ? &lt;br /&gt;J’en sais rien mais ça ne les a jamais empêché d’avoir du style. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est comme ça qu’il y a moins d’une heure, j’étais face à un ensemble robe + veste de Louis Féraud : 2 pièces magnifiques ! Fin fifties. &lt;br /&gt;J’ai regardé le prix juste pour me faire mal, et là… j’ai cru m’évanouir. Est-ce qu’il ne manquait pas un zéro ? &lt;br /&gt;Non non non! 38 livres ou plutôt trente-huit livres sterling soit l’équivalent grotesque de soixante euros à peine. So cheap, me dis-je ! &lt;br /&gt;C’était pour moi et ça m’allait à ravir. Robe chasuble bicolore rose et bleue… mais loin d’être mièvre ! Une veste parfaitement coupée. Un travail de couture hors-pair. A l’extérieur comme à l’intérieur. &lt;br /&gt;Je suis née dans les tissus, les boutons, les coupons multicolores, les fils et les bobines… on ne me la fait pas et une belle pièce est de plus en plus rare !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’était fait pour moi sauf que je n’ai pas écouté le message.&lt;br /&gt;C’était pour moi sauf que je me suis ruinée en vestes de l’armée britannique. J’ai déjà craqué sur un million de trucs juste avant et cramé pas mal d’euros! C’est un peu le même effet qu’après avoir respiré trop de parfum, on ne sent plus rien, ou on ne comprend plus rien.&lt;br /&gt;J’ai craqué  sur la énième veste militaire de ma collection et de ma vie… à se demander si je ne vais pas finir par mettre une armée sur pied juste pour les voir défiler et me rappeler ce que j’ai dans mes placards. &lt;br /&gt;Est-ce que je m’achète une veste militaire tous les 6 mois ? Armée de l’air, de terre, mer… France, Grande Bretagne, Soviét… j’ai même une veste militaire de l’Armée Azérie… et Dieu sait qu’une Arménienne comme moi aura du mal à la porter ! C’est un Russe qui me l’a vendue… personne n’en serait étonné !! On ne refait pas l’Histoire. &lt;br /&gt;Et voilà la pièce que je cherche depuis un moment : une véritable capeline de marine, une marinière amovible avec velcro à positionner sur sa vareuse selon ses humeurs. &lt;br /&gt;J’ai aussi craqué sur… des lunettes qui font voir la vie en grand et en rose. &lt;br /&gt;Deux pulls seconde peau ultra chauds qui ont des airs de panty. &lt;br /&gt;Et puis une veste de velours rayure tennis. Genre : j’ai rétréci celle de mon boy friend. Ou bien du style: c’est celle de mon boy friend du lycée quand il rêvait de travailler à la City. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sans parler d’hier où j’ai craqué sur un nouveau sac surmonté d’un Union Jack… à paillettes. C’était celui-là ou celui de TopShop en motif tartan.  Qui sait si je ne retournerai pas le chercher avant mon départ ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en ce moment, j’ai un problème : je m’achète un nouveau mini-sac par jour. Sauf que je ne me balade jamais qu’avec d’immenses sacs pouvant contenir mon MacBook, mes cahiers, mes stylos et mes bouquins ! A quand le caddie franchement ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit, 2h à Portobello comme aujourd’hui et je me fais 30 looks sans hésiter. Un toutes les deux secondes. Le temps de cligner de l’œil. &lt;br /&gt;Except… le problème de budget. Mais j’ai décidé de ne plus en avoir grand chose à cirer. Du moins pendant 5 jours au cœur de Londres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout-à-l’heure, j’irai chez Harrod’s chercher un Christmas Teddy Bear pour l’offrir à Patricia. Et puis, je ferai tout pour ne pas me laisser piéger par le rayon papeterie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Loin de la foule de Frieze, loin de l’art contemporain, immergée dans London, je n’ai aucun doute sur mon identité… je suis british. Le nez dans les pickles et les vieilles dentelles, j’ai parfois le melon. J’aime les parcs que l’on traverse en pleine ville avec l’impression d’être en forêt. &lt;br /&gt;Il n’y a que les écureuils pour nous rappeler qu’on est en pleine ville tant ils sont snobs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès ce matin, avec Laurence et son fils Archigan, on est allés de Kensington à Portobello… en passant par Holland Park. &lt;br /&gt;Débat vivant avec les écureuils du quartier. Du live, cette fois. &lt;br /&gt;J’ai chaque fois le sentiment en les voyant qu’ils viennent ponctuer les parcs qu’ils traversent. C’est comme des virgules qui traversent la verdure en ondulant. &lt;br /&gt;J’ai regardé ce matin une de ces virgules droit dans les yeux pour essayer de le réduire à un point. Inutile d’espérer. La créature m’a gentiement défiée d’un regard qui signifiait : « no nuts, no doubt, you suck ! »&lt;br /&gt;Et puisque c’était un fin gourmet, mon écureuil a fait volte-face et s’est cassé, la queue en panache… selon l’expression consacrée ! &lt;br /&gt;L’esthétique du rongeur… encore et encore. Ça continue !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est passées avec Laurence devant d’incroyables résidences au cœur du triangle d’or. Des maisons victoriennes dignes d’un Agatha Christie : l’une d’entre elles avait même déjà accueilli une Miss Marple cinématographique.  Quant à la maison voisine, c’était celle du producteur de James Bond. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs comment éviter le people à London… et surtout à Portobello ? &lt;br /&gt;Les boutiques vintage de Portobello en regorgent et sur les talons de Laurence, on rencontre souvent des légendes sans que ça ne fasse la moindre vague. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que l’on faisait une séance d’essayage de lunettes, on rencontre Ana Maria, une amie de Laurence. Et de quoi discutent donc ces deux Londoniennes d’élection ? D’une ancienne amie commune, bien sûr : Annie Lennox pour vous servir. Et la dernière fois que la capiteuse Ana Maria a vu Laurence, c’était pour la photographier, le ventre rond, à Portobello. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, quant à moi, j’ai passé au moins trois quarts d’heure avec John. &lt;br /&gt;Et si j’ai eu beaucoup de mal à quitter, ce n’est pas parce qu’il était le sosie Brit de Pierre Richard ou qu’il avait l’air d’un énième chanteur de rock mais parce qu’il vendait les plus belles vestes militaires de Portobello en french avec l’accent Brit le plus sexy et le plus châtié de tout Portobello.&lt;br /&gt;Vestes à galons, à épaulettes, festons et passementeries… écussons… j’ai tout essayé… puis j’ai opté pour la plus simple, la moins colorée, la plus passe-partout, mais la plus stylée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et alors que je ressors avec l’impression de quitter un vrai pote qui m’a fait en plus une pure ristourne… je retrouve Laurence avec un beau gosse trois enseignes plus loin, dans une boutique à l’ancienne et pleine d’incroyables rouleaux de tissu. &lt;br /&gt;Je discute avec lui de la photo qui est au mur et qui représente son clone à l’ouverture de la boutique : c’est tout simplement son père. On est dans l’entreprise familiale. Un splendide vieux beau. Je trouve ce quinqua ultra sympathique et rayonnant mais on n’a pas le temps de taper la converse… on doit y aller. &lt;br /&gt;Et en sortant, Laurence m’apprend que je viens de parler à une légende vivante : j’étais en compagnie d’un des guitaristes de T.Rex !&lt;br /&gt;No comment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; This is Portobello ! &lt;br /&gt;Pr contre, il y a toujours un revers à la médaille. Ça me fait toujours mal de me dire que ce quartier où j’ai vécu pendant 15 jours il y au moins 15 ans s’est transformé à ce point, jusqu’à se dénaturer, se caricaturer et se remplir d’un tas de gens qui parcourent les rues sur les traces d’une preuve filmique ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et surtout, on ne peut plus causer tranquille !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne peut même plus insulter tranquillement et gentiement quelqu’un en français… sans que la personne ne se retourne pour vous dire que vous n’êtes pas sympa de la traiter de connasse alors qu’elle marche tranquillement dans le troupeau de français qui se baladent quotidiennement à Portobello ! En français dans le texte !&lt;br /&gt;Bon, ça ne m’est pas arrivé… mais c’était à deux doigts et finalement, c’est arrivé à ma copine ! &lt;br /&gt;Et dans la file d’attente de la cash machine, idem : impossible de faire des confidences sur son lover du moment sans que le mec qui se trouve juste devant vous ne vous lance des regards complices… du style : je te comprends, les mecs sont devenus assez insupportables à Paris, c’est pourquoi je me suis exporté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Portobello est devenu le Montmartre British. On est tout proche de la tarte postale avec les échoppes à souvenirs bidons. Impossible de s’y sentir dépaysé tant la première langue du quartier est celle du touriste Français. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il ne manquerait plus qu’on y colle une Joconde… où que le Da Vinci Code passe quelque part par là pour que le tableau ne soit aussi complété par une armée de Japonais venus mitrailler la rue de photos ou qu’un car de Pékinois ne débarque démonter la ville pavé par pavé et la remonter en miniature à Pékin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu’en parlant de Joconde… j’ai croisé le regard de Sophie Calle ici-même en début d’après-midi. Etait-ce près des « Couilles du chien », la légendaire boutique de Portobello ou près d’un Salon de thé, aucune idée. Peut-être était-elle sur les traces de Jack l’Eventreur vue le regard enflammé qu’elle m’a lancé. On était si sidérées de se croiser d’un jour sur l’autre qu’on a préféré se défier du regard… alors qu’on s’adore. Enfin, autant que cette femme, artiste pourtant respectée et même vénérée pour son œuvre, puisse aimer une autre femme. Pourquoi jouer les vieilles acariâtres quand on a autant de talent ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, c’était une journée artistiquement off. Je la dois à ma fulgurante Laurence et son adorable Archigan. &lt;br /&gt;Il me faut vite sortir de ce bar aux allures américaines pour vite les rejoindre. Et avant, je dois me rendre à Knightsbridge où m’attendent les chevaliers de Hyde park.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5733922604475658970?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5733922604475658970/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-72.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5733922604475658970'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5733922604475658970'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-72.html' title='Episode 72'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-2969308373351853394</id><published>2009-10-21T03:32:00.001-07:00</published><updated>2009-10-21T03:32:53.105-07:00</updated><title type='text'>Episode 71  bis</title><content type='html'>Jeudi 15 octobre 2009 (suite)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, bon… et sinon, c’est mon premier jour à Londres et c’est aussi le premier jour d’une sorte d’enfermement volontaire ou en tout cas d’isolement dans une boîte installée en plein dans le green de Regent’s Park. &lt;br /&gt;Si on réfléchit, c’est tout de même aussi ça Frieze. Pas un night club mais un art club. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est le 15 octobre… et c’est aussi la date choisie par Artus pour s’enfermer dans une boîte. Une vraie boîte en carton adaptée à sa taille. Je suis donc en connexion avec lui à travers un échange franco-britannique télépathique. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout comme moi, Artus est dans un temple de la consommation : le Citadium/Printemps, rue de Provence à Paris. &lt;br /&gt;On n’y vend pas tout-à-fait le même genre de choses qu’à Frieze, mais bon… on y vend quand même des produits, on y fait des promos et des ristournes, on y a le sens du spectacle, il y a une machine à CB si jamais vous ne pouvez pas payer en cash. Et il y a aussi une cash machine. &lt;br /&gt;Si on ne veut ou ne peut rien acheter, pas de problème, on peut aussi s’y rendre juste pour le plaisir des yeux et des animations. Se baigner dans l’atmosphère. &lt;br /&gt;Frieze est une foire, avec tout ce que cela comporte de phénomènes de foires, de freaks… on peut y voir des hurluberlus qui ne trouvent rien d’autre à faire pour attirer le regard sur eux que de se déguiser, ils sont prête à tout pour qu’on les regarde et qu’ils se prennent un instant pour des œuvres d’art ou des sculptures vivantes. Prêts à se mettre n’importe quoi sur la tête ou sur la cul du moment qu’on se retourne sur eux. C’est parfois de l’ordre de la thérapie. Parfois c’est juste beau, juste, réussi… On y trouve des instants de grâce comme cet être totalement atemporel en costume de velours, qui posté sur un stand joue sa partition au violon. Totalement absorbé. Sourd et aveugle à ce qui l’entoure. Habité par sa propre musique. Impassible et anachronique. Plus qu’une image. Parfois, c’est une vraie parenthèse artistique… mais c’est rare. La plupart du temps ça reste des phénomènes de foire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Alors que certains s’ingénient à infiltrer du quotidien dans l’art, Artus injecte de l’art dans une boutique, un grand magasin. Il nous demande presque de le retrouver si on l’ose. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il passe deux semaines enfermé au Printemps. &lt;br /&gt;Injoignable par tél, mail, mer, air… il a confié ses objets de communication à des proches censés communiquer entre eux, buzzer sur sa présence fantomatique errant dans un grand magasin labyrinthique 15 jours durant. &lt;br /&gt;Du 15 au 30 octobre 2009. Au 104 rue de Provence, de 10 h à 20h du Lundi au samedi « à l’exception du Jeudi ou le magasin ferme à 21h, et du Dimanche ou je me baladerais dans Paris. » ajoute-t-il. &lt;br /&gt;« J’arriverai vers 9h50 vêtu d’un costume blanc, au 104 rue de Provence et en repartirais vers 20h10. La boîte fait 0,90 x 0,90 x 1,90 m et est placée horizontalement non loin de la vitrine ou se trouve la peinture « Consumérisme ». &lt;br /&gt;J’y amène tous les jours le journal « Le Monde », et je dors sur le matelas sur lequel dormais ma mère, avec une couette, deux oreillers, un réveil, des boules Quies, un réveil, une lumière, un stylo et un carnet de notes. Trois bouteilles d’eau, dont une vide. (…)»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La bouteille vide, c’est pour… uriner ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En même temps, en relisant toutes les conditions de son incarcération volontaire, je me pose un tas de questions sur ces réelles motivations. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a cette contradiction entre s’exhiber et se cacher, s’exhiber tout en se cachant, se cacher tout en s’exhibant. Artus est une rayonnante terre de contradictions de toute façon. Donc, il prend un rayon de lumière, un rayon du magasin, une tête de gondole tant qu’à faire, pour s’y cacher. Jouer entre présence et absence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi un artiste, c'est-à-dire quelqu’un qui n’a volontairement pas d’horaires tant sa discipline personnelle dépend de ses désirs et de ses pulsions créatrices… comment un artiste décide-t-il subitement de s’imposer des horaires rigides et inflexibles. Presque des horaires de bureau. Etonnant pour un artiste secrètement réfugié dans un temple de la conso pour y créer. &lt;br /&gt;Je sais que la création a besoin de cadre et de contraintes pour se dépasser, se transcender. Mais à ce point, respecter des horaires de fonctionnaire, ça me dépasse. C’est un luxe que je n’ai pas réussi à m’accorder trop longtemps. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je me dis que ça donne au Printemps -une bien belle saison d’ailleurs- des airs de résidence artistique masquée. Un lieu de méditation qui donnera lieu chaque soir à des heures de réflexion et d’écriture. De création. En pleine période de crise, c’est finalement un lieu comme un autre pour travailler et rêver, pour créer. Un bureau et un atelier du même coup dans un lieu anti-sacré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça pour une « Installation-performance »… ce qui veut dire quelque chose qui fait d’Artus un hybride, à la fois sujet et objet. Une « sculpture vivante » ? Un Gilbert &amp; George à lui tout seul ? Un « personnage à réactiver » ? Un personnage tout court.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui expliquerait qu’il soit en tenue de gala pour y aller. En même temps, il enfile son costume blanc comme d’autres enfileraient leur combinaison de travail. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais plus qu’un ouvrier de l’art, Artus évoque plutôt Beuys et son expérience avec le Coyote de 1974. Il s’agit d’un homme -Josef Beuys- qui s’enferme avec un coyote toute une journée durant, apprivoisant la bête sauvage, installant un système de respect mutuel plutôt qu’un rapport dominant-dominé. Mais quel est le rapport ici ? Qui est la bête sauvage ? Quel bête sauvage Artus tente-t-il de dompter ? Est-ce sa propre nature qu’il met ainsi au défi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et chaque jour, il se rend à sa résidence en costume blanc. &lt;br /&gt;Pourquoi blanc ? &lt;br /&gt;J’ai eu comme l’impression qu’il gardait de jour en jour 15 jours durant le même « bleu de travail » qui est en fait blanc, comme pour mesurer son non-labeur à la hauteur de sa non-activité. Ou bien est-ce une réelle activité immobile ? &lt;br /&gt;Avant d’aller chaque soir s’effondrer de fatigue dans son atelier d’écriture et de travail perso dans le Marais. Sur le matelas de sa mère disparue il y a peu. &lt;br /&gt;Mais pourquoi le matelas de sa mère. Pourquoi le préciser dans le communiqué ? Pourquoi rejouer cette séquence ? Quel était le rapport avec sa mère exactement ? Elle est très présente dans son œuvre. Au centre de son œuvre, de plus en plus. D’autant plus depuis sa disparition je crois. Est-ce une manière de faire son deuil ? De la faire revivre ? &lt;br /&gt;D’ailleurs, ça a sûrement un rapport ave « L’Art Posthume », le groupe artistique dont Artus est le confondateur avec deux autres artistes dont un photographe, Daniele Tedeschi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le trio a même signé un manifeste dont je n’ai pas forcément encore compris toutes les subtilités. J’attends qu’il m’explique une fois de retour à Paris. &lt;br /&gt;Mais j’imagine que sa mère est l’inspiratrice de ce « mouvement » artistique s’il en est. Et surtout je pense que sa mère était une « artiste sans œuvre »… dont l’unique création était une œuvre d’Artus !!&lt;br /&gt;Ça paraît de plus en plus clair. Psychanalytiquement parlant en tout cas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, je quitte ma boîte de Regent’s Park pour prendre l’air d’une autre boîte : un tour chez TopShop à Bond Street me changerait-il les idées ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais non mais non… j’ai encore à faire !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’entraîne Antoine sur Bond Street, Oxford Street… onward, on  a l’expo Blair Thurman à aller voir chez Alexia Goethe. On en profitera pour faire un saut chez Sadie Coles qui présente Sarah Lucas. Et puis, dans la vitrine de je-ne-sais-plus-qui, on pourra admirer une vitrine de Baldessari qui a son expo perso à la Tate en ce moment. &lt;br /&gt;Ensuite, Antoine m’emmène dans une ambiance frenchy : Sophie Calle à la White Chapel. Est-ce que ce sera pour elle une rétrospective en forme de lifting ?&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-2969308373351853394?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/2969308373351853394/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-71-bis.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2969308373351853394'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2969308373351853394'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-71-bis.html' title='Episode 71  bis'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4396657292559856759</id><published>2009-10-21T02:47:00.000-07:00</published><updated>2009-10-21T03:03:10.307-07:00</updated><title type='text'>Episode 71</title><content type='html'>Jeudi 15 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C1 : c’est là que je me trouve ici et maintenant et où l’on peut me rejoindre. &lt;br /&gt;Je suis assise à une de ces tables rondes, en hauteur, dans une cafète digne d’une sitcom hyperstylée. Ou d’une séquence dessinée par Jean-Philippe Delhomme. Dans une foire hyperfashion, dans une ville over glam, sur un territoire so Brit’ ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je prends uns café with « this water made from fruit and clouds». &lt;br /&gt;Ingredients : lemons, limes, et spring water. J’en veux encore et encore. De la poésie en bouteille. Des nuages à avaler. It’s so refreshing. Je suis au cœur de Frieze et mon cœur balance : manger des sashimis avec ma spring water, me perdre dans la foire ou me perdre tout court en envoyant un MMS galant. Les 2. Rayez la mention inutile. Il y a une image ici qui rend un bel hommage à quelqu’un qui spontanément me plait. Un néon qui dit en passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel, en écritures stylées et penchées, en majuscules, et dans la langue des lovers « I LOVE U ». Exactement ce genre de mots désuets qui fleurent bon l’aventure et vont bien avec mon Londres perso. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me suis perdue dans la foire comme je me perds dans toutes les foires. Car je les déteste toutes sans exception. Ce sont les entrailles du marché de l’art. les tripes de l’art à découvert. &lt;br /&gt;Je pense souvent à ce que m’a confié Kamel Mennour un jour lorsqu’un de ses artistes lui parlait de l’accompagner sur le stand d’une foire. Pour lui, c’était la pire chose à faire pour un artiste et il a tout fait pour l’en dissuader, jusqu’à employer l’image qui me semble la plus juste à ce jour : « C’est comme voir ses parents faire l’amour ». Une sensation étrangement dérangeante. Mais tellement vraie. &lt;br /&gt;Et chaque fois que j’entre dans une foire, sans pour autant être une artiste qui voit son marchand vendre ses œuvres, je me sens mal. Overdose d’art. Vers où aller, vers quoi tendre dans cet hyper hypermarché de l’art. Le pire, dans le genre, c’est Bâle. &lt;br /&gt;Et pourtant, je suis toujours heureuse d’être à Frieze car jamais je ne m’oblige à rien ici. &lt;br /&gt;Du coup, j’y perçois un million de sensations, avec l’impression en plus d’avoir le ciel à boire… et qu’il a un gôut de citron. &lt;br /&gt;Ça me stimule et ça m’inspire. Je fais des alliances de mots improbables, de nouvelles images viennent s’ajouter aux œuvres que je croise sur mon chemin… ça se décuple, ça produit des tas de petites bulles effervescentes dans mon esprit, ça se répercute sur mon humeur et mes écrits.&lt;br /&gt;Bon, je suis donc dans un de ces moments de pure exaltation. Je me mets les Pixies pendant 2,30 mn: « La la love you ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en repensant à mon tour Friezien, c’est une esthétique du rongeur qui vient s’imposer à moi. Il y a cette pièce faite d’une invasion de souris informatique que j’avais vu dans une foire d’art moscovite il y a un an. Impossible de me rappeler le nom de l’artiste. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, si j’étais une collectionneuse réelle et non juste une esthète visuelle, je me serai achetée une œuvre qui me ramène à mes sous-bois : un incroyable écureuil pris en plein vol. En suspension, juste avant de se poser. Pris en plein saut, quelques secondes avant d’aterrir sur son socle muséal blanc. Quelques secondes avant de devenir une œuvre d’art ? Une œuvre en devenir ? C’est Agnieszka Kurant qui a immortalisé ce bel animal empaillé, la queue en panache et l’œil vif, en plein mouvement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, j’ai rencontré un rat blanc, les yeux tout rouge, installé sur ses pattes arrière. Médusé par une œuvre d’art qui le dépasse, ou qui sans doute l’interpelle intellectuellement. C’est une sorte d’énorme excroissance blanche. Probablement en résine. C’est surtout une présence écrasante pour ce rat qui bloque dessus ! une belle métaphore de ce que pourrait être l’art.&lt;br /&gt;Evidemment, on doit cette pièce à Elmgreen &amp; Dragset, l’un des duos les plus vifs d’esprit du moment. Toujours plein d’humour. Un brin pince-sans-rire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, Lara Pan, la jeune galeriste New Yorkaise que je croise tout près de l’écureuil d’Agnieszka réagit à mon « esthétique du rongeur » en évoquant sa prochaine expo « Pandora’s box… ». &lt;br /&gt;Elle évoque l’installation de Roberts Lazzarini dont l’intention pure et simple est de reconstituer un bout d’appartement avec cuisine et l’envahir d’un tas de petites créatures affamées : une colonie de rats d’égouts grouillant dans l’espace… bouhhh, une belle métaphore bien réaliste pour évoquer notre charmante société ! A faire froid dans le dos. &lt;br /&gt;Dans la même expo, la même Agnieszka, installe, elle, un appareil à produire de la neige noire. A suivre, à suivre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le côté old school, victorien, désuet… on a Markus Schinwald et ses pieds de meubles qui réinventent le Kama Sutra mobilier. Je vois des boîtes à chapeau habités (Vasco Araujo). Des casques de moto (Maix Mayer). Des échiquiers. Des pions qui rongent les murs. Un pion géant de Julian Goethe. Goethe l’écrivain et comme… Alexia Goethe, la galerie de Blair Thurman qui l’expose en ce moment-même à Dover Street et que je compte visiter tout-à-l’heure sur les conseils de Frank Elbaz. Et lui, sur un stand très sobre, il présente le très mystique et cabbalistique Wallace Berman. Je vois aussi de l’abstraction. Des trucs à facettes, des miroirs pas disco. Et aussi des dessins magnifiques de mon chouchou du moment, Marcel Dzama que l’on peut reconnaître à la couleur de l’encre qu’il emploie : une sorte de marron fait à base de houblon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis, comme on est à London, je jurerai avoir croisé Charlotte Rampling le long des allées de Frieze… et je jurerai avoir vu son tableau tout de suite après. Est-elle entré dans la toile? En est-elle sortie ? Aucune idée. Mais sa froideur reste suspendue dans l’atmosphère. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A part ça, difficile de tenir longtemps debout. Je suis à côté de mes pompes aujourd’hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je ne tiens pas l’alcool. Normal, je ne bois quasi jamais… mais pour couronner le tout, avant-hier,  je n’ai dormi qu’une heure. J’étais attendue pour une conférence aux Beaux-Arts d’Angers dans la matinée, j’ai couru à l’aube de la gare de Taverny à la Gare du Nord, de la Gare du Nord à la Gare Montparnasse… pris un train pour Angers, raconté ma vie de critique d’art un peu jet-set et plutôt précaire à des artistes en herbe en première année des Beaux-Arts. Une belle pureté et une écoute, une soif de connaissances qui me donneraient presque envie de redonner des cours !&lt;br /&gt;Bilan de mon parcours après 15 années d’immersion totale dans l’océan de l’art. Une conférence stimulante, effervescente, pleine de belles énergies.  Discussions autour de la position de l’artiste. L’art est-il ou non sacré. Le street Art est-il ou non de l’art ? Sont-ils ou non artistes ? Avec un A majuscule ou minuscule… ou bien sans A ? On aborde les paillettes de l’art alors que l’expo Malaval a lieu à deux pas. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;12h05, on se quitte tranquillement. J’ai à peine conscience d’avoir un train à attraper dans la demi-heure. Je suis juste exaltée. 12h38, je brave l’impossible, j’atrappe le train qui me ramène à Montparnasse et qui m’évitera de louper mon Eurostar vers 17h30, Gare du Nord. &lt;br /&gt;Je sashimiserai le débat une fois à Paris si j’arrive à accomplir tout ça. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et finalement, tout a collé. &lt;br /&gt;Et j’ai aterri au Méridien à Picadilly après cette incroyable journée où j’ai eu le sentiment de me mettre au défi et de me dépasser comme j’aime. J’ai failli m’endormir dans mon bain. &lt;br /&gt;Seulement, même si je retrouve Jérôme Sans en pleine forme derrière les platines et Nicolas Kenedi d’humeur malicieuse… la fête frenchy du Méridien me monte à la tête : trop de bulles dans le champagne. Il n’empêche que je me déhanche avec plaisir sur le dancefloor. Où sont passés Alexis Vaillant, Alexandre Polazzon et Pierre Bal Blanc ? Il ne reste que Johann Koenig sur ce dancefloor, avec ses lunettes épaisses comme des loupes, il a des airs attachants de taupe. Il n’y voit pas grand chose. Etrange pour un galeriste. Il n’y voit goutte, c’est donc le sensoriel qui l’emporte chez lui. Il est donc plutôt chaud sur la piste et même franchement incandescent avec les minettes qui l’entourent. Mais pas question de m’évanouir dans ses bras… je préfère mon immense lit, chambre 444, que je rejoins je ne sais comment et dans lequel m’attend Morphée. Je le rejoins toute habillée, tant qu’à faire. Tant pis pour le DJ bombesque qui a suivi Jérôme aux platines. Son set était plutôt minable en fait… mais ça m’a permis d’échanger quelques mots, il avait l’air tellement désolé. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Journée hallucinante… &lt;br /&gt;Du coup, j’ai payé tout ça très chèr ce matin… complètement à l’ouest. Au lieu d’aller à Frieze à Regent Park, je suis allée dans l’Est, dans les bureaux de Frieze, le mag. Totalement allumée ! Une envie de visiter la ville en cab, faut croire. An « expensive mistake ». Une spécialité Anaïdienne. Après avoir fait des confusions dans sa jeunesse entre Charles de gaulle Etoile et Roissy Charles de Gaulle, toujours un peu groggy, elle confond Dover Street et Regent Park où elle est allée plus de 5 fois dans sa vie ! C’est le prix à payer après une journée de dingues. Dans le cab de retour, le taximan et moi on admire les ambulances et leur sirène. On se marre parce que je rêve d’en attraper une au vol et qu’il considère que j’en aurais bien besoin, dans tous les sens du terme ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De toute façon, je suis en retard à mon RDV, et on met une demi-heure de plus à se retrouver Stephany, l’attachée de presse du Méridien, et moi. Bien allumées toutes les 2. Y avait un truc dans le Champagne hier à tous les coups. Une hormone de la désorientation. On ne se retrouve pas alors qu’on est postées au même endroit et je finis par me passer de son pass pour entrer avec Lara Pan.&lt;br /&gt;Interview avec Eva Ziegler qui s’occupe de l’image du Méridien de par le monde. C’est elle qui a pensé à Jérôme Sans pour ouvrir ses hôtels à la culture. 3 mots pour résumer les choses : Chic, Culture, Discovering. &lt;br /&gt;Tous les hôtels ont leur personnalité propre avec un ou plusieurs artistes qui y créent des œuvres mais aussi réalisent le motif de la clé. Ici, c’est Sam Samore qui s’est occupé des pass pour les chambres. Une bouche, un œil, un nez… c’est une allusion au 5 sens. Et ce n’est pas tout. Il y a de l’art dans tout l’hôtel.&lt;br /&gt;Je suis invitée pour « Unlock Art » qui met en relation les hôtels de chaque ville avec une foire d’art contemporain et surtout un lieu pointu de l’art. Un lieu perméable à toutes formes d’art, avec une vocation didactique. Là, il s’agit de permettre aux pensionnaires du Méridien Picadilly de pouvoir se rendre gratuitement à la Tate Modern et la Tate Britain. J’irais donc voir « Pop Life » et surtout l’exposition perso de Baldessari par ce biais.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des Prix Méridien sont aussi décernés à des artistes de Frieze. L’implication culturelle est donc importante du côté du Méridien et sur les conseils de Jérôme Sans. C’est un pont entre l’art et le grand public. Et c’est à travers le monde. Je me rappelle qu’à Miami, Sam Samore avait aussi conçu un roman à lire dans son lit avec vue sur l’immensité de l’océan. &lt;br /&gt;Je crois que je vais écrire davantage sur les hôtels… surtout ceux de Picadilly! Tout n’a pas été dit ici. J’ai pas assez dormi.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4396657292559856759?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4396657292559856759/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-71.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4396657292559856759'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4396657292559856759'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-71.html' title='Episode 71'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5472981975801367114</id><published>2009-10-20T15:53:00.000-07:00</published><updated>2009-10-21T00:40:11.612-07:00</updated><title type='text'>Episode 70</title><content type='html'>Samedi 10 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De gare en gare, de train en train, toujours mes sacs et mon ordi à portée de main… je suis en transit. En ce moment, j’habite là où je me trouve. &lt;br /&gt;J’habite surtout dans mon ordinateur, dans mon journal et dans mes écrits. Quand le réel m’ennuie, j’habite dans le vert prairie de cette encre ou encore ce violet… j’habite de l’autre côté de l’écran, quelque part dans une architecture dont je monte et démonte moi-même les murs. De jour en jour. &lt;br /&gt;En parlant d’écran, mon ordi et mon téléphone sont chacun épuisés. &lt;br /&gt;Du coup, je me mets au papier et à l’encre vert pomme. J’écris comme je respire en ce moment. J’ai envie de faire 1000 choses à la fois mais l’écriture prend le dessus à chaque fois, elle me ronge, me consume et me constitue. Je commence à me demander si ce n’est pas une maladie, si ce n’est pas dangereux pour ma santé. &lt;br /&gt;J’aligne les mots et ils ont quelque chose de plus en plus liquide à mes yeux. Ils filent comme une eau de source, m’échappent même parfois. C’est une eau vive, fluide, pétillante. Et ça court en moi. Si je devais me définir, je dirai que je suis une eau pétillante avec de petites bulles très vives, le tout ponctué d’un fond de citron pour la touche acidulée. Et j’espère être rafraîchissante. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais il s’en faudrait de peu pour que je me mette à geler ici, tout près des montagnes. &lt;br /&gt;Je suis à Grenoble. Mais je suis dans le mouvement, ce qui me permet de maintenir les températures. &lt;br /&gt;Sud-Nord-Est-Ouest… Hier, j’étais à Bordeaux pour Evento. J’adore le TGV. Je voudrais qu’il ne s’arrête jamais. Je passe d’un événement l’autre.  &lt;br /&gt;La bande d’Olivier Mosset est réunie dans une expo du Magasin qui sent la gazoline comme on aime : « Portrait de l’artiste en motocycliste » regroupe une cinquantaine d’artistes. Ils font le portrait de cet artiste sans doute recherché par toutes les polices dans les sixties. Pourquoi : parce qu’à trop chevaucher des Harley et des Vincent dans les 60’s, il a fini par être le meneur des grosses cylindrées du tout-Paris. &lt;br /&gt;J’ai rien à me mettre. Hors de question que je mette mes Carolina et mon perf. J’ai pas envie d’avoir l’air de failloter avec mon look de motarde bien étudiée. je suis obligée de me transformer en jeune fille de bonne famille. Les bad boys préfèrent les girls grils girls. Je ne résiste pas à la touche wild : je craque sur un bourse en daim clouté couleur sable Arizonesque… De quoi  me mettre dans l’ambiance avant de rejoindre la bande de notre easy rider de l’art favori. &lt;br /&gt;Pas vraiment un bad boy, ni vraiment un angel. C’est surtout un ex Hell’s, exilé à Tucson en Arizona. Camouflé derrière sa barbe de druide, il pourrait aussi se faire passer pour le chanteur ou le guitariste de ZZ Top. &lt;br /&gt;Pour l’heure, je suis dans mon bain. On m’a collé une chambre « handicapée » à l’hôtel et ça ne m’est pas du tout adapté. Je repense à ce couple que j’ai croisé dans les couloirs de l’hôtel, mon MacBook dans les bras à la recherche d’une connexion. J’ai failli douter de l’identité du mec, on aurait dit Carl Barat, mais j’imagine que le guitarriste des Libertines n’aurait jamais choisi cet hôtel. Carl Barat en plus figé, plus conventionnel… plus arty en somme. Elle et lui, ensemble, ils avaient l’air de sortir d’un vernissage… ou d’y aller. Et je pouvais voir en eux les yeux fermés. Un joli cliché. &lt;br /&gt;Elle : une jolie minette. Brunette à frange. 27 ans à tout casser. Jolie frimousse, bouche pulpeuse, maquillage discret. Moulée dans une robe courbe, légèrement assymétrique. Perchée sur 12 cm de talon pour ralentir le pas entre l’hôtel et le Magasin. Pas du genre à la ramener trop dans une conversation. &lt;br /&gt;Lui : proche de la quarantaine. Regard translucide. Joli mais faussement sûr de lui. Peu habité. Pas grand. Pas gros. Pas laid mais pas beau beau beau. Presque un jeune homme de bonne famille mais avec ce côté Hugh Grant qui agace dans le mauvais sens du terme. Du genre à peut-être faire des coups malins sous ses airs d’ange. Le genre à toujours respecter les poids et les mesures.&lt;br /&gt;Elle et lui. Deux. Un artiste qui a l’air de sortir accompagné de son accessoire vivant. Avec l’air de proclamer à tous les autres mâles de l’assemblée: « Regardez ce que je suis capable de ramener ! » Elle qui se sent valorisée par son statut à lui, alors que lui se sent valorisé par sa fraîcheur et sa beauté à elle.&lt;br /&gt;Pourquoi ai-je eu le sentiment de les connaître à ce point. Me suis-je trompée ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, il faut que je me magne… il s’agit de mettre le turbo. Lait pour le corps. Mes ballerines, mon sac clouté, mon leggings violet. Une chanson m’obsède : « Comme un garçon, j’ai les cheveux longs… Comme un garçon je porte un blouson, un médaillon, un gros ceinturon… Comme un garçon. &lt;br /&gt;Comme un garçon, moi je suis têtue et bien souvent moi je distribue des corrections comme un garçon faut faire attention… &lt;br /&gt;Comme un garçon, moi j’ai ma moto, Comme un garçon je fais du rodéo, c’est la terreur à 200 à l’heure, comme un garçon !&lt;br /&gt;Comme un garçon, je n’ai peur de rien, Comme un garçon, moi j’ai des copains et c’est moi qui commande… Comme un garçon. Pourtant je ne suis qu’une fille… et gnagna gnagnagna gnagna… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 11 octobre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Art is a word » nous rappelle Ben d’entrée. J’aurais jamais imaginé la présence de celui-là mais comme à chaque fois, quand il s’agit d’asséner une vérité, il est là, de toute évidence et c’est bien lancé. &lt;br /&gt;Et non, Ben ne dit pas que des conneries, il n’est pas le plus autocentré de tous les artistes autocentrés et il n’est pas seulement le mec qui écrit des trucs partout sur les cahiers des Monoprix et les bérets… Au Magasin, un tableau de Ben nous rappelle que l’artiste est encore présent dans les temples de l’art et pas seulement ceux de la conso… même si ce centre d’art-là s’appelle « Le Magasin » !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une affiche de Stella, un « Once there was… » de Louise Lawler. Et puis des drapeaux : ceux de Rockenschaub en couleurs fluo. Ou un American Flag qui ne parvient jamais à lever ses couleurs. Dressé sur son pic, il est à peine réanimé par un ventilo fatigué. &lt;br /&gt;La bannière de Raymond Hains, est en photo, mais bien ventilé: des cercles blancs sur fond rouge rappellent le motif de prédilection d’OM, Olivier Mosset, du temps où il faisait partie de BMPT avec Buren, Parmentier et Toroni. Autre cercle noir, celui du circuit plus que circulaire, un véritable circuit pour momes, de Blair Thurman : l’artiste que je veux absolument rencontrer. &lt;br /&gt;Et puis des cibles, des cercles concentriques, des genres de donuts de toutes sortes, de tous diamètres et de tous calibres. Ceux de Neil Campbell, en wall draw, dans un coin de salle nous font presque loucher, noir sur blanc. Le pneu au sol d’Allen Kaprow. &lt;br /&gt;Hommage au monochrome avec des Steven Parrino très rock et enervés. Des œuvres historiques : un Klein, une « merde d’artiste » de Manzoni, un « Puppy » de Jeff Koons, un mini Carl André qui me ferait presque penser à un Space Invaders repeint en blanc… et même des gravures très amusantes et lègèrement mysogines -carrément même- du 18è !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Et puis un coin Suisse paisible et chaleureux, à la suisse, avec une install d’un galeriste, Gavin Brown, composée d’un confortable fauteuil entouré de romans de gare. On voudrait juste avoir tout ce temps à tuer pour s’y jeter ou de se mettre à plat ventre pour bouquiner sur le tapis étoile de ma copine Elena Montesinos. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pas de plus et nous voilà dans la véritable salle des portraits, dans le genre figuratif et même réaliste cette fois: OM sous toutes ses coutures,  à tous les âges et tous les temps, imberbe ou velu… et en install avec des « shoppings bags » réunis sous le nom d’un parfum, « Egoïste », par Sylvie Fleury. &lt;br /&gt;Une bien sûr, une salle « Abstraction Géométrique » Néo-Géo à la Suisse… Armleder &amp; co. Dans « la rue », le grand hall du Magasin, sous la verrière, c’est le festival des wall draw avec les monochromes aux formats écrasants de Christian Robert-Tissot d’un côté, et de l’autre le wall draw très seventies et très réussi de Lang &amp; Bauman.&lt;br /&gt;Impossible de résumer cette expo dans laquelle on pourrait passer des heures… avant de finir à la cafète en très bonne compagnie : une Harley côtoie une véritable Vincent des sixties, la moto de Steve Mc Queen dans la « La Grande Evasion» tout simplement. Collection particulière de l’artiste, je suppose. Sur les murs des photos de l’artiste et d’Alain Dister en noir et blanc nous rappellent que l’art peut commencer dans un garage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quant à mon petit couple d’hier… J’étais sûre que je les retrouverai « en Magasin » une heure plus tard pour vérifier tous mes pronostics. Et ce fut le cas.&lt;br /&gt;L’artiste se tenait près de son œuvre en cette fin de vernissage. Il parlait art à son entourage. Elle souriait. &lt;br /&gt;C’était John Tremblay, un peintre dont on a pas mal parlé dans les années 90 et qui crée des tableaux avec des motifs ovoïdes. Comme des gestations multiples et multicolores. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On a fini à « La Madelon » avec toute la troupe des amoureux de l’art helvétiques et leurs sympathisants. Dispersés à différentes tables. &lt;br /&gt;En compagnie de la plus Wild de mes amies Suisses, Elena Montesinos. Ça me donnerait presque des envies de prendre un aller direct pour Genève. J’y entraînerai aussi Jérôme que j’ai croisé plusieurs fois à Grenoble avant de faire réellement sa connaissance hier soir. Un artiste Grenoblois à la fois lunaire et réaliste. Un directeur de label. Un mélomane mystique qui écrit en métaphores et parle comme il écrit. Une sorte de poète déguisé en cheminot ou en majordome, ça dépend des jours apparemment !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5472981975801367114?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5472981975801367114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-70.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5472981975801367114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5472981975801367114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-70.html' title='Episode 70'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-2527417918090275994</id><published>2009-10-19T07:15:00.000-07:00</published><updated>2009-10-19T07:16:32.285-07:00</updated><title type='text'>Episode 69: quand le sang bleu me met d'humeur massacrante</title><content type='html'>Vendredi 02 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que je garde mes ballerines ? Est-ce que j’opte pour des bottes, une bonne paire de chaussettes et des leggings bien chauds ? &lt;br /&gt;Froid de canard dans Paris. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fonce au Marly retrouver Jennifer Flay pour une interview FIAC. On se retrouve souvent dans ces lieux en octobre elle et moi, au moment où les températures baissent. Généralement en matinée, parfois avec Martin et toujours avec mon Ipod et son micro intégré. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La Fiac 2009 ? Elle est évidemment mieux que la 2008… et le pire, c’est que ce n’est pas une blague. Depuis que la pétulante Jennifer y a mis son grain de sel Néo-Zélandais, la Fiac a réussi son internationalisation. Et quand Martin est arrivé, c’est devenu un duo chic et choc, du glam et de l’intelligence à revendre de part et d’autre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tendance 2009 : le retour au Minimal répéré sur les deux Fiac précédentes s’accentue. L’anti-bling l’emporte… ouf ! &lt;br /&gt;Moins de spectaculaire, plus de sens, moins de gadget et de paillettes. Plus de planches de bois brut posées contre le mur ? Plus de clous qui pointent à même le mur ? Encore plus de dessins et de peinture aussi, c’est sûr. &lt;br /&gt;Mais on utilisera sans doute davantage d’encre de Chine que de jus de caviar ! &lt;br /&gt;Heureusement ! C’est agréable de sentir que, malgré tout, la crise efface ou atténue souvent le mauvais goût ! C’est comme un garde-fou. &lt;br /&gt;Mais j’avoue, le focus sur Berlin ne me rassure pas tant que ça. &lt;br /&gt;Sauf que cela annonce aussi la présence d’artistes que j’aime comme Marcel Dzama. &lt;br /&gt;Un certain sens du théâtre, de la théâtralité, un côté années 30 peut-être. Et puis des peaux de bêtes, des animaux empaillés verseront dans le retour à la nature j’imagine. &lt;br /&gt;Pour ce qui est de la nouveauté, on aura surtout une partie « Art Moderne »… et ça, on a beau nous dire que la crise est peut-être déjà résorbée en Europe, je n’y crois qu’à moitié. Les valeurs sûres sortent d’autant plus des placards : les Picasso, les Mondrian et les Brancusi, les Bacon et les Leger vont venir respirer l’air de la FIAC cette année. &lt;br /&gt;Autre visage de la crise : les stands se partagent entre galeries qui ont des artistes communs.&lt;br /&gt;Il reste les performances, pour le côté festif. &lt;br /&gt;Et en premier lieu, le feu d’artifice de Giraud et Siboni qui méritera tous les détours. Ça risque de détonner : on a prévenu les riverains pour qu’ils ne soient pas surpris par l’unique explosion qui viendra déchirer le ciel l’espace d’une seconde et pourrait alors alarmer tout le monde, même les plus lunaires et les moins craintifs. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La tête pleine d’étincelles et les pieds refroidis par les premiers frimas d’automne, je file à pied vers les Chanzel. &lt;br /&gt;Je traverse les Tuileries, je salue d’emblée les Rondinone qu’on a installé autour du bassin. &lt;br /&gt;Je regarde tous ces touristes qui se font photographier aux côtés de ces sortes de patates argentées, rigolotes, grimaçantes, régressives à souhait. Je me demande quel est leur intérêt à eux ? De se dire qu’ils y étaient si jamais un jour Ugo Rondinone atteint une côte voisine de celle de Picasso. C’est quoi pour eux ces œuvres ? Is art an entertainement ? Est-ce que ça n’a pas exactement le même intérêt que de se faire photographier près de la femme à barbe ou de l’homme de l’Atlantide… que sais-je ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, je cours vers d’autres phénomènes : sur les Champs-Elysées, le street Art gagne ses lettres de noblesse et tient le haut du pavé !!! &lt;br /&gt;Alors que l’habituelle « Nuit Blanche » se prépare, de curieux personnages munis d’une bombe aérosol dessinent des formes sur les emplacements habituellement réservés à la publicité sans que les autorités n’y trouvent à redire. &lt;br /&gt;A côté, une paire de baskets fluo multicolores attend devant un box comme si son propriétaire était entré dans l’affiche pour mieux percer l’esprit enchanteur de l’univers Disney. &lt;br /&gt;Il ne s’agit pas de Mickey, Donald, Dumbo… mais de Régis R et du Collectif 1980, tous invités à une carte blanche orchestrée par Disney sur le thème de Halloween. &lt;br /&gt;Seul mot d’ordre aux artistes, le même que pour Halloween dans le Parc Disney de Marne-la-Vallée: « C’est délicieux d’être méchant ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Régis R. profite de cette vitrine publicitaire pour remettre en question la société de consommation avec une installation réalisée à travers des rebuts de plastique qu’il a glanés au cours de ces promenades dans la ville. Le street art, ce n’est pas juste laisser sa trace sur un mur… c’est vivre dans la ville, en extérieur, l’adopter, s’y adapter. Y survivre donc. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l’autre côté, le Collectif 1980 donne « 1980 raisons d’être méchant » sur 3 panneaux publicitaires : ils détournent et diabolisent l’univers Disney. &lt;br /&gt;Derrière tout ça, accompagnant Martina, l’une des fées de la comm Disney, en Monsieur Loyal du Street Art, il y a Emmanuel de Brantes. &lt;br /&gt;Son regard pétille en me rappelant que les Chanzel vivent autant le jour que la nuit et que, par conséquent, les œuvres auront une seconde vie une fois la nuit tombée… sans doute cette seconde vie ne sera pas aussi sage qu’il n’y paraît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et en parlant d’être méchants voir féroces, on a tous les crocs, une dévorante faim de loup nous entraîne en bande, dans un de ces restaus qui ne doutent de rien question malbouffe à prix d’or. Tout cela est camouflé sous des grands airs… de quoi attraper le touriste ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est rejoint là par Tristan Dequatremarre. J’adore son nom. Est-ce son vrai nom ? Un conte à lui tout seul, c’est sûrement pour ça qu’il s’est mis à la musique et a mis de  l’énergie pure sur les matins de mon enfance dans les eighties : « Je suis de bonne bonne bonne humeur ce matin, y a des matins comme ça… Paris est plein plein plein plein de parisiens, pas assez de parisiennes et trop de parisiens…» &lt;br /&gt;Des airs qui persistent à travers les années. C’est la magie des tubes. &lt;br /&gt;Et de ce tube, il ne faut surtout pas oublier sa très célèbre supplique :«  Je prie à mort le Dieu des fesses… pour qu’il ne me laisse pas sans gonzesse». &lt;br /&gt;La chanson du queutard romantique, du dragueur compulsif, du serial lover ou du simple jouisseur ? &lt;br /&gt;30 ans après, je ne sais pas encore où il en est au niveau des gonzesses mais il a toujours l’air de penser Q : toujours « de bonne bonne bonne humeur » le matin, en cemoment, il se balade avec des badges surmontés de la lettre Q. Des badges à messages cryptés. Des rébus. &lt;br /&gt;Celui-là additionne l’image d’un phoque auquel s’ajoute la lettre Q. quant à celui que je récolte, c’est un visage lui aussi suivi d’un Q: je ne reconnais pas le personnage. On m’apprend que c’est Lech Valesa ! Bah oui, evidemment ! &lt;br /&gt;Plus chanteur des 80’s mais artiste, Tristan fait aussi de la peinture. Il me tend un carton d’invite pour son vernissage le samedi 10 octobre Rue de Thorigny… sauf que ce jour-là, je suis à Bordeaux pour Evento ou à Grenoble pour l’expo perso d’Olivier Mosset. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je repars de là pleine d’énergie… tout ça pour me retrouver chez Ricard pour « L’image cabrée », l’expo de Judic que j’adore… mais on sent l’expo faîte avec très très peu de moyens… comme s’il avait été pris au piège de quelque chose en tant que curator. Mais il y a des artistes qui sortent du lot et qui s’en sortent comme Karina Bisch et son paravent, ou bien Sophie Bueno-Boutellier et ses « tableaux de fils tirés » comme on les appelait dans le passé. &lt;br /&gt;Je suis en train de me demander si je ne suis pas surtout alléchée par des esthétiques années 30-40 en ce moment. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais là où je sens davantage la crise, c’est dans l’attitude des gens… la courtoisie, le sens des civilités se perd et dans les quartiers les plus friqués et les plus vulgaires comme le 8e et comme dans une grande partie de la Rue Saint-Honoré, ça se ressent à 2000%. &lt;br /&gt;Chez Ricard, le badaud est toujours un demi-mondain parce qu’il l’a décidé. Il estime que tout lui est dû. Du coup, il prend la liberté de s’immiscer dans une discussion entre une experte en art contemporain en plein exercice de ses fonctions -moi !- et la personne qui est censée s’occuper de la presse et qu’on prend vulgairement pour un guide ! &lt;br /&gt;Aïe aïe aïe… et personne ne réagit, à part moi… qui me casse. &lt;br /&gt;Il y a des jours, on n’a pas la force de prendre son bâton de pèlerin. &lt;br /&gt;J’ai sans cesse le sentiment d’être à contre-courant ! Je pars. De toute façon, non, vraiment, je n’ai pas envie de rester. Je ne supporte pas cette nouvelle façon de traiter les gens. &lt;br /&gt;Je ne supporte plus les gens qui se croient tout permis, qui coupent la parole de deux personnes dans une conversation importante pour des conneries. &lt;br /&gt;Je ne supporte pas les incrustes, et encore moins ceux qui leur accorde du pouvoir en ne leur faisant pas même remarquer à quel point ils sont mal élevés. &lt;br /&gt;Aujourd’hui, on vous bouscule pour prendre votre place puis on vous dit pardon pour faire passer la pilule. &lt;br /&gt;Il faudrait que toutes ces pouffes males et femelles arrêtent de sécher leurs cours de maintien chez Nadine de Rothschild pour venir errer dans des expositions auxquels ils ne comprendront jamais rien. &lt;br /&gt;Parce que comprendre l’art, c’est aussi comprendre le monde, une société en marche, avoir du recul… on ne peut pas faire semblant, bordel ! Quoiqu’il y en a quelques-uns qui font encore illusion dans le monde de l’art. Mais combien de temps encore ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, ça ne rate pas, les mauvaises vibes m’accompagnent jusqu’à la fin de la Rue Saint-Honoré qui n’en finit pas de puer la bêtise. Arghh… que d’abrutis qui pensent qu’une montre, une bague ou une robe hors-de-prix va les sauver de leur médiocrité. Ça ne fait que les renvoyer à leur vide. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement, je croise Florence Doléac, quelqu’un de fin, sensible, cultivé. Qui n’a pas besoin d’une grosse bagouze ou des échasses dorées pour se sentir exister. Juste quelqu’un qui invente des formes et des modes de vie qui vont avec pour que le monde vive mieux. Pour simplifier nos rapports aux objets, au mobilier et aux choses qui nous entourent en général. &lt;br /&gt;Une designeuse de talent avec qui je prends un café pendant un quart d’heure. Et toutes les deux, perdues par hasard dans l’une des rues les plus malodorantes de Paris, on n’en revient pas de toute cette affligeante vulgarité et assise en terrasse, on mate les passants de cette basse-cour. Le regard vide, ils n’en finissent pas de se donner l’impression de faire l’opinion ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et on ajoute à cela la fashion week… et là, d’un coup, oui, le taux d’écervelés qui font les paons dans les rues est en hausse. Ça ne respire pas l’intelligence. Cervelets en option, plumes, sauterelles, crevettes… j’ai des nausées. Et j’adore la mode mais pas l’attitude de toute cette volaille qui donne à la mode des airs de connerie, d’emballage vide, d’emphase. Non, pas en 2009 en tout cas. Peut-être à Versailles au 17è, mais aujourd’hui… bof !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je file chez JCDC faire le plein de popeterie pour me remonter le moral et refaire le monde à mes couleurs. J’hésite pendant des heures… et finalement, je suis prise en flag d’achat compulsif par le maître des lieux. Moi qui pensait qu’il serait tout occupé à l’un de ses spectaculaires défilés où je rêve d’aller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Passage rapide Rue du Mail pour le lancement d’une nouvelle revue -encore une… comme si celle-ci plus qu’une autre allait tirer son épingle du jeu ! &lt;br /&gt;Pfffffff ! ça s’appelle « Sang Bleu » en plus… raison de plus pour les flinguer. Effusion de sang. &lt;br /&gt;J’ai l’impression d’avoir quatre ans et de feuilleter un livre d’images ! Oh… c’est bô, oh oui, c’est boooo ! &lt;br /&gt;Pas besoin de textes, plus personne ne lit de toute manière ! &lt;br /&gt;« Sang Bleu » : c’est une raison de plus pour faire la révolution à ce genre de presse sous perfusée et contre toute cette société de poseurs et de népotistes.  &lt;br /&gt;Du champagne ? Mais je n’y tremperai même pas les lèvres.  Aucun intérêt tout ça. Vacuité. Et tous ces morts-vivants autour, qui tournent en rond glauquement, à faire semblant de s’intéresser à cette revue aussi vaine que les autres, qui disparaîtra aussi vite que les autres. Déprime ! &lt;br /&gt;Bon allez, allez… il est temps de prendre mes jambes à mon cou. &lt;br /&gt;Je n’ai pas assez dormi, ça me met d’une humeur massacrante. Ça va mal finir. J’ai déjà une liste de noms de gens présents que j’ai envie de massacrer sur le champ sur l’autel de leur bêtise. D’anciens amis. &lt;br /&gt;Mais je pars avant qu’un meurtre n’ait lieu et que du vrai rouge sang ne se mette à couler ! Grrrrrrrr ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 04 octobre 09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne se quitte plus avec Tristan ! On se fixe même des RDV  télépathiques. Moi je viens avec mes bagages et une copine et lui avec ses parents ! &lt;br /&gt;C’est juste une drôle de coïncidence, dans ce café-restau de Charonne où j’ai brunché avec Léonor… et lui avec ses parents. &lt;br /&gt;Je lui ressors même son badge pour briser l’amnésie. &lt;br /&gt;Des Chanzel à Charonne, « Paris est plein plein plein de Parisiens »… et je tombe deux fois sur le même en 3 jours et dans un quartier diamétralement opposés. &lt;br /&gt;Le 12è a du bon. Ce n’est pas un multiple de 8, Dieu merci !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-2527417918090275994?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/2527417918090275994/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-69-quand-le-sang-bleu-me-met.html#comment-form' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2527417918090275994'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2527417918090275994'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-69-quand-le-sang-bleu-me-met.html' title='Episode 69: quand le sang bleu me met d&apos;humeur massacrante'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4569426891586157533</id><published>2009-10-12T05:18:00.000-07:00</published><updated>2009-10-12T05:21:35.795-07:00</updated><title type='text'>Episode 68</title><content type='html'>Jeudi 01 octobre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier, c’était déjà une journée comme je les adore. Une journée où je ne pose pas le pied à terre. En mouvement. Attendue ici et là, je vole d’un lieu à l’autre. Suspendue à mon téléphone. Inspirée. Légèrement en retard. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je commence par un passage éclair chez Technikart où j’ai fait mes premières armes et où je revois mes collaborateurs des débuts. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puis pour continuer sur ce revival Technikartien, je rends visite à Thomas Gizolme, l’ex-DA du mag, à mon époque. &lt;br /&gt;Il vient de sortir un livre chez Steidl avec son amoureuse Aline Diépois, elle aussi photographe : c’est un journal en photos et en textes de leur périple sur la Côte Ouest des Etats-Unis, en Airzona, puis à Tucson. &lt;br /&gt;« Histoire de régler mes comptes avec une culture US qui m’inspire et me fascine », me confie Thomas qui a vécu dans la carte postale à l’âge de 20 ans. C’est un « Dust book », un livre qui a mordu la poussière de la Côte Ouest,  s’est frotté à ses cactus, a plongé dans ses perspectives illimitées, y a prélevé son actif bifidus à travers des notes, des impressions diverses glanées au jour le jour. Des photos et des textes qui, sur un mode intimiste, rendent hommage à la nature et aux pionniers de la photographie Américaine dont des pointures comme Egglestone. Le duo Thomas-Aline expose d’ailleurs bientôt une série de clichés à la Galerie Acte 2 à Paris début décembre. &lt;br /&gt;Et à part ça, dans cette maison pleine d’enfants, de chat et de chiens, dans cet appartement qui semble loin du tumulte Parisien et qui est parcouru par une belle énergie, un projet en chassant un autre, ils me parlent aussi de « Doolitle », la revue pour enfants qu’ils lancent en kiosque avant la fin de l’année. &lt;br /&gt;L’American Way of Life, cet appart lumineux plein d’enfants et de confitures, d’aventures US, d’édition, de photographie et de presse fait tout doucement rêver… et assise sur ma chaise, je tape mon adresse mail sur le clavier de Thomas. C’est le moment de checker mes mails. &lt;br /&gt;Mais arrivée sur la page d’accueil, je réalise que la dernière personne à s’être installée sur cette chaise, c’est… Melvil, l’un des meilleurs amis de Thomas. Celui dont je rêvais par épisodes, à une époque. Et de rêve en rêve, notre relation plus ou moins amicale s’améliorait. &lt;br /&gt;Mais dans le réel, c’est un leitmotiv… on s’est encore ratés ! Je me dis qu’à part au vernissage de Philippe Parreno au Couvent des Cordeliers, sous le néon de la salle du dîner, on se rate tout le temps d’une semelle ou presque. Ça ne peut plus durer !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pour en revenir aux USA, le lendemain-même, je me retrouve dans une nouvelle ambiance Américaine… moins proche de la nature au sens végétal. Mais plus proche de la nature au sens humain. &lt;br /&gt;C’est une Amérique plus eighties et plus éclairée par les lumières artificielles des scènes de concert et des clubs. &lt;br /&gt;Ça sent le gros son à tendance romantique avec David West : un Américain plongé dans un paysage à l’anglaise, celui du jardin de l’Hôtel Particulier. &lt;br /&gt;La petite chanson très « Swinging London » à la française de Gainsbourg me passe par la tête pendant que je m’installe sur la terrasse automnale des lieux. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arrive David West. Je le reconnais à un détail : sa bague. &lt;br /&gt;Et dans le réel, elle est surmontée d’une turquoise, assortie au jean’s et aux yeux de ce monsieur qui doit avoir aux alentours de 55 ans. &lt;br /&gt;Je la voyais cette bague se balader sur l’écran, en ombre Chinoise, il y a moins d’une semaine. Elle dansait sur le grand écran du Centre Pompidou, pendant le concert d’Adam Green et de Carl Barat. Elle était à la main gauche, de ce dessinateur-performer-live, il la portait à l’auriculaire de sa main la plus adroite des deux : celle qui dessine et qui se remarque. Celle qui retranscrivait l’excitation scénique et les contours mentalo-psychiques des musiciens sur scène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est un romantique festif aux cheveux métalliques qui a gardé en lui l’esprit pop des 80’s. passionné de musique, amoureux de la scène, ami des musiciens, sans doute lui-même musicien dans une autre vie, cet Américain à Paris est aussi un alchimiste du cocktail. Il joue avec les textures, les couleurs, les gôuts, il monte même tout bonnement des architectures gustatives, des sculptures liquides… et c’est dans ce lieu hors-temps qu’est l’Hôtel Particulier, en plein été indien, qu’il crée ou résuscite des cocktails oubliés comme d’autres vous ressortiraient de vieilles photos au coin du feu. Leurs doux noms vintage et leur merveilleuses robes tombées en désuétude sont enfermées dans la transparence des verres. Tous ces gôuts sont comme la « Madeleine de Proust » censés rappeler des lieux, des atmosphères, des ambiances, des années millésimées. &lt;br /&gt;Le « Baldhead » à base d’absinthe, de gin et de vermouth a le goût classique de l’interdit dans lequel on est prêt à se noyer début XIXè. Le «Train Bleu » a une note bleue citronnée qui rappelle les années où l’on se laissait aller à un Fox-Trot. Moulin Rouge nous rappelle à la chaleur suintante d’un Toulouse-Lautrec. &lt;br /&gt;« Panama » nous ramène à la chaleur estivale des Iles d’Outre-Mer, « Brooklyn » à la Prohibition, à Al Capone et sa bande et la glaçante « Kretchma » nous plonge en pleine Guerre Froide… bref, pas de quoi s’ennuyer, comme toujours ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais tous ses cocktails, il faura que j’attende 2010 pour les siroter un soir en terrasse de l’Hôtel Particulier. Car déjà le soleil se couche de plus en plus tôt, on commence à sentir le froid s’immiscer entre les mailles de nos fringues, et dans nos ballerines, le pied nu commence à ne plus être aussi sûr de lui… de l’été Indien, c’est je crois la fin.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4569426891586157533?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4569426891586157533/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-68.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4569426891586157533'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4569426891586157533'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-68.html' title='Episode 68'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-3981158788904041846</id><published>2009-10-07T05:49:00.000-07:00</published><updated>2009-10-07T05:50:09.566-07:00</updated><title type='text'>Episode 67</title><content type='html'>Dimanche 26 septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tout ce qui m’attendait au « Confort Moderne », je n’avais pas prévu le coup du lapin : celui dont l’ombre plane sur le centre d’art depuis des mois déjà, d’après ce qu’on me rapporte. &lt;br /&gt;C’est le lapin de David Evrard posté à l’entrée du « Confort » et qui vous assaille de toute sa hauteur. Une véritable mascotte dressée avec majesté sur ses pattes arrière. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il me rappelle vaguement Raoule, une lapine Parisienne neurasthénique avec laquelle j’ai vécu quelques mois. J’ai une pensée émue pour cette touffe de poils blancs. Elle était totalement disjonctée la pauvre Raoule. Je la sortais de sa cage pour des séries photo dans lesquelles elle avait le rôle titre -du lapin de Lewis Carroll aux Bunnies de Play Boy-, mais sortir humer le parquet et les pots de fleurs tout frais en se picorant une carotte l’ennuyait… Elle préférait retourner au plus vite dans la vétusté de sa cage de 30 cm3. Pour y ronger ses vieilles crottes sans bouger. A tel point qu’elle n’a pas succombé au taux maximal de chlorophylle de la campagne dans laquelle ses maîtres l’ont plongée cet été: elle est décédée d’une overdose de green.  Paix à son âme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais le lapin d’Evrard, lui n’est pas fait du même bois… il EST en bois ! Cœur de bois, jambe de bois, tête de bois. Museau à l’affût. Longues oreilles pointues de joie. Il domine le green  de ses 3 ou 4 m de haut. Et au passage, il domine aussi très chaleureusement les passants. Ce merveilleux gibier de potence est surtout là pour désigner l’emplacement du bar clandestin, là, juste au pied de son terrier, dans la cabane de bois qui est une œuvre d’art en soi. &lt;br /&gt;C’est le vernissage ce soir, et pendant que Dirty Sound System mixe côté Jardin, côté cour, on découvre les expositions. &lt;br /&gt;Dans la foule, des longues oreilles de lapin se dressent ici et là. Ce sont les oreilles toutes pointues des très mutines Bunnies du « Confort » disséminées dans le vernissage pour notre plus grand plaisir. &lt;br /&gt;Pas les Bunnies de Play Boy, mais presque ! Dans la limite de la décence, bien sûr. Car si Yann Chevallier, le curator des expositions se prenait pour Hugh Hefner et qu’il avait planqué une piscine de champagne dans laquelle on se baigne nu derrière le jardin… ça se saurait ! &lt;br /&gt;En tout cas, pour résumer, ces Bunnies-là sont un peu les hôtesses des lieux mais aussi fun et glam soient-elles, il ne faut pas les imaginer aussi offertes que celles de Hefner ! Mais j’avoue, ces créatures au pompon arrière bien placé et affublées de jolies oreilles pointues changent tout à l’ambiance festive du vernissage. &lt;br /&gt;Et c’est contagieux !&lt;br /&gt;Je ne peux pas me tenir tranquille, je ne peux pas m’en empêcher, c’est plus fort que moi, j’attrape un de ces précieux serre-têtes au passage. &lt;br /&gt;Si j’en ai besoin ? Evidemment, oui… envie, besoin…etc. Mes cheveux ont poussé et j’en ai marre de les avoir dans les yeux. Ça trempe dans le Champagne et ça m’empêche de voir les œuvres correctement ! Besoin, oui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’ailleurs, il vaut mieux y voir clair ici, car il y a des tonnes d’art contemporain en suspension dans cette exposition. On ne sait jamais, si on shoote par mégarde dans cette colonne de béton, on ne jure de rien. C’est toute un processus de dominos qui s’enclenche. &lt;br /&gt;Ce n’est pas pour rien que ça s’appelle « le Bel Accident »… c’est une collision entre deux visions artistiques, il y a des tensions mentales mais aussi physiques. on n’est pas à l’abri d’un réel accident. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vincent Ganivet par exemple adore les éléments de chantier, surtout les parpaings. Et justement, les parpaings, il les prend pour des dominos et il s’en sert comme d’un module pour des jeux de construction chaque fois plus périlleux d’une œuvre à l’autre. &lt;br /&gt;Ça donne quoi ? Des ponts aériens qui dessinent des courbes et des arcs dans l’air. Et ces demi-cercles de parpaings tiennent on ne sait comment. On ne veut pas savoir d’ailleurs. C’est le même système que pour un château de cartes, sauf que c’est fait à base de parpaings de 10 kg chacun, j’imagine !&lt;br /&gt;Ganivet, c’est le roots et le rustre au rang d’œuvre d’art mais c’est surtout l’art de la tension. Il prend des éléments bruts et lourds, au propre comme au figuré, pour faire du beau et du léger ! &lt;br /&gt;Et le pire, c’est que ça fonctionne ! &lt;br /&gt;Ça tient à tout points de vue. Du point de vue esthétique d’abord. Dans l’effet de légèreté ensuite. Il y a aussi ce pylone en béton armé explosé au sol qui se met inopinément sous tension. De quoi faire trembler tout ce qui l’entoure. &lt;br /&gt;Il a aussi créé des fontaines qui ruisselent de danger, elles aussi. Des sacs poubelles, des bottes de foin, des citernes… elles menacent d’inonder les lieux à chaque seconde tant c’est fait de bric et de broc… ça ne tient à rien que la cascade vienne massacrer toute l’expo… et pourtant, c’est tuant de charme et en plus, c’est stable! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l’autre côté, les escaliers de Lang &amp; Bauman ne doivent pas peser moins que ces ponts et ces ellipses de parpaings imaginés par Vincent Ganivet… pourtant, c’est blanc, c’est lisse. C’est presque blanc sur blanc, comme un escalier blanc sur fond blanc d’un descendant de Malevitch. C’est Suprématiste, c’est minimal, c’est rétrofuturiste et onirique, et le tout a l’air d’une incroyable légèreté. Ce sont les escaliers que l’on n’empruntera jamais. Ceux de nos rêves. Ceux qui dessinent une voie lactée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et toutes ces œuvres sont parfaitement cohérentes. Elles créent un beau dialogue entre elles. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Du coup, je filme je filme je filme. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et je me faufile dans le terrier du lapin et dans la cabane de David.&lt;br /&gt;C’est une cabane qui ressemble à une cabane comme on voudrait en trouver une au fin-fond du Canada ou du Danemark. Mais c’est aussi un bar clandestin qui ouvre à des heures improbables pour vous servir des liqueurs peu recommandables. C’est un espace qui est une œuvre d’art qui abrite et englobe en son sein d’autres œuvres d’art. &lt;br /&gt;David nous explique qu’il a pris des cartons et y a réuni tout ce qui commençait à l’encombrer chez lui. Des choses que tout fétichiste de l’art qui se respecte garde avec soin… jusqu’au jour où toutes ça s’amoncelle tant et tant, que l’on se sent étouffer. Il est alors temps de prendre des mesures. &lt;br /&gt;Toutes ces cartes postales, ces milliers d’images, tous ces bristols qui vous invitent ici ou là, ces photos, ces magazines, ces livres, ces bibelots, ces vases, ces tasses, ces sous-bocks… ces tas d’objets comme ce magnifique tampon-encreur de cuivre ou cette boîte d’allumettes collector… viennent de là. De cette boîte à idées géante dont l’artiste a dû se séparer. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans ce lieu momentanément déserté et même naturellement évincé par le véritable bar du « Confort », je me surprends à fouiner. C’est pas comme si on était aux Puces, mais ça a quelque chose du grenier de l’enfance, on est sûr qu’un trésor nous attend quelque part dans ce jolis fatras. &lt;br /&gt;Tout-à-coup, je me surprens à envisager ce tampon encreur, à essayer de décrypter le message qu’il a dû contenir en 1922, à l’époque supposée de sa création. Puis ma main glisse, elle va plus loin dans les cartons. Elle arrive là, à un point crucial, au carrefour de ma vie, je le sens. &lt;br /&gt;Je la ressors du carton : j’ai apparemment tiré au sort le Jocker. Le vrai joker, cet ineffable bouffon plein de clochettes et de pompons. La carte à jouer. Sous verre. Je ne résiste pas à ce signe du destin, je l’emporte. Je le sors du lot et je pars en quête de son auteur que je pense être David Evrard. &lt;br /&gt;Sauf que l’install’ d’Evrard n’est pas un self-service et que je viens de la dénaturer en douceur. Sans même m’en rendre compte. Enfin, c’est juste un petit élément dont on relèvera à peine l’absence, sauf à l’inventaire… mais tout de même ! &lt;br /&gt;David est scié, me trouve gonflé d’avoir pioché dans son install… mais parce que c’est le jocker, et parce que c’est moi, mais surtout parce que c’est lui… et que tout cela s’est fait dans la plus pure spontanéité, cette petite carte à jouer mise sous verre m’est authentifiée par l’artiste qui me fait une faveur. C’est une œuvre de 96 d’un certain Jos qu’il m’authentifie et avec laquelle j’ai regagné Paris aujourd’hui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Côté HD, il y avait de quoi filmer tout au long de la soirée. Et je n’ai pas lâché ma caméra… mais c’est elle qui m’a lâché. Je n’ai pas fait exactement ce que j’avais prévu mais ce n’était pas le but. C’était de l’ordre de l’expérimentation filmique. Et c’est à suivre. &lt;br /&gt;Par contre, j’ai bien filmé comme je l’avais prévu l’ambiance du vernissage, les shoes de ma copine, les Dirty -Guillaume Sorge et Clovis Goux- en plein mix, la voracité au buffet, l’ambiance du bar clandestin et les allers et venues des Bunnies… jusqu’à leur voler leurs oreilles pour toute la soirée. &lt;br /&gt;J’étais totalement customisée David Evrard en somme !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-3981158788904041846?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/3981158788904041846/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-67.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3981158788904041846'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3981158788904041846'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-67.html' title='Episode 67'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4431937678275495699</id><published>2009-10-06T08:51:00.000-07:00</published><updated>2009-10-06T08:52:01.261-07:00</updated><title type='text'>Episode 66</title><content type='html'>Vendredi 25 septembre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gare Montparnasse, je m’achète le dernier « Interview », le dernier « Grazia », et je cueille la première pomme qui passe. Une Granny bien acidulée si possible. Mes valises se font et se défont à la vitesse de l’éclair. Je rentre de Lyon, j’ai sillonné Paris. J’ai imprimé mon e-billet chez un pote il y a une heure. Et je file à Poitiers, une caméra HD dans une main, mon Ibook de l’autre. Un Ipod entre les oreilles et un chapeau cloche sur la tête. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me vois dans le reflet d’une vitrine. &lt;br /&gt;C’est qui ce personnage ? Le Rémy Brica de l’art contemporain ? &lt;br /&gt;Multi-active, multi-fonction, over-vitaminée… voire disjonctée, je peux tout faire en même temps : écrire un article et rédiger mon journal intime, faire une interview, blogger, blaguer, être à Paris et à Poitiers en simultané, être sur mon vélo et dans le TGV. Ecrire un livre qui demande du recul, et écrire des articles dans le feu de l’action. Je peux chanter à tue-tête et danser, je peux lire et filmer en même temps. Je crois que j’ai réussi à me dédoubler. J’ai deux ailes qui viennent de me pousser au niveau des talons. On ne m’appelle pas encore Hermès mais ça ne saurait tarder ! J’ai toujours rêvé d’avoir le don d’ubiquité… et je crois en fait que je l’ai. &lt;br /&gt;A moins qu’il ne s’agisse de schizophrénie. Le milieu de l’art nous pousse vers ce trouble comportemental. &lt;br /&gt;La seule chose que je ne sais pas faire, c’est m’emmerder ! &lt;br /&gt;Je voudrais qu’on me donne des cours d’ennui, juste pour voir ce que ça peut produire sur soi, pendant deux secondes ce sentiment d’être oppressé par le vide, de ne pas être libre, de suffoquer. J’ai des souvenirs d’ennui. Mais c’est très ancien. Quand je pense à l’ennui, ça me ramène au lycée. A certains cours de maths dans lesquels j’avais perdu le fil depuis longtemps. Même la fenêtre ne m’offrait plus ses lignes de fuite. La dernière fois où j’ai ressenti un profond ennui, j’ai l’impression que c’était en 97, au Bénin. Un mois que j’étais partie, c’était les derniers jours et j’avais rempli ma mission. Je tournais en rond. J’avais fait le tour de tout ce qui m’entoure. J’avais surtout le mal du pays. Je ne rêvais que d’une terrasse de café sous un ciel plombé avec un serveur paresseux et aigri qui vous balancerait bien votre pourboire à la gueule… ça c’est Paris !  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comment ressentir l’ennui quand on est constamment en mouvement ? &lt;br /&gt;Et d’ailleurs, l’endroit où je me sens le plus chez moi, c’est le TGV. &lt;br /&gt;Mais par contre pour les réclamations, faut aller voir ailleurs. J’ai pas choisi le design, je ne suis pas responsable de la couleur des sièges ni du confort du bar. Quand à la qualité gastronomique des sandwichs… ils ont toujours une solide réputation : ils sont à moins 18 étoiles dans le Gault&amp;Millaut, tout comme leurs insipides salades, c’est ce qui fait leur charme. Il y a des moments où je me demande s’ils ne se fournissent pas chez Tricatel, l’usine degueu-infâme et pas bio du tout qui alimente le monde avec ses petites conserves et ses surgelés, dans « L’aile ou la Cuisse » (Zidi, 76). &lt;br /&gt;Et même ça, ce serait mieux que de reprendre une petite louche pullulant de « Soleil Vert ». C’est d’ailleurs plus fort en VO : « Soylent green », ça donne la gerbe rien que d’y penser! Le « soylent green » est une petite pastille d’un vert artificielle qui est censée nous remplir la panse en 2022 alors que les ressources naturelles sont épuisées. C’était dans le terrifiant imaginaire Richard Fleischer en 1973. Anticipation, nous te rattrapons ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dommage, le Paris-Poitiers est très court, je me serais bien laissée aller à écrire écrire et écrire, sans limite de temps. &lt;br /&gt;Mais j’ai tout de même mieux à faire une fois à Poitiers : filmer, filmer, filmer sans relâche. Regarder, observer de tous mes yeux. Ouvrir les yeux sur le réel. Ne pas seulement regarder le monde à travers l’écran, mais aussi entrer dans le champ, conquérir le réel. &lt;br /&gt;Just for fun. Au « Confort Moderne ». Lang &amp; Bauman Vs Vincent Ganivet. C’est le temps des « battles ». Le « Confort Moderne » se changera-t-il en fight-club pour ce « Bel Accident » qui s’annonce et s’affiche dés le titre de l’expo, tel un générique. &lt;br /&gt;Daniel Bauman et Sabina Lang ont fait beaucoup parler d’eux il y a deux ans quand  ils ont installé une sorte de vaisseau-spacial-œuvre-d’art à habiter à 30 mètres d’altitude sur le toit du Palais de Tokyo : L’Hôtel Everland. En fait, un hôtel en forme de bulle rétrofuturiste qui dominait les toits de Paris. Une bulle hors temps de 35 m2 qui mettait des vues imprenables à la portée de ses locataires grâce à son hublot géant qui encadrait le paysage. Bref une œuvre complètement introspective tout en étant en communion avec l’extérieur. Un studio qui a autant inspiré les louanges que les locations. Je m’y serai bien vue, dans ce vaste cocon seventies, étendue sur un de ces sofas profonds en train de lire le «Livre des Snobs », et bruncher en tête-à-tête dans le lit double, divaguer dans le magistral salon de bain, et puis mettre un vinyles sur le pick-up… comme à la maison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, je sais qu’ils nous propulsent une fois de plus dans les hauteurs… du moins, ils en donnent l’impression avec un grand escalier blanc. Lisse. Profilé.&lt;br /&gt;De l’autre, Vincent Ganivet est leur antithèse stylistique : il maîtrise l’art du bricolage, affectionne le béton au bord de l’explosion et les matériaux qui brutalisent l’espace d’exposition. Plus qu’une exposition, c’est une croisade entre deux points de vue sur le monde qui va se jouer à Poitiers. Dans un drôle de « Confort Moderne ». Entre les escaliers qui mènent nulle part et les parpaings en suspension de Ganivet, un « Bel accident » esthétique se profile donc. &lt;br /&gt;J’arrive dans 10 minutes. Le TGV s’est arrêté à la Station Futuroscope. Je n’y suis encore jamais allé mais dans le genre, c’est un lieu à recommander sans hésiter à Lang &amp; Bauman. De quoi inspirer nos rétrofuturistes des années 10.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4431937678275495699?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4431937678275495699/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-66.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4431937678275495699'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4431937678275495699'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-66.html' title='Episode 66'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6893435828693850454</id><published>2009-10-05T08:42:00.000-07:00</published><updated>2009-10-05T08:47:35.967-07:00</updated><title type='text'>EPISODE 65</title><content type='html'>Jeudi 24 Septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le monde devient vert et roux. Les couleurs se réchauffent. Les températures baissent lentement. Les branches des arbres se dénudent. Leur cassante fragilité apparaît. Les feuilles viennent tapisser le sol et crépiter sous chacun de mes pas. &lt;br /&gt;C’est enfin l’automne. Je voudrais figer cette saison sur 365 jours. Stabiliser la météo sur quelque chose que l’on appelle l’été Indien. &lt;br /&gt;Ça me donne envie de musarder. Mettre le nez dans l’écorce des arbres. C’est le moment où mes sunglasses et ma paire de gants jouent à cache-cache au fond de mon sac. &lt;br /&gt;Le moment idéal pour s’acheter des noix fraîches et aller les grignoter sur une tombe du Père Lachaise, avec l’impression de picorer des cervelles de moineau. Je trépane des noix fraîches avec mes dents, ça craque à souhait, c’est ma façon de célébrer la vie et de rendre hommage à mes morts en beauté. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Me voilà sur la tombe de Frédéric Chopin… et je pense à Sand. &lt;br /&gt;Est-elle ici ? Pas ici ? Peu m’importe, je ne suis pas là pour faire du nécro-peoplisme. Je ne joue pas à cache-cache avec les tombes « célèbres ». Lâchez-le ce pauvre Morrison ! &lt;br /&gt;Balzac Honoré (de), Edith Piaf, Ticky Holgado, Jim Morrison au même titre que la famille Bouchard toute entière et qu’Antonin Derien, Odette Plessis et Geneviève Pardieu, tous ne sont que… poussière. &lt;br /&gt;Certains ont beau avoir une dernière demeure plus emphatiques que d’autres, plus étendue, plus sympathique, plus solide, moins laide… ça ne change rien aux températures de leur caveau ni à l’état de leurs os ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je visite tous les quartiers, sans exception. Je vais au hasard entre les tombes. Je marche sans but. J’ai tout mon temps, du moins, je me l’accorde. &lt;br /&gt;Je suis libre libre libre comme l’air. Je suis plus « unpredictable like the sun and the rainfall » que jamais. Je me perds dans cet imprévu. &lt;br /&gt;Et dans cette espèce d’infini funéraire, le Haut-lachaise n’a rien à envier au Bas-Lachaise. Ils ne sont pas plus vivants en haut qu’en bas. &lt;br /&gt;Nord-Sud, est-ouest : idem. C’est le règne de la démocratie. Les clivages n’ont plus de sens.&lt;br /&gt;Il existe des concessions à perpétuité qui existent depuis mille-sept-cent-quelque-chose  ici… mais ça ne rend pas nos cadavres à la vie. &lt;br /&gt;Des familles entières reposent ensemble. Il y a un quartier noble. Un quartier Chinois. C’est pas dans la treizième allée. Et j’ai même trouvé le quartier Arménien avec la statuette d’un de nos révolutionnaires, le célèbre Antranik. Il y le quartier show-bizz. Le quartier bat-cave et le quartier cyrrhose se devinent. Et pourtant, l’union ne fait pas la force. Personne ne revient vraiment d’entre les morts. Ici, tous les habitants sans exception ont l’air totalement ailleurs, partis, barrés ! &lt;br /&gt;Et au cours de ma ballade gothico-romantique, je suis servie. L’ex-etudiante en histoire de l’art que je suis est visuellement éblouïe et flattée. Des tombes aux inscriptions presque effacées, des sépultures en ruine qui, livrées aux éléments naturels, ont tu l’identité de leur illustre occupant, le rendant à l’anonymat. Des stèles décapitées, des pierres tombales rongées par le lierre, des caveaux violentés par le vent, par le temps, défoncés, abandonnés… J’essaie de m’imprégner de l’atmosphère, de capter tous les signes extra-humains. Ça défile sur des kilomètres. C’est une ville à part entière. &lt;br /&gt;Ça ramène à la vie. Ça réinjecte du sang dans les veines, ça met des couleurs dans la vie. &lt;br /&gt;Je me perds au pays des morts, je croise des nécrophores et des nécro-sympathisants, des morts-vivants et des vampires… et surtout, je me rappelle que je dois profiter de chaque instant. &lt;br /&gt;Je suis là pour me rappeler qu’on n’est pas grand chose. Juste un grain de sable qui surfe sur la vague et j’essaie de ne pas me noyer. Notre passage sur terre a une durée limitée, et c’est inifiniment plus important que la deadline fixée par le moindre magazine. &lt;br /&gt;Il s’agit de vivre, de se dépasser d’urgence, de redoubler d’énergie créatrice, de sortir ses tripes pour être au top de soi-même… avant de disparaître à tout jamais. OBLIVION &amp; GLORY !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6893435828693850454?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6893435828693850454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-65.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6893435828693850454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6893435828693850454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-65.html' title='EPISODE 65'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8464516438142103353</id><published>2009-10-04T11:32:00.000-07:00</published><updated>2009-10-04T11:33:19.001-07:00</updated><title type='text'>EPISODE 64</title><content type='html'>Samedi 19 septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De tous les Eudeline, Patrick, mon préféré est dans la place… dans les escaliers, il se protège de la foule dans le sfumato (lui aussi) de ses lunettes noires. &lt;br /&gt;Il a sa place pour le concert, tout comme les fans qui font un sit-in depuis 11h du mat à l’entrée des artistes. Le hall du Centre Pompidou a quelque chose de pop tonite, et même un brin Brit’. A moins qu’on ne soit dans le vestiaire de Top Shop ? Brit’Shop Pop? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est pas tous les jours qu’un ex des Libertines est en concert à Beaubourg. &lt;br /&gt;Naaaaaaaan… Pas Pete Doherty, l’ex de Kate Moss ! Non. L’autre pilier du groupe : Carl Barât himself. &lt;br /&gt;Les responsables de tout ce raffut et de ces concours d’élégance à Beaubourg sont donc Carl Barât… et Adam Green from New York. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le New Yorkais Vs le Brit’ from London. &lt;br /&gt;Ça pourrait être un épisode d’Amicalement Vôtre : des décennies plus tard, Lord Brett Sinclair et Dany Wilde se rencardent sur la scène de Beaubourg, au niveau -1… Evidemment, ils avaient été cryogénisés et au réveil, ils avaient en plus changé de tête et embellis. Et depuis, forcément, parce que ce sont de jeunes gens modernes, ils se sont mis au son. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et ce soir, duel de guitares, de chants et de micros seront au centre des festivités. Une vraie battle. On rivalise de talent. &lt;br /&gt;It’s better than ever,  et j’en perds mon latin, mon frenglish me revient. Damned. Adam Green met le starter. Un New Yorkais !&lt;br /&gt;Adam. Green. D’abord il y eut donc, comme tout le monde le sait, Adam… puis vint le Green dans lequel on le plongea. On dirait une comptine. Il était une fois Adam, perdu dans la nature. Dans la verdure. Dans le Green. &lt;br /&gt;D’aillleurs, en turc, « adam » est un nom commun. It means « man ». Carrément Edenique, d’autant que le jardin d’Eden, c’est juste une faute de frappe orginelle : because « eden » = « adam » et vice versa. C’est de l’étymologie Anaïdienne. &lt;br /&gt;Adam. Comment peut-on porter un prénom si… premier, en fait. Et green, le nom d’une couleur si naturelle, si… régénérante. &lt;br /&gt;Bon, piqûre de rappel : mon cœur est à Guy McKnight des « 80’s Matchbox B-line Disaster », sorry. Mais même mon scottish McKnight parle aussi d’Adam et d’Eden dans les lyrics de « In the garden": &lt;br /&gt;« And in the garden, yeah, I was the first / The first to win a place on this bad earth / I lay around under the apple trees / My name is Adam in the garden of Eden &lt;br /&gt;And then a serpent turned and said to me / "Why don't you pick an apple from the tree?" /&lt;br /&gt;I said to it "I don't know if I should" /"Oh what the hell," it said, "it tastes so good"»&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis intriguée par ce personnage en shoes rouges et en jean’s pattes d’eph qui s’appelle « Vert ». Une vraie tornade verte et rouge. Un peu éméché. &lt;br /&gt;On s’ennuyait ferme quelques secondes encore avant son arrivée. &lt;br /&gt;On s’endormait en compagnie d’une grande fille toute simple comme on dit. Une de ces filles comme en fait que dans le fin fond de certaines contrées dont je ne me rappelle plus le nom… peut-être chez les Hamish. &lt;br /&gt;Elle s’appelle Gibson, comme les guitares m’a-t-on soufflé en fin de soirée. Du reste, c’est aussi bien qu’Elvire-Bonduelle-comme-les-petits-pois ou Albert-Findus-comme-les-surgelés.&lt;br /&gt;Une voix cristaline, aussi evanescente qu’une effluve d’ether. Une voix presque aussi pure que du cristal de roche mais pas non plus de quoi ébrécher une coupe de champagne… plutôt du genre à respirer vraiment l’ennui, même. A tous les coups, c’est mieux en disque. A écouter chez soi, les soirs de spleen. Et il y en a.&lt;br /&gt;Et si elle était là pour chauffer la salle, c’est loupé. Elle est soporofique. &lt;br /&gt;Et son style de jeune femme rousse à tresses, en chasuble déformée et en sabots de fille sympa, timide et vulnérable m’a stressée. Et même épouvantée. Elle nous a rincés, tués avec son sirop de lullaby sur-sucré. Overdose.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d’un coup Adam Green est venu cracher le feu en shoes rouges, jean’s et marcel blanc. Un choc des cultures. Une hallu. &lt;br /&gt;Physiquement… comment dire, c’était la gueule d’Al Pacino avec la voix de Jim Morrison. Puis le charisme et le jeu scénique de Mick Jagger ! &lt;br /&gt;Age mental de ses déconnades : 14 ans ¾. Hallucinant. Et il nous raconte une histoire sur sa bouteille de bière vieille de 4 siècles au moins : une « 1664 » ! &lt;br /&gt;C’est le chef de file de l’Anti-Folk. Ça tombe bien, j’aime pas la folk. &lt;br /&gt;Est-ce que ça veut dire que la fille qui l’a précédé sur scène était son antithèse ? C’est comme ça que je le vis de toute façon.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des pas de danse intempestifs. De l’humour. Du bagou. &lt;br /&gt;Un enfant terrible du rock. Une tête-à-claques comme on les aime mais qui, on stage, une fois le micro armé peut vite lasser si le talent ne suit pas. Mais évidemment, ça suit… et c’est même pire que ça, cet énergumène qui fait le bouffon autour de son micro est un véritable génie ! &lt;br /&gt;Et même si ces musiciens se cassent, qu’il s’assoit sur une chaise et prend sa guitare sèche pour pousser la chansonnette… même s’il demande un médecin toutes les 2 minutes parce qu’il aurait pris froid ou trop fait la fête la veille en compagnie de « 1664 » friends… ça passe et plus que ça même, ça ondule, ça vibre en nous. &lt;br /&gt;Même quand le clown décide de faire sa soirée autour d’un rouleau de Chatterton qu’il a dû trouver en backstage et qu’il fait même monter deux victimes sur scène… juste pour le plaisir de les enrubanner ! &lt;br /&gt;C’est pas toujours très subtil sur le plan comique, c’est de la potacherie de base… mais ça fonctionne parce qu’Adam Green a ce truc indéfinissable… Comment ça s’appelle ? C’est quoi ? Un truc ! C’est le « mojo » quoi. C’est indéfinissable. C’est sorcier ! C’est diabolique. C’est enchanteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et quand le Dandy Brit’ Carl Barat déboule sur scène, plus élégant, le regard ténébreusement bleu sous son Borsalino noir, et la démarche plus assuré, on atteint notre pic de bonnes vibes sonores dans la salle. &lt;br /&gt;Et on les sent très complices, Adam et Carl. Carl et Adam. Miam, on en ferait son quatre heures. Lequel des deux ? Les deux. Et manifestement, ce n’est pas leur première rencontre scénique. &lt;br /&gt;C’est la battle des battles. La rencontre entre deux bombes sonores énergétiques. Deux bourreaux des cœurs… dont un totalement amoureux de sa violoncelliste, comme j’en aurais le sentiment tangible durant sa prestation solo quelques minutes plus tard… et qui plane forcément à 3000.&lt;br /&gt;D’un coup, je réalise… je jette un coup d’œil sur le public : je jurerais que le taux de testostérones est en baisse dans les sous-sols du Centre Pompidou… Je checke. Ouais, exact ! Que de jeunes filles et de jeunes femmes totalement surexcitées ! Faîtes de la musique les mecs, c’est complètement aphrodisiaque. Mais ayez du génie tout de même.&lt;br /&gt;Que de la femelle en effervescence ou presque pour cette rencontre d’exception que les deux saltimbanques concluent par de tendres baisers à la russe. C’est digne de deux punks bien éméchés. Ils veulent nous achever? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carl Barat, tout seul ? Je suis moins emportée. Trop d’ennuis avec sa guitare. Les plugs fonctionnent mal. Mais ça reste du haut niveau. Et il est joliment encadré  par une violoniste et une violoncelliste qui ont emprunté leurs nippes de dentelle noire et leur lipstick ultra-sanguin dans la penderie de Morticia Addams. &lt;br /&gt;Je me surprends même à décrypter les relations qui se tissent entre ces trois personnages. La violoniste au milieu se sent comme une intruse. Comme si on l’avait parachutée au milieu de deux personnages qui n’ont d’yeux que l’un pour l’autre. Ça sent la fraîche idylle. On lit dans leurs regards mi-génés, mi-amusés que ce sont les premiers instants. Ceux qui ondulent. Ceux qui frisent. &lt;br /&gt;Et c’est le cas… comme toutes les petites minettes qui comptaient attirer Barat dans leurs filets le soir-même pourront le constater le soir-même au ChaCha. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et derrière, sur l’écran, un screen-saver de nos émotions. On voit une main dessiner l’atmosphère. Une main gauche à bagouze. En live. Elle reprend les lignes de force de l’atmosphère. Passe les courbes des émotions à l’aquarelle, fait rosir les sons, caresse de son pinceau les secousses sismiques de cette aventure scénique. C’est David West aux manettes. Dans les coulisses et retranscrit sur grand écran en simultané, cette main mystérieuse et savante croque la scène en live. Dans son coin, à l’abri des regards, sur papier. Une à une, les couleurs et les émotions de cette séquence scénique hors-pair se diluent dans l’eau de son aquarelle, et il les reporte sur sa feuille de papier ultra-sensible. C’est de la peinture live. Ou bien de la performance. &lt;br /&gt;Art de la scène et scène de l’art se mèlent, et « Stage of the art » signe la rencontre. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans la vraie vie, un vrai concert, c’est cette intensité-là, ce truc palpable dans l’air !&lt;br /&gt;Quand je pense que j’ai croisé quelqu’un il y a quelques jours à La Ciotat qui revenait du concert de Mylène Farmer au Stade de France ! &lt;br /&gt;Bon, euh, Mylène Farmer, déjà… sans commentaires. J’ai mieux à faire ! &lt;br /&gt;Mais en plus, je n’ai jamais compris l’intérêt d’aller en concert quand on ne peut même plus avoir la tentation d’envoyer une tomate ou des fleurs -voire des baisers- au bandit qui se produit sur scène ! Mais pour tout ça, il faut respecter une distance raisonnable. Au cas où ! Sinon, autant pirater les morceaux ou pire, si vraiment on ne peut pas s’en passer, acheter le CD. Quand on ne peut plus savourer le plaisir de se faire entendre du saltimbanque, de se sentir proche de lui, dans sa bulle, dans son souffle, dans son atmosphère… autant suivre ses délires en différé et ne surtout pas prendre la peine de dire, à la sortie, « j’y étais »! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d’ailleurs ici, pour les émotions, c’est OK… pour la participation du public : c’est idem. &lt;br /&gt;Quand Adam Green réclame quelqu’un sur scène, personne ne veut y aller. Et pourquoi jouer à la marelle avec un anaconda aussi ou sauver un scorpion des eaux avec les doigts? &lt;br /&gt;Armé de son simple rouleau de Chatterton, Green a déjà ligoté sur scène deux pauvres victimes qui se trouvaient dans le public et lui faisaient une confiance avegle. &lt;br /&gt;Et comme si ça n’y suffisait pas, il finit par un véritable acte de barbarie que seuls quelques autres bandits du rock ont exécuté dans l’histoire jusque-là, mais toujours avec cette violence indicible… &lt;br /&gt;Au moment des rappels, Adam Green, en fin de concert, toujours avec le sourire et animé par ses pulsions enfantines, se charge, avec une cruauté elle aussi toute enfantine de mettre à mort sa guitare sèche. &lt;br /&gt;Exécutée sur un pied de micro. Solidement fixée au Chatterton puis fatalement empalée.. Et dans un lourd silence assassin, on assiste scotchés aux cris de cette pauvre bête, sacrifiée sur l’autel du rock, sans qu’on ne puisse réagir. &lt;br /&gt;Ça me rappelle une vidéo magnifique de Christian Marclay qui elle aussi montrait une mise-à-mort d’une intensité similaire. &lt;br /&gt;C’était les gémissements sauvages d’une guitarre électrique trâinée par un camion sur des kilomètres et des kilomètres à travers le désert texan. Un spectacle qui déjà pouvait heurter les âmes sensibles! Mais c’était une vidéo, bordel ! C’était pas du live ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Juste de quoi rappeler qu’une guitare, ce n’est pas juste un instrument… mais des cordes, une tête, un manche, un corps… qu’on y pense ou non, ça fait réfléchir à la possiblité d’une âme derrière tout ça ! Green qui porte le prénom du premier homme nous l’a juste rappelé en fin de soirée, histoire de nous réveiller avec son sa savante innocence habituelle !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8464516438142103353?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8464516438142103353/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-64.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8464516438142103353'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8464516438142103353'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/10/episode-64.html' title='EPISODE 64'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7598909697212617830</id><published>2009-09-29T18:09:00.001-07:00</published><updated>2009-10-01T19:33:47.944-07:00</updated><title type='text'>Episode 63</title><content type='html'>Vendredi 18 septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 1 mois passé dans ma bulle à écrire un essai encore classé top secret… après 1 mois plein Sud avec vue panoramique sur la mer à la Villa Tamaris… ma rentrée démarre brutalement un lundi 14 septembre à Lyon. &lt;br /&gt;Périple hors de ma bulle : bain de foule et bain d’art à la Biennale qui me met instantanément dans un « punk mood » ! Grrrrrr ! Je n’ai plus qu’un seul mot d’ordre : « Never mind the Biennals » ! &lt;br /&gt;J’ai raté Venise et je sais que j’ai vraiment raté une magnifique Biennale… mais je n’ai pas raté Lyon et j’aurais mieux fait de profiter de ma vue sur la Mediterranée plutôt que de dériver si vite vers le Nord. &lt;br /&gt;D’emblée, j’ai la chair de poule et j’ai froid dans mon costume Croisette des 80’s, un compromis stylistique entre BB Initials et Nena. Ballerines argent, minishort de smoking, jambes bronzées et top Vichy… auraient mieux fait de rester au placard ! Non seulement je suis accueillie par la pluie, mais en plus, je me balade dans une ambiance ultra-plombée avec des expos qui me collent le cafard. J’aurais mieux fait de rester une journée de plus à La Ciotat. &lt;br /&gt;Heureusement, mes sunglasses Thierry Lasry x Liquid Archi x Thomas Lélu créent un joli sfumatto sur toutes ces expos désolantes tout en m’isolant joliment des gens. Je ne suis pas sûre que l’engagement artistique passe par ces installations qui dégagent démagogie ou complaisance. &lt;br /&gt;Et puis la vocation de l’art, à mon avis, ce n’est pas de renvoyer au quotidien, au réel, au terre-à-terre… pas de cette façon en tout cas. L’art, c’est un truc qui rappelle que le réel est vraiment ce qu’il y a de mieux et de plus intéressant. Et je fais tout pour ne pas paraphraser Filliou, mais l’art, c’est quand même « ce qui rend la vie plus intéressant que l’art ». j’ai l’impression que personne ne comprend plus cette phrase. Elle est utilisée à tort et à travers mais c’est quand même le créateur de la « république géniale » qui en est l’auteur. Du seul mec capable d’organiser des expos dans le fond de son chapeau. Mais où est passé le talent ? Est-il mort en 1987 avec ce poète de génie ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’énergie, c’est vraiment quelque chose à préserver !&lt;br /&gt;Une fois à Paris, pour échapper à la morosité et à ces essaims d’energy-killers, je cours retrouver Artus chez lui à Pigalle et faire un premier bilan de notre projet. Une courte mais rayonnante virée, idéale pour conserver au chaud toute ma vitamine D. &lt;br /&gt;En le quittant, j’ai des montées de larmes, je ne sais pas pourquoi. &lt;br /&gt;Alors que lui, en guise de performance, part s’enfermer dans un temple de consommation, sans téléphone, sans ordi, sans internet, sans le moindre moyen de communication pendant une semaine… moi je sors de ma bulle et j’ai pour seule perspective que de plonger d’un bain de foule artistique à l’autre. &lt;br /&gt;Il faut que je me réhabitue pallier par pallier au monde. Finie ma vie d’ermite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je commence par Villepinte en compagnie de la chaleureuse Marie-Laure du « 2è Bureau » pour « Première Vision », le salon mondial des tissus d’habillement. C’est un baptème pour moi. Des échantillons de tissus à perte de vue. De nouvelles matières. Le bio et l’ethique mais aussi le synthétique. « Première Vision » est une ville en soi ! Des milliers de boxes avec des portes de saloon qui s’ouvrent et se referment sans cesse. A l’intérieur de ces ruches, des contrats se négocient secrètement entre créateurs, industriels et marques de luxe. C’est un dédale, ce salon. Des milliers de géographies superposées. Des zones qui donnent la météo du tissu d’habillement et fixent donc le La de la mode. Des nuanciers que l’on a envie d’emporter. Des tendances de couleurs et de matières, et de l’espionnage industriel. Un rêve d’artiste… ou de modiste. Tout y est. Des tissus rares, des matières inédites, des étoffes que l’on chiffone, effleure, caresse. Les dentelles historiques de la maison Sophie Hallette. Des rescapées d’une époque lointaine. &lt;br /&gt;D’ailleurs, ici, on a à la fois les pieds plantés dans le passé avec des matières artisanalement et précieusement réalisées, et le futur. Tous ces gens savent déjà ce qu’on va porter dans 2 ans, ils connaissent par cœur les futures gammes de couleurs, savent ce que l’on va aimer, les étoffes que l’on va désirer plus que tout, celles qu’on va jeter ou placarder. &lt;br /&gt;C’est une véritable excursion dans un salon à perte de vue! Moi qui me perd dans une petite FIAC, je n’arrive pas à imaginer ce qu’une foire d’art pourrait donner ici. De quoi avoir la tête qui tourne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais sans coupure et sans transition, de Villepinte aux Champs-Elysées, j’enchaîne dèja les évènements artistiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dirige vers le cœur de Paris, à l’Espace Vuitton. C’est le vernissage de « La confusion des sens ». Une synesthésie qui m’est totalement familière, surtout en ce moment où j’entends des gôuts, je vois des sons, je ressens des couleurs… &lt;br /&gt;Après avoir parcouru le globe et donné aux visiteurs le goût de l’exploration, l’Espace Vuitton nous a donc convié cette fois à un voyage intérieur auxquels se sont joints une petite dizaine d’artistes. Jeux de perceptions, troubles de la vision et perte de soi sont au programme. &lt;br /&gt;Et là, d’emblée, on refuse de m’ouvrir les portes de la perception… parce que, oui, j’étais sur la liste, oui… mais seulement jusqu’à 18h… Et il est 18h01 ! Héhé ! J’adoooooore ! On est dans un Post Office Anglais ou quoi ? On ne me l’avait jamais faite celle-là. &lt;br /&gt;Et si, à 18h02, je vous apprenais à faire la grimace ? Je pourrais décider de m’appeler autrement par exemple. &lt;br /&gt;Et si à 18h03, on jouait à « Si j’étais… ». Je suis, je suis… Madame Lempicka. Lolita. Non, je suis Mademoiselle Addams, Mercredi ! &lt;br /&gt;Plutôt quelqu’un de connu dans l’art mais en dehors de la presse? Koons. Je suis Jeff Koons ! Plus c’est gros, plus ils gobent ! Madame Christian Lacroix. &lt;br /&gt;Du sérieux ? Madame Blistène ? Madame Flay? Oui, Jennifer Flay ! Madame Anne Racine ? Madame Macel Christine? …surtout que je sais exactement où elle se trouve ce soir et que ce type a l’air aussi physio que je suis dresseuse de hyènes ! &lt;br /&gt;Mmmmmouais mais bon, je n’aime pas les choses trop faciles. &lt;br /&gt;Par expérience, je sais que les excès d’honnêteté ne paient jamais, surtout en France  où l’on préfère vous voir mentir comme un arracheur de dents plutôt que de vous prendre la main dans le sac de l’honnêteté ! &lt;br /&gt;Et pourtant, je laisse fièrement les mensonges aux bouffons sans fond!&lt;br /&gt;Du coup, puisque la presse n’avait un droit d’entrée que jusque 18h, j’enlève mon déguisement de journaliste d’art pour redevenir… Anaïd Demir, passionnée d’art depuis le berceau. Il y a des fatalités contre lesquels on ne peut rien. &lt;br /&gt;Bon, ici, il est plus de 18h, ils ne veulent plus de journalistes ! Quelle carte de visite choisir alors? Prof d’esthétique ? Détective privée ? Amie des artistes ? Ecrivain ? Galeriste ? Collectionneuse ? Wannabee ? J’hésite sur mon pedigree du jour. &lt;br /&gt;Et si rentrais à la maison ? J’ai fait Villepinte-Paris à la vitesse du son pour repartir sans bousculer mes perceptions ? Pas question !&lt;br /&gt;Et pendant que je me perds dans mes déductions, l’adorable Julien Eymeri, passionné d’art lui aussi, m’entraîne déjà par le bras : il est mon cavalier, je suis son invitée ! J’en suis enchantée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est déjà dans l’ascenseur d’Olafur Eliasson, la confusion des sens démarre dans l’obscurité de cet espace transitoire. Puis l’odyssée sensorielle se poursuit dans les salles, au 7è étage… un 7è ciel artistique ? &lt;br /&gt;Ce serait alors celui de Laurent Saksik ! Il a tout simplement mis le ciel en boîte. Pour nous, rien que pour nous ! Un échantillon à savourer sur place. Dans cette « Confusion des sens », c’est l’une des réponses la plus à mon gôut ! La plus rêveuse. Où se perd-on le plus sinon dans les perspectives célestes ? &lt;br /&gt;D’ailleurs l’artiste Boursier-Mougenot a beau s’appeler Céleste, il n’a rien fait de plus que superposer du réel dans son installation. Il a additionné des sons quotidiens dans la salle principale, la rotonde, de l’Espace Vuitton. Pas de quoi décoller ! Quel dommage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d’ailleurs, sans que je ne me rappelle ni comment ni pourquoi, je me retrouve rapidement quelques étages plus bas, dans le hall du magasin Vuitton. &lt;br /&gt;Je suis retombée niveau 1, alors qu’habituellement on finit sur la terrasse de rêve des lieux à repousser les perspectives de Paris, à faire des lassos avec la Seine, à tendre les bras vers le ciel et finalement le boire comme un cocktail signé du divin Niçois Rosicrucien : j’ai nommé Yves Klein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bleu pour bleu : je croise le regard lumineux de Géraldine que je n’avais pas vu depuis lustres. Elle est justement là sur l’invitation de Laurent Saksik dont elle suit de près le travail et qu’elle a déjà exposé il y a quelques années dans le cadre de son projet « Ideal Office ». Fini le lieu de toutes les souffrances, Géraldine et son « Outcast Incorporated » mettait les artistes à la recherche du bureau idéal. Et le travail se transforme en plaisir. Le cadre y fait beaucoup. &lt;br /&gt;Long time no see. Elle est plus radieuse que jamais. On discute de 1000 et une choses et puis une question se pose… &lt;br /&gt;Ce que je fais demain soir ? J’en sais rien. J’hésite. Je voulais m’inscrire à un cours de sophrologie ou de yoga pour oublier que je suis à Paris. Je vais me faire limer les dents qui se sont émoussées après un mois de douceur au bord de la mer ?  Je vais revoir les « Dents de la Mer » pour m’habituer à la ville ? Je vais dévorer du dauphin ? Dépecer un agneau et m’en faire une écharpe pour l’hiver de l’amour Parisien? &lt;br /&gt;Mais cette Wonder Woman aux faux-air de Marlène Jobert en version punk-rock a bien mieux : un concert d’Adam Green et de Carl Barât à Beaubourg demain ! C’est elle qui l’organise avec sa boîte de prod toute neuve et bourrée d’idées : « Stage of the art ». Un pont artistico-musical entre les Britanniques et la France imaginé avec Laurence &lt;br /&gt;Alvart et Maxemilian Nilsson.&lt;br /&gt;Et moi, mon Union Jack au collet, je ne cherche même pas à comprendre si j’ai réellement quelque chose d’important prévu le vendredi 18 au soir ! &lt;br /&gt;Je réponds : « Who ??? Yeahhhhh ! Is it ? Amen, sure, amazing, obviously, I will be there ! Of course, on time… great, thanks, thanks so much ! ». &lt;br /&gt;C’est tout-à-l’heure ! J’y cours. Et ça se termine au Chacha. Comme il se doit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7598909697212617830?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7598909697212617830/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-63_29.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7598909697212617830'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7598909697212617830'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-63_29.html' title='Episode 63'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6347685715058718147</id><published>2009-09-29T18:09:00.000-07:00</published><updated>2009-09-29T18:12:45.940-07:00</updated><title type='text'>Episode 63</title><content type='html'>Vendredi 18 septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après 1 mois passée dans ma bulle à écrire un essai encore classé top secret… après 1 mois plein Sud avec vue panoramique sur la mer à la Villa Tamaris… ma rentrée démarre brutalement un lundi 14 septembre à Lyon. &lt;br /&gt;Périple hors de ma bulle : bain de foule et bain d’art à la Biennale qui me met instantanément dans un « punk mood » ! Grrrrrr ! Je n’ai plus qu’un seul mot d’ordre : « Never mind the Biennals » ! &lt;br /&gt;J’ai raté Venise et je sais que j’ai vraiment raté une magnifique Biennale… mais je n’ai pas raté Lyon et j’aurais mieux fait de profiter de ma vue sur la Mediterranée plutôt que de dériver si vite vers le Nord. &lt;br /&gt;D’emblée, j’ai la chair de poule et j’ai froid dans mon costume Croisette des 80’s, un compromis stylistique entre BB Initials et Nena. Ballerines argent, minishort de smoking, jambes bronzées et top Vichy… auraient mieux fait de rester au placard ! Non seulement je suis accueillie par la pluie, mais en plus, je me balade dans une ambiance ultra-plombée avec des expos qui me collent le cafard. J’aurais mieux fait de rester une journée de plus à La Ciotat. &lt;br /&gt;Heureusement, mes sunglasses Thierry Lasry x Liquid Archi x Thomas Lélu créent un joli sfumatto sur toutes ces expos désolantes tout en m’isolant joliment des gens. Je ne suis pas sûre que l’engagement artistique passe par ces installations qui dégagent démagogie ou complaisance. &lt;br /&gt;Et puis la vocation de l’art, à mon avis, ce n’est pas de renvoyer au quotidien, au réel, au terre-à-terre… pas de cette façon en tout cas. L’art, c’est un truc qui rappelle qui nous rappelle que le réel est vraiment ce qu’il y a de mieux et de plus intéressant. Et je fais tout pour ne pas paraphraser Filliou, mais l’art, c’est quand même « ce qui rend la vie plus intéressant que l’art ». j’ai l’impression que personne ne comprend plus cette phrase. Elle est utilisée à tort et à travers mais c’est quand même le créateur de la « république géniale » qui en est l’auteur. Du seul mec capable d’organiser des expos dans le fond de son chapeau. Mais où est passé le talent ? Est-il mort en 1987 avec ce poète de génie ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’énergie, c’est vraiment quelque chose à préserver !&lt;br /&gt;Une fois à Paris, pour échapper à la morosité et à ces essaims d’energy-killers, je cours retrouver Artus chez lui à Pigalle et faire un premier bilan de notre projet. Une courte mais rayonnante virée, idéale pour conserver au chaud toute ma vitamine D. &lt;br /&gt;En le quittant, j’ai des montées de larmes, je ne sais pas pourquoi. &lt;br /&gt;Alors que lui, en guise de performance, part s’enfermer dans un temple de consommation, sans téléphone, sans ordi, sans internet, sans le moindre moyen de communication pendant une semaine… moi je sors de ma bulle et j’ai pour seule perspective que de plonger d’un bain de foule artistique à l’autre. &lt;br /&gt;Il faut que je me réhabitue pallier par pallier au monde. Finie ma vie d’ermite. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je commence par Villepinte en compagnie de la chaleureuse Marie-Laure du « 2è Bureau » pour « Première Vision », le salon mondial des tissus d’habillement. C’est un baptème pour moi. Des échantillons de tissus à perte de vue. De nouvelles matières. Le bio et l’ethique mais aussi le synthétique. « Première Vision » est une ville en soi ! Des milliers de boxes avec des portes de saloon qui s’ouvrent et se referment sans cesse. A l’intérieur de ces ruches, des contrats se négocient secrètement entre créateurs, industriels et marques de luxe. C’est un dédale, ce salon. Des milliers de géographies superposées. Des zones qui donnent la météo du tissu d’habillement et fixent donc le La de la mode. Des nuanciers que l’on a envie d’emporter. Des tendances de couleurs et de matières, et de l’espionnage industriel. Un rêve d’artiste… ou de modiste. Tout y est. Des tissus rares, des matières inédites, des étoffes que l’on chiffone, effleure, caresse. Les dentelles historiques de la maison Sophie Hallette. Des rescapées d’une époque lointaine. &lt;br /&gt;D’ailleurs, ici, on a à la fois les pieds plantés dans le passé avec des matières artisanalement et précieusement réalisées, et le futur. Tous ces gens savent déjà ce qu’on va porter dans 2 ans, ils connaissent par cœur les futures gammes de couleurs, savent ce que l’on va aimer, les étoffes que l’on va désirer plus que tout, celles qu’on va jeter ou placarder. &lt;br /&gt;C’est une véritable excursion dans un salon à perte de vue! Moi qui me perd dans une petite FIAC, je n’arrive pas à imaginer ce qu’une foire d’art pourrait donner ici. De quoi avoir la tête qui tourne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais sans coupure et sans transition, de Villepinte aux Champs-Elysées, j’enchaîne dèja les évènements artistiques. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je me dirige vers le cœur de Paris, à l’Espace Vuitton. C’est le vernissage de « La confusion des sens ». Une synesthésie qui m’est totalement familière, surtout en ce moment où j’entends des gôuts, je vois des sons, je ressens des couleurs… &lt;br /&gt;Après avoir parcouru le globe et donné aux visiteurs le goût de l’exploration, l’Espace Vuitton nous a donc convié cette fois à un voyage intérieur auxquels se sont joints une petite dizaine d’artistes. Jeux de perceptions, troubles de la vision et perte de soi sont au programme. &lt;br /&gt;Et là, d’emblée, on refuse de m’ouvrir les portes de la perception… parce que, oui, j’étais sur la liste, oui… mais seulement jusqu’à 18h… Et il est 18h01 ! Héhé ! J’adoooooore ! On est dans un Post Office Anglais ou quoi ? On ne me l’avait jamais faite celle-là. &lt;br /&gt;Et si, à 18h02, je vous apprenais à faire la grimace ? Je pourrais décider de m’appeler autrement par exemple. &lt;br /&gt;Et si à 18h03, on jouait à « Si j’étais… ». Je suis, je suis… Madame Lempicka. Lolita. Non, je suis Mademoiselle Addams, Mercredi ! &lt;br /&gt;Plutôt quelqu’un de connu dans l’art mais en dehors de la presse? Koons. Je suis Jeff Koons ! Plus c’est gros, plus ils gobent ! Madame Christian Lacroix. &lt;br /&gt;Du sérieux ? Madame Blistène ? Madame Flay? Oui, Jennifer Flay ! Madame Anne Racine ? Madame Macel Christine? …surtout que je sais exactement où elle se trouve ce soir et que ce type a l’air aussi physio que je suis dresseuse de hyènes ! &lt;br /&gt;Mmmmmouais mais bon, je n’aime pas les choses trop faciles. &lt;br /&gt;Par expérience, je sais que les excès d’honnêteté ne paient jamais, surtout en France  où l’on préfère vous voir mentir comme un arracheur de dents plutôt que de vous prendre la main dans le sac de l’honnêteté ! &lt;br /&gt;Et pourtant, je laisse fièrement les mensonges aux bouffons sans fond!&lt;br /&gt;Du coup, puisque la presse n’avait un droit d’entrée que jusque 18h, j’enlève mon déguisement de journaliste d’art pour redevenir… Anaïd Demir, passionnée d’art depuis le berceau. Il y a des fatalités contre lesquels on ne peut rien. &lt;br /&gt;Bon, ici, il est plus de 18h, ils ne veulent plus de journalistes ! Quelle carte de visite choisir alors? Prof d’esthétique ? Détective privée ? Amie des artistes ? Ecrivain ? Galeriste ? Collectionneuse ? Wannabee ? J’hésite sur mon pedigree du jour. &lt;br /&gt;Et si rentrais à la maison ? J’ai fait Villepinte-Paris à la vitesse du son pour repartir sans bousculer mes perceptions ? Pas question !&lt;br /&gt;Et pendant que je me perds dans mes déductions, l’adorable Julien Eymeri, passionné d’art lui aussi, m’entraîne déjà par le bras : il est mon cavalier, je suis son invitée ! J’en suis enchantée. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est déjà dans l’ascenseur d’Olafur Eliasson, la confusion des sens démarre dans l’obscurité de cet espace transitoire. Puis l’odyssée sensorielle se poursuit dans les salles, au 7è étage… un 7è ciel artistique ? &lt;br /&gt;Ce serait alors celui de Laurent Saksik ! Il a tout simplement mis le ciel en boîte. Pour nous, rien que pour nous ! Un échantillon à savourer sur place. Dans cette « Confusion des sens », c’est l’une des réponses la plus à mon gôut ! La plus rêveuse. Où se perd-on le plus sinon dans les perspectives célestes ? &lt;br /&gt;D’ailleurs l’artiste Boursier-Mougenot a beau s’appeler Céleste, il n’a rien fait de plus que superposer du réel dans son installation. Il a additionné des sons quotidiens dans la salle principale, la rotonde, de l’Espace Vuitton. Pas de quoi décoller ! Quel dommage. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et d’ailleurs, sans que je ne me rappelle ni comment ni pourquoi, je me retrouve rapidement quelques étages plus bas, dans le hall du magasin Vuitton. &lt;br /&gt;Je suis retombée niveau 1, alors qu’habituellement on finit sur la terrasse de rêve des lieux à repousser les perspectives de Paris, à faire des lassos avec la Seine, à tendre les bras vers le ciel et finalement le boire comme un cocktail signé du divin Niçois Rosicrucien : j’ai nommé Yves Klein. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bleu pour bleu : je croise le regard lumineux de Géraldine que je n’avais pas vu depuis lustres. Elle est justement là sur l’invitation de Laurent Saksik dont elle suit de près le travail et qu’elle a déjà exposé il y a quelques années dans le cadre de son projet « Ideal Office ». Fini le lieu de toutes les souffrances, Géraldine et son « Outcast Incorporated » mettait les artistes à la recherche du bureau idéal. Et le travail se transforme en plaisir. Le cadre y fait beaucoup. &lt;br /&gt;Long time no see. Elle est plus radieuse que jamais. On discute de 1000 et une choses et puis une question se pose… &lt;br /&gt;Ce que je fais demain soir ? J’en sais rien. J’hésite. Je voulais m’inscrire à un cours de sophrologie ou de yoga pour oublier que je suis à Paris. Je vais me faire limer les dents qui se sont émoussées après un mois de douceur au bord de la mer ?  Je vais revoir les « Dents de la Mer » pour m’habituer à la ville ? Je vais dévorer du dauphin ? Dépecer un agneau et m’en faire une écharpe pour l’hiver de l’amour Parisien ? &lt;br /&gt;Mais cette Wonder Woman aux faux-air de Marlène Jobert en version punk-rock a bien mieux : un concert d’Adam Green et de Carl Barrat à Beaubourg demain ! C’est elle qui l’organise avec sa boîte de prod toute neuve et bourrée d’idées : « Stage of the art ». &lt;br /&gt;Mon Union Jack au collet, je ne cherche même pas à comprendre si j’ai réellement quelque chose d’important prévu le vendredi 18 au soir ! Je réponds : « Who ??? Yeahhhhh ! Is it ? Amen, sure, amazing, obviously, I will be there ! Of course, on time… great, thanks, thanks so much ! ». &lt;br /&gt;C’est tout-à-l’heure ! J’y cours. Et ça se termine au Chacha. Comme il se doit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6347685715058718147?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6347685715058718147/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-63.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6347685715058718147'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6347685715058718147'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-63.html' title='Episode 63'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-2537201034938048153</id><published>2009-09-26T17:52:00.000-07:00</published><updated>2009-09-27T03:55:47.522-07:00</updated><title type='text'>Episode 62</title><content type='html'>Samedi 12 septembre 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Carte postale. &lt;br /&gt;Instants béats sur une table ronde de café. Place du théâtre à Toulon. Un Perrier. Un café. Mon Ipod. Un feutre stabilo rouge rayé de blanc, comme du dentifrice. Des tas de stylos de toutes les couleurs et de toutes les plumes. Et notamment un collector, la réédition pastelle du Bic-4-couleurs. Un mini carnet signé Anna Sui. Un cahier géant:mon Castelbajac préféré surmonté d’un énorme Union Jack Mondrianesque. &lt;br /&gt;J’hésite entre la lecture du dernier Jalouse et le « Book of Snobs » de William Makepeace Thackeray (1811-1863) : l’auteur de « Vanity Fair » et des « Mémoires de Barry Lindon" qui inspira Kubrick. &lt;br /&gt;Je le prends en main, je le savoure à l’avance. J’en tourne les pages, j’en déguste quelques passages. Il ne perd rien pour attendre, le moment venu je le dévorerai, je le surlignerai, le stabilobosserai, en recopierai des passages. &lt;br /&gt;Qu’est-ce que le SNOBisme ? « un acronyme du mot ‘’Sine NOBilitas’’ ». &lt;br /&gt;Et sinon ? « Un calque du mot anglais ‘’snob’’, cordonnier, désignant dans l’argot de la très huppée université de Cambridge une personne n’appartenant pas à ce monde, puis par extension une personne de ‘’basse condition’’, qui cherchait à se conformer, sans goût ni sens critique, à toute mode hors de sa classe ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme ça, ça a l’air assez inhumain, j’avoue… mais en fait, ça n’a rien à voir. C’est tout sauf quelque chose de méprisant. S’il est question de lutte de classes, Thackeray s’en moque avec bonheur. Ce n’est rien de plus qu’une tranche d’humour à l’anglaise écrite au XIXè. C’est même, de la part de Thackeray, une critique très affectueuse de la société de son temps, et pas seulement de la classe privilégiée à laquelle il appartenait. Car s’il y a une chose à relever dès le début de la lecture du « Livre des SNOBS », c’est qu’il est écrit « par l’un d’entre eux » comme nous le rappelle son sous-titre. Et ces 45 courts textes sont parus sous forme d’amusantes chroniques dans la grande revue british de l’époque Victorienne « PUNCH ». Un joli coup de poing dans les idées reçues. &lt;br /&gt;On y découvre comment certains mangent leurs petits pois au couteau ou encore comment un SNOB a fait fuir un moins SNOB que lui en se curant les dents avec une fourchette deux jours de suite à l’heure du déjeuner dans le très prestigieux Hotel Impérial de Bagnigge Wells. Comment chasser un opportun à coups de fourchettes… donc !&lt;br /&gt;Et si l’on méprise les Snobs et que l’on est convaincu de ne pas en être, Thackeray nous calme un peu : « Le Snobisme, c’est comme la Mort dans une citation d’Horace que vous n’avez, je l’espère, jamais entendue : la mort qui ‘’frappe d’un pied indifférent les masures des pauvres et les palais des rois’’. » dit-il. Et il ajoute que « c’est une grave erreur de juger les Snobs à la légère et de penser  qu’ils n’existent que parmi les classes inférieures. Je suis d’avis qu’on les retrouve en nombre dans chaque strate de cette vie mortelle. Gardez-vous de porter sur eux un jugement hâtif ou vulgaire, car agir ainsi vous désigne aussitôt comme un des leurs. J’ai moi-même été considéré comme l’un d’entre eux. »&lt;br /&gt;Fin observateur des mœurs britanniques de l’époque, Thackeray porte bien son nom : he tries to « MAKEPEACE » ! Il diffuse l’amour d’autrui autour de lui. Alors comment ne pas tomber amoureuse de tendre et incisive la plume de cet humaniste à quelques siècles d’intervalle ? &lt;br /&gt;C’est une analyse claire des comportements sociaux de son temps, quelque chose que j’admire et auquel même, souvent, je m’essaie. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis toujours en terrasse sur ma table ronde varoise. C’est la fin d’une époque. D’un séjour d’un mois d’écriture. Tout-à-l’heure, je prendrai une dernière fois le bâteau. Je me laisserai bercer par l’eau, cocooner par l’air marin. Ma peau essaiera de retenir au maximum toute la vitamine D emmagasinée ici pendant des semaines. &lt;br /&gt;Réenergisée, la peau hâlée, légère  et court vêtue… je me rends de ce pas à la gare acheter mon billet pour Lyon en passant par La Ciotat. Ensuite, je m’installerai sur une autre terrasse pour lire et réfléchir encore en compagnie de mon petit soleil littéraire du jour : Sir William Makepeace Thackeray. Again and again.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-2537201034938048153?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/2537201034938048153/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-62.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2537201034938048153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2537201034938048153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-62.html' title='Episode 62'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7112404791070616944</id><published>2009-09-26T17:39:00.000-07:00</published><updated>2009-09-26T17:40:21.103-07:00</updated><title type='text'>Episode 61</title><content type='html'>Mercredi 05 aôut 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les histoires de diable continuent ! &lt;br /&gt;Mon statut Facebookéen des derniers jours ? « Anaïd cherche un diable et une torche »… et je récupère un diable, mais pas de torche au café des « Phares » ! la réalité est toujours plus belle que la fiction ! J’adore facebook quand il répond à mes questions, me guide dans l’absolu cosmique, suscite des solutions pratiques. &lt;br /&gt;Du virtuel au réel, c’est toujours cette même sensation, ce vertige qui fait que l’on est troublé à l’idée de passer de l’autre côté. Du miroire, ou plutôt de l’écran. Du virtuel au réel, je rencontre Gaylor, un facebooker à l’esprit chevaleresque qui m’apporte un diable et me demande d’où peut bien venir le nom de cet objet curieux. &lt;br /&gt;Je m’improvise etymologiste… ça vient du grec mais aussi du latin et de l’araméen… son nom est directement lié à sa forme : forcément diabolique. Et comme le diable -l’ange déchu- porterait deux cornes sur la tête, le diable est un objet avec deux langues, un objet à la langue bipartite… &lt;br /&gt;Et comme le diable -je veux dire le malin- et mieux encore que les tapis volants, le diable -je veux dire l’objet pratique et serviable- permet des transports faciles, rapides mais evidemment diaboliques. Avec le diable, tout semble rouler, donc. Et les vertiges sont assurés. &lt;br /&gt;Et alors que j’évoque les vertiges mécaniques, mon amour pour l’esthétique mécanique, la vitesse, les chromes, les bielles… tout ça me rappelle que j’avais un oncle qui toute mon enfance et mon adolescence durant vendait de belles motos Yamaha en face de chez moi et que toute la journée durant, je voyais des garçons aux cheveux longs ou courts en sortir et y entrer en combinaison de cuir ultra-graphiques des seventies et en bottes… &lt;br /&gt;Ni une ni deux, Gaylor sait où m’entraîner : à « La mécanique ondulatoire » et je me demande comment j’ai pu rester aussi longtemps sans connaître cet endroit ? Est-ce la goutte de breuvage dorée qui m’a enivrée ou l’odeur de la bière qu’un grand idiot a renversé sur mes bottes de bitch bikeuse et qui me rappelle qu’il y a plus d’un an… un autre grand con renversait une pinte de bière dans mon sac de cuir… celui-ci est un brun chevelu plein de vie qui m’avoue que si j’avais voulu, il aurait bien voulu tromper sa femme avec moi! C’est une déclaration. Ou une offre. Mais la situation mérite-t-elle attention ?  &lt;br /&gt;Ce sont mes derniers jours à Bastille, dans l’un de mes quartiers préférés, dans le quartier historique des bikers ? Je ne résiste pas au T.shirt que porte cet autre grand brun : il représente le Grand Bi, le vélo archaïque emblème du Village du « Prisonnier ». On ne résiste ni au T.shirt ni à la programmation musicale de Topper Harley! &lt;br /&gt;Je reviendrai. Bientôt.&lt;br /&gt;Mais d’abord, pour mieux revenir, il me faut quitter toute cette frénésie. Il me faut partir écrire un livre dans un lieu secret. Volontairement seule. Isolée. Inscrite dans ma bulle, en lettres minuscules. Face l’immensité de la mer, face à l’insondable élasticité de mon écran, face à moi-même. Coincée dans la charnière spacio-temporelle, entre passé-présent et futur. Dans un temps suspendu tant attendu.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7112404791070616944?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7112404791070616944/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-61.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7112404791070616944'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7112404791070616944'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-61.html' title='Episode 61'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7987545244211929597</id><published>2009-09-26T15:50:00.000-07:00</published><updated>2009-09-26T15:52:48.478-07:00</updated><title type='text'>EPISODE 60</title><content type='html'>Samedi 01er Aôut 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Retour furtif dans Paris, entre deux destinations. &lt;br /&gt;On croit toujours que le mois d’aôut -et même dès le 20 juillet-, Paris est une ville désertée où l’art n’a pas le droit de citer… FAUX ! C’est juste une ville qui respire. Qui travaille en terrasse. Au calme. Sans la pression. &lt;br /&gt;Et c’est là, en terrasse, que l’on croise tout le monde. &lt;br /&gt;Les écrivains-philosophes qui préparent leur prochain article ou leur prochain livre ( ;-) Charles P.) Les stylistes qui rêvent à leur prochaine collection  ( ;-) Corinne Cobson), les éditeurs de magazine qui programment leur plan marketing de l’année… et les Artus, un genre tout particulier d’artistes qui fleurit en terrasse du « Bar du Marché ». Quoique j’ai tort de dupliquer Artus, le multiplier comme s’il était une espèce à lui tout seul ! Artus est unique et je l’ai cherché et je l’ai filé une partie de la journée avant de le retrouver là, rue de Bretagne, en terrasse, en compagnie de Corinne chez qui il a très récemment exposé.&lt;br /&gt;Je n’ai jamais connu Artus autrement que rayonnant, souriant et skatant chaque fois sur une nouvelle vague de talent. Mais cette fois, il s’est momentanément séparé de son attribut favori, son skate ! &lt;br /&gt;Au lieu de cela, il traîne derrière lui un autre engin à roulette, un diable ! Et en soi, ce diable n’aurait rien de diabolique s’il ne transportait pas cinq énormes volumes reliés et illustrés du célèbre Dictionnaire Larousse. Ces exemplaires doivent bien dater du siècle dernier, ou même du siècle d’avant qui sait. En soi, ça n’a rien d’exceptionnel, sauf quand on sait pourquoi je le cherche si activement depuis ce matin. Depuis que j’ai pris un café avec l’un de mes galeristes préférés, Axel Dibie, dont la galerie porte un nom chevaleresque, le nom d’un de ses nobles ancètres : Crèvecœur. Et on imagine un chevalier au cœur pur, prêt à se saigner pour faire règner la justice autour de lui !&lt;br /&gt;Je ne sais ni pourquoi ni comment ce nom déclenche toutes ces idées, génère toutes ces images et me fait ainsi voyager dans le temps. &lt;br /&gt;En tout cas, c’est Axel qui m’a rappelé l’existence d’Artus quand je lui ai parlé de mon projet. Je l’ai retrouvé quelques heures plus tard accompagné de son diabolique fardeau qui faisait mystérieusement écho au projet auquel je voudrais le faire participer ! C’est de bon augure.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7987545244211929597?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7987545244211929597/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-60.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7987545244211929597'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7987545244211929597'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-60.html' title='EPISODE 60'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-1381854854417359116</id><published>2009-09-26T15:44:00.000-07:00</published><updated>2009-09-26T15:45:11.060-07:00</updated><title type='text'>Episode 59</title><content type='html'>Mardi 07 juillet 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par hasard, alors qu’il est aux alentours de 14h, j’allume la télé… je passe d’une chaîne à l’autre, je joue avec la télécommande quand le sous-titre m’indique que je suis face à une de mes séries sixties favorite : « Chapeau Melon et bottes de cuir ». Et en un regard, je sais de quel épisode il s’agit. Pourquoi ? Parce que sur cet écran dans lequel Purdey vient d’abattre quelqu’un à bout portant, je reconnais mon vert favori, celui de ma forêt natale! Et justement, c’est un épisode tourné en 77. Aurais-je croisé Steed, enfant, dans les rues de ma ville ? &lt;br /&gt;Il se peut. &lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit, je savoure l’épisode tourné dans la forêt de Montmorency, à Taverny. Il y a plusieurs plans sur la place de l’Eglise, dans les hauteurs, près de la forêt, près du cimetière. Je reconnais la porte de l’Eglise du 13è siècle que j’ai parfois poussé, même avec ma grand-mère. Le banc. La maison Danone. La maison blanche. Et le poumon vert derrière, près de la base aérienne. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est comme un appel. Quelque chose qui vient se greffer sur le quotidien, des expos… un retour aux sources, au calme… c’est l’été, je me retire momentanément. Loin de l’art contemporain mais au plus près de la nature.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-1381854854417359116?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/1381854854417359116/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-59.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1381854854417359116'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1381854854417359116'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-59.html' title='Episode 59'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-9084098235642129794</id><published>2009-09-26T15:42:00.001-07:00</published><updated>2009-09-26T15:42:52.909-07:00</updated><title type='text'>Episode 58</title><content type='html'>Mardi 05 Mai 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« I’m a Barbie Girl in a Barbie wo-o-O-O-orld »… &lt;br /&gt;20h30 tapantes : je suis au Gaumont Opéra, boulevard des Capucines. &lt;br /&gt;Je suis là pour « Barbie Girls », un court-métrage réalisé par Vinciane. Une amie de lycée que j’ai retrouvé par hasard un matin au « First Café », un pseudo café de bikers de province. Très calme et sympathique. Juste en face de chez elle et en bas de chez moi. &lt;br /&gt;C’était il y a 3 ou 4 mois. Je me suis installée à côté d’une table que je croyais vide… puis le serveur a ramené une tasse de thé. J’avais déjà tout déballé, et même si j’aurais préféré être seule, j’avais la flemme de changer de place. Puis j’ai senti une présence familière s’avancer vers moi. C’est alors que j’ai vu une grande fille longiligne débarquer et s’installer à côté de moi. Je n’ai pas pu m’empêcher de la saluer… comme si je la connaissais. Comme si je l’avais toujours connue. Une présence amie. C’est l’effet que ça me faisait. C’était donc tout naturel de la saluer et elle me répond d’ailleurs tout aussi naturellement… Mes mots devancent ma pensée, j’ai le sentiment qu’on se connaît, et je lui dis. Elle me dévisage et est persuadée que non. Me répond même, sincèrement et définitivement « je ne pense pas, non », alors que je suis persuadée du contraire. J’ai une très grande mémoire visuelle. Elle me trompe rarement. Ce sentiment de la connaître persiste en moi. Ces grands yeux, ce regard… &lt;br /&gt;Côte à côte dans ce petit troquet désert, on s’est replongées dans nos trucs…  Et pendant ce temps, ma mémoire checke les différentes étapes de ma vie. &lt;br /&gt;Finalement, au bout de 10 mn, elle passe un coup de fil et laisse un rapide message sur un répondeur : « Salut, c’est Vinciane… et blablabla blablibli… » !&lt;br /&gt;Et pendant ce temps, mon sang ne fait qu’un tour : Vinciane ? Mais j’ai connu une Vinciane dans une autre vie… mais où ? Quand ? J’attends qu’elle raccroche pour m’aider à percer le mystère. &lt;br /&gt;Et on commence alors à recouper nos infos pour en finir avec ce suspens !&lt;br /&gt;La fac ? Tolbiac ? Michelet ? Histoire ? Histoire de l’art ? Non ! &lt;br /&gt;Les Beaux-Arts de Paris ? &lt;br /&gt;Le collège ? Taverny ? Noooooooon ? Alors peut-être le lycée ? L’Isle-Adam ? J’ai cherché… et finalement, quand jai cité L’Isle-Adam… ça a fait tilt et re-tilt chez elle !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On était au lycée ensemble ! Dans la même classe ! Avec Pierre Plancoulaine et sans doute Aurélia Tramasaygues. Christelle Fauche et Karine Surcouf. Fabrice Descamps. Et sans doute Delphine Legendre, Gäel Morange, Laëtitia Fouin, Cécile Guérin, Jeanne Cotteverte…  Je ne sais plus. Nos name-droppings se croisent. Elle me parle d’une Sophie Breton dont je n’ai aucun souvenir et qui serait décédée il y a 10 ans. Une fille très belle. Aucun souvenir. Il faudrait que je revoie la photo de classe. Même pas sûr que je l’ai. Avec tout ce bordel, je ne sais même plus où est le registre dans lequel je consigne tous les noms des gens avec qui j’étais en classe depuis la maternelle… &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On se seraient revues tôt ou tard, Vinciane et moi, puisqu’elle habite en face de d’un de mes cafés du matin. Elle est devenue comédienne. J’ai d’abord cru que c’était juste un hobby… mais, c’est sérieux au contraire et elle a l’air au contraire plus qu’intégré au milieu audio-visuel. Elle pensait que mon impression de la connaître venait de là, puisqu’elle joue dans des téléfilms. En plus, elle a commencé avec des Lelouch, tourné avec des Gamblin, Zylberstein &amp; Co. C’est aussi la voix, l’unique voix, de France 5. Et pour finir, elle aime aussi prendre les commandes de la caméra, elle est réalisatrice. &lt;br /&gt;Ce jour-là, elle m’a parlé du film qu’elle s’apprêtait à sortir et auquel je serai bientôt invitée… et nous y voilà ! Je suis au Gaumont du boulevard des capucines. &lt;br /&gt;Je suis impressionnée par la taille de cette salle qui accueille le court-mètrage d’une de mes connaissances de lycée. Je me demande combien on peut être dans cette immense salle de cinéma bordée de velours rouge et de balcons multiples. Salle comble pour un court, c’est étourdissant. On est porté par les ultra-perspectives du lieu et ramené à l’enfance par le titre du film : « Barbie Girls ».&lt;br /&gt;A quoi s’attendre avec un tel titre ? Je ne suis pas totalement rassurée. Surtout curieuse. &lt;br /&gt;Et très vite, mine de rien, « Barbie Girls » (*+*) me replonge justement dans mes amours gothico-gore de lycée, quand je broyais du noir. La lourde cape malmenée par le vent, une frêle silhouette de corbeau, le teint cadavérique mais l’œil de braise. Du temps où je me croyais échappée d’un tortueux roman de Mary Shelley, pétrie par les atmosphères de Lovecraft, élevée au biberon de Lautréamont… OK, OK je m’arrête, j’m’arrête, j’m’arrête … ! &lt;br /&gt;Les lumières s’éteignent, l’écran frémit, la salle frissonne déjà… ça commence comme un joli conte d’été. Trois copines qui s’embarquent pour une virée à la campagne. C’est chaleureux, intimiste. &lt;br /&gt;On espère tous avoir dans son carnet d’adresses une amie automnale qui nous inviterait de temps à autre à décompresser loin de tout, dans une forêt rousse en plein été indien. &lt;br /&gt;Mais là, il n’est pas question d’aller à la cueillette aux champignons. Vinciane qui joue le rôle de Véro, celle qui invite, celle qui orchestre le week-end dans cette maison de campagne qui dans un premier temps, fait rêver… puis ça tourne au cauchemar. Ça part très vite en vrille. Comme dans nos délires enfantins. Comme dans un conte d’Edgar Allan Poe. Ça fait vite froid dans le dos. &lt;br /&gt;3 comédiennes.  3 amies. 3 « Barbie Girls » of course ! Jolies et insolentes comme on aime. Au lieu de se refiler des noms d’oiseaux, elles s’offrent des surnoms affectueusement grinçants. Chacune d’entre elles est une Barbie bien spéciale : « Barbie-couche-toi-là », « barbie-pas-de-bol »… puis la Barbie très jalouse, névrosée, dépressive, voire possessive, voire psycho !&lt;br /&gt;Captivant, étonnant. C’est un film de 10 mn qui, pendant un bon moment, peut couper tout désir de respirer la framboisette et vivre de la cueillette des fruits des bois entre amis ! &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et pourtant, moi, tout de suite après, je devais me rendre à un dîner loin des néons parisiens. Et bien que je déteste zapper d’une soirée à l’autre, je me suis laissée embarquer dans un dîner chez Nathalie. Un ex-Petit Rat de l’Opéra converti entre autres au design : elle a une galerie qui représente Ron Arad à Paris. Mais seulement voilà, elle vit dans une lointaine banlieue. Enfin… du moins, à une distance que je ne peux pas parcourir à vélo, même à la vitesse de l’éclair! C’est là qu’elle vit avec son mari: un artiste à dreadlocks qui a l’air de tailler ses œuvres dans le réel. Philippe Pasqua peint et sculpte avec ses tripes… ou presque. Et son un immense atelier dédaléen a des airs cliniques. Assez fascinant. Qui sait si quelqu’un n’occupe pas le bloc opératoire pendant que l’on dîne tranquillement au salon? Décidément, c’est ma soirée de chair et de sang. &lt;br /&gt;Entre le mobilier tout en courbes et en spirales, de Ron Arad et les tableaux très grand format et débordant de vie de Philippe…  ses larges coups de pinceaux sur la toile, cette épaisse matière picturale, presque sanguinolente mais aussi tous ses tatoos partout… je me sens dans un environnement plus que charnel, carrément organique.. &lt;br /&gt;Mais malgré toute cette atmosphère très spéciale dès le début de la soirée, rien n’a vrillé… même si je ne suis arrivée qu’au milieu du dîner, même si mon arrivée avec deux heures de retard a cassé le plan de table, tout s’est bien terminé. J’’ai réussi à me faufiler entre Domoina et Séba, tout près de Sandra, à l’opposé du très sympathique Patrick Timsit. Je suis rentrée saine et sauve à la maison. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;*+* : « Barbie Girls », court métrage écrit par Vinciane Millereau et Julien Lambroschini, réalisé par Vinciane Millereau, 2009. Avec Armelle Deutsch, Marie Guillard et Vinciane Millereau. Produit par De Films en aiguille.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-9084098235642129794?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/9084098235642129794/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-58.html#comment-form' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/9084098235642129794'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/9084098235642129794'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/09/episode-58.html' title='Episode 58'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-251091341048953512</id><published>2009-08-05T19:19:00.000-07:00</published><updated>2009-08-05T19:20:29.573-07:00</updated><title type='text'>Episode 57</title><content type='html'>Dimanche 03 Mai 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Last day @ Grand Palais. Quel succès ! L’espace d’expo ne désemplit pas. &lt;br /&gt;Ça ferait presque concurrence à l’expo Warhol juste à côté. On dit avoir atteint des pics de fréquentation. &lt;br /&gt;Et je viens constater du phénomène juste avant la fermeture définitive des portes… d’une expo sans prolongations. Je suis talonnée par l’équipe d’ « EVER », une Web TV qui sort à la rentrée 2009! Plus que jamais, ça fait de moi une Anaïd forEver and Ever, and Ever… &lt;br /&gt;Avec l’appui d’Albane, une brillante « Claudinette » (c'est le nom que je donne aux adorables et très efficaces attachées de presse de chez Claudine Colin Communications !) que j’ai réussi à retrouver malgré ce long week-end de 1er Mai, j’ai réussi à me faufiler dans les coulisses de l’expo sur le tag accompagnée de Roc et de ses deux cadreurs. &lt;br /&gt;Moi qui ai toujours l’habitude de tout faire seule, d’un coup, j’ai le sentiment de faire partie d’un gang. La journaliste semble s’être multipliée ! Photocopiée peut-être même. &lt;br /&gt;Un peu plus loin, Alain-Dominique Gallizia entraîne dans ses explications, le long des murs, un groupe de visiteurs, tous captivés. Hypnotisés ? &lt;br /&gt;Le deal : reproduire au cœur du Grand Palais la sensation d’un couloir de graffiti, d’un souterrain même… Donner la sensation de se faufiler dans une gare désaffectée, de frôler une succession de wagons… je crois que tout y est, même l’éclairage au néon. &lt;br /&gt;Thème imposé : l’amour ! &lt;br /&gt;L’amuuuuuuuuuuuuuur ! L’amour dans le mur ? Un mur d’amour ? Amour, pas mur ? Pas mûr ? Une dure limite ? Clin d’œil à un vieux « Téléphone » que je n’ai pas réécouté depuis les années 80 et que j’écoutais sur mon premier walkman ! &lt;br /&gt;Bref, l’amour : une centaine de graffeurs ont tablé sur le sujet… ils se sont soumis au « mur-mur » décidé par Gallizia. &lt;br /&gt;L’idée a toujours l’air mièvre d’un prime abord et finalement, tout le jeu consiste à surfer sur la vague avec passion. &lt;br /&gt;Et les artistes s’y prêtent avec application en rivalisant de talent et d’imagination. &lt;br /&gt;Et d’ailleurs, au lieu de surfer sur les murs de la ville ou les « cimaises » improvisées d’un wagon de train, les graffeurs ont surfé sur de véritables toiles d’un format déterminé. &lt;br /&gt;Un peu scolaire ? Je trouve ! &lt;br /&gt;Et les œuvres s’enchaînent, sans respiration, sans ponctuation. Toutes les unes à côté des autres. Elles se succèdent, ne laissent même pas à un bout de mur l’occasion de se remettre de tant de messages et de noms. &lt;br /&gt;Mais cette surcharge n’a pas l’air de géner le public. Ça lui permet de se familiariser avec un art auquel il est souvent exposé dans la rue, sans avoir habituellement le temps de s’y arrêter, de s’y intéresser. Il prend ici un sens quasi sacré même… parce qu’on est au Grand Palais quand même, bordel ! &lt;br /&gt;Et comme on est dans l’univers du graff, on n’a pas laissé non plus de répit aux chiottes, tout au fond, presque intégrées à l’espace d’expo. Parce que c’est le premier espace que ciblent nos artistes en évasion. &lt;br /&gt;Car le graff est l’art du fugitif, du noctambule invisible, du chevalier de la night, du justicier au cœur pur… &lt;br /&gt;D’ailleurs, c’est comme ça qu’Alain-Dominique Gallizia fait le lien entre les graffeurs et sa propre condition d’aristocrate. C’est le moment que je préfère dans mon interview avec l’animal face caméra : quand il compare la chevalerie aux graffeurs, quand il fait un trait d’union presque burlesque et pourtant si vrai et si touchant de vérité entre ces deux minorités qui glissent leur sceau sur les murs et marquent leur territoire avec le plus de noblesse possible. Et chaque crew a son propre paraphe. Le graff est clanique. &lt;br /&gt;Et justement, cet architecte s’est enflammé pour le graff et s’est encanaillé en faisant les chantiers. Preuve que les deux espèces fraient sur les mêmes terrains et tentent de faire fleurir les mêmes palissades. La légende est belle. Elle me plait autant que mon lamé argent a plu à ce drôle d’oiseau lors d’un dîner, il y a moins d’une semaine. Il y a eu comme un flash et A-Dom m’a alors demandé de lui rappeler la couleur de mon leggings cosmique au cas où sa mémoire entre-temps flancherait. &lt;br /&gt;Et j’adore sa théâtralité. Et j’en arrive à me demander si c’est ce qui l’a mené à se faire livrer une Aston Martin flambant neuve aux portes du Grand Palais le jour de son vernissage sans pour autant être James Bond ? &lt;br /&gt;Un matricule sur son véhicule, une particule à son nom, et surtout une belle extravagance qui fait que sa « conférence » auprès du public se change en une véritable performance et fait de lui une sorte d’acteur qui n’hésite pas à faire des pirouettes pour mieux mettre en scène son bonheur. Ce sont les dernières visites avant la fermeture et les dernières tirades devant un parterre de visiteurs captivés par tant d’éloquence théâtralisée. &lt;br /&gt;On est pendu à ses lèvres. &lt;br /&gt;Et moi-même, j’arrive à être agréablement sciée pendant l’interview quand Aristocrates et graffeurs se trouvent dans le même panier ! Quel dommage pourtant que la super tirade d’A-Dom sur la noblesse du graff n’ait pas retenu l’attention du cadreur débutant qui nous accompagne. Tellement excité par sa première prestation derrière une caméra, tellement à l’aise qu’il en a oublié le pourquoi et du comment il se trouve là, planté derrière cette caméra, dans ce grand musée qu’est le Grand Palais. Et pendant que Gallizia se voit déjà au Guggenheim à New York avec son expo, notre cadreur du dimanche (car on est bien dimanche, non ?), lui, en a oublié d’appuyer sur le bouton « REC »… trop bête, non ? &lt;br /&gt;Heureusement, j’imprime dans ma mémoire tous ces instants et j’évite de me dire que je ne peux plus encadrer les cadreurs.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-251091341048953512?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/251091341048953512/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/08/episode-57.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/251091341048953512'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/251091341048953512'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/08/episode-57.html' title='Episode 57'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6897217679861132908</id><published>2009-07-31T16:07:00.001-07:00</published><updated>2009-08-05T09:01:30.572-07:00</updated><title type='text'>Episode 56</title><content type='html'>Samedi 02 Mai 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je savoure ma première cerise de l’année, je fais un vœu et je m’offre pour 37 € de très mauvais CD. Par dépit! Parce que je ne rêve que d’un seul et unique CD, et qu’en attendant de l’avoir tout le reste est dépeuplé. Le dernier «&lt;a href="http://www.myspace.com/eightiesmatchboxblinedisaster"&gt;Eighties Matchbox B-Line Disaster&lt;/a&gt;» (EMBLD) doit m’arriver d’un jour à l’autre par le post office anglais. Mais je n’en peux plus de l’attendre !&lt;br /&gt;Le précédent album de mon groupe de Brighton occupe la deuxième place du top 5 de mes albums les plus écoutés de l’année. C’est Pierre Beloüin qui m’a commandé ce classement pour le journal d’&lt;a href="http://www.optical-sound.com/" target="_blank"&gt;Optical Sound&lt;/a&gt;, un journal qui sort à la rentrée en version papier !&lt;br /&gt;En tête de liste de mon top 5 ? J’ai pas pu m’empêcher de glisser Depeche Mode avec « Construction time again » , un album du début des années 80, avec la petite explication qui suit : « ‘’Construction time again’’ parce que le Minimal peut aussi être Brit’, pop et glam… il n’y a pas que Kraftwerk (que j’adore) dans l’histoire de l’électro-minimal. J’’écoute cet album depuis l’âge de 14 ans, il vieillit bien et je le réécoute comme un retour aux sources. J’adore  ses airs old school et surtout son côté « Constructiviste », au sens artistique du terme (Constructivisme Russe, années 20, Bauhaus : beauté de la machine, géométrie, monde graphique…), il continue à m’énergiser et je pense que ça devrait durer jusqu'à la fin de mes jours. »&lt;br /&gt;J’aurais pu mettre leur dernier album que je viens de me procurer, «Sounds of the universe »… mais non ! C’est pas mal mais l’âge d’or des DM n’est pas en 2009 !&lt;br /&gt;C’est vrai que dans mon Panthéon sonore, les Brit’ occupent les meilleurs places. La voix de Dave Gahan et le son de Martin Gore sont gravés en moi comme des empreintes, comme des sillons dans un vynile. Je suis la plaque de réglisse qui tourne et qui vibre sur ce son depuis l’âge de 14 ans. A l’époque, je me partageais mentalement entre Trent Reznor des Nine Inch Nails et Dave Gahan… avec quelques infidélités auprès de Robert Smith. A la fac, ils ont tous été éclipsés, même Dave Gahan… mais je ne sais plus par qui. Jarvis Cocker ? Neil Hannon ? entre autres. Pourtant, j’ai le sentiment que cette voix, celle de Gahan, me constitue en partie, que son rythme, ses syllabes, ses respirations ont influencé mes propres respirations textuelles. Il est toujours là, en filigramme mais Guy McKnight des « Eighties Matchbox » lui brigue la première place depuis quelques temps.&lt;br /&gt;Mais sur son cas, je préfère tout garder pour moi !&lt;br /&gt;Bon, j’ai beau me rêver en chanteuse de Brit ‘pop, je n’en suis pas moins journaliste et critique d’art… et demain, je vais sur les traces du hip-hop en version visuelle puisque j’ai rendez-vous au Grand Palais. Avec Alain-Dominique Gallizia, le curator de l’expo « TAG » pour une interview. L’équipe d’Ever, un magazine qui sera en ligne en septembre prochain et où les reportages vidéo occuperont une place importante seront là avec deux caméras. C’est la dernière de l’expo. Les coulisses quelques heures avant le démontage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6897217679861132908?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6897217679861132908/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-56.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6897217679861132908'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6897217679861132908'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-56.html' title='Episode 56'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-1989898938119550946</id><published>2009-07-31T16:06:00.001-07:00</published><updated>2009-07-31T16:06:57.192-07:00</updated><title type='text'>Episode 55</title><content type='html'>Vendredi 01er Mai 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après une virée dans le 13è où j’ai fait mon plein d’algues et déj chez mon Viet préféré… après un dernier tour dans la mythique Rue Louise Weiss qui n’est plus que l’ombre d’elle-même pour y voir à la Galerie Art :Concept, l’expo perso d’une de mes artistes préférées, Martine Aballéa… je suis revenue dans mes nouveaux quartiers : Bastille-Chemin Vert.&lt;br /&gt;Et pour fêter le soleil et le 01er mai, je change mon statut facebookéen en faisant un hommage appuyé aux Sales Majestés : « Jeeeeee suis fière, fière de ne rien faire, jeeeeeeeee préfère à jamais neeeeee plus rien faire ! ».&lt;br /&gt;Des paroles plus qu’engagées de la part d’un groupe de punk français des eighties qui à mon avis manque sur la scène musicale française !&lt;br /&gt;« Jeeee me suis couvert de boue à rester au garde-à-vous… non je ne crois plus en vous, c’est une histoire de dégoût… »&lt;br /&gt;Où sont les punks ? Où sont donc passés les punks ? Les vrais, pas ceux qui font de pâles imitations des looks hallucinés qu’ils se traînaient dans les rues de Londres contre Miss Thatcher. Est-ce qu’aujourd’hui, on n’est pas plus que jamais en plein « No Future » ? Où sont les héros ? « No More heroes » avaient déjà prédit les Stranglers dans les eighties ? Whatever happened to the heroes ? all the Shakespearoes’ ? They watched their Rome burn… whatever happened to the heroes ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce que Martine Aballéa parle elle aussi d’une sorte de paradis perdu dans son expo chez Art :concept . Qui sait ? Quoiqu’il en soit, c’est beaucoup plus doux, pas punk pour un sou. Pour moi, Martine Aballéa est une sorte de jeune Miss Marple à la française. C’est soit une héroïne de Jacques Demy, une sorte de Delphine Seyrig du monde des arts plastiques, soit une créature d’Agatha Christie avec ses fioles, ses clairs de lune empoisonnés, et ses vieilles dentelles… on jurerait qu’elle nous aurait fait respirer de l’ether !&lt;br /&gt;C’est une Anglo-saxonne débarquée de New York à Paris il y a de cela des années mais il n’empêche qu’elle a toujours l’air de planer quelque part du côté de Saint- Mary Mead ou d’un de ces petits villages anglais parsemés de cottages et de jardins fleuris. D’ailleurs, elle vit dans un atelier magnifique perdu au milieu d’un jardin non moins luxuriant. On pourrait imaginer qu’elle veille là sur des élevages de papillons mais non… les papillons sont plutôt dans sa tête, ce qui fait tout son charme et son talent ethéré.&lt;br /&gt;Son expo Rue Louise Weiss s’intitule « Last lost lake and other series ». C’est une série de paysages très mystérieux, presque fantômes… ils sont recolorisés et s’accompagnent de mots enigmatiques… on est transposés au bord d’un lac, près d’une forêt, dans un univers très à part, dans un passé-présent fictionnalisé… bref, c’est le début d’un roman qui nous fait frissonner d’emblée… c’est ce même genre de sensation que l’on peut ressentir juste avant de sombrer dans le sommeil. Son univers est aussi onirique que léthargique finalement.&lt;br /&gt;D’ailleurs, il y a quelques années, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, elle nous invitait carrément à dormir dans son expo, au musée… était-ce feng shui ? N’était-ce pas ? Il suffisait de s’allonger et se laisser aller dans ce voyage onirique dans lequel les gardiens du musée devenaient les gardiens de notre sommeil. Sinon, elle nous a déjà invité dans des paysages aussi attrayants que Luminaville-les-Bains, une sorte de ville balnéaire avec un Spa… une installation qu’elle a conçu à base de néons…  luninescents comme son nom l’indique !&lt;br /&gt;Certaines de ses affiches reprennent des emballages, jouent avec les titres, nous convient même dans son Club. Un club à l’Anglaise, très fermé. Le « Green Cat Club » dont les membres se comptent sur les griffes d’un chat.&lt;br /&gt;Je me laisse souvent tenter par ces nombreux breuvages aux noms curieux : les eaux vertes et eaux florales, les potions violettes ou les boissons rondes. Quant à ses menus abracadabrants, ils se composent autant de « potage antique » que de « fondants cosmiques » ou autres confits végétal… bref, un régal visuel !&lt;br /&gt;Si elle pouvait ouvrir un restaurant ou un salon de thé, j’y serai très souvent. Quant aux marmitons les plus doués, je pense qu’ils pourraient s’inspirer de ses menus pour créer de nouvelles alchimies gustatives.&lt;br /&gt;Elle a donc conceptualisé un monde tout-à-fait parallèle.&lt;br /&gt;Dans lequel il fait beau, comme aujourd’hui, alors que je fais un retour aux sources pour un café matinal Rue de Charonne, à « La Pause ». J’aurais pu choisir « la Fée Verte » mais je suis là, sous un soleil inattendue. Obligée de retirer mes gants de pilotage, mon blouson de cuir couleur carbone. J’ai juste gardé ma robe Empire couleur Noisette, mes collants pistache et mes bottes de bikeuses légendaires.&lt;br /&gt;Assise sur cette terrasse plus qu’ensoleillée, j’ai peur d’attraper un coup de soleil, un coup de chaud, un coup de love, un coup de beau… je commence même à avoir des hallus. J’aurais dû apporter mon Borsalino. A ma droite, un type qui a sérieusement le menton en galoche m’intrigue… mais non, ce n’est définitivement pas Beigbeder. Et le serveur, là, est-ce que ce ne serait pas Benoît Magimel ? Et là-bas : Louis Garrell ? J’ai rendez-vous avec Guy McKnight. Que fout Edouard Baer avec Vincent Cassel ? Fallait-il mettre un chapeau ? Le même soleil brille-t-il dans le 13è ? Xavier de Moulins est-il dans le coin ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-1989898938119550946?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/1989898938119550946/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-55.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1989898938119550946'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/1989898938119550946'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-55.html' title='Episode 55'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7003332932139342729</id><published>2009-07-31T16:03:00.000-07:00</published><updated>2009-07-31T16:05:49.337-07:00</updated><title type='text'>Episode 54</title><content type='html'>Mardi 28 avril 2009 (partie 2)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et dans tout ce brouillard, je cherche l'arc-en-ciel. Du coup, je me penche dans mon sac et j'y trouve le dernier Technikart + le catalogue de l'exposition "Ecritures Silencieuses" à l'Espace Vuitton + un sachet dans lequel on trouve des pigments pour lèvres Armani ainsi que son pinceau rétractable + un blush Mac couleur Flower Power + un catalogue de Thomas Hirschhorn + un disque dur + le dernier Depeche Mode "Sounds of Universe" + .les "Midnight Juggernauts", "Dystopia" + mon Ipod avec dedans une interview de Carole Chretiennot du Flore fraîchement réalisée pour le catalogue du "Parcours Saint-Germain" + mon mobile, une boîte de mini-feutres Stabilo des fois que de vieilles envies de dessiner ou de colorier me prendraient… et aussi un portefeuille mordoré acheté à paris juste après un voyage à Miami, une bourse rouge achetée à Shanghaï et qui sert d'étui à mon appareil photo + mon "répertoire" aussi lourd qu'un annuaire téléphonique des années 80, mes Wayfarers, mes gants de pilotage taillés dans un cuir de Formule 1… et surtout ma casquette de marin contre la pluie contre la pluie contre la pluie!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si sous cette pluie, je suis chargée comme une mule, c’est pour me stabiliser sur mon vélo de critique d’art. C’est drôle, pas besoin d’être un fin limier pour être capable de décrypter ma journée à travers les communiqués de presse, les catalogues et les magazines que je traîne dans mon sac. Je pense que je ferai la joie d’un détective privé ! Quoique je sois difficile à prendre en filature, on me l’a déjà fait remarquer : trop rapide, trop impulsive, trop imprévisible.&lt;br /&gt;Et là ?  Je reviens donc d'un déjeuner sélect à l'Espace Vuitton organisé par Marie-Ange Moulonguet et Domoina de Brantes. Dans la célèbre cuisine qui surplombe les Magasins Vuitton  de l’avenue des Champs-Elysées. Vue plongeante sur la ville.&lt;br /&gt;Et dans la tête, j’ai le nom de quelques-uns des convives… je ne peux donc m’empêcher de name-dropper deux minutes.&lt;br /&gt;A commencer par notre hôtesse principale à l’Espace Vuitton: Marie-Ange Moulonguet, ainsi que Hervé Mikaeloff. Emmanuel de Brantes, le mari de Domoina, evidemment. Puis Fabrice de Rohan-Chabot avec qui j’ai travaillé à Technikart à mes débuts. Gallizia, Jean Faucheur, Nirit, Dominique Plassart, Nathalie Pasqua, Camille… et d’autres, tous ont un rapport de près ou de loin avec une des familles de l’art, du design, de la musique ou du journalisme.&lt;br /&gt;En guise d’apéritif, j’ai eu tout le temps de déambuler dans la très belle expo du moment : « Ecritures Silencieuses ».&lt;br /&gt;Pas besoin de se munir d’une « Pierre de Rosette » pour déchiffrer les messages laissées par cette quinzaine d’artistes contemporains. Il suffit de se laisser porter. On y trouve l’étrange alphabet de Closky, les installations lettrées de Jenny Holzer, les messages informatisés de Charles Sandison, les phrases murales de Lawrence Weiner, les empreintes d’Ernesto Neto ou les définitions de Kosuth… et on oscille entre sens et non-sens dans cette mise-en-scène monogrammaticale siglée Vuitton. Mais le clou de l’expo est à l’entrée et agit comme un point de départ. C’est les origines de l’écriture qui sont mises en scène derrière de simples vitrines. Ce n’est pas la pierre de Rosette, mais ça en a le parfum. C’est un saut dans l’histoire avec 3 tablettes d’écritures glyphes issues de l’Ile de Pâque restées indéchiffrées depuis la nuit des temps. Le challenge, ce serait de trouver un Champollion, ici et maintenant, pendant l’exposition.&lt;br /&gt;Ça c’était donc un bel apéritif… et en dessert, il y avait la perf de Sun7, un graffeur… mais je l’ai loupé parce qu’il fallait absolument que je file au Flore interviewer Carole Chretiennot pour le catalogue du « Parcours Saint-Germain » : c’est un événement qui se déroule dans le quartier Saint-Germain depuis 10 ans et auquel le Flore participe activement depuis les origines.&lt;br /&gt;L’interview était au top. Une énergie rare circulait entre nous.&lt;br /&gt;Ça a commencé comme si d’emblée, on était de la même famille puisqu’en voyant le dernier Technikart déborder de mon sac, on a tout de suite enchaîné sur des amis communs.&lt;br /&gt;C’est Fabrice de Rohan-Chabot qui venait de me le donner, en exclu avec en couve Houellebecq face à Iggy Pop. Une rencontre saugrenue menée par Benoît Sabatier, évidemment… Saugrenue ou inattendue mais finalement plutôt logique.&lt;br /&gt;Carole y jette un coup d’œil pour y retrouver l’article sur le Prix des Lilas, un Prix dont elle est à l’origine comme le Prix de Flore d’ailleurs. Le Prix des Lilas, qui se déroule donc à La Closerie…des Lilas ( !) récompense un écrivain femme. Le jury est lui aussi exclusivement féminin et surtout, il évolue d’une année sur l’autre. Il fallait y penser.&lt;br /&gt;D’ailleurs, ça nous amène à tous ces débats autour des femmes, de la création et de la pro-création… et au fait que les femmes sont sous-représentées dans un monde où les hommes se cooptent naturellement depuis la nuit des temps, reléguant la femme aux fourneaux finalement. Et du coup, cette année, ça donne « Elles » : une relecture en version féminine de la Collection du Musée d’Art Moderne au Centre Pompidou. Louise Bourgeois, Gina Pane, Annette Messager, Dominique Gonzalez-Foerster…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais je m’éloigne un peu là… on retrouve donc l’article en question sur le Prix des Lilas dans les premières pages de Technikart. On en profite pour parler d’un ami commun, mon ex-rédac-chef à Tech, Raphaël Turcat humblement surnommé « Turcatausore » pour son regard d’acier et ses coups de sang légendaires, intempestifs et enflammés. Un très tranquille cracheur de feu à la tête d’une rédaction, en somme !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On enchaîne sur l’interview avec Carole. Elle me parle bien sûr du Parcours Saint-Germain, des Prix de Flore et des Lilas, de ses parents qui ont fondé le Flore. On parle d’art, d’amour et de son amoureux : un artiste justement. Je ne peux m’empêcher de lui demander qui est ce mystérieux artiste dont elle dit qu’il est trop chèr pour qu’elle ne le collectionne mais dont elle est absolument fan… forcément ! Mon sang ne fait qu’un tour quand elle décline son identité : c’est Philippe Perrin !&lt;br /&gt;Mais bien sûr que je le connais !&lt;br /&gt;Lui dirais-je ? Ne lui dirais-je pas ?&lt;br /&gt;On continue cette interview dans les bureaux du Flore. J’ai loupé le Prix des Lilas mais l’année prochaine, c’est sûr, j’y serai. On parle des artistes qu’elle collectionne, ou de ceux qui l’ont marquée ces dernières années, ainsi que ceux qui ont participé au Parcours en direct du Flore. Claude Rutault, Erwin Wurm, Natach Lesueur. Cette années, ce sera Guy Limone qui comme son nom l’indique est entre autres un adepte de la couleur jaune. Il collectionne d’ailleurs des carrés de couleurs qu’il trouve dans les magazines ou les prospectus. Il en fait des œuvres rangées par couleurs, avec leurs variantes. Ce sont comme des panoramas chromatiques. Des posters, presque des tapisseries dont on aime se perdre dans les détails.&lt;br /&gt;Tout est fluide entre Carole et moi. C’est une véritable rencontre comme on les aime. Pleine d’énergie. A chaque idée que l’on échange, on a un million de choses en commun !&lt;br /&gt;… mais pour Philippe Perrin… lui dirais-je ? Ne lui dirais-je pas ?&lt;br /&gt;Bon, en tout cas, Guy Limone réalisera les sets de table lors du Parcours… je lui dis qu’une partie de mon mémoire de maîtrise en histoire de l’art et en esthétique était justement consacré à cet artiste qui, en 92 déjà, était à la Galerie Perrotin, « MA galerie » !&lt;br /&gt;… et pour Philippe Perrin… je lui dis ou je ne lui dis pas ?&lt;br /&gt;A la fin de l’interview, n’y tenant plus, je me lance dans une explication. Je rappelle mes débuts à Technikart, dans la rubrique Arts… he, bien, il y a eu une période où il y avait une chronique intitulée « Que sont-ils devenus ? »… où j’avais eu l’idée saugrenue d’y insérer Philippe Perrin qui n’avait pourtant jamais disparu. Mais moi, dans les expos et ailleurs, je trouvais qu’il n’était pas assez présent à mon goût. Alors je m’étais débrouillée pour le joindre et faire cet article sans réellement lui dire de quoi il s’agissait… et, apparemment, il ne l’avait pas totalement apprécié. Il avait cherché à joindre Turcatausore… bon, des années plus tard, ces deux-là sont totalement amis et cette histoire est devenue une grande blague entre eux. Mais je ne suis pas sûre que les murs de Tech n’aient pas tremblé sur le passage d’un Perrin plus qu’enervé venu secouer les puces d’un Turcat plus qu’innocent dans cet affaire ! Et aujourd’hui, bras dessus bras dessous, tout le monde se marre encore en évoquant de temps à autre cette histoire alanguis sur la terrasse ensoleillée du Flore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7003332932139342729?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7003332932139342729/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-54.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7003332932139342729'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7003332932139342729'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-54.html' title='Episode 54'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8272677424082557099</id><published>2009-07-31T16:02:00.000-07:00</published><updated>2009-07-31T16:03:06.789-07:00</updated><title type='text'>Episode 53</title><content type='html'>Mardi 28 avril 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pluie. Soleil. Pluie… soleil, pluie pluie pluie et re-pluie. Sur mon vélo, je passe entre les gouttes avant de me réfugier au « Rouquet », au coin de la Rue des Saints-Pères et du Boulevard Saint-Germain. Presque un lieu de pèlerinage.&lt;br /&gt;Je fréquentais ce café en 93-94. Du temps de « L’Hiver de l’Amour » au Musée d’Art Moderne de la ville de Paris. Du temps où je faisais un stage version extended chez Purple… quand ça s’appelait encore « Purple Prose » et  que les locaux se situaient à côté, dans la Rue des Saints-Pères.&lt;br /&gt;A l’époque où je passais mon temps entre mes cours à Michelet en Histoire de l’art, mes escapades aux Beaux-Arts de Paris pour y pirater des cours de dessin et d’art… et « Purple ». Dès les premiers numéros, de parfaits inconnus faisaient la couve : Victor &amp;amp; Rolf, Vanessa Beecroft, Mariko Mori… et autres obscurs personnages que le comité de rédaction -composé d’Elein Fleiss, Olivier Zahm, Bernard Joisten et Dominique Gonzalez-Foerster entre autres- ne craignait pas de mettre au premier plan !&lt;br /&gt;Les bureaux de Purple, c’était l’appart d’Elein. Olivier était son petit ami et le co-rédac-chef de cette revue que tout le monde trouvait illisible mais que tout le monde surveillait de près. Très vite, c'est d'ailleurs Christophe Brunnquell qui s'est amusé à rendre la maquette encore plus illisiblement lisible. Aujourd’hui, après avoir rafraîchi la DA de tous les journaux branchouilles, il est au Figaro… ne me demandez ni comment ni pourquoi.&lt;br /&gt;Bon… à la même période Emmanuel Perrotin venait d’ouvrir une petite galerie qu’il appelait « MA GALERIE » et personne ne le trouvait sexy. Sa galerie et son appart’ confondus, il occupait l’un des foyers de l’art Conceptuel et Minimal, l’ancien appartement de Ghislain Mollet-Viéville… et dans SA galerie, ses regards lubriques déshabillaient les filles de passage.&lt;br /&gt;Mais encore ?&lt;br /&gt;C’était peu de temps après l’ouverture de la Galerie Jennifer Flay, Rue Debelleyme… et avec elle, deux autres galeries faisaient partie du nouveau PAF, Paysage de l’Art Français : Anne de Villepoix, et Fabienne Leclerc en duo avec Christophe Durand-Ruel à la Galerie des Archives.&lt;br /&gt;C'était donc un ou deux ans après le lancement des 3 revues de l'art, 3 revues générationnelles&lt;br /&gt;… "Purple prose", l'ancètre de Purple Sex ou de Purple tout court, dirigé par Elein et Olivier.&lt;br /&gt;… "Documents sur l'art" dirigé par Nicolas Bourriaud, Eric Troncy et toute la bande des "Perpendiculaires" : Jean-Yves Jouannais &amp;amp; co… et beaucoup d'autres.&lt;br /&gt;… "Bloc Notes", un truc orange comme un bloc-notes Rhodia. Un bloc notes de l’art donc, dirigé par Armelle Leturq et…  Frank Perrin, ex-meilleur ami de fac de philo d'Olivier Zahm. Une revue qui n'est pas restée orange comme un Rhodia et qui a très vite cessé de s'ouvrir comme un bloc notes, puis un beau jour qui a carrément muté. Ce jour-là, on était à la fin des années 90, la revue s'est transformée en magazine, s'est rebaptisé "Crash", a développé sa partie fashion et on a alors commencé à fréquenter les soirées "Parano"!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et Nicolas, Frank et Olivier étaient les 3 mousquetaires désunis de la critique d’art. Tous pour l'art et les artistes, malgré eux. Tous ex-étudiants en philo, très inquiets d'esthétique. Forcément.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon… où en étais-je?&lt;br /&gt;Le Rouquet. derriere la vitre: pluie et soleil s'enchaînent comme dans une blague météo.&lt;br /&gt;Mon Ipod est branché sur Benjamin Biolay: "A l'origine, il n'y avait pas d'Anthrax. A l'origine, il n'y avait pas de grippe porcine, ni de risque de pandémie…". Il y avait d'autres choses: des dinausores très menaçants qui me ramènent à "La Force de l'art" au Grand Palais où je suis allée hier. Ça me fait penser à l'œuvre de Virginie Yassef: trois griffes qui me dépassaient sur une cimaise verte haute comme le monolithe de "2001, L'Odyssé…". Une œuvre issue d'une BD genre Adèle Blanc-Sec. Une griffe quidaterait de 140 millions d'années. Une trace de "pétorosaure" je crois. Une sale bestiole, une sorte de dragon volant que je n'aimerais pas croiser le soir en rentrant.&lt;br /&gt;Et dans tout ce brouillard, je cherche l'arc-en-ciel. Du coup, je me penche dans mon sac et j'y trouve le dernier Technikart + le catalogue de l'exposition "Ecritures Silencieuses" à l'Espace Vuitton + un sachet dans lequel on trouve des pigments pour lèvres Armani ainsi que son pinceau rétractable + un blush Mac couleur Flower Power + un catalogue de Thomas Hirschhorn + un disque dur + le dernier Depeche Mode "Sounds of Universe" + .les "Midnight Juggernauts", "Dystopia" + mon Ipod avec dedans une interview de Carole Chretiennot du Flore fraîchement réalisée pour le catalogue du "Parcours Saint-Germain" + mon mobile, une boîte de mini-feutres Stabilo des fois que de vieilles envies de dessiner ou de colorier me prendraient… et aussi un portefeuille mordoré acheté à paris juste après un voyage à Miami, une bourse rouge achetée à Shanghaï et qui sert d'étui à mon appareil photo + mon "répertoire" aussi lourd qu'un annuaire téléphonique des années 80, mes Wayfarers, mes gants de pilotage taillés dans un cuir de Formule 1… et surtout ma casquette de marin contre la pluie contre la pluie contre la pluie!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8272677424082557099?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8272677424082557099/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-53.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8272677424082557099'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8272677424082557099'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-53.html' title='Episode 53'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4633181430611957617</id><published>2009-07-31T15:56:00.000-07:00</published><updated>2009-07-31T16:00:54.527-07:00</updated><title type='text'>Episode 52</title><content type='html'>Jeudi 09 Avril 2009&lt;br /&gt;Sept mille dollars en petites coupures, c’est tout ce qu’il aura gagné !&lt;br /&gt;C’est la crise ? Gianni Motti expose son budget sans l’exploser à la Ferme du Buisson !&lt;br /&gt;7000 billets d’un dollar = 7000 dollars. Et en €uros ? On ne pratique plus la conversion, ça n’a plus de sens. En dollars, c’est pas du lourd, mais symboliquement, ça paie ! C’est comme trouver un puits de pétrôle. C’est l’Amérique ! En dollars, c’est historique, hystérique et mythique… car on le sait tous, rien n’est plus beau qu’un billet vert.&lt;br /&gt;Surtout quand on se trouve loin de Paris. A Noisiel ? C’est beau… juste parce que c’est vert. Pas parce que 2009 rabats-joie me répètent à tout va tous les jours et par tous les média, tous les moyens qui soient que… c’est la crise c’est la crise c’est la criiiiiiiiiiiise !&lt;br /&gt;Alors suspendus sur des fils à linge, un par un, côte à côte, presque militairement alignés, on cherche presque inconsciemment à les attraper.&lt;br /&gt;C’est la Motti Tentation ! Certains étendent leur linge sale, lui, il étend du billet vert dont on ne sait s’il a été préalablement « blanchi ». Plus vert que blanc ? Il nous fait tâter le dollar de l’œil!&lt;br /&gt;Haut les mains ! Ça m’inspire un hold-up !&lt;br /&gt;A un mètre au-dessus de nos têtes, ils ont l’air de nous attendre et nous, on a le sentiment qu’on n’a qu’à sauter pour les attraper.&lt;br /&gt;On pourrait en faire des aéroplanes ou des cocottes en papier. On pourrait réévaluer nos désirs, rêver qu’on plane vers l’American Dream reconstitué. Vers une certaine idée de la réussite. Des dollars en espèces plus trébuchantes que sonnantes.&lt;br /&gt;Et par ce grand soleil, après des heures de diligence à travers la cambrousse, on a fini par atteindre « La Ferme du Buisson » à Noisiel pour le vernissage. Et même après avoir bravé tous les dangers, on se sent toujours trop petit ou pas assez athlétique pour les atteindre ces fouttus billets. Mais on se fait son grand western quand même. On imagine que la tête de Gianni Motti a été mise à prix et qu’un chasseur de primes est sûrement à ses trousses.&lt;br /&gt;Parce que le connaissant, il a dû mettre au point quelque chose, préparé un coup. Mis une bande de hors-la-loi sur les traces de ces 7000 billets verts. Et en temps utile, ils viendront dévaliser « La Ferme » comme une « Bank ». Et il n’y aura pas un sheriff pour arrêter ces cow-boys doués de la gachette !&lt;br /&gt;Un peu plus tard dans la soirée, on s’est dirigés vers le saloon pour nouer quelques intrigues en compagnie entre autres de Philippe Jousse et Frank Perrin. L’ex-galeriste de Gianni d’un côté, et le rédac-chef du magazine Crash de l’autre. L’ex-trio infernal. On s’est rappelées les premières années de « Crash ».  A la belle époque. Avant 2001. Avant « LA crise »… avant LES crises. Quand on faisait du rodéo Rue Louise Weiss et qu’on n’avait pas besoin d’attraper une Winchester à canon scié et attaquer la diligence pour vivre son western de l’art contemporain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4633181430611957617?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4633181430611957617/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-52.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4633181430611957617'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4633181430611957617'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-52.html' title='Episode 52'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-5608849227722330027</id><published>2009-07-29T17:53:00.002-07:00</published><updated>2009-07-29T17:54:10.272-07:00</updated><title type='text'>Episode 50</title><content type='html'>Dimanche 05 Avril 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce n’est pas un château cette fois mais plutôt un lieu aux airs sacrés dans lequel Alexis Vaillant s’est niché. Et cette espèce d’immense temple païen aux murs voûtés, et aux croisées d’ogives, ce n’est pas une cathédrâle gothique mais les Entrepôts Lainé à Bordeaux… transformés depuis des années en centre d’art contemporain. Le CAPC.&lt;br /&gt;C’est ici que j’ai vu pour la première fois une exposition perso de Matthew Barney en 1992. C’était le début de la série « Cremaster », du nom du muscle qui permet la montée et la descente des testicules. Le premier épisode de  l’épopée, « Cremaster 4 » avec son esthétiques très années 90, reste d’ailleurs malgré moi mon préféré. Ça se passait sur l’Ile de Man, une île peuplée de personnages mi-hommes et mi-Bélier et où se déroulait une étrange course automobile. Et quelques années plus tard, j’y ai vu « Traffic », une expo de Nicolas Bourriaud qui mettait en pratique la fameuse « Esthétique relationnelle » dont il avait théorisé dans un livre ou dans des textes juste auparavant.&lt;br /&gt;Comme quoi je ne vais pas à Bordeaux très souvent mais toujours pour des bonnes raisons !&lt;br /&gt;C’est donc là, au CAPC, dans l’une des ailes de cet immense vaisseau qu’Alexis Vaillant, curator glam-rock de son état, a planté le décor de son « Opéra Rock » dont le premier rôle a été confié à l’artiste Jean-Luc Blanc.&lt;br /&gt;C’est une « Rétrospective collective », j’adore l’expression… Encore une idée originale d’Alexis ! Combien y-a-t-il de commissaires d’expo réellement ludiques, talentueux et inventifs dans le Paysage Artistique Français ? Peu, trop peu ! Et chaque fois, je m’immisce dans ces expos comme si j’allais vivre une palpitante aventure fin de siècle… et chaque fois, c’est le cas. Comme « Legend » à Chamarande ou « Le voyage Intérieur » il y a quelques années à l’Espace Electra à Paris. Chaque fois, en sortant de là, je renais à l’art contemporain. Parce que l’art peut finir par tuer, surtout d’ennui. Avec Alexis, c’est donc l’effet inverse assuré.&lt;br /&gt;Il a inventé la « Rétrospective collective » autour de Jean-Luc Blanc parce qu’il a invité tous les artistes qu’il aime et dont l’univers est proche de celui de Jean-Luc… parfois à ce point qu’on se demande qui a déteint sur qui ? Personne, c’est juste une communauté d’esprit probablement, parfois même le fruit du hasard. Et ça donne un « opéra rock » comme au cinéma, puisque Jean-Luc est un passionné de cinéma. Un amoureux des images cinématographiques, un artiste qui se fait son cinéma en se passant et se repassant les séquences des films qu’il aime. On a l’impression qu’il découpe chirurgicalement toutes les images d’un film qu’il aime, s’attarde sur un détail, focalise, en fait une obsession. Comme un psyco-killer. Et une par une, il isole sa collection d’images, les redessine à sa guise, selon ses désirs et ses fantasmes! Puis il les réenvisage, les recharge d’un sens qui lui est personnel, les recompose et leur fait peut-être même l’amour. Ça crée des dessins et des tableaux étranges hantés par des regards lunaires et habités, des poses éloquentes, des creux d’épaules inspirés, des attitudes ambiguës… on est troublés. On essaie de deviner ce qui se cache derrière le plissement d’une robe ou dans le pli d’un coude… personne pour nous répondre Surtout pas Jean-Luc Blanc. Quant à ce serpent, ce boa ou ce cobra géant qui nous attend au bas de l’escalier, il semble nous donner la direction, nous indiquer la marche à suivre. Sur les conseils de cet être empaillé, on emprunte l’escalier, on pousse une porte … et là, une vingtaine d’artistes vient dialoguer avec l’univers en 2D d’un artiste qui nous fait décoller.&lt;br /&gt;Parfois ce sont des amis à lui comme Michel Blazy, son voisin d’atelier qui passe son temps à glorifier la pourriture et, en utilisant des denrées perissables dans ses œuvres, voue un culte à la vie par la même occasion ! Par exemple ces œuvres recouvertes de Danette chocolat et dévorées par les souris de son atelier sont un hymne à la vie, au vivant et à l’éphémère.&lt;br /&gt;Et moi, je suis entrée comme une somnambule dans cette expo plongée dans une semi-obscurité et hantée par des regards : ceux des portraits de Jean-Luc. J’ai avancé à pas feutrés dans ces salles voûtées et ponctuées par d’immenses paravents en laqué noir. Des paravents percés par des lumières vertes ou rouges qui cachent l’entrée de quelques salles secrètes.&lt;br /&gt;Sur mon chemin, le long de ces salles aux noms enigmatiques, j’avais pour seul guide des sons digne d’un grand film de suspens ou d’un thriller. Noir et blanc, plan intérieur, puis plan serré sur un regard, et mise au point sur des vanités : des crânes en série réunis par Jean-Luc Verna, accrochés au mur comme une collection d’amulettes. Et dans des vitrines dignes du museum d’histoire naturelle, d’autres objets semblent s’ennuyer depuis des siècles : des antiquités, des bijoux rares, des cristaux vrais ou faux… Une tête de canard bleue, un portrait de Molinier, une boîte à faux-cils et d’autres curiosités comme cette dent de vache sculptée en forme de crâne. A faire froid dans le dos. C’est l’œuvre de Laurent Le Deunff, un bordelais qui a aussi réalisé une autre vanité à l’aide d’une année de rognures d’ongles. Mais il semble aussi beaucoup s’intéresser au monde animal puisqu’un drôle d’animal en toile de jute et en paillettes qui ressemble à un canasson ou un bœuf est étendu au sol. Mort ? en tout cas, il n’a pas l’aplomb et la vivacité de la Licorne de Janine Janet, un sculpteur qui a jadis réalisé des décors pour des films de Cocteau. Quant à Brian Griffiths, il donne vie à de simples meubles rustiques. Il y a aussi les recompositions Surréalistes et poético-mystiques de Bruno Pelassy, un décor théâtral de Lothar Hempel, une eau-forte de Victorien Sardou, un remake pasolinien de « Body Double » signé Brice Dellsperger, des araignées, une bibliothèque Noire, un squelette tout en éponge qui semble imiter Nefertiti, un trognon de pomme ensanglanté… et toutes ces présences, ces ombres et ces regards qui en disent long. C’est une expérience plus qu’une expo et on en sort pas indemne… parce qu’on est pas sûr ensuite d’être capable de supporter la platitude et la médiocrité de beaucoup d’autres expos.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je suis repartie de là avec un nom en tête, celui de cet artiste Bordelais qui n’était même pas à Bordeaux pour l’occasion… quel dommage ! Laurent Le Deunff. Il a réalisé d’autres sculptures animales pour le Capc que l’on peut apprécier sur la terrasse : un ours, un morse, un élan… qui nous rappellent les boîtes de Pez de l’enfance.&lt;br /&gt;Pour la peine, j’appelle un autre Laurent. Un laurent de mon au-delà artistique justement. Laurent Monteau. Un ex qui s’est installé à Bordeaux.&lt;br /&gt;Dans la ville de notre adolescence, il faisait pousser de l’herbe sur le toît de chez ses parents… et maintenant, en toute logique, il fait pousser des vignes ! Peu importe le plant, pourvu qu’on ait l’ivresse ! Il est devenu vigneron. J’adore l’idée et dans la soirée, Place des Chavrons, on fêtait nos retrouvailles avec le vin de son cru, Anne-Ly. L’Anne-Ly de Laurent n’est pas l’Ann Lee virtuelle de Pierre Huygue et Philippe Parreno. C’est une Anne-Ly plus charpentée, plus corsée, avec même quelques notes acidulées dans sa robe… son nom est un hommage à la grand-maman du garçon !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et hier, Place de l’Opéra, j’ai savouré mon jus de fraise en terrasse, en attendant l’heure de mon train. Puis j’ai débarqué à Paris vers 18h. Objectif : retrouver Kathy et faire quelques vernissages avec elle… notamment l’exposition de la Galerie Crèvecœur, « Overlap » co-curatée par Axel Dibie et Agnès Violeau.&lt;br /&gt;Et sur le chemin de l’expo, elle me résumait son voyage à New York. On ne s’était pas vues depuis 15 jours. Elle avait même pensé à me ramener le fameux dentifrice Tom Of Maine… parfum canelle, bien meilleur que Gingermint.&lt;br /&gt;De mon côté, je lui ai raconté ma journée à Bordeaux et surtout l’expo d’Alexis… tout ça pour en arriver à Laurent Le Deunff. L’énigma    tique Laurent Le Deunff, le type qui avait sculpté une dent de vache et collectionné une année de rognures d’ongles pour composer un crâne qui a l’air en ivoire. Qui pouvait-il être ? Un neurasthénique ? Un maniaco-dépressif ? Un obessionnel ? enfin, surtout un artiste ! Et Kathy comme moi, on s’était arrêtées sur le même.  Sur le chemin, dès les premières minutes de nos retrouvailles pour se rendre Rue de Malte, on en parlait déjà… Puis arrivées à bon port, à la Galerie Crèvecœur pour « Overlap », Axel est en train de discuter avec un type… et il nous le présente : Laurent Le Deunff ! c’était tellement incroyable, on venait de l’évoquer avec Kathy un quart d’heure plus tôt et je n’avais pas arrêté d’y penser la veille, à Bordeaux, au CAPC!&lt;br /&gt;Je ne cherche aucune explication rationnelle ou irrationnelle à tout ça… la vie est bien faîte, c’est comme ça !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ensuite, j’ai filé au Centre Pompidou pour le concert de Genesis Breyer P.Orridge. Un évènement. Musique, mystique et transsexualité.&lt;br /&gt;Aussi talentueux est-il, Genesis Breyer P.Orridge a l’air de traîner un perpétuel mal-être. Il a fait de son corps un work in progress, un chantier artistique. La bedaine du buveur de bière et les seins de la rombière. Un drôle de mix ! Quelque chose entre féminin et masculin qu’il saupoudre de culture new age, de mystique cosmique et de punk-rock millénariste. Il a inventé la pandrogynie : une sorte de fuite en avant qui consiste à devenir trait pour trait ou à peu près l’objet de son désir. Comme si l’âme et le corps se révulsaient, se fuyaient perpétuellement…&lt;br /&gt;Il explique qu’habituellement, un homme et une femme, lorsqu’ils s’aiment, recréent un troisième être. Organiquement s’entend ! Ils l’ont d’ailleurs créé avec sa défunte femme, c’est Caress, une jolie fille en chair et en os.&lt;br /&gt;Mais eux ont surtout créé le pandrogyne, un être mi-homme mi- femme, la combinaison subtile des qualités de deux êtres éperduement amoureux l’un de l’autre… une combinaison « chirurgicale » s’entend.&lt;br /&gt;Depuis quelques années, Mister P.Orridge cherche donc, opération après opération, à ressembler à feue sa compagne Lady Jaye. Une quête désespérée qui sonne comme un suicide physique. Une débâcle.&lt;br /&gt;Difficile de se dire que cette étrange créature est l’un des fondateurs de Throbbing Gristle, et de Psychic TV, 2 groupes de musique industrielle. Un type qui a inspiré l’inventif Aphex Twin, le corrosif Trent Reznor, fondateur et chanteur de Nine Inch Nails et producteur de Marilyn Manson… mais aussi William S. Burroughs et Brian Gysin, brillants écrivains beatniks et donc sous influence.&lt;br /&gt;J’ai suivi le show de près et d’un coup, je me suis rappelée à quel point il était bon de se sentir bien dans son corps, dans sa tête et dans son genre. Je me suis demandée si ce personnage me mettait mal à l’aise… mais non, même pas. Je me demande juste quel malaise et quel mal peuvent nous mener à faire de son corps un terrain de jeux et d’expériences pour des Frankenstein du XXIè siècle.&lt;br /&gt;D’un coup, j’ai eu envie de me prendre dans mes bras et de m’embrasser. La narcisso-mégalomanie Vs la Pandrogynie !&lt;br /&gt;J’ai filé retrouver Kathy et j’ai croqué mon dîner à pleines dents histoire de me rappeler que j’étais bel et bien en vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-5608849227722330027?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/5608849227722330027/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-50_29.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5608849227722330027'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/5608849227722330027'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-50_29.html' title='Episode 50'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8240998117493442718</id><published>2009-07-29T17:53:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:53:31.425-07:00</updated><title type='text'>Episode 49</title><content type='html'>Samedi 21 Mars 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Gare de Poitiers. Retour du Confort Moderne !&lt;br /&gt;Bah ouais… il n’y a pas que London, Shanghaï, Dubaï, New York et Warhol dans la vie ! Il y a aussi Poitiers et le Confort Moderne de Poitiers dirigé de main de maître par le très preux Yann Chevallier. C’est le DA des expositions. Elégance, nonchalance, discrétion, loyauté, goût et force de conviction… il a les vertus que l’on attend d’un Chevallier de son rang et de son temps.&lt;br /&gt;Et chaque fois que je reprends le train en direction de Poitiers… je repense à cette fameuse année où il avait organisé un rallye de mini-motos pour deux artistes dont j’apprécie le travail et le sens de l’humour : Bertrand Lacombe &amp;amp; Sophie Dejode, un duo effervescent apparemment mal compris en France.&lt;br /&gt;Ça arrive souvent ce genre de truc. Dès que les mecs ne sont pas passés par les voies habituelles de l’art, dès qu’ils n’ont pas fréquenté telle ou telle école d’art, qu’ils n’ont pas été adoubé par tel ou tel critique d’art, tel artiste ou tel messie… ils sont mal aimés par la Mafia de l’art, on se méfie d’eux, on est frileux à leur égard, puis on tente de les ostraciser à petits feux !&lt;br /&gt;Bon, en tout cas, ces deux-là reviendront au premier plan un jour ou l’autre, ils ont trop d’énergie pour se laisser oublier si facilement. Leur projet est un work in progress autour d’une utopie, un micro-état de leur invention auquel d’autres artistes peuvent se joindre : « Floating Land ».&lt;br /&gt;Et donc, Yann avait présenté une partie de « Floating Land » en 2004 : d’incroyables install, des engins de toutes sortes, des habitats. Une sorte de village donc doté de son Kippen Burger où l’on pouvait se restaurer tant organiquement que spirituellement… un clin d’œil pop coloré à l’artiste Kippenberger, of course ! Et dans les rues de ce village, une course de mini-motos avait été ni plus ni moins organisé. Fonçant à travers brouillard et gros temps, avalant les distances, dévorant les étendues, triomphant de tous les obstacles, les "fous du volant" dans leur éternel poursuite à travers les lieux d’exposition n’étaient autre qu’une vilaine petite bande d’artistes comme on les aime bien sûr ! Et parmi les très méchants et impartiaux arbitres, il y avait moi et mon Polo noir frappé à mon effigie. Je l’ai gardé comme un trophée, les lettres de mon nom se détachent encore blanc sur noir. Je ne sais plus qui a remporté le Trophée… mais c’était peut-être comme à l’Ecole des Fans et comme chez Pierre de Coubertin, tout le plaisir était sûrement dans la participation !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ça c’était il y a déjà 5 ans ! depuis je suis retournée de nombreuses fois au Confort Moderne de Poitiers mais jamais au Futuroscope. Est-ce que c’est grave, je ne sais pas… j’ai bien failli y aller avec Théodore Fivel, Koudlam et Alice, Michael Portnoy… &amp;amp; co ! Portnoy est un de ces artistes hallucinants, un performer qui performe comme il respire dans le sens où c’est sa nature. C’est un exalté. Tellement exalté qu’il a halluciné Bob Dylan durant la cérémonie des Grammy Awards en 98 ! Il suffit d’aller faire un tour sur Youtube pour se rafraîchir la mémoire. Il était là pour danser dans son coin sans faire de vague pendant que Dylan chantait et d’un coup, animé par on ne sait quelle diablerie, il enlève sa chemise et se met en transe ! En lettres flamboyantes, « Soy bomb » se lit sur son poitrail. Et depuis tout ce temps, la bombe en question est indomptable, elle n’en finit pas de nous servir avec éclats ses performances de chanteur, acteur (dans « Concrete castle », le projet de Rita Ackermann par exemple), mais aussi « installateur »… et tant pis si le mot que je viens d’inventer sur place est très très moche !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette fois, dans le genre onirique, baroque et musclé, il se produisait avec David Adamo au Confort Moderne. Adamo, c’est une sorte d’homme de Cro-Magnon miniature qui invite son public à marcher sur ses œuvres composées de battes de base-ball ou admirer ses machettes, et autres discrets objets fictionnellement chargés. Face à lui, l’élastique et athlétique Portnoy nous convie à ses tables de jeux, ce genre de tables de jeux où l’on laisserait probablement sa chemise d’ailleurs ! Il nous implique dans le scénario sonore d’un héritier de Boris Vian… Imprévisibles l’un comme l’autre, pour le vernissage hier soir, ils nous ont mené par le bout du nez, au son de la harpe et du xylophone, ils nous ont initié à un drôle de rituel pyrogravé… ça résonne encore en moins. Le seul problème dans tout ça, c’est qu’ils n’avaient pas réussi à trafiquer la météo. Il ne pleuvait pas mais j’ai eu froid froid froid. Ça a presque gâché mon amour pour la harpe, le xylo et les perf bien disjonctées.&lt;br /&gt;Quant à Koudlam, il s’est chargé de nous réchauffer durant le concert qui a suivi. De sa voix caverneuse et abyssale qu’il pose sur une electro-symphonie bien à lui, il nous a fait décoller. C’est étrange, c’est intimiste, familier et pourtant si nouveau, à la fois grave et léger, fragile, aussi tenace qu’evanescent. Tout en contradictions. C’est Cyprien Gaillard qui nous a permis de découvrir ce compositeur disjoncté à travers la vidéo « Denianski Raion » dont il a réalisé la bande-son.&lt;br /&gt;En tout cas, lui sera au Futuroscope tout-à-l’heure avec Théodore, Alice et Portnoy. Pendant ce temps, je serai dans un train en direction de Paris avec la douce et belle Kathy, la Dulcinée de Yann.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8240998117493442718?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8240998117493442718/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-49_29.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8240998117493442718'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8240998117493442718'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-49_29.html' title='Episode 49'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4205601015147933339</id><published>2009-07-29T17:52:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:52:38.670-07:00</updated><title type='text'>Episode 48</title><content type='html'>Mardi 17 Mars 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Métro Pyramides, avenue de l’Opéra, je viens d’échouer dans le premier café tellement je suis fatiguée. Besoin de vitamine C. Explosée par la soirée d’hier… et la journée aussi d’ailleurs !&lt;br /&gt;Quoique c’est peut-être encore le jet lag ? Bien que j’ai bien l’impression d’être jet laggée de naissance moi ! Le hasard m’a fait naître à Montmorency dans le Val d’Oise mais à tous les coups, j’étais prévue pour New York ou San Francisco ou Los Angeles, Shanghaï, Tokyo, Sydney… tout sauf le fuseau horaire français, bordel !&lt;br /&gt;Bon, quoiqu’il en soit, je m’envoie des comprimés de ginseng, des bouquets de persil, des descentes de lit de spiruline  et je me remets au jus de gingembre frais sans tarder ! L’anti-cernes n’y suffit plus ! Pffff ! cette tronche, je n’en peux plus. Je veux retrouver mon teint d’albâtre ! Et pour mes cheveux : du citron pour les faire briller et de la levure de bière sans tarder! Je viens de m’acheter un fer parce que je compte me faire des anglaises… ou bien des crantés Années 20-30 pour aller danser le Fox-trot avec Jules-Emile… ou alors non : des accroche-cœurs Années 10 ! 1910 et 2010, même combat !&lt;br /&gt;Bon, en attendant, ma conscience des jours devient floue floue floue. Je ne suis même pas sûre d’être lundi et vues les températures, on pourrait très bien être un 03 novembre et fêter mon anniversaire ! Pourquoi pas ! de toute façon, je me crois vendredi soir et j’ai du mal à me rappeler mon prénom ! Astrid ? Adélaïde ? Ah ! Non non non, c’est Anaïd Forever !&lt;br /&gt;Je me crois vendredi ou jeudi ou samedi. Normal, je ne respecte pas les jours fériés, je les injurie même involontairement. Constamment. Pourquoi ? parce qu’ils sont là pour être chômés et que je ne les chôme pas justement. Je ne les chôme même jamais, ce sont justement ces jours-là que je travaille… en plus des autres jours, forcément! Et oui, critique d’art, journaliste… tout ce bordel ! des tas de gens rêvent de prendre ma place… alors que les jours fériés me haient !&lt;br /&gt;Bon, et aujourd’hui qui est un jour sans patronyme donc et qu’on appelera « aujourd’hui » pour se simplifier la vie, on a passé la journée à filmer filmer filmer. Tout passer au peigne fin de la caméra. Même le cure-dent tombé de la poche du régisseur a été filmé ! On était au Grand Palais… because Warhol. Because Alain Cueff, le commissaire de l’expo. Because le glam, because la fashion, because le people, because les dollars et Marilyn Monroe, because Nico et puis Mao et surtout le pape du Pop, Warhola Andrew himself.&lt;br /&gt;Et puis because le luxe, sans le calme mais avec la volupté, because la TV et la real TV, l’American Dream, l’Underground et le Velvet Underground, la sous-culture et les charnelles aventures, l’artiste-machine et la Factory, la coke ET le Coke et tout le bordel… bordel !&lt;br /&gt;Alors on a filmé filmé et filmé… jusqu’à plus soif. Si Rockfeller, le Shah d’Iran et Kennedy avaient été de ce monde, ils y seraient passé eux aussi !&lt;br /&gt;Le directeur de la Fondation Warhol à Pittsburgh : filmé ! La très piquante Italienne Daniela Morera ? Enregistrée! Rédac-chef du magazine « Interview », elle nous explique en français et en roulant vertgineusement les R, que si Warhol l’a portraiturée de dos et que ça me rappelle Man Ray, c’est bien parce qu’elle lui a soufflé l’idée. Et que non, Warhol n’était pas un manipulateur… etc, etc.&lt;br /&gt;J’avais l’impression toute la soirée d’être à New York, au Studio 54 en plein cœur des années 80… sauf que j’avais oublié mes épaulettes et mes vestes cintrées pour le look, et mon frisbee et mon Rubik’s Cube pour les nerfs!&lt;br /&gt;Ernesto Esposito ? Producteur portraituré, donc lui aussi, comme les autres : interviewé ! C’est à lui qu’appartiennent je crois les œuvres les plus prestigieuses de Warhol ! Maybe le Marilyn et l’autoportrait de l’artiste évidemment. J’ai un faible pour le portrait d’Elvis x 3 ! J’adore cette impression de mouvement et puis le fait qu’il est en pied. J’ai le sentiment qu’il prend le public à parti… Non, mieux, qu’il me regarde droit dans les yeux ! J’adore aussi le Debbie Harry. Elle devait être dans les parages d’ailleurs pendant cette inauguration ! Non ? Irving Blum a lui aussi répondu à nos questions : c’est lui qui a le premier exposé Warhol en 62, Vincent Frémont… etc, etc, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Warhol Warhol Warhol ! Jusqu’à écœurement.&lt;br /&gt;Les interviews, les peoples, LE people… Avant-hier, c’était la même chose mais à la Maison Rouge avec « Warhol TV » ! je me suis surprise à chanter avec Debbie Harry dans « Fifteen minutes of fame », l’émission que Warhol produisait sur le câble dans les années 80. Des interviews de peoples inconnus par des peoples plus connus et vice versa… je ne sais pas moi, ça peut donner Warhol interviewant Basquiat, ou une séquence avec une jeune femme d’une vingtaine d’années un peu gauche et qui nous parle maladroitement d’elle et de son rapport au charnel… jusqu’à ce que l’on reconnaisse Courtney Love, celle d’avant Hole et d’avant Kurt Cobain ! On peut aussi se vautrer dans les fauteuil design de l’expo pour suivre un épisode de « Love Boat », « La croisière s’ amuse » en français dans le texte… Warhol y joue son propre rôle ! Par contre si le précurseur de la Real TV qu’est Warhol a déjà a déjà mangé un hamburger Quick devant les caméras pour les besoins d’une pub et avec une platitude désarmante, s’il a aussi joué les serveurs dans le clip d’un groupe de rock et s’est mis à parler japonais dans une pub pour TDK… je me demande si le « Pope of Pop »… n’était pas plus mystique qu’on veut nous le faire croire. D’ailleurs dans la dernière salle du Grand palais, je découvre ses séries de Christ, pas loin des chaises électriques et des Vanités qui crânent à fond !&lt;br /&gt;Tout le monde nous rabache sans cesse qu’il n’aimait rien d’autre que l’argent et qu’il ne faisait tout ça que pour l’argent… dans ce cas, je me dis qu’aimer l’argent et être spirituel peut aller de pair. D’ailleurs, c’est le propre des grands gourous, je crois. Warhol aurait pu être dangereux finalement. C’était juste un gourou de l’esthétique. Je m’aperçois que même Ardisson est sous son influence dans ses concepts d’émission. Mais d’ailleurs, est-ce qu’il n’a pas relancé « Interview » ? J’ai un doute, d’un coup ? il avait bien un rapport avec le mag de Warhol !  « Lunettes noires pour Nuits blanches» dans les années 80, c’était un peu son Studio 54 à lui ! &lt;br /&gt;Bref… on a donc enchaîné sur le Grand Palais pour le vernissage VIP et au milieu de tous ces portraits plus grands que nature, j’ai vu passer Lagerfeld au bras de Bernadette Chirac… en même temps, je me dis que n’importe qui peut se déguiser en Lagerfeld aujourd’hui ! Même Jacques Chirac ! Qui sait, Jacques a peut-être ses marottes, lui. A moins qu’Elle, Bernadette, n’ait ses exigences, l’ex-Première Dame de France : ce serait de ne jamais sortir son Jacques autrement qu’habillé en Chanel… enfin, en Lagerfeld !&lt;br /&gt;Et pour en revenir aux Premières Dames… Carla devait être là aussi avec son petit mari. J’ai pas fait attention à vrai dire. Mais comme Carla a tendance à se prendre pour Jackie Kennedy, Carla aurait pu aller rivaliser de style et de non-style avec le portrait que warhol a fait de Jackie dans les sixties, ou essayer de se faire photographier juste à côté, que sais-je… quoique ça aurait été plutôt chiant !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et puis… il y avait les Pinault, les Arnault, les Renault, les Renoux, les Relou, les Dupont et Dupond, les vraies et les fausses têtes couronnées, les vraies prises de tête et les faux-culs, les têtes pensantes et les grandes gueules, les joli-cœurs et les sans-culottes, les aristos du show-biz, les roturiers de la finance, les ceci et les cela… et moi et moi et moi. Je ne me rappelle plus exactement, c’est embrumé. De toute façon, j’étais concentrée sur les interviews mais je crois que tout le monde était là ! Mick Jagger de la même façon que Thierry Lhermitte ! Et si Amanda Lear ne jure que par Dali… pourtant, je jurerai l’avoir croisé elle aussi, ou peut-être était-ce Patrick Juvet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Enfin, je ne veux pas name-dropper comme ça indéfiniment… mais s’il y a une personne encore à citer absolument, ce serait l’évanescente Kate Moss.&lt;br /&gt;Elle, était là, belle et bien là, belle et re-belle ! Elle avait dû penser que comme c’était une soirée Warhol, il y aurait de la coke et toutes sortes de substances faîtes pour changer de planète et ouvrir les portes de la perception… comme du temps de la Factory et du Studio 54 ! En même temps, c’est surtout une muse et j’ai beaucoup d’affection pour elle. Notre brindille brit’. Un p’tit chat ! Pas une Aryenne, juste une « girl-next-door » un peu mieux que les autres ! beaucoup mieux que les autres mais pas de manière agressive. Elle a un truc à elle. Un truc que personne d’autre n’a. Et du coup, tous les artistes l’ont prise pour modèle… pas seulement les photographes de mode. Jusqu’à Marc Quinn, qui lui, l’a carrément coulée dans l’or pour la mener tout droit au British Museum. Là, cette statue en or massif qui vaut son pesant de dollars était en vitrine au milieu d’œuvres antiques et médiévales… Et le plus étrange, c’est que non seulement elle défiait en grâce et en beauté toutes les icônes et les déesses présentes, mais en plus, il m’a semblé qu’elle en éclipsait purement et simplement certaines.&lt;br /&gt;C’est comme ça ! L’effet Kate Moss ! Il n’y a pas que chez Top Shop qu’elle décape… elle continue au musée !&lt;br /&gt;Que ferait-on de Néfertiti aujourd’hui d’ailleurs ? Est-ce que Warhol lui aurait fait un screen-test? Est-ce qu’elle serait accrochée à l’une des cimaises du Grand Palais today ?&lt;br /&gt;Quant à moi, tous ces portraits au propre comme au figuré, tous ces visages, ceux immortalisés par Warhol et les autres, à un moment donné, je ne pouvais plus les voir en peinture… tout ce que je voulais, c’était aller me coucher ! Dans un White Cube si possible… pour y projeter mes propres rêves !&lt;br /&gt;Et puis, brusquement, je suis en train de me demander : qu’ai-je fait moi déjà de mes « 15 minutes of fame » ? Est-ce que je les ai déjà consumées ? Aucune idée ! D’ailleurs, je ne sais même plus comment je m’appelle, ni même où je vis ! Si ça se trouve, comme il l’a fait avec John Giorno, Warhol m’aurait filmé en train de dormir ! Quoique pour ça, il aurait fallu que je l’introduise dans ma chambre… Aucune chance ! J’aime pas les blonds !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4205601015147933339?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4205601015147933339/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-48.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4205601015147933339'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4205601015147933339'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-48.html' title='Episode 48'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-9057897229449599344</id><published>2009-07-29T17:51:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:51:48.047-07:00</updated><title type='text'>Episode 47</title><content type='html'>Jeudi 12 Mars 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;New York, New York… Depuis le temps qu’on me dit que cette ville est faîte pour moi, il était temps que je la découvre. Mon baptème New Yorkais. Je suis sous le charme de New York. Forcément.&lt;br /&gt;Mais mais mais… Même si New York est le berceau de l’art contemporain, même si New York est fluide, cosmopolite, dynamique, et même king size… Même si à New York, tout est simple et direct… Même si j’y ai vécu les quatre saisons, gôuté sa neige à mon arrivée, pris son soleil pendant et tâté sa pluie en partant… Même si j’ai goûté ses burgers, ses scones, ses bagels et ses pancakes dans ses « Diners … Même si j’y ai rencontré des artistes hors-pair dans leur atelier, du grand Lawrence Weiner à Bank Street jusqu’au trentenaire Tom Sachs qui avait semé ses « Hello Kitty » géants près de Wall Street… Même si j’ai croisé Jeffrey Deitch et toute « le crème de la crème » de l’art contemporain… Même si j’ai pensé à Daniel Liebeskind, l’architecte qui se penche de près sur la reconstruction du Ground Zero… Même si j’ai filé dans les allées de l’Armory Show à la recherche de l’année 1913, année durant laquelle Marcel Duchamp avait exposé son « Nu Descendant l’Escalier » qui déclencha l’hilarité générale, puis de l’année 1917 où cette fois son Urinoir intitulé « Fontaine » fit carrément scandale… Même si j’ai croisé un graph géant de Keith Haring, rencontré Anthony, le fondateur de PS1, l’un des lieux d’art les plus exaltants de la ville, filé au Withney Museum, au Guggenheim Museum, Neue Museum, puis Chelsea et ses galeries, et puis Gagosian, 303 Gallery, Reena Spaullings Gallery, Barbara Gladstone, Marian Goodman mais aussi Valérie Cueto, une française à NY, Candice Breitz et ses détournements de série TV chez Yvon Lambert… Même si on est au pays du néon et qu’à Times Square, on comprend brusquement que Dan Flavin est bien un artiste d’ici et on comprend pourquoi le Pop Art est né à London mais a surtout bien pris à NY… Même si j’étais sur les traces de Warhol et de sa Factory, et qu’en définitive, je ne l’ai pas trouvé si ce n’est à travers Nicola L. et quelques autres qui m’en parlaient en direct du Chelsea Hotel… Même si à New York, dans un appart avec vue imprenable sur Central Park ou dans une installation de Christine Hill -toujours à l’Armory Show- mon stress m’a fait perdre connement un ami qui m’était chèr… et même si j’ai divagué au Beatrice Inn, puis me suis fait balader de Mannhattan à Williamsburgh par un tax qui me prenait pour une gogo… Et puis même si j’ai grimpé haut très haut parce que New York c’est pas seulement beau, que je me suis retrouvée à l’Empire States Building, tout là-haut ! Rockfeller Center, Chrysler Building, Internationnal Building, Panamerican Building, Bank of Manhattan, Time and Life Building, C.B.S. Building, R.C.A. Building… Même si j’avais tout le temps le nez en l’air, un vertige à l’envers.&lt;br /&gt;Même si j’ai salué sa Liberté… Ellis Island, Coney Island, Brooklyn Bridge, Broadway, Lower East Side, China Town et Little Italy, Meatpacking et sa branchitude, même si Tribeca, Soho, Broadway &amp;amp; co… Même si tout ça et encore ça et ça, rien n’y fait, j’adore New York mais New York est New York et pas London.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-9057897229449599344?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/9057897229449599344/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-47.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/9057897229449599344'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/9057897229449599344'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-47.html' title='Episode 47'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-6644710355630803554</id><published>2009-07-29T17:50:00.002-07:00</published><updated>2009-07-29T17:51:14.074-07:00</updated><title type='text'>Episode 46</title><content type='html'>Dimanche 01er Mars 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Damoiseau Yann m’a invité au théâtre… on doit se retrouver dans l’après-midi. Et pour une fois, en attendantje m’essaie à un exercice sophrologique hors-pair.&lt;br /&gt;En direct de mon lit. Pour m’en extraire. Et ça marche !&lt;br /&gt;A 9h30 du mat, j’ai décidé de me fixer RDV Place des Vosges dans la demi-heure qui suit… et ça marche. J’ouvre les yeux et j’y suis. Un café, puis 2… En terrasse, dans le printemps naissant. Puis, je décide de me surpasser, je me fixe un deuxième RDV. A 11h30 dans mes anciens quartiers, à Chinatown, dans le 13è. Une envie d’Asie, d’algues et de miso m’emporte… et me voilà chez les Tang, entre les kumquats acidulés, les desserts à base de thé et les jus de riz. 2 ou 3 sacs de courses plus tard, je suis de retour à la maison : j’avale 2 soupes miso brûlantes et je suis d’attaque pour la suite !&lt;br /&gt;Je suis sur les routes, en quête de Sire Yann Suzanne. 14h : RDV à Répu pour se rendre à vélo au Bouffes du Nord… une fois là-bas, il réalise que c’est en fait les Bouffes Parisiennes, à 2 pas de la Reu Sainte-Anne. Je ne sais ni ce que je vais voir, ni avec qui : c’est une « blind afternoon » avec Yann. Je me laisse guider. C ‘est Nina Moretto et Olivier Crespin qui l’invitent au spectacle d’un copain : un certain Julien Cottereau qui fait son one-man-show dans un magnifique théâtre. Révélation théâtrale 2007, il a eu le Molière et son spectacle a été prolongé pour cause de succès. Je ne m’attends à rien sauf que les spectacles du dimanche après-midi m’inquiètent toujours. Il est 15h… et je crains l’ambiance Jacques Martin ! Et d’ailleurs, je suis surprise de voir autant de mômes dans la salle.&lt;br /&gt;Arrive finalement sur scène un personnage avec de longues cothurnes aux pieds, un feutre Peter Panesque vissé sur le crâne, un vieux patte d’eph noué avec un ecravate… et tout seul sur scène, cette espèce de clown quasi désuet fait des bruitages. Il mime la scène qu’il voudrait que l’on se figure, redessine le décor. Apparemment, il balaie, il epoussette, il fait les vitres même, lorsque soudain… il nous voit ! Il a un petit micro. La scène est vide. Il y a juste lui, le micro et nous, le public. Et à partir de là, on décolle. On voit un paysage apparaître. Mentalement, tout son monde se dessine, son univers. Là par exemple, il est aux prises avec des chiens féroces. Puis il se mesure à un monstre. On le voit se battre. Puis il s’amuse de mille manières, joue au ballon. Se vautre par terre, s’époussette, se remet. Rebelotte… tiens, cette fois, il tombe amoureux, d’une fille dans le public. Il l’invite sur scène pour une parade amoureuse hors pair.&lt;br /&gt;Tout cela est visible. Tout est à imaginer. A partir de rien mais Cottereau s’est muni de l’essentiel. le Roi est loin d’être nu. La scène est très peupléee et riche en évènements. Le public s’immisce dans le spectacle, il y est même invité. Il participe. Il entre en scène. Il joue avec ce clown-mime-gavrochesque qui arrive à miauler autant qu’à rugir comme 10 guépards en furie, tout comme faire l’oiseau, ou jouer innocemment au ballon !&lt;br /&gt;Et brusquement, je réalise… le théâtre n’est peut-être pas mort ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout le monde se retrouve ensuite chez Hagumi, Rue Sainte-Anne. Avec Yann, Olivier et Pimax, on savoure un sencha, des giozas et des soupes japonisantes.  Olivier est réalisateur. Il vient tout juste de finir un court-mètrage et me raconte qu’il est déjà sur un autre film. Encore un multi-actif !!! C’est un film sur le street-art intitulé « Vol d’Art »… entre réel et documentaire. Il s’agit de se constituer une collection d’art à partir d’œuvres d’art greffées dans la rue. Très bonne idée, belle énergie. Pimax est artiste et un très bon fournisseur en dialogues je pense. Et je m’entends me proposer de jouer mon propre rôle dans le scénario : celui de la critique d’art-détective privée. Pourquoi pas ! j’en serai enchantée. Je savoure à l’avance. Je suis d’ailleurs invitée sur le prochain tournage, une séquence autour de L’Atlas… génial ! un artiste que je connais et sur lequel j’ai déjà écrit. Malheureusement, le RDV est fixé pour mercredi soir et ce jour-là, à l’heure du tournage, je devrais déjà être à NYC. Mon baptème New-Yorkais. Mais je serai là pour le prochain : Obey. Lieu de tournage : encore secret ! En attendant, la préparation de mon trip New Yorkais s’impose. Je change aussitôt de statut sur Facebook : « Anaïd Demir prépare NYC avec son coach brit-japonais »… s’ensuit un lien sur YouTube. Une de mes séquences favorites de ma série sixties préférée apparaît ! « Le Prisonnier ». Il s’agit d’un art martial inventé par Feu Patrick McGoohan lui-même. Un mix entre karaté, polo et trampoline ! ça s’appelle le « Kosho » ! Tout ce que j’aime sur un fond de musique électro-nippone. Deux adversaires s’affrontent en sautant d’un trampo à l’autre. Une piscine au milieu. Le premier qui tombe à l’eau est perdu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-6644710355630803554?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/6644710355630803554/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-46.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6644710355630803554'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/6644710355630803554'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-46.html' title='Episode 46'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7538584529703074447</id><published>2009-07-29T17:50:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:50:32.194-07:00</updated><title type='text'>Episode 45</title><content type='html'>Mercredi 25 février 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ok, j’adore le vélo mais ça manque tout de même de suspensions, de chromes, vibrations… Dès ce matin, j’ai surtout senti la vitesse changer ! Un casque Ruby modèle « Pavillon Grenelle » sur les oreilles, me voilà sur une Honda Hornet 600m3… autant dire un frelon argenté qui crache du feu sur son passage ! &lt;br /&gt;Je suis l’heureuse passagère de cet engin piloté par Philippe Tourriol, artiste motorisé!&lt;br /&gt;Et pendant que mes rêves trempent dans l’huile de moteur, mes bottes de bitch-bikeuses se dotent de deux petites ailes, à l’arrière.&lt;br /&gt;On quitte le boulevard Beaumarchais, ses Dainese, Harley et autres boutiques vouées aux saints de la mécanique, pour se retrouver un peu plus loin… rue des Montibœufs, dans le 20è chez Semiose.&lt;br /&gt;Editeur et galeriste, Benoît Porcher présente la « Documentation Céline Duval »… et sous ce nom énigmatique se cache une artiste qui adore fouiner dans les archives photographiques, faire les puces et dénicher des images oubliées sur papier argentique. Elle les réunit ensuite en fonction de leur lien de familiarité.&lt;br /&gt;Ici pour la série qu’elle présente dans la galerie, c’est la mer, les Années 30 et les premiers congés payés qui semblent l’avoir inspirée. En noir et blanc, des jeunes filles font le poirier sur des plages qui rappellent Deauville ou Le Tréport.&lt;br /&gt;Pendant ce temps, Philippe parle des circuits qu’il a dernièrement réalisés et évoque le Casque Ruby qu’il prépare avec Jérôme Coste pour le Parcours Saint-Germain en juin.&lt;br /&gt;Ruby, c’est la Rolls du casque, tout en carbone et en cuir… c’est une œuvre d’art dont l’esthétique ne cède pas à la sécurité. Des lignes, des pois, des damiers… aussi graphiques et colorés qu’esthétiques, chaque casque donne donne la sensation que l’on est libres de foncer, de vivre à 100 à l’heure sans pour autant rouler à tombeau ouvert.&lt;br /&gt;Et après les accélérations, je ralentis le pas à l’heure du dèj en restant au village, au cœur du quartier Saint-Blaise, dans le 20è… je respire la campagne à Paris avant de me rendre 3 stations plus loin à la Galerie Goodman. J’ai lâché mon casque et mon pilote motorisé et je continue à décélérer en douceur.&lt;br /&gt;C’est l’expo perso de Tino Sehgal.. et à peine arrivée dans la galerie, je suis accueillie par 6 individus qui ont l’air d’être sous pneumatique, presque gonflés à l’hélium… c’est quoi ? Un cours de yoga ? Ils se tournent vers moi et me regardent droit dans les yeux. J’ai l’impression d’interrompre quelque chose mais ils continuent à me sourire et à tous clamer d’une même voix : « Welcome to this situation !»&lt;br /&gt;Etonnant ! C’est de l’art vivant d’une grande fraîcheur…  Tino Sehgal s’est fait remarquer durant la Biennale de Venise 2005 : il donnait vie au Pavillon Allemand avec une série de personnages au sourire commercial qui accueillaient le public magistralement et nous proposaient d’être contemporains… tout simplement!&lt;br /&gt;Cette fois, dans cette expo qui file la pêche, il est question de bien-être. C’est une sorte de yoga mental. Les gestes lents, 6 personnages parlent de corps et de spacialité et induisent les visiteurs dans leur lente farandole psycho-physique !&lt;br /&gt;Ils parlent de l’expérience de l’ethnographe : est-il objectif ou subjectif ? Dénature-t-il les scènes qu’il observe ? On parle de champ sémantique, d’expérience spaciale… je suis captivée quand un « qu’en pensez-vous ?» retentit. Inattendu, il s’adresse à moi. Et il m’extraie de ma position de spectateur enthousiaste mais passif pour me jeter dans l’arène ou du moins me mettre au centre du débat. Ça me paraît presque irréel tellement je m’étais laissée prendre au jeu, j’étais transportée. D’un coup, je suis introduite dans la scène.&lt;br /&gt;L’acteur-philosophe principal me dit qu’il a été intrigué par ma position : celle d’une jeune femme jambes croisées… qui prend tout-à-coup un papier et un stylo pour noter quelques mots. Lesquels ? J’ai envie de les mettre dans la confidence. &lt;br /&gt;Je notais justement mes sensations, mes impressions… cette légèreté et ce ralenti quand on entre dans la pièce. Cette sérénité qui porte vers le discours. L’effet surprise. L’impression d’assister à une chorégraphie mentale.&lt;br /&gt;Ma position ? Je pensais rester en dehors de la scène, loin de moi l’idée d’occuper le centre par exemple. Ils m’y invitent évidemment… quand soudain, un son de harpe fige pour quelques secondes toute la scène… c’est  mon téléphone… désolée, je dois sortir… mais le charme est-il réellement rompu ?&lt;br /&gt;Au contraire.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7538584529703074447?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7538584529703074447/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-45.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7538584529703074447'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7538584529703074447'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-45.html' title='Episode 45'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-2167242009597502587</id><published>2009-07-29T17:48:00.002-07:00</published><updated>2009-07-29T17:49:55.404-07:00</updated><title type='text'>Episode 44</title><content type='html'>Vendredi 06 février 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7 h du mat sur mon vélo, j’arrive à Concorde pour prendre un car qui pourrait facilement s’appeler « Venus Beauté » tant il est plein de séduisantes personnes. Quoiqu’à cette heure matinale, dans la grisaille du matin, tout le monde a l’air assez fade et quotidien. Mannequins, maquilleuses, coiffeuses ainsi que chaperons… on est une vingtaine et pendant que ma voisine Vanessa révise son cours de naturothérapie, je me laisse emporter aux pays de Morphée par les berceuses pop de mon Ipod.&lt;br /&gt;En me réveillant, une flèche indique « Clos Lucé »… on est à deux pas d’Amboise, presque arrivés à destination.&lt;br /&gt;Et je réalise que j’ai fait un mauvais rêve, que j’avais fait bel et bien fait tout ce trajet, 3 heures durant, mais que j’étais revenue à la case départ ! Et la place de la Concorde me filait brusquement le vertige.&lt;br /&gt;Mais non, il suffit de lever la tête : notre point de chute se détache avec majesté à l’horizon. C’est ce castel qui surplombe la ville et que toute une sarabande dont je fais partie rejoint par un chemin serpenté. Comme une lente procession vers le rêve.&lt;br /&gt;D’ici, ce lieu magique pourrait dater de la fin du 18è siècle, avec ses pierres de taille et sa tourelle… mais une fois à l’intérieur, on est épatés par ses volumes très contemporains et surtout par son incroyable structure Gustave Eiffel. Normal, c’était la maison d’un artiste. Et au cas où lon en douterait, deux palettes ont été insérées dans la structure métallique de Monsieur Eiffel !&lt;br /&gt;Et comme les lieux sont habités par une amoureuse de  l’art, on croise quelques œuvres contemporaines ici et là, dehors ou dedans : un pot de Raynaud, un César, un Sophie Calle… C’est un espace idéal pour un tournage, pour faire des photos ou tout simplement pour une exposition.&lt;br /&gt;Toute l’équipe de Be Contemporary est là pour une série de mode… séjour, salle de bain, chambre, cuisine et autres placards… toute la maison est envahie par une horde de gens qu’on s’apprête à magnifier pour une série de mode pour le magazine. C’est le numéro de mars. A l’issue de cette journée marathon, on obtiendra 6 photos à glisser dans un magazine d’art qui laisse largement les artistes s’exprimer dans ses pages.&lt;br /&gt;Cette fois, c’est l’artiste Chinois Wang Qing Song qui est le DA de la série de mode. Chacune des mises en scènes et des allégories qu’il a imaginé prennent pour cadre une pièce de la maison. Inspirées de chefs d’œuvres connus, toutes ces images trempent en réalité dans le réalisme social. A travers toutes ces images et leur inquiétante beauté, on est en fait renvoyés au développement de la Chine Moderne, à la gestion de son économie, ses débordements socio-politiques et sa tendance à s’inspirer actuellement du modèle occidental… alors que justement le Capitalisme dans le monde Occidental n’en finit pas, ces dernières années, de prouver son inefficacité à long terme. Au public d’en tirer ses propres conclusions.&lt;br /&gt;Wang Qing Song nous entraîne donc dans une série de mode où la légèreté de l’être côtoie la gravité socio-économique.&lt;br /&gt;Et peu de gens dans cette maison semblent réellement conscients de cette gravité. Certains sont là pour incarner les rôles qu’on leur demande de jouer pour ses images, d’autres, débordés par la beauté des créatures présentes, sont là pour les contempler. Les réflexions seront pour plus tard.&lt;br /&gt;Tout le monde est plutôt absorbés par les paillettes, pris dans le stress d’un bouton qui risque de craquer sur une robe qui n’est pas à la bonne taille, emerveillés par toute ces splendeurs… et moi avec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la salle principale, une longue table en miroir d’environ 6 mètres est dressée. Derrière, 3 ou 4 m plus haut, Franck s’attarde sur le rideau, vérifie son plissé et sa tenue. C’est pas le régisseur, mais un ami de la maîtresse de maison. Installé sur son échelle, sous la magnifique structure Eiffel que je n’en finis d’admirer, il tend comme il peut le rideau et d’incroyables perspectives se dessinent pendant ce temps dans la table-miroir.&lt;br /&gt;Dans la salle de maquillage, la salle de coiffure, dans la salle de bains, dans les chambres, sur la mezzanine… les mannequins se laissent manipuler comme des poupées tout en envoyant des sms, ou en bouquinant entre deux prises…&lt;br /&gt;Xavier, un ami de Frank s’est improvisé reporter, il filme tout cela tout en espérant bien repartir avec un ou deux numéros de téléphone.&lt;br /&gt;Et Tamara, la styliste structure un peu ce petit monde. Parmi les modèles, il y a toutes sortes de personnages, plus de femmes que d’hommes. Certains personnages sortent du lot comme cette plantureuse fille, gorgée de vie qui casse le cliché du mannequin-brindille avec ses formes plus que rondes et son poids qui dépasse sans doute les 100 kg… mais tout cela n’enlève rien à son charisme et sa beauté.&lt;br /&gt;Mais ce n’est pas elle qui portera pourtant les tenues Dior historiques prêtées par John Galliano. Là, il faut des silhouettes qui avoisinent le 34… et encore. Et Soizic veille avec amour et attention sur ces précieuses parures des eighties que l‘on verrait bien au musée. Il y a notamment une combinaison de cuir magnifique qui a l’air tout droit issue du monde médiéval. Le buste a l’air d’une armure, tout en pans de cuir. Un côté martial qui se mèle à la la majesté aérienne de l’aigle. Chaque fois que le mannequin lève les bras,  ses deux grandes ailes que sont ses bras se déploient avec une élégance rare. En voyant cette tenue, je comprends mieux ce que signifie un vêtement beau sous toutes ses coutures. Quel que soit le point de vue adopté, on ne peut résister à son allure, sa grâce et sa beauté.&lt;br /&gt;C’est une tenue hallucinante qui force le respect et nous transporte.&lt;br /&gt;Côté face, elle a l’air dessiné sur le mannequin androgyne qui le porte avec grâce. Côté pile, scotch et autres astuces tiennent le tout.&lt;br /&gt;Et ça fera une magnifique photo en extérieur, devant une fenêtre arquée du château… si personne n’imagine retourner l’image, elle sera parfaite. Mais qui s’intéresse à l’envers du décor ?&lt;br /&gt;Une autre tenue avec une sorte de bijou-minerve métallique donne l’impression d’être face à une impériale Reine de Saba. Tout cela est irréel.&lt;br /&gt;Et pendant que toutes ces séquences défilent, que tout ce petit monde fourmille, s’apprête, change de tenue, se démaquille, se remaquille, rafistole une tenue pas assez seyante, change de chaussures, enfile des bas, clipse son porte-jarretelles, retire son panty, remet un string, glisse quelques plumes dans le colleté, puis finalement les retire… boit un coup, se laisse capturer par l’objectif… pendant que  les appareils photos s’arment et se désarment, que le désir de certain remonte pendant que la fatigue des autres augment… bref, pendant que tous les flashs crépitent et que toute la chorégraphie habituelle d’une série de mode se met en place dans une maison envahie par 40 inconnus voués aux plaisirs d’une belle image… Pendant ce temps, un mec reste impassible. Pendant tout le shooting, quand on regarde dans sa direction, on a le sentiment d’être transportés ailleurs. On le jurerait tout seul, dans son rocking-chair au coin du feu, en train de bouquiner tranquillement. Impertubable. Aveugle et sourd à toutes ces filles qui se baladent en petite tenue devant lui.&lt;br /&gt;Une seule chose pourrait lui tirer le nez de sa lecture sur les grandes batailles de l’histoire : que sa femme perde les eaux. Oui, car l’un mannequin attend un heureux événement et n’est pas loin d’être à terme. &lt;br /&gt;Et son ventre se découvre d’autant plus sur la dernière photo où l’artiste a choisi de mettre en scène les trafics alimentaires de la Chine et notamment l’épisode lié au scandale du lait en poudre frelaté qui a empoisonné des nouveaux-nés. Pour cette photo, Wang Qing Song oppose la nature à la culture et offre une solution : rien de mieux que le lait maternel ! Pour cela, sur la table en miroir, au milieu des flaques de lait, à la manière de la Cène, il a rassemblé une série de femmes en petites tenues dont les seins nus se dédoublent sur la table en miroir. Ça a l’air d’un cliché, on réutilise une fois de plus cet épisode biblique de la Cène, du Christ entouré de ses apôtres et de Judas. Et Judas, ici, qui est-il ? L’artiste a bien voulu jouer le rôle ! A nous de trouver qui il incarne réellement. Le démon qui est en chacun de nous ? La course au profits dans cette société prête à sacrifier son prochain pour défendre ses intérêts. Wang Qing Song s’est mis en scène au milieu de toutes ces femmes qui incarnent la pureté, la beauté, la sensualité… bref, l’amour. Il est lui, posté non loin d’elles, en position de vampire, avec des pansements ensanglantés sur les tétons. Prête à dévorer ce qu’elles ont de plus beau et de plus chèr en elles… c’est sur cette image qui fait froid dans le dos que la série se termine. Tout le monde est épuisée.&lt;br /&gt;Dehors, la nuit est tombée. Le travail est terminé et la maison légèrement dévastée. Le car nous attend. Je m’endors jusque Paris. Heureuse d’avoir assisté à la mise en place de toutes ces photographies, d’avoir assisté à un shooting aussi long que passionnant dans cette fabuleuse maison près d’Amboise. D’avoir pu voir le monde de la mode et de l’art se croiser une fois de plus. D’avoir entendu ce tintement, ce léger choc entre les deux mondes, une fois de plus. D’avoir constaté que parfois, entre art et mode, il y avait ce conflit d’intérêts et c’est ce qui fait tout le sel de ces séries de mode réalisées par des artistes. Car malgré tout, derrière le glossy des images, il y a aussi les souffrances d’une société. L’artiste est le plus souvent du côté de l’engagement social quand la série de mode, elle, n’est là que pour séduire et vendre des vêtements, des images, une certaine idée du bonheur.&lt;br /&gt;Wang Qing Song nous a offert d’une seule traite les deux faces d’un même monde, le recto et le verso des images. La beauté et la laideur du monde à l’unisson, gravés sur la même pellicule. Pour rien au monde, je n’aurais voulu rater ça. Et s’il faut revenir, j’y reviendrai.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-2167242009597502587?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/2167242009597502587/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-44.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2167242009597502587'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2167242009597502587'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-44.html' title='Episode 44'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-123676623814107730</id><published>2009-07-29T17:48:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:48:55.015-07:00</updated><title type='text'>Episode 43</title><content type='html'>Mercredi 28 janvier 2009 (bis)&lt;br /&gt;J’ai fait ma chronique et j’ai enhaînésur le spectacle de Kulik : « Les Vêpres de la Vierge » de Monteverdi. Du spirituel mis en scène par Kulik et sa bande. 2h10 de spectacle au Théâtre du Châtelet. J’en sors tout juste, j’ai adoré m’y rendre, j’ai adoré y être mais je n’arrive pas à me persuader que j’ai aimé… et si on se pose la question, c’est qu’il est déjà trop tard !&lt;br /&gt;Je crois que j’ai fait mon possible pour aimer pourtant. J’ai fermé les yeux, j’ai essayé de décoller… mais non, non, non.&lt;br /&gt;Le lieu est magnifique mais le Kulik nouveau est boring. Il ne l’était pas mais il l’est devenu et ça m’attriste ! Heureusement que Monteverdi, lui, assure… et ce, à travers les si ècles et du tréfond de la Renaissance !&lt;br /&gt;Mais là, ce spectacle… on aurait dit un vieux truc barocco-kitsch qui aurait trempé dans une vieille marmite electro-technologique des années 90.&lt;br /&gt;Et quand j’en parle, quelques heures plus tard, je suis sûre que je propage encore des bulles d’ennui sur mon passage ! C’est daté et périmé au niveau des costumes et du reste… ces dessins au laser qui se dessinaient au-dessus de nos têtes et se reflétaient, et se fractalisaient inifniement, ce que ça a pu m’agacer. J’ai eu l’impression d’être en 1991 et de faire mes premiers pas dans le cyber space. J’ai eu l’impression de me coincer les doigts dans cet espace d’un vert artificiel et gluant.&lt;br /&gt;Il y a des moments où les nouvelles techno forment un filtre épais entre nous et le monde spirituel. Précisément là.&lt;br /&gt;J’imagine que Kulijk a toujours cherché à atteindre sa nature mystique… autant aujourd’hui alors qu’il a l’air de sortir d’un mauvais scénario beatnik qu’il y a 10 ans quand il se transformait en chien et se faisait balader nu et en laisse à l’occasion de tel ou tel vernissage. Il aboyait et mordait à tout va. Il était dans une sorte d’ivresse, de transe qu’à mon avis, il n’a jamais retrouvé depuis, même s’il veut nous le faire croire dans son déguisement de grand sage.&lt;br /&gt;Désormais, il est dans les clichés mystiques, bab, beatniko-beatnique !&lt;br /&gt;D’ailleurs, au début de la représentation, il a ouvert la messe, tel un pope.&lt;br /&gt;Et il porte la barbe longue du pope mais cette nouvelle phase du travail de l’ex pape de la provoque me barbe un peu. Pourquoi est-ce que tout cela a l’air de sonner faux. Comme une blague ! un pari. On n’est pas sûr qu’il s’agisse bien de lui ni qu’il est sûr de savoir qui il est vraiment.&lt;br /&gt;Qui nous dit que le Kulik d’hier, celui des années 90, n’a pas été cloné ou lobotomisé car jugé trop imprévisible, trop extrême, trop…&lt;br /&gt;Ou bien il mentait dans les années 90, ou bien il ment aujourd’hui. Mais quelque chose déconne à fond. Comme s’il avait eu peur de quelque chose dans les années 90 et qu’il avait fait volte-face. Comme s’il avait atteint un état qui l’avait tant effrayé qu’il en était revenu rapidement sur ses pas.  Sur la pointe des pieds, de peur de déranger.&lt;br /&gt;Ça m’ennuie parce que j’étais sincèrement touchée par lui et sa démarche… moi et des tas d’autres passionnés d’art avides d’adrénaline j’imagine. Et aujourd’hui, il est juste flippant parce qu’il ne sonne plus juste.&lt;br /&gt;Et j’ai le sentiment que cette débauche de spiritualité sans fond essaie de nous en mettre plein la vue et nous prend pour des cons. Et au centre de cette mise-en-scène : des rayon slasers qui se croisent et qui fusent dans l’atmosphère pseudo-cosmique. Beaucoup d’effets qui nous éloignent de l’homme et de sa véritable nature, et du spirituel comme du reste.&lt;br /&gt;A Moscou, en visite chez lui il y a moins d’un an, j’avais pressenti ça… et là, ça se révèle plastiquement. Chez lui, j’avais déjà eu ma descente d’organes en réalisant que le Kulik punkisant d’hier avait perdu quelques plumes en route. Il était passé d’un extrème à l’autre. Il nous servait du thé vert et attendait que le Bouddah fasse bop avec son nombril. Il se mettait une verroterie sur le front et des fanfreluches frangées sur la tête. Tous les accessoires étaient ensuite religieusement posés sur un autel.&lt;br /&gt;En arrivant chez lui, je pensais rencontrer celui qui avait efficacement perdu le Nord… mais je me retrouvais face à un type totalement à l’ouest ! Je crois que Kulik a réellement pété une durite à force de se prendre pour un chien et d’agresser le monde. Maintenant, il s’autopunit. Il se musèle tout simplement.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-123676623814107730?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/123676623814107730/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-43.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/123676623814107730'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/123676623814107730'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-43.html' title='Episode 43'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8808066863323466774</id><published>2009-07-29T17:47:00.000-07:00</published><updated>2009-07-29T17:48:27.463-07:00</updated><title type='text'>Episode 42</title><content type='html'>Mercredi 28 janvier 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais chez Nova pour une chronique de l’expo Wallace Berman à la Galerie Frank Elbaz. Une expo très spirituelle que j’ai vu il y a 15 jours. Et le soir du vernissage, quand je suis arrivée à la galerie, je ne savais rien de ce Wallace Berman. Mais je me rappelle que c’était la Pleine Lune et que ses œuvres me sont apparues comme d’autant plus mystiques. Une force spirituelle s’en dégageait. J’avais le sentiment d’être face à un Jeu de Tarot dont j’étais incapable de décrypter les symbôles. Un Tarot dont je n’avais pas les clés mais dont l’agencement des couleurs et des formes m’attirait beaucoup.&lt;br /&gt;Une fois chez lui pour le dîner du vernissage, Frank m’a présenté au fils du défunt Wallace… c’est là que j’ai su qu’il s’agissait d’une exposition posthume. Le décès ne remonte pas à hier… Berman est mort en 76 dans un accident de voiture à 50 ans.&lt;br /&gt;Et c’est aujourd’hui, en préparant ma chronique pour Nova que j’ai déroulé tout le fil de l’histoire.&lt;br /&gt;Wallace Berman est un personnage culte de l’histoire de l’art. Comment se fait-il que j’en ai jamais entendu parler avant cela ? Il est vénéré par une certaine frange d’artistes dont Dennis Hopper par exemple fait partie.&lt;br /&gt;Normal, il était une sorte de Gourou de la « Beat Generation ». Ami de Ginsberg, Kerouac et toute la bande. Et il était aussi habité par cette liberté que seuls les mecs de la Côte Ouest peuvent avoir. Made in L.A.&lt;br /&gt;Et surtout, on dit de lui qu’il aurait inspiré Wahrol. Que même Warhol l’aurait pompé en plusieurs points dans son travail.&lt;br /&gt;Or ses œuvres n’ont pas grand chose à voir avec le pape du Pop Art… de ce que j’en ai vu, ce serait même le contraire !&lt;br /&gt;Est-ce dans sa pratique de la lavidéo ? Ou bien du collage ? Le fait qu’il puise sa banque d’images dans les journaux et la pub ? Des objets et autres symbôles découpés dans des magazines.&lt;br /&gt;Ces collages, ce « Copy art », ce serait un peu les signes avant-coureurs ou la Préhistoire du Pop Art.&lt;br /&gt;Dès 62, l’outil principal de Wallace, c’est l’ancêtre de notre photocopieuse : la « Verifax ». Une machine qui a l’air de dire qu’elle vérifie le réel, qu’elle repasse par dessus la vérité pour la confirmer ou l’infirmer.&lt;br /&gt;Wallace avait dégotté une image : une pub pour un transistor Sony dont il se servait comme le « cadre » de ses collages. Il s’agissait d’une main tenant un transistor rectangulaire… autant dire un écran de projection pour toutes ses idées. Une fenêtre sur son monde. Un support pour ces projections mystiques. Et comme il était passionné par la Kabbale, son travail prend un sens d’autant plus mystérieux.&lt;br /&gt;Et sur des planches, dans cette main répétée sous forme de grille ou d’éventail, en couelur ou en sépia, apparaissent des croix, des animaux, des insectes, des serpents, des objets de toutes sortes… et autres signes liés au Cosmos. Et même quand l’objet représenté en soi n’a rien de spirituel, ça le devient dans ce cadre-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’étais dans ces réflexions dans les bureaux de Radio Nova, quand Jean Rouzaud a débarqué… ¼ d’heure après Rachid Arhab, d’ailleurs, qui faisait le tour des locaux sans que je ne sache pourquoi. Quand je lui ai parlé de la beat Generation et de ce Wallace Berman, ce grand connaisseur des années 60-70 m’a rappelé 2 ou 3 choses essentielles qui ont décoincé le cas Berman à mes yeux.&lt;br /&gt;Oui, Berman avait pu inspirer et même influencé Warhol… mais il était farouchement anti société de conso… Beat Generation oblige. En relation étroite avec l’au-delà, la Beat Generation a toujours eu un bon passeport. Une aptitude à visiter les paradis artificiels par tous les moyens licites et illicites qui soient.&lt;br /&gt;Tout ça pour dire que l’on parle beaucoup de Warhol mais qu’il ressemble à l’être le moins réactif qui soit tant son but principal consistait à faire de l’argent. Du dollar en l’occurrence.&lt;br /&gt;Il y avait Salvador Dali alias Avida Dollar qui vantait théâtralement les vertus du Chocolat Lanvin dans un spot de pub. Frémissements de moustaches à l’appui.&lt;br /&gt;Et il y avait Warhol qui, pour un même spot de pub, se régalait le plus banalement et le plus prosaïquement possible d’un hamburger de chez Queeck. Il l’avalait comme pour une performance minimaliste. Il en faisait quelques bouchées exactement comme le ferait un ogre hamburgophage lambda. Mais ça élevait la chose au rang de grand art !&lt;br /&gt;Et les deux, Dali comme Warhol, aussi prolifiques et gourmands l’un que l’autre ne pensaient qu’aux thunes… mais ils avaient l’art d’y penser gracieusement finalement. Et c’est ce qui les rendaient fascinants.&lt;br /&gt;Enfin, ça peut paraître étrange… mais Warhol se serait inspiré de Berman. Un Wallace Berman, quasi inconnu du grand public.&lt;br /&gt;Un Warhol sacré et consacré qui, lui, contrairement à Berman n’a pas l’air d’être habité par la moindre once de spiritualité. Et pourtant ce serait un Berman qui aurait d’une certaine manière engendré un Warhol… les deux se seraient rencontrés à LA dans les seventies. Ils partageaient la même galerie à LA. Pourtant, rien ne semble les réunir, sinon des malentendus formels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Est-ce qu’on ne brûle pas tous d’envie de faire des rapprochements formels faciles entre tel artiste mythique et tel artiste oublié ?&lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit Berman se servait d’une photocopieuse et Warhol voulait devenir une machine… soit une sorte de photocopieuse géniale. Y est-il parvenu, certains diraient oui !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-8808066863323466774?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/8808066863323466774/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-42.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8808066863323466774'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/8808066863323466774'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-42.html' title='Episode 42'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-4346475310730627503</id><published>2009-07-29T17:46:00.002-07:00</published><updated>2009-07-29T17:47:11.792-07:00</updated><title type='text'>Episode 41</title><content type='html'>Vendredi 23 janvier&lt;br /&gt;Perte de temps, d’argent, d’énergie, stress gratuit… j’ai l’impression d’avoir été agressée une semaine durant.&lt;br /&gt;Pour l’heure, je ne veux plus entendre parler de Cameroun. J’ai encore perdu une après-midi entière. Je suis retournée jusque qu’à l’Ambassade du Cameroun, jusque dans le 16è, métro Michel-Ange-Auteuil ! Presque une heure de trajet.&lt;br /&gt;J’y suis retournée pour récupérer mon passeport et éventuellement mon visa… mais au moins mon passeport. Benoît m’appelle chaque jour et cette fois, il me dit que mon visa m’attend. Il me dit que le conseiller culturel est OK. Qu’ils ont compris que je n’étais pas réellement journaliste mais critique d’art.&lt;br /&gt;J’y suis à 17h25… ils ferment à 17h30… classique, un bouffon vient me jeter dès l’entrée en me disant que pour les visas, c’est terminé. Je me casse… Benoît m’appelle pour me demander d’y retourner. Ils vient de les appeler, ils vont m’ouvrir les portes et me donner mon passeport. Avec ou sans visa, je ne m’en soucie plus. Si l’on pouvait me rendre mon passeport pour commencer.&lt;br /&gt;Il est 17h passées et je suis censée partir pour Douala demain matin avec le vole de 10h… comme tous les matins depuis mardi. Et tous les soirs, je n’ai pas de visa. Mais je persiste à ne pas défaire mon sac. Je m’imagine encore à Roissy aux aurores.&lt;br /&gt;J’y retourne donc… et là, le conseiller culturel, effectivement, vient me serrer la main, me dire qu’il en a par dessus la tête de mon dossier, que ça dure depuis une semaine et que ça commence à bien faire…  de quoi m’accuse-t-on ? J’y suis pour quoi moi là-dedans ? On m’a invité à Douala, je n’ai rien demandé à personne. On m’a invité à faire la promo d’un projet artistique dans les journaux dans lesquels je travaille. J’ai accepté et en prime je dois me confronter à l’admnistration du pays comme si j’étais soupçonné d’un crime de lèse-majesté ! C‘est une hallu ! j’ai l’impression d’être devenue une criminelle. Beaucoup de foin pour rien. J’y allais pourtant avec l’intention de dire du bien de ce beau pays.&lt;br /&gt;Et là, le dernier maillon de la chaîne, sous mon nez, derrière le guichet finit par mettre le fatal coup de tampon ! Merveilleux ! Grand moment ! Je serai donc à Roissy demain matin. Objectif : changer de continent.&lt;br /&gt;Mais j’ai eu tort de m’y croire déjà, le dernier maillon de la chaîne n’a pas voulu précipiter les choses… et à l’heure qu’il est, ce bouffon aux lunettes cerclées d’or et qui répond au doux prénom de Christopher ne m’a toujours pas rendu mon passeport… ce qui fait que je n’étais pas dans le vol de 10h ce matin ! Comme tous les matins de la semaine qui vient de s’écouler. Non, Christopher a préféré continuer à me montrer qui étaient les chefs en cette Ambassade. Une petite démo finale. Un dernier tour de magie.&lt;br /&gt;Mon  passeport en main, Christopher se balade fièrement… avec l’impression que mon sort est entre ses mains. Il attend mes réactions quitte à me faire patienter une heure ou 2 de plus. De l’intimidation de la part du dernier maillon de la chaîne. &lt;br /&gt;Et quand il en a assez, m’a fait subir un étrange interrogatoire, il prend l’ascenseur, monte dans les étages, va chercher je ne sais-qui de plus élevé dans la hiérarchie… le vice consul ou je ne sais quoi… et ce type qui ne se présente même pas à moi vient me fixer droit dans les yeux les sourcils froncés comme s’il allait me briser en deux sur le champ… et me demander si c’est bien moi qui insulte le personnel de l’Ambassade !&lt;br /&gt;Injustice. Mensonge. Intimidation. Vol de passeport. Et j’en passe ! Bonjour les manœuvres de l’Ambassade du Cameroun.&lt;br /&gt;Une ambiance de cour de maternelle qui pourrait tourner au drame. On devine comment ce fameux Christopher en est arrivé à son poste de sous-fifre de l’ambassade : à force sans doute de dénoncer ou d’accuser ses collègues sans raison. Sa parole contre la mienne.&lt;br /&gt;Il ne veut pas me rendre mon passeport… Il me dit de revenir le chercher demain. Sachant que l’Ambassade est fermée le vendredi, ça repousse donc le voyage à mardi prochain !&lt;br /&gt;Quant à moi, je ne veux plus m’esquinter la santé à aller dans un pays qui ne me respecte ni en tant que journaliste, ni en tant que citoyen, alors que je suis encore sur le sol français !&lt;br /&gt;D’une certaine manière, ma semaine, je l’ai déjà passé en Afrique et du Cameroun, j’ai bien ma dose.&lt;br /&gt;Et je pars du principe qu’une « journalista non grata » est une bonne journaliste… même si elle n’écrit que sur l’art. Ceci dit, est-ce que devenir la Florence Aubenas de l’art m’aurait fait triper ? Pas sûr.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-4346475310730627503?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/4346475310730627503/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-41.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4346475310730627503'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/4346475310730627503'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-41.html' title='Episode 41'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-2510953327578050955</id><published>2009-07-29T17:46:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:46:46.498-07:00</updated><title type='text'>Episode 40</title><content type='html'>Mercredi 21 janvier 2009        &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On n’indique jamais la profession de « journaliste » quand on a un tant soit peu l’ambition de voyager !&lt;br /&gt;Mon visa ne devait être qu’une simple formalité dans la journée de lundi et le mardi, je m’envolais… au lieu de ça, j’ai le sentiment d’être devenu le bouc emissaire de l’Ambassade du Cameroun à Paris. Une proie facile, il faut dire ! Je paie pour je-ne-sais-qui-je-ne-sais-quoi. Pour des présidents Français pour lesquels je n’ai même pas voté par exemple. Ou pour d’autres journalistes.&lt;br /&gt;Quelqu’un de l’Ambassade m’a gentiement expliqué ce soir qu’il leur était arrivé d’accorder un visa à des gens qui étaient finalement allés filmer des enfants pour les exhiber dans un reportage télé.&lt;br /&gt;Bon… qu’est-ce que ça a à voir avec l’art contemporain. Avec les questions d’environnement ? Avec l’écologie ?&lt;br /&gt;J’aurais dû être à Douala depuis 24h… au lieu de ça, je suis à Paris, maltraîtée depuis lundi pour des raisons obscures. Au lieu de ça, je suis sur le qui-vive, entre deux eaux.&lt;br /&gt;Partirai-je ou ne partirai-je pas ?&lt;br /&gt;Un vrai suspens. Des moustiques invisibles tournent autour de chacun de mes nerfs, ils s’accrochent ici, tirent là, tordent par-ci, repassent par là, jouent à la corde à sauter.&lt;br /&gt;On joue avec mon temps, mes nerfs, mon énergie… et mon argent aussi.  Et si ça se trouve, je ne vais pas partir du tout !&lt;br /&gt;Je suis stoïque. Vaccinée contre la fièvre jaune mais pas contre les imbéciles qui confondent critique d’art et journalisme politique. Ici, les abus de pouvoir s’atrappent plus vite que les coups de soleil. Ils sont aussi incurables que l’hépatite C!&lt;br /&gt;Mon sac de voyage est prêt à embarquer et même à décoller. Plein de Malarone, d’insecticide et même de crème solaire. Mea culpa… j’ai pensé aux 28° qui m’attendent à Douala alors qu’à Paris la doudoune en peau de lapin est en vogue. Pardon pour les 2 maillots de bain + les lunettes de soleil. Pardon d’avoir lâché la chapka et d’avoir hésité à prendre un moustiquaire!&lt;br /&gt;Je n’irai pas dans la forêt à la rencontre des Pygmées Baka avec Benoît. Je  n’irai pas à Douala rencontrer de brillants artistes qui se soucient des ressources naturelles de notre planète.&lt;br /&gt;Après avoir inutilement poireauté 24h à l’Ambassade, après avoir rêvé d’y être déjà, après avoir appris quelques mots avec un Camerounais dragueur mais pas pesant qui se trouvait là… je me dis qu’un pays qui refuse un visa à une journaliste d’art ne doit pas respecter les Droits de L’Homme de près.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-2510953327578050955?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/2510953327578050955/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-40.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2510953327578050955'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/2510953327578050955'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-40.html' title='Episode 40'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-3536103508550674815</id><published>2009-07-29T17:45:00.000-07:00</published><updated>2009-07-29T17:46:06.834-07:00</updated><title type='text'>Episode 39</title><content type='html'>Lundi 19 janvier 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Cameroun sur fond d’art et d’écologie. L’environnement. Les ressources naturelles de la planète… etc, etc. Je suis invitée par le Centre culturel Français de Douala pour suivre un certain nombre de conférences et de débats sur la question.&lt;br /&gt;C’est le second volet de « Veilleurs du Monde », 12 ou 13 ans plus tard.&lt;br /&gt;Après les aventures béninoises, je retrouve les « Art Orienté Objet », initiateurs du projet, et d’autres artistes, Européens et Africains, réunis autour de cette question fondamentale des ressources naturelles de la planète !&lt;br /&gt;Il suffisait de fermer les yeux en ce lundi pour les rouvrir mardi soir sur un paysage chaleureux et verdoyant en direct de Douala.&lt;br /&gt;Je m’y voyais déjà. Quitter Paris et le grand froid. Et par 30° à l’ombre, sous le ciel bleu, aller à la rencontre des Pygmées Baka avec Benoît. Rencontrer des artistes. Des commissaires d’expo. Un peu de fraîcheur esthétique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et là, en ce lundi, je viens de passer 24h à l’Ambassade pour m’entendre finalement dire vers 19h que je ne partais pas demain, puisque je n’obtiendrai pas mon visa avant demain… et comme je suis « journaliste », on m’annonce que j’ai de toute façon besoin d’une accréditation du Ministère de la Communication… etc, etc.&lt;br /&gt;C’est un gag, une blague, un bug.&lt;br /&gt;Je suis plus critique d’art que journaliste et autant que je sache, je n’écris pas encore directement sur la politique.&lt;br /&gt;On m’avait dit que tout se ferait dans la journée, j’avais tous les papiers requis, les appuis y compris. Et on m’invente brusquement une histoire d’accréditation à obtenir du Ministère de la Communication.&lt;br /&gt;Tout est prêt. Mais ça bugge.&lt;br /&gt;Ça a commencé vendredi, quand je me suis rendue à Boulogne comme prévu entre 10h30 et midi 30 pour… rien ! Ça m’a pris presque une heure d’y aller. Quelqu’un d’avisé m’avait dit que pour les visas, ça se passait à Boulogne.&lt;br /&gt;Je me retrouve donc en vadrouille avec 100 euros cash dans une enveloppe un vendredi matin à Boulogne en quête du très fameux Quai Alphonse Le Gallo… qui se trouve au bord du périphique. Tout ça pour me retrouver nez à nez avec une sympathique affiche qui me dit que le Consulat a déménagé rue d’Auteuil dans le 16è.&lt;br /&gt;Je m’apprête à me rendre Pont d’Auteuil quand on me signale que pour les visas, il faudra voir lundi car le vendredi… Nada… de toute façon, c’est fermé !&lt;br /&gt;J’adore les administrations et voilà donc que le lundi arrive et que, malgré cette histoire de visa, je commence à déjà m’imaginer là-bas, à Douala. Echappant à ce froid cinglant qui s’est abattu sur Paris.&lt;br /&gt;Les vaccins contre la fièvre jaune et autres hépatites, c’est fait depuis déjà 15 jours.&lt;br /&gt;Et le lundi, je suis bien aux portes de l’Ambassade, comme prévu, rue d’Auteuil dans le 16è, entre 10h30 et midi 30 pour le dépôt de mon dossier de demande de visa. Je suis munie de mon passeport valide + mes 100 euros cash en poche + la lettre de mes hôtes : le centre culturel français de Douala + le formulaire dûment et honnêtement rempli. Un peu trop honnêtement ?&lt;br /&gt;Puisque mes hôtes m’invitent en tant que journaliste et le signalent dans la lettre, j’ai rempli le formulaire en continuant sur cette lancée.&lt;br /&gt;Je sais qu’on n’inscrit jamais « journaliste » dans la case « profession » d’un formulaire consistant à obtenir le moindre visa pour l’étranger. Partout où ils vont et où qu’ils soient les journalistes sont vus comme une menace. Surtout dans les pays où les Droits de l’Homme ne sont pas respectés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mon visa ne devait être qu’une formalité dans ma journée de lundi. Je le déposais le matin, je le reprenais dans l’après-midi et le lendemain, vers 10 h du matin, j’étais à Roissy et je m’envolais. 6h de vol. En compagnie de Jérôme, peut-être.&lt;br /&gt;A l’entracte, entre dépôt de dossier et obtention du visa, j’ai pris le temps de m’acheter la Malarone + la crème solaire écran 20 + l’insecticide pour la peau et les vêtements… et rêver que je luttais contre la mouche tsé-sté et la Malaria en plein cagnard. Je pouvais écouter les conseils élémentaires de la pharmacienne avec bonheur.&lt;br /&gt;J’avais le temps de me rendre compte que mon Jonathan Coe préféré venait de sortir un nouveau roman et que j’aurais juste le temps du vol -6h- pour m’en régaler.&lt;br /&gt;Je m’y voyais déjà. Obligée de quitter ma cape et mes bottes. Ne plus supporter le moindre vêtement. Refaire mentalement la composition de mon sac. Un ordi portable, évidemment. Penser à mes lunettes de soleil. Appareil photo. Deux maillots de bain. Mon masque de plongée ? on ne sait jamais. Est-ce que je m’achète une petite robe en passant ?&lt;br /&gt;                             &lt;br /&gt;Au lieu de ça, je suis encore à Paris pour encore 2 soirées au moins. Je partirai mercredi. Et mercredi soir, je me soucierai plus des moustiques que de la chute des degrés celsius.&lt;br /&gt;En attendant, j’ai passé ma soirée avec Sandra Nkaké, une Camerounaise à la voix d’or qui vient de sortir son premier album chez Naïve. C’est déjà un beau visa pour le Cameroun à elle seule.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-3536103508550674815?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/3536103508550674815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-39.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3536103508550674815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/3536103508550674815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-39.html' title='Episode 39'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7077090457668250153</id><published>2009-07-29T17:44:00.001-07:00</published><updated>2009-07-29T17:44:45.046-07:00</updated><title type='text'>Episode 38</title><content type='html'>Lundi 12 janvier 2009 (suite)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et c’est plutôt drôle de se remémorer cette excursion hivernale en terre Zingaresque chez David Miguel en direct du Café du Cirque, à deux pas du Cirque d’Hiver justement!&lt;br /&gt;Ce serait moins douloureux si ce n’était pas ici, dans le Café du Cirque d’Hiver, que j’apprenais par la radio la mort de Claude Berri. Un accident vasculaire cérébral à 74 ans alors qu’il était multi actif et était même sur le tournage d’un nouveau film avec Alain Chabat.&lt;br /&gt;Réalisateur, producteur français de renom… ça, tout le monde le sait mais c’est surtout un passionné d’art, un collectionneur et le directeur d’un espace d’art qui disparaît. Aussitôt, je pense à l’exposition de Stéphane Calais à l’Espace Claude Berri dont le vernissage devait se dérouler jeudi. Forcément déplacé.&lt;br /&gt;Et puis j’ai pensé à la dernière expo que j’y ai vu : Berlinde de Bruyckere. Une artiste belge qui nous plonge dans l’atmosphère des grands peintres flammands avec des sculptures recouvertes de cire. Ce sont des corps suspendus ou en vitrine qui nous plongent dans une atmosphère lugubre, funèbre. Sous les peaux glacées suinte l’âme. Mais ce sont donc des œuvres dérangeantes, forcément. Je ne suis pas fan de cette artiste mais le fait qu’elle remue nos consciences force le respect et nous pousse à nous interroger. Impossible de ne pas désormais associer l’ambiance glacée de cette dernière expo à l’Espace Claude Berri au décès réel de ce personnage qu’était Claude Berri.&lt;br /&gt;C’est donc une partie du patrimoine cinématographique qui disparaît.&lt;br /&gt;Autant conjurer le sort et se réfugier au ChaCha où je comptais de toute façon aller pour fêter la sortie du dernier numéro de Nuke… un numéro spécial « Chance » justement. C’est un hasard mais le lieu appartient en partie au fils de Claude Berri. Tout cela sonne comme un hommage personnel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7077090457668250153?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7077090457668250153/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-38.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7077090457668250153'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7077090457668250153'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-38.html' title='Episode 38'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-382851112522097118</id><published>2009-07-29T17:43:00.000-07:00</published><updated>2009-07-29T17:44:17.733-07:00</updated><title type='text'>Episode 37</title><content type='html'>Lundi 12 janvier 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La fève ? Non mais la fièvre… peut-être. Quoiqu’il en soit, je me suis régalée de la frangipane qui s’agrippait au couteau de Sandra, le soir de son anniversaire à Ranville. Il y a 10 jours en Normandie. A l’aube de sa trentaine, on a fêté les rois en version Brésilienne avant de s’oxygéner sur la plage de Cabourg. Boire du thé à même la thermos en direct d’une plage gelée avec Domoina, Emmanuel, Lala, Camille et Sandra.&lt;br /&gt;Puis une fois de retour à Paris, la neige avait recouvert le monde.&lt;br /&gt;C’est dans cette atmosphère glacée comme un ice-cream que j’ai commencé ma traversée de l’année 2009. Au galop. De galeries en lieux d’art, d’ateliers d’artistes en fêtes et autres dîners de vernissage.&lt;br /&gt;Un vrai cirque comme je les aime avec mon carnet et mon stylo toujours à portée de main. Des fois qu’il y aurait un mystère à élucider sur le champ.&lt;br /&gt;Et pour commencer l’An Neuf, je me suis retrouvée nez à nez avec un grand van comme on en fait plus que dans quelques vieux films Américains. Rouge et vert sur fond boisé. Au milieu d’une forêt, cette carosserie rutilante se laisse caresser par les regards. Un camion plus beau qu’un camion et suivi de son extension caravanesque. Puis des maisonnées façon datcha. Des roulottes quasi antiques, d’une autre époque.de vieux traîneaux. Des cocons de métal et de bois.&lt;br /&gt;Des têtes de chevaux, vraies et fausses. Les unes en métal vouent un culte à l’animal. Les autres, de chair et de sang, vraies de vrai, dépassent des écuries.&lt;br /&gt;Et il y a cet animal au pelage blanc par exemple, qui nous laisse croire qu’il est juste un cheval alors que son aura nous laisse deviner qu’il a tout de la licorne.&lt;br /&gt;Et derrière tout ça, se trouve sûrement un manège où il s’entraînent.&lt;br /&gt;Où suis-je ? En Moldavie, en Ukraine ou dans un château des Carpates au 18e ou au 19e siècle.&lt;br /&gt;Pourtant, on est bien en janvier 2009 et quelques secondes plus tôt, j’étais dans le métro. Passé le parking du Fort d’Aubervilliers, j’ai poussé une grille et loin du béton-grisaille qu’on voit habituellement dans cette ville, j’ai atteint les coulisses du Théâtre Zingaro momentanément désert. Pas de spectacle équestre en ce moment : le célèbre Bartabas, maître des lieux, et sa troupe est à Tokyo.&lt;br /&gt;Je suis l’invitée privilégiée de l’un des habitants de cet ilôt nirvanesque situé à deux pas de Paris et qui résiste à la pollution visuelle.&lt;br /&gt;David Miguel m’immerge dans son univers en passant par les roulottes et les écuries de Zingaro. Il n’est ni acrobate, ni écuyer, ni jongleur, ni équilibriste… pas même le Monsieur Loyal de la troupe ou le trapeziste.&lt;br /&gt;Mais un artiste aux airs innocents.&lt;br /&gt;Même s’il ne tient pas en place et esquisse des pas chaloupés dans la neige, c’est pourtant lui qui, le dernier jour de la Fiac à Paris, en toute innocence, a enfumé un bus  à l’impériale en son entier. Un scénario catastrophe  inspiré du célèbre incendie de l’Alcazar de Madrid en 1734 qui détruisit une grande partie des chef d’œuvres de l’époque… sauf ceux que les gardiens avaient réussi à sauver en les jetant par la fenêtre. Un prétexte chorégraphique et sculptural pour David Miguel qui reprend le scénario à petite échelle, alors que tous les badauds retiennent leur souffle sur le trottoir.&lt;br /&gt;Il avait été plus sage à la dernière foire de Miami quand il se baladait dans les allées d’Art Basel muni d’un coton-tige géant façon Oldenburg… un objet censé protéger nos oreilles de la pollution sonore et du trop plein d’information que l’on reçoit dans une foire d’art contemporain et ailleurs.&lt;br /&gt;Et cet artiste d’orgine madrilène à l’accent épicé, vêtu comme un Beuys version fluo me montre aussi une série de photos et de vidéos en direct de sa datcha à roulettes digne d’une diseuse de bonne aventure. Des mains aux ongles percés de fils oscillent entre sensualité et inconfort, entre féminité et torture.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anaïd Demir&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-382851112522097118?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/382851112522097118/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-37.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/382851112522097118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/382851112522097118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-37.html' title='Episode 37'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-7365104813430459188</id><published>2009-07-29T17:38:00.000-07:00</published><updated>2009-07-29T17:43:39.367-07:00</updated><title type='text'>Episode 36</title><content type='html'>Vendredi 09 janvier&lt;br /&gt;Un tour dans la rue de Bretagne, RDV avec Audrey… on retrouve jenny par hasard : lancement de Nuke dès lundi au ChaCha&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Samedi 10 janvier :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;RDV avec kate enceinte au Progrès&lt;br /&gt;Je traverse la manif anti-israeliens Bd Beaumarchais&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Walter van Bierendonck chez Polaris : très nounours homo : poupées colorées… un coin vidéo de défilés…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lambert : Koo Jeong A : portrait de HUO&lt;br /&gt;Des mots des mots chez Lambert (kay Rosen) et chez Almine Rech : John Giorno, l’ex de Warhol, le sleeper de son film&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Simon Bernheim : fétichisme, clés et porte-clés………&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Katharina Bosse chez Anne Barrault : femme enceinte, nue dans la nature, poses suggestives… à la frontière entre la maman et la putain ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Fleury : les frontières floues entre la mode et l’art&lt;br /&gt;Le défilé, défilé de soi… drippings portés par les mannequins : où est l’art ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et finalement, malgré le froid, on continue… le défilé est dans la rue ! on regarde passer les gens à la terrasse du Progrès&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LH : c’est drôle, la peinture n’est même pas sèche !!!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Franck Elbaz : je retrouve Daphné Navarre et Thomas lélu…&lt;br /&gt;Expo de Wallace Bermann… soir de Pleine Lune justement.&lt;br /&gt;Fête chez Franck Elbaz et Vanessa Bruno&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 11 janvier&lt;br /&gt;Virée chez Continua ? Non, plutôt un rdv classsé top secret, un brunch au « Loir dans la ThéIère »… quelque chose dont je ne pourrai parler qu’en temps utile !&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6888244860364317186-7365104813430459188?l=anaiddemir.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://anaiddemir.blogspot.com/feeds/7365104813430459188/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-36.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7365104813430459188'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6888244860364317186/posts/default/7365104813430459188'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://anaiddemir.blogspot.com/2009/07/episode-36.html' title='Episode 36'/><author><name>Journal (intime) de l'art d'Anaïd Demir</name><uri>http://www.blogger.com/profile/06648144208752925759</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='21' height='32' src='http://4.bp.blogspot.com/__1HYOq0HMWQ/TRKpZOZPS7I/AAAAAAAAAB4/NssXnT7DSis/S220/IMG_2488.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6888244860364317186.post-8385715785129465302</id><published>2009-07-29T17:32:00.000-07:00</published><updated>2009-07-29T17:38:14.819-07:00</updated><title type='text'>Episode 35</title><content type='html'>Dimanche 07 décembre 2008&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier c’était ma journée 18ème. Pas le siècle, mais l’arrondissement de Paris. Celui de toutes les Amélie Poulain du monde.&lt;br /&gt;J’ai dormi Rue Pierre l’Ermite où j’ai momentanément aterri près de La Goutte d’or et j’ai marché en direction de la Rue des Martyrs à toute vitesse. Là, je me suis attardée chez Rose Bakery pour y débusquer le Fusac, le journal franco-Américain dans lequel j’espère repérer mon futur appart, mon petit nid de scribouillarde, dans les petites annonces.&lt;br /&gt;Je m’installe 5 minutes rue des Abbesses pour le parcourir en terrasse en sirotant un café. Et je réalise que c’est bientôt Noël puisque le petit marché -de Noël !- s’est installé sur la place. Dans des petits chalets de bois. Ce serait presque un paysage Scandinave… mais sans la neige !&lt;br /&gt;Et d’ailleurs, il fait tellement froid que j’imagine qu’il ne devrait pas tarder à neiger ici aussi.&lt;br /&gt;Ça m’arrive rarement d’être au pied de la Butte… alors je grimpe. Et je croise par hasard la Rue des Trois Frères… du coup, avant de retrouver Morgane pour déjeuner, je fais un saut à la Kadist Foundation pour l’expo de Diane Arbus. C’est la rétrospective de cette grande photographe de la presse de mode des années 60.&lt;br /&gt;Mais absorbée par ces délicates images noir et blanc issues de Harpers’Bazar, Glamour &amp;amp; co, je ne dois pas oublier pour autant mon dèj à l’Hôtel Particulier avec Morgane. Alors je file remonter la Rue Lepic et je  grimpe tellement haut que je me retrouve comme par magie et presque instantanément Place du Tertre au milieu d’une énorme carte postale… celle de cette bande de touristes qui se fait tirer le portrait par tous ces « croque-papier Tertrois ». A la chaîne ou presque, mais avec ue certaine poésie. Ça a un parfum d’éternité qui me ramène ç l’enfance… mais il s’agit de rejoindre Morgane à « l’Hôtel Particulier » pour déjeuner alors qu’il est bientôt……14h ???!! Je redescend la rue Lepic, et c’est justement là que je croise Morgane comme par enchantement ! Pourquoi là ? Comment ? Dunno !&lt;br /&gt;C’est toujours pareil depuis que je la connaîs, Morgane a quelque chose à voir avec la féerie et son prénom ne ment pas sur la nature réelle du personnage. Et si elle ne m’était pas apparue, je n’aurais jamais tourné là, dans le deuxième virage, au niveau du troisème quart. Et je n’aurais donc jamais débouché sur ce chemin pavé où un Rocher baptisé « de la Sorcière » nous apparaît et nous barre la route ! Mais Morgane ne se laisse pas impressionner, elle rejette sa mèche blanche en arrière, on la contourne et on avance. On pousse la grande grille noire et, derrière les feuillages, une demeure de Style Directoire nous apparaît. On monte sur le perron et une jeune femme au teint de cire et aux cheveux d’ébène nous ouvre la porte instantanément. Blanche-Neige ?? Pas du tout ! On n’est pas chez Walt Dysney ici, mais chez Morgane Rousseau !&lt;br /&gt;On descend dans les cuisines, au sous-sol, à deux pas du jardin plein de végétaux qui dépaysent… alors qu’Eléna, la femme de chambre et le bras droit de Morgane en tenue d’intendante, le regard bleu et alerte, va et vient entre les chambres et les coulisses… enfin, les cuisines ! C’est drôle, léger et volubile. Frais. A tel point que j’ai l’impression d’être dans une pièce de théâtre. Un Molière, ou bien un vaudeville très 18è… siècle, cette fois ! A moins que ce ne soit une sit-com.&lt;br /&gt;Pourquoi : la chambre 5 est occupée par une personnalité politique qui vit une Renaissance amoureuse et qui n’arrive pas à quitter ce nid d’amour à une heure réglémentaire pour un hôtel. De quel personnage politique s’agit-il? Secret professionnel oblige, Morgane tait le nom de ces tourtereaux réfugiés dans le nid d’amour qu’est la chambre 5. Quoique je devine qu’il s’agit de Ségolène. Quant à son boy friend, j’ai ma petite idée… mais peu m’importe.&lt;br /&gt;Morgane est aux fourneaux : son aura l’accompagne alors que mes pensées donnent sur le msytérieux jardin qui s’offre à moi. Je coupe les poivrons rouges en 4 et notre cordon bleu enfourne le poulet farci de citrons et d’épices.&lt;br /&gt;Et pendant que tout cela mijote, à partir d’un article dans Modzik  sur ce  nouveau lieu ouvert par Morgane et son complice Frédéric Comtet, on remonte le temps… du temps où Morgane était châtelaine à Bionnay, près de Lyon. Une fée aux longs cheveux blonds qui, pas une seconde ne s’ennuyait dans son château où elle invitait tous les artistes qu’elle aimait à venir en résidence. Il y a une dizaine d’années. Puis il y  a eu la période « Péniche », plus cinématographique, du temps où Paris lui manquait et où elle est venue se laisser bercer sur la Seine du temps. C’était plus la période « soirées » qu’expos… mais toujours sur les murs,  les artistes signent leur présence.&lt;br /&gt;Et aujourd’hui, c’est une synthèse entre la péniche et le château. Des évènements ponctuels ont lieu dans ce manoir, mais les pensionnaires s’oublient dans ces 5 suites designées par des artistes. Ils cohabitent avec des œuvres jusque dans leur lit. Philippe Mayaux, Natacha Lesueur… Le metteur-en-scène du vêtement Olivier Saillard a signé une chambre où les abatas-jours sont des chapeaux et les rideaux sont en caban… ma chambre préférée est celle de Martine Aballéa qui a apporté un peu des nocturnes feuillages du mystérieux jardin extérieur à l’intérieur… entre boiseries et végétaux, l’esprit vagabonde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On est à ailleurs qu’à Paris et à une autre époque… c’est l’effet Morgane.&lt;br /&gt;On n’est pas seulement dans le 18è arrondissement, à Paris, entre le Rue Lepic et l’avenue Junot, on est aussi au 18è siècle.&lt;br /&gt;Elena, l’intendante continue ses va-et-vient entre les étages, entre les chambres et la cuisine en roulant joliement les R dans son costume bleu marine à collerette blanche. Morgane pourrait être sortie d’une pièce de Molière : chausses et souliers de satin, cheveux blonds vaporeux… c’est dans cette tenue que quelques heures plus tard, après s’être pourléchées les babines de notre succulent poulet citron avec vue sur les feuillages, on s’est rendus chez les voisins pour définitivement perdre nos repères dans l’espace-temps.&lt;br /&gt;Nous voici en compagnie d’une bande de pétanqueurs en pleine action pendant le téléthon, avec option bar et karaoké. Après le voyage temporel, c’est une mutation géographique qui s’opère : on est sûrement dans un lointain village de province et là, entre deux pastis-Perrier (ça change du Champ’ réglementaire), un certain Béni sort un bouquin. Le trombinoscope des gens du « village » : les personnages les plus historiques, charismatiques et légendaires du coin nous offrent leur plus joli minois pendant qu’un court texte dresse leur parcours, de leur naissance jusqu’à leur arrivée sur la Butte.&lt;br /&gt;Jen profite pour lui demander s’il connaît ma tante Marie-Jeanne : ue actrice à la retraite qui est elle-même résidente émérite de ce village depuis des lustres.&lt;br /&gt;Il me répond oui mais ne s’étend pas sur la réponse pour reprendre son bouquin à la page où il l’avait laissée. Pendant ce temps, un type chante une chanson à la gloire du quartier et l’accompagne à la guitarre sèche sur une scène de fortune… Place Dalida, Rue Navarin, Rue Ronsard, Rue Burq, la statue de Marcel Aymé sortant du mur… on est vraiment dans la carte postale finalement. J’ai été incrustée dans un dessin animé. Les personnages se sont animés les uns après les autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une fois ce saut de chat dans l’histoire effectué, on reste dans le même périmètre mais Morgane m’entraîne en face, dans un édifice face à l’Hôtel Particulier. Un véritable observatoire sur l’Hôtel ? Une vue imprenable. Quel endroit hallucinant… c’est l’appart de Morgane et tout ici ressemble à l’intérieur d’un bâteau : fenêtre en hublot et rideaux en tartan. Faut-il rappeler les origines bretonnes de la Fée qui nous reçoit en sa demeure ?&lt;br /&gt;En tout cas, notre hôtesse est en plein montage de son propre film et Maxence Cyrin, le compositeur aux doigts de fée qui reprend des tubes de Depeche Mode ou d’Elvis au piano, vient ajouter sa note au tout.&lt;br /&gt;Je laisse tout ce petit monde charmant travailler sur un film que j’ai hâte de voir finalisé, celui de Morgane. Son fils Oscar, l’un des acteurs principaux du film, est à suivre de près : il pourrait bien faire de l’ombre à Louis Garrel avec ses yeux de chat.&lt;br /&gt;Tout cela m’a donné des envies de cinéma. Je repars dans l’obscurité hivernale, bercée par le bruissement des feuillages. Je quitte les lieux sur la pointe des pieds avec la peur de quitter un trop bon rêve.&lt;br /&gt;J’appelle Karine pour lui proposer une soirée ciné. RDV dans une heure chez elle.&lt;br /&gt;En douceur, je remonte la Butte. Et sans l’avoir calculé, en remontant la Rue Lamarck, me voilà tout là-haut, au Sacré-Cœur. J’en profite pour allumer un cierge car on n’arrive jamais par hasard en haut de la Butte.&lt;br /&gt;Coucher de soleil et petite flamme… je fais un vœu, celui de quitter le 18è avant une semaine. Quitter Pierre l’Ermite et trouver un appart clean, lumineux et sain avant 7 jours. Il faut quitter sans attendre l’endroit irrespirable où je me trouve. Oublier ce capharnaüm. Je prie Saint-Expédit, empereur Romain d’origine Arménienne, Patron des causes à expédier d’urgence, pour sortir de ce bouge puant.&lt;br /&gt;A la sortie, coucher de soleil sur la Butte. Je redescend à petits pas… et me voilà Rue Papillon dans le 9è en un éclair. Au 04, Natacha Lesueur sort de chez Karine Arabian, la boutique, les bras plein de sacs et l’air absent, comme en pleine descente après l’extase. Elle a fait une razzia de shoes pendant les soldes et c’est l’adrénaline. L’effet Arabian !&lt;br /&gt;Je n’ai même pas le temps de lui dire  que je sors tout juste de sa Suite mansardée dans l’Hôtel Particulier : la chambre « Rideau de cheveux », la plus grande de toutes. Celle qui fait hommage au corps et à la transparence.&lt;br /&gt;Je ne verrai pas les trésors cachés dans les sacs rose et prune de Natacha… mais je sonne chez Karine, juste à côté.&lt;br /&gt;Côté ciné, on a beau éplucher les programmes, on a rien à s’offrir en cette période pré-Noël. Autant mater un DVD ? Ou bien opter pour « Two Lovers » de James Gray avec Joaquin Phenix et Gwyneth Paltrow ? Non, je l’ai déjà vu la semaine dernière… ça ne se regarde pas deux fois ! Pas assez de matière. Tout est dû à l’incroyable charisme de Phénix là-dedans, son aura, son mystère, sa profondeur à lui… mais rien de plus. Mettons un acteur sans épaisseur à sa place et personne ne s’arrêterait sur ce film.&lt;br /&gt;Alors, ciné ? No
